Depuis quelques années, Sony Pictures Animation nous surprend sans cesse avec des films inédits. Into the Spider-Verse, Across the Spider-Verse, The Mitchells vs. the Machines, KPop Demon Hunters… chaque projet supplémentaire nous fait oublier qu’ils sont aussi responsables pour The Emoji Movie (d’accord, ce commentaire était gratuit).

Maintenant, après Spider-Man, les robots et le k-pop, Sony va explorer le basket-ball et la culture urbaine avec Goat, un film d’animaux anthropomorphiques réalisé par Teddy Riley. Le film d’animation met en vedette Caleb McLaughlin dans le rôle principal, puis, dans les rôles secondaires, Gabrielle Union, Aaron Pierre, Nicola Coughlan, David Harbour, Nick Kroll, Jenifer Lewis, Patton Oswalt, Jelly Roll, Jennifer Hudson, Sherry Cola, Eduardo Franco, Andrew Santino, Bobby Lee, et le basketteur Stephen Curry (qui est également coproducteur).

Le goat et la G.O.A.T.
Dans la ville de Vineland, le bouc Will Harris (Caleb McLaughlin) souhaite devenir le meilleur joueur de basket-ball de tous les temps (Greatest of All Time) comme son idole, la panthère noire Jett Fillmore (Gabrielle Union). Mais les boucs et chèvres étant de petite taille comparée aux géants animaux de la ligue, plusieurs sous-estiment les capacités de Will à triompher. Mais à force d’ardeur, d’entraînements et de planifications de stratégies, Will tentera de prouver au monde entier qu’on a tort de le sous-estimer.

Plus qu’un Zootopia version sportif
Avec Kung-Fu Panda, The Bad Guys, Fantastic Mr. Fox, Ernest et Celestine, ou encore Zootopia, on a vu plusieurs films d’animation sur des civilisations d’animaux anthropomorphiques et les différentes dynamiques qui se créeraient entre les différentes espèces. Il devient tentant de rester dans la formule gagnante des autres films qui avaient réussi par le passé, et aussi difficile de changer la donne avec de la nouveauté. Pourtant, Goat a bien réussi.

D’abord, tout en restant en 3D, le style d’animation du film diffère de ses compères comme Zootopia ou The Bad Guys. Non d’une manière extrême à la Spider-Verse, mais avec une attention donnée aux détails de la texture des animaux, combinés aux touches graphiques tirés du sport et de l’art urbain. Ainsi, l’importance du basket-ball ne se limite pas seulement à l’intrigue, mais s’incorpore à l’environnement et au style visuel même.

Un autre aspect sur lequel ce film se distingue de ses semblables est par son dosage unique d’anthropomorphisme et de comportement animal (par exemple, il est courant dans le film qu’un quadrupède alterne entre marcher à deux ou quatre pattes, surtout durant les matchs). En plus de créer divers gags hilarants (dont un félin qui se fait constamment arroser), l’utilisation de la morphologie des animaux durant les parties de basket crée des chorégraphies uniques qui repoussent les limites de ce qu’on pouvait imaginer.

En plus des animaux, le film joue aussi avec les environnements climatiques durant les matchs (semblable à RWBY, Hunger Games, ou Super Smash Bros.) : notamment avec un terrain de vignes épineuses, de sable, de glace, de feu… Chaque terrain amène son lot d’antagonistes adapté à son environnement, et apporte de nouvelles dynamiques durant les matchs.

De multiples hommages
Ce que Spider-Verse était à Spider-Man et aux bédés, et KPop Demon Hunters était au k-pop et à la culture coréenne, Goat l’est au basket-ball, au hip-hop, et à la culture afro-américaine.
Mon admiration pour le sport étant limité à Kuroko’s Basket, je n’ai pas pu comprendre tous les clins d’œil pour les fans de basket-ball, mais ils donnaient une touche agréable aussi. (Les caméos des voix de plusieurs joueurs de la NBA et WNBA sont également les bienvenues.)
La mode urbaine, le hip-hop, et la culture afro-américaine sont également présents dans l’esthétisme de la ville et le design des personnages. (Will a un mohawk-afro et l’antagoniste du film a des tresses en cornrows.) La bande sonore du film se focalise aussi sur le hip-hop et le rap. Et la chanson qui a le plus capté mon attention, était un diss track d’un des personnages, qui me rappelait le conflit Kendrick Lamar/Drake, ainsi que Soda Pop de KPop Demon Hunters (et croyez-moi, dès qu’elle sera disponible, j’ajouterai la chanson à ma liste d’écoute).

Malgré tout cela, le film n’aliène pas ceux qui ne sont pas fans de basket (ni moi ni mon accompagnatrice le sommes, et nous avions quand même apprécié le film), ou ceux moins familiarisés avec la culture urbaine et afro-américaine. De plus, à aucun moment le film n’a recours à la caricature ou à des stéréotypes, gardant ses personnages tridimensionnels et attachants aux personnages.

David contre Goliath
Y a-t-il un défaut du film?
On pourrait dire. L’histoire et l’intrigue sont assez simples dans leur ensemble (même s’ils évitent le mélodrame et les clichés surfaits). La suite des événements est prévisible pour les habitués des shonen ou des films hollywoodiens. Même les thématiques et symboles (le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, poursuivre ses rêves, le protagoniste qui passe de zéro à héros, l’image du petit qui triomphe des géants…) sont vus et revus. De plus, le film ajoute une révélation vers le trois quarts du film qui, en rétrospectif, ne servait qu’à rajouter une fausse tension qui aurait pu se régler autrement…

Mais malgré le scénario simpliste, le film triomphe par ses visuels et sa créativité. De plus, les personnages excentriques et hauts en couleur font le charme du film. Will et Jet sont au cœur de l’arc émotionnel du film, Mane le cheval est un excellent rival et antagoniste, Modo (un dragon de Komodo) nous captive par son caractère étrange, Archie le rhinocéros nous fait rire avec ses deux filles (qui sont, d’ailleurs, les personnages préférés de mon accompagnatrice, qui aimaient leurs côtés chaotiques)… et plus encore.
De plus, le film est hilarant du début jusqu’à la fin. Avec plusieurs gags visuels et variés, le film nous divertit du début jusqu’à la fin, sans tomber dans la facilité avec des blagues surfaites.

Pour qui est le film?
Quelques questions techniques avant de conclure.
Est-ce un film pour « enfants », ou un film « familial »? Goat est un film qui convient autant aux enfants qu’aux adultes. Les personnages attachants et les thématiques plairont aux enfants, et la créativité, l’humour et l’action des matchs conviennent aussi aux adultes.
Avez-vous besoin d’être fans de basket-ball pour apprécier le film? Comme avec KPop Demon Hunters, vous n’avez pas besoin d’être familiarisé avec le sujet pour apprécier le film, même si l’être peut être un plus pour vous.
Y a-t-il une scène mi-crédit ou post-crédit? Non.

Conclusion
Goat utilise sa prémisse simple pour raconter une histoire unique, avec des personnages attachants, un environnement unique, un humour marquant et léger, et plusieurs hommages au basket-ball, au hip-hop, et à la culture afro-américaine. Je ne m’attendais pas à grand-chose du film, et je suis ravi d’être agréablement surpris.
En fait, je vais même lever la barre haute.
Goat est mon nouveau film préféré qui est sorti depuis Sinners. Et mon meilleur film d’animation depuis The Wild Robot.


Merci à Sony Pictures pour la projection en avant-première!

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