CRITIQUE DE FILM – STREET FIGHTER (2026)

par | Oct 16, 2026

Informations principales

Titre du film : Street Fighter

Réalisateur : Kitao Sakurai

Scénariste / Auteur original : Kitao Sakurai, T.J. Fixman, Dalan Musson et Gary Dauberman basé sur Street Fighter de Capcom

Studio / Production : Paramount Pictures, Legendary Pictures, Capcom Entertainment et Legendary Entertainment

Genre : Action, Arts Martiaux, Science-Fiction, Humour

Durée : 120 minutes

Date de sortie : 16 Octobre 2026

Ce film d’arts martiaux nous permet de suivre l’amitié mise à l’épreuve par la grande rivalité de nos deux protagonistes combattants, Ryu (Andrew Koji) et Ken (Noah Centineo), alors qu’ils sont recrutés par l’artiste martial, Chun Li (Callina Liang), afin de joindre un tournoi et affronter l’infâme dictateur, M. Bison (David Dastmalchian).

Le récit s’ouvre sur un retour en arrière, à l’instar des retours en arrière dans cette production, tels que celui de O-Ren Ishii dans Kill Bill, qui seront adaptés en animation. Nous sommes donc en 1987 et Ryu affronte et vainc en grande finale du premier tournoi World Warrior, le roi du Muay-thaï, Sagat, le laissant à jamais marqué par ce combat.

Six ans plus tard, 1993, on se retrouve en prise de vue réelle et M. Bison désire augmenter son pouvoir psychique en absorbant la plus grande puissance qu’il a rencontrée, celle de Ryu. Il organise donc le deuxième tournoi de World Warrior en espérant que Ryu sortira de sa retraite, alors qu’il a complètement disparu depuis sa victoire contre Sagat.

À l’aide de Chun Li d’Interpol, infiltré dans l’organisation du dictateur, elle réussit à rejoindre le combattant vagabond, ainsi que son ancien partenaire de combat, Ken, et bien d’autres combattants qui se joindront à ce festival d’arts martiaux­. On verra également, bien sûr, des combats de rue mettant en vedette une variété de bagarreurs, certains célèbres et d’autres moins connus, de la franchise Capcom.

Le retour des World Warriors
Tout d’abord, je vais essayer d’être impartial, mais la vérité est que je suis un grand admirateur de Street Fighter. J’ai acheté du maïs éclaté au cinéma avec le bol des cheveux ébouriffés de Guile, j’ai des figurines G.I. Joe de tous les personnages du deuxième opus du jeu vidéo Street Fighter, j’ai une collection d’articles additionnels et j’ai même un tatouage d’un des personnages sur ma jambe. Je demeure très conscient que les deux sorties précédentes en prise de vue réelle n’ont pas été appréciées par la critique et, même pas tant appréciées par les admirateurs… même si celui avec Jean-Claude Van Damme en 1994 a quand même été un succès au box-office.

Bonne nouvelle, c’est probablement la meilleure adaptation de la série portée au gros écran. Les critiques le cotent aussi bien que le film de Mario de 2023 avec une note de 45/100 sur Metacritic.

Certains vont dire que ce n’est pas beaucoup, mais le long métrage animé de Mario a quand même pété des scores au niveau des ventes, il a établi le record historique du meilleur démarrage mondial de tous les temps pour un film d’animation. Est-ce que je m’attends à la même chose de Street Fighter? Il est clair que la franchise n’a pas atteint le même niveau de popularité, d’accessibilité et de séduction que le plombier italien, et qu’elle est nettement moins axée sur la famille. N’empêche que l’on peut trouver ça de bon augure suite à des notes globales de 17/100 et 34/100 pour respectivement Street Fighter: The Legend of Chun Li et Street Fighter (1994).

Un combat nostalgique en IMAX
Pis moi, comment j’ai aimé ça? J’ai vécu une expérience intense. Assister à une projection IMAX de ma franchise préférée, où l’histoire des personnages bien-aimés est respectée, mais où les artistes ont suffisamment de liberté pour créer un contenu original, c’était exaltant pour le petit garçon qui sommeille en moi. J’ai vécu de nombreux plaisirs à entendre et voir les nombreux clins d’œil insérés dans ce long métrage de la franchise qui rendent hommage à son origine du jeu vidéo, mais aussi aux films qui l’ont précédé, que ce soit celui de 1994 ou les diverses versions animées. La réapparition de l’amitié profonde entre Ryu et Ken, qui avait été mise en évidence dans l’anime « Street Fighter II: The Animated Movie », sorti en 1994, puis dans la série animée « Street Fighter II V », diffusée en 1995, m’a profondément ému. J’en ai même versé quelques larmes quand leur relation a été mise à rude épreuve vers la fin de la présente projection.

Des combats dignes du tournoi
Évidemment, une adaptation de Street Fighter serait inacceptable sans les combats qui s’avèrent épiques, dois-je le rappeler que c’est un film d’arts martiaux? Heureusement, on en a pour notre argent. En outre, il était crucial que le long métrage mette en scène les assauts typiques de divers personnages, et il faut admettre que cette mission a été remplie avec brio. Ces attaques, presque impossibles, s’enchaînent tout de même plutôt bien, de manière plus naturelle que dans certaines éditions précédentes. Les admirateurs du jeu vidéo devraient être contents.

Ma douce, qui m’accompagnait, a beaucoup aimé la partie animée où les retours en arrière éclaircissaient les actions des personnages principaux. Elle qui comprend bien le japonais, elle m’a dit que la conversation entre Ryu et E. Honda (Hirooki Goto) dans la langue du soleil levant était un sans faute, sans accent horrible.

J’avais aussi un camarade qui m’accompagnait et qui, après la projection, a été submergé par des souvenirs nostalgiques, car il avait joué à ce jeu dans les années 90. Découvrir des aspects inédits sur les personnages, leur monde et des enjeux plus dramatiques l’ont aidé à renouer avec son expérience passée et à en saisir davantage le sens.

Hadouken dans le scénario!
Je raconte principalement des choses positives, mais, malheureusement, après avoir atterri sur Terre après la projection et avoir été frappé par les critiques déjà publiées, qui ne l’épargnent pas, il faut admettre que ce nouvel opus cinématographique de la franchise n’est pas exempt de défauts.

Tout d’abord, il y a beaucoup de trous scénaristiques. Cela est normal avec le grand nombre de personnages que l’on veut placer dans le film. Expliquer les origines et leurs raisons de chacun, qui les poussent à avancer, nécessiterait plus que les deux heures. Connaissant bien leur mythologie, j’aurais tendance à dire qu’on pourrait réaliser, au minimum, un film par personnages importants de la franchise pour bien explorer leurs psychés.

Ça demeure qu’on ne sait pas dans la présentation actuelle ce que M. Bison veut faire avec l’augmentation de son pouvoir psychique. On soulève une menace, mais c’est pas clair.

Street Fighter regorge de plaisanteries et d’humour, mais certaines d’entre elles pourraient sembler plus appropriées en 1993 qu’aujourd’hui. En effet, les personnages de cette série sont connus pour leur légèreté et leur faculté à rebondir dans tous les sens, ce qui peut parfois donner lieu à des blagues qui ne font pas rire tout le monde. Heureusement, ça ne tire pas le film vers le bas, j’ai ri à quelques occasions. Ça permet aussi d’alléger le film qui est treize ans et plus, parce que j’ai été surpris par moment par la violence intense, s’apparentant presque au gore de certains échanges de combattants. Surtout Akuma (Joe « Roman Reigns » Anoa’i) où toutes ses apparitions amènent craintes et trop souvent morts. Sa représentation est plus que fidèle au contenu original.

Des personnages qui ratent leur coup
Bien que le combat intérieur que mène Ryu se veut comme un conflit phare de la série de Capcom, je l’ai trouvé un peu trop antipathique comme personnage dans cette présentation. Ce n’est pas la faute de M. Koji ; je pense que c’est le choix de la direction artistique qui est en cause. J’aurais aimé le voir sourire de temps en temps, ce qui aurait rendu son personnage plus nuancé.

Pour ce qui est de Guile (Cody Rhodes), j’ai trouvé que le personnage était un peu trop caricatural, même s’il n’occupe pas une place centrale dans le film. Il aurait été intéressant de le voir moins bouffon et plus comme un personnage tourmenté, comme il devrait l’être. Je sais que je fais mon difficile.

Même chose pour M. Bison, il faut dire qu’en reprenant le costume que l’on avait dans la version de 1994 avec Raul Julia, qui était tout simplement impérial et marquant dans le rôle du dictateur, M. Dastmalchian avait de grosses pointes à chausser… surtout qu’il cite une des répliques fétiches du personnage de la version avec Jean-Claude Van Damme. N’empêche qu’il est représenté comme un petit avorton, souffrant d’un complexe de petitesse, loin de l’image du parfait dictateur fier et en contrôle auquel on a été habitué dans toutes les versions précédentes.

Les références, une arme à double tranchant
En cette même année, The Super Mario Galaxy Movie a fait l’objet de critiques pour son utilisation abusive de références, souvent jetées sans transition dans le récit, simplement pour plaire aux admirateurs. Je dirais que l’adaptation du produit de Capcom présente les mêmes défauts. J’ai adoré toutes ces insertions, mais je me dois de me rendre à l’évidence que ce n’était trop souvent que pour servir l’admirateur de la franchise et n’amenait pas grand-chose à l’histoire.

Je suis également mitigé quant à la trame sonore, qui utilise abondamment les succès de l’époque, sauf à un moment donné où la chanson « Who Let the Dogs Out » a commencé à jouer. Ce succès est sorti en 2000. J’le pardonne, ça correspondait à l’ambiance qu’on désirait aller chercher, mais je crois qu’on aurait pu trouver autre chose. Cependant, j’ai adoré les nombreuses chansons rocks de l’époque, rappelant mon adolescence.

Street Fighter procure un divertissement agréable, en particulier pour les admirateurs qui attendaient impatiemment une nouvelle version cinématographique. Il s’agit actuellement de la meilleure adaptation en prises de vues réelles. Bien qu’il ne soit pas exempt de défauts, il offre une expérience de cinéma captivante pour les amateurs de films d’action et d’arts martiaux. Les personnes désirant découvrir cette œuvre peuvent la regarder en compagnie de novices en la matière. Elles ne seront pas dépassées et ne devraient pas vouloir interrompre la diffusion. J’ai bien hâte de savoir si la franchise connaîtra du succès, surtout que la finale ****ALERTE À UN PETIT DIVULGÂCHEUR**** demeure ouverte pour une possible suite.

8.5/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Des combats spectaculaires et des attaques emblématiques bien adaptées à l’écran
  • Une foule de clins d’œil aux jeux vidéo, aux adaptations animées et au film de 1994, qui récompensent les admirateurs de longue date
  • Une relation entre Ryu et Ken particulièrement émouvante, soutenue par une histoire qui respecte leurs liens
  • Une adaptation accessible aux néophytes, qui offre un divertissement efficace même sans connaître toute la franchise

Points faibles :

  • Des trous scénaristiques et des motivations parfois mal expliquées, notamment concernant les ambitions de M. Bison
  • Une caractérisation inégale de certains personnages, dont Ryu, Guile et M. Bison, ainsi qu’un recours parfois gratuit aux références nostalgiques
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J’oublie parfois de sortir dehors. #viedegeek

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