
Informations principales
Titre du film : Clayface
Réalisateur : James Watkins
Scénariste / Auteur original : Mike Flanagan, Hossein Amini, d’après les personnages de DC Comics
Studio / Production : DC Studios, 6th & Idaho, Troll Court Entertainment,
The Safran Company, Warner Bros. Pictures
Genre : Superhéros, suspense, horreur
Durée : 108 minutes
Date de sortie : 23 octobre 2026
Le DCU a eu un départ… mitigé, pour ainsi dire. Bien qu’il n’y ait pas encore eu de catastrophe totale, peu des projets présentés jusqu’à présent font l’unanimité. Néanmoins, on ne peut pas se plaindre que le studio prend des décisions prudentes avec les projets audacieux qu’il nous présente. Et le film d’aujourd’hui en est un excellent exemple.
Mettant en vedette Tom Rhys Harries dans le rôle principal, puis Naomi Ackie, David Dencik, Max Minghella, Nancy Carroll et Eddie Marsan dans les rôles secondaires, Clayface raconte l’origine d’un méchant célèbre de Gotham City. Il est le sixième projet du DCU et le troisième film après Superman et Supergirl.
Un nouveau visage
Après une confrontation avec un criminel notoire (David Dencik), l’acteur Matt Hagen (Tom Rhys Harries) se retrouve défiguré et disgracié dans le milieu du show-business. Désespéré, il se tourne vers la scientifique Caitlyn Corr (Naomi Ackie), qui travaille sur un projet expérimental de nanorobots pouvant réparer les tissus.
Matt retrouve alors le visage qu’il avait perdu. Mais avec la procédure vient une série d’effets secondaires que Caitlyn et lui n’avaient pas vus venir…

Des visuels grotesques
Le body horror constitue la force principale du film. En plus des transformations physiques que Matt subira, plusieurs scènes en gros plan (notamment autour des yeux) donnent lieu à des moments inconfortables qui vous inciteront à détourner le regard. Durant l’histoire, le body horror gagne en importance à mesure que Matt l’incorpore dans son identité.
Le film joue aussi avec le suspense et le drame pour nous inciter à nous questionner sur la suite des événements et nous transmettre les souffrances internes du personnage. Cependant, vers la fin, le film se transforme en film d’action typique et laisse de côté l’horreur et le suspense pendant un moment.

Ceci n’est pas une histoire de héros
Tout comme une certaine franchise rivale qui tentait de transformer des super-vilains d’un superhéros célèbre en antihéros pour des films, on se demande si le film tente de rendre cet antagoniste de Batman sympathique pour le spectateur.
Je vous rassure. Bien qu’on puisse sympathiser avec les souffrances du personnage, Matt fait des choix critiquables dès les premières minutes, dont un majeur qui lui causera des ennuis ensuite. Et avec le temps, l’histoire devient moins celle d’un antihéros qui s’en prend aux pires des malfrats qu’une tragédie d’un homme en quête de vengeance qui a accumulé trop de pouvoirs. De ce fait, il ressemble plus à Joker, X-Men: First Class, WandaVision ou Ironheart, dans le sens où l’on suit un personnage doté de superpouvoirs qui s’enfonce tragiquement dans le mal.
J’apprécie cette approche du film. Il ne tente pas de justifier les actions de Clayface. Il ne fait que présenter les conséquences tragiques de l’ambition à tout prix et de la vengeance.
Je voulais d’ailleurs mentionner le travail remarquable de Harries dans ce rôle, qui a bien démontré les multiples nuances du personnage. Ackie sortait du lot également.

Pas la meilleure des approches
Clayface est un personnage intéressant à explorer, et le film présente une partie du potentiel qu’on peut exploiter de lui pour une intrigue. Seulement, il ne présente que ça, qu’une partie.
En tant que protagoniste, j’aurais voulu qu’il explore davantage le milieu des acteurs et du cinéma, un peu comme Wonder Man. Mais le sujet est peu utilisé, vu qu’après sa transformation, Matt n’intervient presque plus dans le milieu du cinéma. À la place, le film se tourne vers une histoire de vengeance classique, vue et revue.
Quant à son pouvoir et à ses motivations, j’aurais voulu le voir comme un antagoniste. Il aurait été intéressant que, à la manière de The Thing, The Invasion of the Body Snatchers, la saison 1 de Peacemaker et Spider-Man: Brand New Day, on suive un héros qui tente d’attraper un ennemi invisible qui peut prendre l’apparence de n’importe qui. Mais en l’ayant comme protagoniste, on perd un peu de cet effet.

Une histoire indépendante
Si vous vous demandez quel est le rôle de ce film dans le DCU, je ne saurais vous dire.
Clayface est le seul personnage des bédés présent dans le film (et même là, le terme « Clayface » n’est pas mentionné dans le film). L’histoire ne mentionne aucune autre œuvre de DC Studios et ne semble pas présager la présence du personnage dans une œuvre à venir. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il habite à Gotham. Donc, à moins que le studio nous sorte un film coupé du reste de la franchise, notre prochaine apparition de Clayface risque d’être durant une prochaine histoire à Gotham, comme notamment le prochain film Batman.

Conclusion
Clayface est une tragédie de super-vilain qui se distingue de ses prédécesseurs avec son accent sur le body horror. Des projets du DCU jusqu’à présent, c’est l’un des plus uniques et distincts. L’histoire demeure classique et prévisible, mais reste accessible pour les fans d’horreur ou de DC Comics. Ce n’est pas le meilleur film de la franchise, mais ce n’est pas une catastrophe non plus.
Analyse
Points forts :
- Bon usage du body horror
- Bonne performance des acteurs
- Clayface demeure un vilain tout le long du film
- Scénario mieux cousu que certains films de super-vilains semblables
Points faibles :
- Fin classique et cliché
- Manque de potentiel dans l’usage du personnage dans l’intrigue