Un pacte avec les profondeurs de la mer
Vous le savez maintenant, à moins que ce soit la première fois que vous lisez un de mes articles, je suis un fan de Dark Fantasy. Les univers sombres, glauques, inhospitaliers, avec un soupçon de magie… ça me parle.
Avant d’être fan de manga, je suis avant tout un grand amateur de littérature, et sans surprise, mes genres préférés restent la fantasy, l’horreur et la science-fiction. Dans le domaine littéraire, H. P. Lovecraft est un maître dans l’art de l’horreur, mais surtout le père de l’horreur cosmique. Cthulhu reste l’un de ses personnages emblématiques : ce monstre tapi dans les profondeurs de la mer, vénéré par des humains complètement fous.
Dans le nouveau titre Centuria, publié en français chez Kurokawa mais écrit et dessiné à l’origine par Tohru Kuramori, j’ai cru y voir une énorme inspiration de Lovecraft. Et après quelques recherches (oui, votre Dieu Geek fait des recherches… comment croyez-vous que j’ai autant de culture générale ?), j’ai découvert que Kuramori s’est aussi inspiré de Berserk de Kentarō Miura — ce qui se remarque d’ailleurs très bien.
Alors, allons voir si Centuria est à la hauteur de ces deux illustres artistes.

Un esclave en quête de liberté
Julian est un esclave, et fatigué de la maltraitance de son maître forgeron, il décide de fuir. Il s’infiltre à bord d’un bateau rempli de cent esclaves sans savoir où celui-ci se dirige. Tout ce que Julian veut, c’est goûter à la liberté et refaire sa vie.
Il se lie rapidement d’amitié avec les autres esclaves, notamment Mira, une femme enceinte qui se prend d’affection pour lui. Cependant, l’équipage découvre leur clandestin, mais les esclaves réussissent à convaincre le capitaine de lui laisser la vie sauve. Or, personne ne se doute de ce que cachent ces eaux réputées maudites… ni des véritables intentions du capitaine.
Ce dernier n’a aucune intention de ramener ces esclaves à terre. Il souhaite leur disparition en mer afin de réclamer l’argent des assurances. Lui et son équipage se mettent alors à assassiner tous les esclaves sans défense. Cet acte de violence réveille ce que la mer obscure cache : une entité monstrueuse, formée de tentacules, qui arrête tout mouvement et offre un échange à Julian, un échange qui bouleversera sa vie.

Une histoire sombre et efficace
Si on cherche une histoire sombre et dure, on est servis avec Centuria. Ce qui est plaisant ici, c’est que ce n’est rien de compliqué,du moins, pas encore. Julian est un esclave qui veut reprendre sa vie en main, mais chaque fois qu’il croit entrevoir un peu de bonheur, celui-ci lui est arraché.
Pourquoi ne pas faire apparaître un monstre qui lui propose un pacte ? Un pacte dont on se doute qu’il aura un prix terrible. Ce marché va toutefois lui offrir un nouvel objectif de vie, et c’est ce qui rend Centuria si intéressant.
Je vous laisse découvrir ce pacte dans ce premier tome par vous-mêmes, on en reparlera dans une future critique.
Même si le scénario est simple, il n’est pas ennuyant. Preuve qu’une histoire simple peut quand même offrir de la qualité. Un jour, un de mes professeur de cinéma nous a dit : « Tout a déjà été fait, mais c’est l’originalité qui fera sortir ton œuvre du lot. »
Ici, on a une bonne histoire avec d’excellentes idées. Par contre, j’ai trouvé quelques incohérences, notamment le fait que le capitaine accepte d’épargner Julian alors qu’il comptait déjà tous les tuer. Avait-il peur d’une insurrection ? Peut-être. Et j’ai aussi trouvé les esclaves un peu trop gentils avec Julian. C’est difficile de croire qu’ils l’auraient tous protégé aussi facilement.
Mais ces petites failles ne viennent pas vraiment briser le récit.

Un dessin en progression
Pour ce qui est du dessin, ce n’est pas le plus beau que j’aie vu, je pourrais même dire que ce n’est vraiment pas mon style. Mais ce n’est pas laid non plus. Je dois admettre que j’ai presque changé d’idée lors des scènes d’action, où on sent un vrai souci du détail.
C’est surtout le design des personnages qui m’a accroché : certains semblent trop stoïques, surtout dans les premières pages. Plusieurs se ressemblent, mis à part le capitaine et Julian. L’émotion dans les visages ne reflète pas toujours ce que l’auteur veut exprimer.
Toutefois, plus le tome avance, plus le dessin s’améliore, et il y a vraiment de belles scènes.

Conclusion
Même si je ne suis pas nécessairement d’accord avec la façon dont le scénario s’est déroulé, Centuria reste une excellente histoire, et ça mérite d’être lu. On a besoin de plus de Dark Fantasy dans nos bibliothèques !
J’ai vraiment hâte de découvrir la suite, qui s’annonce intense et ténébreuse à souhait.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

La note du DieuGeek

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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