CRITIQUE DE JEU VIDÉO – BLACKWOOD (PC): UNE BONNE IDÉE QUI MANQUE DE FINITION

par | Oct 11, 2026

Informations principales

Titre du jeu : BLACKWOOD

Développeur : AttritoM7 Productions

Éditeur : IZilla Games, AttritoM7 Productions

Genre : Action, aventure

Plateformes : PC (Steam)

Testé sur : PC (Steam)

Prix : 24,99$

Date de sortie : 16 septembre 2026

Nombre de joueurs : 1

En français : Non

Classement ESRB : Non classé par l’ESRB actuellement

BLACKWOOD avait tout pour attirer l’attention des amateurs de jeux d’action indépendants. Imaginez un propriétaire de boutique de DVD à Brooklyn en 2012 qui passe ses journées à vendre des films et ses nuits à accepter des contrats comme tueur à gages. Sur papier, le concept est original et permet de mélanger gestion de commerce, action à la troisième personne et histoire criminelle.

Développé par AttritoM7 Productions, BLACKWOOD propose actuellement son premier acte, alors que deux autres chapitres sont prévus pour poursuivre l’histoire. Après plusieurs heures passées aux côtés d’Anton, une question demeure toutefois : est-ce que cette première partie réussit réellement à exploiter le potentiel de son concept?

Deux vies qui auraient pu être intéressantes
BLACKWOOD nous présente Anton, un homme qui mène une double vie plutôt particulière. Le jour, il gère une petite boutique de DVD à Brooklyn. Il doit accueillir les clients, remplir les rayons, commander de nouveaux films et tenter de faire fonctionner son commerce. La nuit, il change complètement de registre et devient un tueur à gages qui accepte différents contrats.

Cette opposition entre la banalité du quotidien et les activités criminelles constitue probablement l’idée la plus intéressante du jeu. Malheureusement, les deux aspects ne sont pas toujours suffisamment liés. On peut passer d’une mission violente à la gestion des stocks de la boutique sans que les événements précédents aient réellement une influence sur cette autre facette de la vie d’Anton.

Un personnage encore difficile à cerner
Anton est volontairement présenté comme un personnage plutôt réservé. Son passé et les raisons qui l’ont amené à devenir tueur à gages semblent devoir prendre davantage d’importance dans les prochains actes, mais cette première partie reste assez vague à ce sujet.

Plusieurs éléments laissent croire que son histoire personnelle cache quelque chose de plus important, mais le scénario préfère préparer le terrain plutôt que développer réellement ces pistes. Les personnages secondaires manquent également parfois de profondeur, ce qui rend certaines scènes moins marquantes qu’elles auraient pu l’être.

Des combats qui manquent de précision
C’est lorsque les armes sortent que les problèmes deviennent les plus évidents. BLACKWOOD veut clairement proposer une expérience d’action inspirée des films de fusillades et de combats rapprochés, mais ses mécaniques n’atteignent pas toujours le niveau de précision nécessaire.

Les combats au corps à corps manquent de fluidité et certains affrontements donnent l’impression de ne pas avoir été suffisamment peaufinés. Les armes à feu souffrent de problèmes similaires, notamment au niveau de la visée et de la réaction des ennemis lorsqu’ils sont touchés.

L’idée derrière le système fonctionne, mais son exécution manque encore de finition.

Les éliminations montrent le potentiel du jeu
Les éliminations contextuelles représentent probablement l’un des éléments les plus réussis des affrontements. Anton dispose de différentes animations pour neutraliser ses adversaires, ce qui donne enfin cette sensation d’action cinématographique que le jeu cherche à reproduire.

Le problème est que ces séquences réussies sont souvent entourées de combats beaucoup moins convaincants. On passe donc rapidement d’une élimination spectaculaire à un affrontement où les déplacements et les collisions manquent de précision.

Une boutique de DVD qui apporte une touche originale
Lorsqu’Anton ne travaille pas comme tueur à gages, il doit s’occuper de sa boutique. Vous devrez gérer les stocks, commander de nouveaux films, déterminer les prix et conseiller certains titres aux clients selon leurs goûts.

Cette mécanique apporte un contraste amusant avec les missions nocturnes. Quelques minutes après avoir participé à une fusillade, vous pouvez vous retrouver à chercher quel film conviendrait le mieux à un client. L’idée correspond parfaitement au concept de BLACKWOOD.

Malheureusement, les possibilités de gestion restent assez limitées et la boutique ne possède pas suffisamment de profondeur pour devenir une activité réellement captivante.

Beaucoup d’ambition, pas assez de finition
BLACKWOOD tente de proposer plusieurs systèmes différents : combats rapprochés, fusillades, conduite, gestion de boutique, personnalisation des armes et activités du quotidien. Cette ambition est intéressante, particulièrement pour une production indépendante, mais elle finit également par exposer les limites du projet.

Plusieurs mécaniques donnent l’impression de ne pas avoir bénéficié du même niveau de finition. Les séquences de conduite sont particulièrement problématiques, avec une physique qui peut rapidement devenir maladroite et parfois même involontairement comique.

Le jeu présente également quelques problèmes techniques qui viennent affecter l’expérience. Les prochaines mises à jour pourraient toutefois permettre au studio d’améliorer certains de ces aspects.

Une idée qui méritait davantage de temps
Ce qui est frustrant avec BLACKWOOD, c’est qu’il est facile d’imaginer une version beaucoup plus aboutie du jeu. Le concept d’un propriétaire de boutique de DVD qui devient tueur à gages durant la nuit possède suffisamment de personnalité pour fonctionner.

La période choisie, soit Brooklyn en 2012, apporte également une identité intéressante à l’ensemble. Le problème vient surtout de l’exécution. BLACKWOOD aurait probablement gagné à concentrer davantage ses efforts sur quelques mécaniques plutôt que de multiplier les systèmes.

Les combats, la conduite et la gestion de la boutique auraient tous bénéficié de davantage de profondeur et de finition.

Un premier acte qui laisse plusieurs questions en suspens
Il faut toutefois garder en tête que nous avons ici affaire au premier acte d’une histoire conçue pour être racontée en plusieurs parties. Les deux prochains actes doivent poursuivre l’histoire d’Anton et pourraient permettre au scénario de développer davantage certains éléments qui restent actuellement en arrière-plan.

Cela rend l’évaluation de BLACKWOOD un peu particulière. Le potentiel du projet est bien présent, mais il faudra voir si les prochains chapitres réussiront à corriger les lacunes actuelles et à mieux exploiter les idées introduites dans cette première partie.

Ce qu’il faut retenir
BLACKWOOD possède une prémisse suffisamment originale pour attirer l’attention. L’idée de gérer une boutique de DVD durant la journée avant de devenir tueur à gages durant la nuit fonctionne particulièrement bien sur papier et apporte une identité intéressante au jeu.

Malheureusement, cette première partie souffre d’un manque de finition qui touche plusieurs de ses mécaniques. Les combats manquent de précision, la conduite peine à convaincre et la gestion de la boutique aurait gagné à être plus développée. Les éliminations et certains éléments de présentation montrent néanmoins qu’il existe une bonne base sur laquelle le studio peut construire.

Il faudra donc surveiller les prochains actes pour voir comment BLACKWOOD évoluera. Pour le moment, cette première partie ressemble davantage à un projet ambitieux qui cherche encore à trouver son équilibre qu’à l’expérience d’action complète qu’elle souhaite proposer.

Merci à AttritoM7 pour la copie du jeu.

6,9/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Concept original avec la double vie d’Anton
  • Mélange intéressant entre gestion de boutique et action
  • Les éliminations sont réussies et variées
  • Une ambiance qui rappelle les films d’action criminels
  • Un potentiel intéressant pour les prochains actes
  • Quelques moments amusants et une personnalité bien présente

Points faibles :

  • Combats au corps à corps imprécis
  • Fusillades qui manquent de sensations
  • Intelligence artificielle inégale
  • Séquences de conduite maladroites
  • Gestion de la boutique trop limitée
  • Scénario encore peu développé dans ce premier acte
<a href="https://gpourgeek.ca/author/djseifer/" target="_self">Pascal Emond</a>

Pascal Emond

On va faire ça bref, ....... j'aime les jeux vidéo, voilà c'est fait.

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