
Informations principales
Titre du jeu : Gears of War : E-Day
Développeur : The Coalition
Éditeur : Xbox Game Studios
Genre : Jeu de tir à la troisième personne
Plateformes : Xbox Series X|S et PC
Testé sur : Xbox Series X|S
Prix : 89,99$
Date de sortie : 6 octobre 2026
Nombre de joueurs : Solo, coop local et coop en ligne
En français : Oui
Classement ESRB : M
Un retour aux sources qui me laisse mitigé
Gears of War: E-Day nous ramène 14 ans avant le premier Gears of War, alors que Sera découvre pour la première fois l’horreur qui vient des profondeurs. Marcus Fenix et Dominic Santiago sont encore de jeunes soldats lorsqu’ils se retrouvent plongés dans ce qui deviendra l’un des événements les plus importants de l’histoire de la série : le Jour de l’Émergence.
Cette fois, The Coalition ne cherche pas simplement à raconter une nouvelle aventure. L’objectif est de revenir à l’époque où tout a commencé et de montrer une invasion de la Horde Locuste alors que l’humanité n’est absolument pas préparée à ce qui lui tombe dessus.
L’ambiance se veut donc plus sombre et plus proche de l’horreur, avec une ville de Kalona qui se transforme progressivement sous nos yeux.
Gameplay : Gears, mais avec beaucoup plus de mouvement
C’est probablement ici que j’ai le plus de choses à dire.
Gears of War a toujours été associé au cover and shoot. Tu avances, tu trouves un couvert, tu tires, tu changes de position et tu recommences. C’était même une partie importante de l’identité de la série.
E-Day conserve cette mécanique, mais lui donne beaucoup plus de liberté.
Le sprint, les glissades, les sauts, l’escalade et les nouvelles possibilités de déplacement rendent les affrontements beaucoup plus rapides. Et oui, c’est vraiment le fun à jouer!
Par contre, personnellement, je trouve que ça change énormément l’ADN du jeu. Le fait de pouvoir courir et sauter davantage fait que les combats deviennent plus vifs et beaucoup plus agressifs. On passe moins de temps à simplement attendre derrière un mur pour prendre le prochain ennemi et davantage à chercher comment foncer, contourner ou prendre une position différente.
C’est une évolution logique pour une série qui veut se moderniser, mais elle enlève aussi une petite partie de cette lourdeur caractéristique des premiers Gears.
Le soldat reste gros, lourd et équipé comme un tank humain, mais il est maintenant beaucoup plus mobile.
Et ça fonctionne.
Le problème, c’est que je ne suis pas certain que ça fonctionne toujours comme du Gears classique.
Pour moi, E-Day se rapproche donc davantage d’un mélange entre le vieux Gears et une version beaucoup plus agressive du cover shooter. The Coalition voulait conserver l’esprit de Gears tout en faisant jouer le jeu différemment, et c’est exactement ce qu’on ressent.

Une formule qui fonctionne… mais avec quelques incohérences
E-Day étant une préquelle, je m’attendais forcément à retrouver certains éléments qui respectent davantage la chronologie établie.
C’est ici que certaines choses m’ont fait sourciller.
L’exemple qui me vient rapidement en tête concerne les Juvies et certains éléments qui ont été introduits beaucoup plus tard dans la franchise. Dans une histoire qui se déroule avant le premier Gears, ce genre de choix demande forcément une certaine gymnastique scénaristique pour rester cohérent avec ce que les joueurs connaissent déjà.
Ce n’est pas nécessairement assez important pour détruire l’expérience, mais pour un fan qui connaît bien l’univers, ça peut provoquer quelques réactions du genre : « OK… mais comment ça fonctionne avec la chronologie? »
C’est justement le genre de détail que j’aime examiner dans une préquelle : non seulement est-ce amusant, mais est-ce que ça respecte réellement ce qui vient après?

Une représentation qui peut diviser
Autre élément qui m’a davantage accroché : la façon dont certaines représentations et certains thèmes modernes sont intégrés dans l’univers.
Je vais être clair : le problème n’est pas qu’il y ait des personnages LGBTQ+ ou différentes formes de représentation. Un univers peut parfaitement évoluer et présenter des personnages provenant de réalités différentes.
Ce qui m’a davantage dérangé, c’est parfois l’impression que certains éléments sont là pour cocher une case plutôt que pour réellement enrichir l’histoire ou les personnages.
C’est une différence importante.
Quand la représentation vient naturellement du scénario, qu’elle sert un personnage et qu’elle nous fait mieux comprendre celui-ci, ça fonctionne. Lorsqu’elle semble plus visible que le personnage lui-même, j’ai personnellement davantage de difficulté à embarquer.
Dans E-Day, j’ai parfois eu cette impression de « box checking », surtout dans le cas de personnages comme Mags et, principalement, Gray.
Une grande place est accordée à Gray, notamment en matière de leadership, alors qu’elle est également au centre d’un arc narratif complet lié à l’Imulsion. Cet arc a sa place, oui, mais avec toute cette attention, où est le traitement spécial réservé au retour de Fenix et Santiago dans la franchise?
Encore une fois, c’est mon interprétation et mon ressenti devant le jeu, pas une affirmation que chaque personnage ou chaque élément de représentation a été créé uniquement pour cette raison.
Et c’est dommage, parce que Gears possède déjà un univers suffisamment riche pour permettre de créer des personnages intéressants sans avoir besoin de constamment nous rappeler leur identité.
Pour moi, le meilleur Gears reste celui où les personnages sont d’abord des personnages : leurs motivations, leurs relations, leurs choix et leur personnalité passent avant les étiquettes.

Sound design
Côté sonore, E-Day fait exactement ce qu’on attend d’un Gears moderne.
Les armes ont du poids. Les explosions frappent fort et les affrontements contre les Locustes donnent une impression de chaos constant.
Le sound design contribue énormément à l’ambiance plus sombre recherchée par The Coalition. Le jeu veut retrouver une certaine dimension horrifique des débuts de la franchise, et les sons des ennemis, des armes et de l’environnement participent beaucoup à cette atmosphère.
La musique vient compléter le tout sans prendre constamment toute la place. Elle accompagne bien les moments de tension et les séquences plus spectaculaires.
Et évidemment, entendre les armes emblématiques de Gears reste toujours aussi satisfaisant.
Le Lancer, le Gnasher et les exécutions ont encore cette brutalité sonore qui fait partie de l’identité de la franchise.

Impression générale
Voir Kalona tomber et passer d’une ville vivante au monde sombre qu’on retrouve à partir du premier opus était une expérience aussi belle que sombre. Le drame de ne pas pouvoir sauver certains citoyens à certains moments était exactement ce qu’on devait voir.
Cependant, compte tenu de ce qui a été établi dans la chronologie, je trouve qu’il manquait certains éléments. Et c’était pourtant facile à résoudre…
Moins de messages modernes. (Bon, vous avez retiré votre tag LGBTQ+ qui était en PREMIER sur Steam.)
Moins de Mags. Zee Carmine ou Michaelson aurait dû être capitaine. Point.
Jouer avec les deux jumeaux comiques aurait permis de combler le vide laissé par le personnage positif qu’est Cole Train. Même pas un caméo… Il perd donc son titre de personnage présent dans tous les jeux. Bande de nonos!
Plus de focus sur… vous le devinez : FENIX ET DOM! DUUUHHH!

Conclusion
Je suis très mitigé par rapport à cette sortie.
Les fans ont attendu des années pour avoir la chance de revoir Dominic Santiago. Oui, il partage de très beaux moments avec son frère d’armes, Fenix. Par contre, on aurait pu et on aurait dû en voir plus. Il y a beaucoup trop de place accordée à Mags, qui représente, à mes yeux, l’ultime « box check ».
Quand je dis que je suis mitigé, c’est aussi par rapport à elle. C’est vraiment une Gears. Elle participe, aide et contribue à l’escouade Bravo. Le problème, c’est que l’attention accordée à son personnage prend trop de place dans un retour aux sources où l’on veut avant tout retrouver Fenix et Dom.
On nous propose ce personnage alors qu’on aurait finalement pu avoir Alex Brand, issue de l’arc Barren des bandes dessinées et qui a été remplacée par Samantha dans Gears of War 3.
Pourquoi nous donner comme capitaine une super « boss lady » comme madame Gray? Elle sort d’où? Quand on a une légende comme Bernadette Mataki, alias Bernie, une tireuse d’élite exceptionnelle qui connaît Hoffman, pourquoi ne pas lui avoir accordé davantage de place?
Et en parlant de lui… Il est où?
À noter que, lors du 300e épisode de G Pour Geek, j’ai difficilement accordé un 8 au jeu. Eh bien, tout comme Gears… les choses changent!
Analyse
Points forts :
- Un gameplay extrêmement plaisant et beaucoup plus dynamique.
- Le retour de Marcus et Dom dans leurs jeunes années.
- Une ambiance plus sombre qui rappelle les débuts de la franchise.
- Des déplacements beaucoup plus fluides.
- Le mélange entre le cover shooter traditionnel et une mobilité moderne.
- Des armes toujours aussi satisfaisantes.
- Une réalisation impressionnante grâce à l’Unreal Engine 5.
- Une ville de Kalona qui participe réellement à l’atmosphère et à la destruction progressive du monde.
Points faibles :
- Le déplacement plus libre change considérablement le fameux « cover and shoot » de la série.
- Certains choix peuvent sembler étranges lorsqu’on considère qu’il s’agit d’une préquelle.
- Certaines représentations modernes m’ont donné une impression de « box checking » plutôt que d’enrichissement naturel des personnages.
- Quelques éléments de continuité peuvent faire sourciller les fans qui connaissent très bien la chronologie.
- E-Day donne parfois l’impression de vouloir moderniser Gears au point de s’éloigner largement de ce qui faisait son identité originale.
Pour vous procurer le jeu, c’est ici.