
Informations principales
Titre du cartoon : Cyberpunk: Edgerunners 2
Créateur : Bartosz Sztybor, sur les assises de Cyberpunk 2077
Studio : CD Projekt Red, Studio Trigger
Genre : Cyberpunk, action, univers dystopique
Nombre de saisons : 1
Nombre d’épisodes : 10
Durée moyenne : 24 à 28 minutes
Diffusion : Netflix
Date de sortie : 20 octobre 2026
La deuxième saison de la série à succès Cyberpunk: Edgerunners est revenue en force le 20 octobre 2026, avec une nouvelle cohorte de personnages mis en scène plusieurs années après la première saison et après le jeu Cyberpunk 2077. Produite par CD Projekt Red et Studio Trigger, cette nouvelle saison de dix épisodes traite de thèmes évocateurs, dont la vengeance à tout prix, la perte profonde de l’estime de soi et les dangers d’une technologie tant convoitée qui ne cesse de progresser.
Cette saison met sous les projecteurs des personnages plus grands que nature. King, un ancien mercenaire qui tente de retrouver un sens à sa vie après un événement fort tragique, doit composer avec le poids de son passé et de sa dépendance aux modifications biomécaniques. D, un nomade profondément traumatisé par le massacre de son clan, poursuit à toute heure du jour une vendetta effrénée. Talia, une jeune adolescente issue de la classe sociale corporative, lutte pour s’approprier son propre corps et sa propre identité. Aussi, Roman, un très jeune passionné de cinéma analogique déchu, cherche à immortaliser Night City d’un point de vue plus candide.
Contrairement à la saison précédente, axée sur un personnage principal, Edgerunners 2 met en scène quatre destinées entremêlées. Le résultat est un projet ambitieux, parfois inégal, mais qui propose des idées intéressantes à développer dans les prochaines histoires à raconter.
Épisode 1 : Last Chance for a Slow Dance
Le premier épisode présente deux personnages dont les situations semblent très éloignées. King est présenté face à une réalité difficile : après avoir connu la gloire comme mercenaire, il vit sa propre descente aux enfers après un contrat qui tourne au plus mal avec sa bande d’edgerunners. En contrepartie, D apparaît comme un homme isolé, dont le passé tragique alimente une colère profonde. Cet épisode met la table et propose deux manières de réagir à la souffrance : accepter la perte ou chercher à la faire payer aux autres à tout prix. Évidemment, on retrouve l’ambiance habituelle de Night City, où la violence et les implants cybernétiques font partie du quotidien.
Épisode 2 : Give Me Another Day
Dans ce deuxième chapitre, King reçoit un appel qui le pousse à intervenir auprès de Talia, une adolescente rebelle dépendante aux implants cybernétiques. Cette relation met en évidence un conflit familial fort complexe. En parallèle, D se rapproche de Roman, un jeune cinéphile attachant qui préfère filmer les événements plutôt que de les vivre à travers des simulations numériques immersives, appelées ici braindances (BD). Alors que D est guidé par ses émotions, Roman aspire à documenter le monde en l’immortalisant de la manière la plus crue possible. Cet épisode amorce un filon narratif intéressant, même si les deux intrigues semblent encore relativement indépendantes.

Épisode 3 : 0+2=1
Le troisième épisode vient brouiller les cartes et met en scène de multiples intrigues grâce à une puce aux propriétés inhabituelles, qui vient compliquer la situation de D et de Roman. Chemin faisant, King tente de protéger Talia alors que son état devient de plus en plus préoccupant. Ces deux histoires mettent en évidence une opposition intéressante : d’un côté, des personnages cherchent à comprendre une technologie qu’ils maîtrisent mal ; de l’autre, ils essaient de sauver une personne dont l’avenir demeure incertain. La série commence ainsi à établir une dichotomie entre les avancées technologiques et la fragilité humaine. L’action est efficace, mais c’est surtout la progression des relations qui retient l’attention. Le rythme reste rapide et certains éléments auraient mérité plus d’explications, mais l’épisode pose les bases des principaux conflits de la saison.
Épisode 4 : Someone That I Used to Know
L’arc narratif de D prend un étrange tournant lorsqu’il cherche à comprendre les capacités de Capricorn et s’intéresse particulièrement aux activités d’Arasaka. Fidèles à l’univers de Cyberpunk et à Night City, les entreprises rivales ne se contentent pas de vendre des technologies : elles cherchent aussi à acquérir et à contrôler les découvertes susceptibles de leur donner un avantage sur leurs concurrents. En parallèle, la relation entre King et Talia commence à dépasser le simple cadre d’une mission de protection. Leurs expériences différentes, mais parfois similaires, créent des tensions, mais également des occasions de nouer des liens. L’épisode réussit à équilibrer ces enjeux personnels et les mystères entourant Capricorn.

Épisode 5 : Fades (Pass the Distance)
La saison se corse ici et les conséquences des choix de ses personnages commencent à se faire sentir. Talia lutte contre une situation qui menace son autonomie, tandis que D s’enfonce davantage dans sa quête de vengeance. L’arc de Talia soulève notamment une question centrale dans l’univers Cyberpunk : jusqu’où peut-on modifier son corps avant de perdre complètement son identité ? Celui de D examine plutôt le danger de transformer une douleur légitime en fabulation obsessionnelle. L’épisode est fort brutal, mais cette violence sert au moins une réflexion sur les limites que les personnages sont prêts à franchir.
Épisode 6 : Everything Hate
C’est probablement l’un des épisodes les plus intéressants sur le plan thématique. D adopte progressivement une posture de justicier et demande à Roman de filmer ses attentats. Roman ne cherche plus seulement à documenter le quotidien brutal de Night City pour des clients particuliers : il doit réfléchir à la responsabilité qui accompagne le fait de montrer la violence au grand public. En parallèle, King enquête sur une technologie liée aux transferts de consciences sur support numérique. Cette intrigue élargit la réflexion sur l’identité humaine et les questions éthiques discutables de la science.

Épisode 7 : To the Depths with You
La relation entre King et Talia prend une tournure déchirante lorsque les deux personnages se retrouvent confrontés à des choix difficiles. King cherche à la protéger, mais son propre passé l’empêche parfois de savoir comment s’y prendre. Son parcours est particulièrement intéressant parce qu’il ne s’agit pas simplement de retrouver ses anciennes capacités : il doit également découvrir ce qui peut encore donner un sens à sa vie. Avida, la mère de Talia et ancienne amoureuse de King, apporte un point de vue supplémentaire à cet arc en montrant les conséquences des décisions passées sur leurs relations familiales. De son côté, D renoue avec une partie de son passé, ce qui sert de mise en contexte supplémentaire.
Épisode 8 : Serce
L’intrigue s’intensifie alors qu’une émeute éclate à Night City et que D approfondit ses recherches sur le projet Capricorn. L’arc de cette entité numérique devient alors essentiel : il ne s’agit pas simplement d’une avancée scientifique, mais cette intrigue soulève également des questions sur la conscience, l’autonomie et le droit d’exister. De leur côté, King et Avida poursuivent leurs recherches pour sauver Talia d’une sombre destinée. Le contraste entre leurs préoccupations familiales et les ambitions des grandes entreprises détonne par rapport à la saison précédente. L’épisode est visuellement impressionnant, mais il multiplie les enjeux à un rythme qui nuit parfois à leur profondeur. À ce stade, les différentes intrigues commencent à former un ensemble plus cohérent et bien plus intéressant.

Épisode 9 : Strictly Reserved for You
À l’approche du dénouement, les conséquences des décisions précédentes deviennent plus difficiles à éviter. L’histoire de D et Roman soulève notamment une question importante : peut-on raconter objectivement une histoire lorsque l’on est directement impliqué ? Roman doit trouver sa propre position entre le désir de documenter la réalité et le risque de participer à sa violence. En parallèle, les recherches autour du projet Capricorn et la situation de Talia font ressortir les conflits entre intérêts familiaux et ambitions corporatives. Ces éléments donnent à l’épisode une tension efficace. Toutefois, tous les filons narratifs propres à leurs personnages auraient gagné à être préparés plus tôt. La série possède des idées intéressantes, mais elle ne leur accorde pas toujours suffisamment de temps pour remplir sa mission.
Épisode 10 : Then Everyone Went Home
L’épisode final rassemble les principales trajectoires dans une conclusion marquée par le chaos et riche en action. Sans révéler les événements qui s’y déroulent, on peut dire que la série cherche à conférer une certaine grâce aux différents parcours. La quête de vengeance de D, la recherche de rédemption de King, la lutte de Talia pour conserver son autonomie et la volonté de Roman de raconter la vérité trouvent ici une convergence. Le résultat reste cohérent avec le pessimisme de l’univers, même si certains arcs auraient mérité un développement plus approfondi, surtout quand on s’attend à un constat habituellement plus sombre. Cet épisode finit par conclure sur une certaine ouverture optimiste, qui n’est tout de même pas incompatible avec ce que Mike Pondsmith avance lui-même dans son univers.

En somme, il s’agit d’une saison ambitieuse, mais trop pressée
Cyberpunk: Edgerunners 2 possède plusieurs qualités, notamment grâce à ses protagonistes et à la diversité de leurs contextes. Elle traite de sujets qui ne nous sont pas trop abstraits, tels que la rédemption, la vengeance, les relations familiales et les dangers d’une technologie qui remet en question notre définition de l’être humain et notre propre survie.
Le principal problème demeure le rythme. Dix épisodes ne suffisent pas toujours à approfondir quatre parcours, leurs relations et les enjeux technologiques qui les entourent. Certains personnages, dont Roman, qui est particulièrement attachant, auraient gagné à avoir davantage d’influence sur les événements plutôt que de simplement les observer. Cette limite empêche parfois les moments dramatiques d’atteindre l’intensité recherchée. Aussi, j’ai trouvé que le personnage de King est trop souvent laissé en arrière-plan, alors qu’il est constamment mis de l’avant dans le marketing de la saison.
Visuellement, le travail de Trigger est tout de même impressionnant. L’animation fluide, les designs expressifs et l’utilisation des couleurs acidulées renforcent l’identité de la série. Cependant, le spectacle ne suffit pas toujours à compenser le laxisme narratif et certains tableaux détonnent un peu trop de l’esthétique animée à laquelle nous sommes habitués.
Somme toute, Cyberpunk: Edgerunners 2 est une suite intéressante qui élargit l’univers de Night City sans reproduire la même formule que sa première saison. Elle suscite un questionnement pertinent, mais le potentiel de son univers on ne peut plus riche n’est pas pleinement exploité. En ce qui me concerne, j’ai appris à l’apprécier davantage en lui donnant une deuxième et une troisième chance.
Analyse
Points forts :
- Une animation généralement sublime et fluide
- Une trame sonore exemplaire
- Des personnages plus grands que nature
- Un récit non édulcoré et mature
- Une critique sociale pertinente et intemporelle
- Un doublage immensément compétent
Points faibles :
- Trop d’arcs narratifs développés en surface
- Des personnages fort attachants, mais sous-utilisés
- Un impact émotionnel tenté, mais souvent raté
- Night City est laissée en arrière-plan
- Une conclusion qui pourrait laisser des fans sur leur faim
Pour visionner la série, c’est ici.