
Informations principales
Titre du manga : My Hero Academia
Éditeur : Ki-oon
Distributeur : Interforum
Mangaka : Kohei Horikoshi
Genre : Shōnen, super-héros, action, comédie
Nombre de pages : 176
Prix : 6,95$
Date de sortie : 14 avril 2016
Avec My Hero Academia, Kohei Horikoshi imagine un monde où les super-héros ne sont plus simplement des personnages de bandes dessinées ou des figures mythiques. Ils font partie du quotidien, interviennent dans les situations dangereuses et sont devenus de véritables célébrités.
Au centre de cet univers se trouve Izuku Midoriya, un jeune garçon qui rêve depuis toujours de devenir un héros. Un rêve qui semble pourtant impossible à réaliser puisqu’il fait partie de la minorité de la population qui ne possède aucun Alter.
Publié au Japon en 2014, le premier tome pose les bases d’une série qui mélange habilement les codes du shōnen avec ceux des comics de super-héros.
Un héros qui commence avec un désavantage
Ce qui fonctionne particulièrement bien dans ce premier volume, c’est la situation de départ d’Izuku. Contrairement à plusieurs protagonistes de shōnen qui découvrent progressivement qu’ils possèdent un potentiel extraordinaire, Izuku commence son aventure avec un handicap qui semble pratiquement insurmontable. Dans une société où les Alters sont devenus quelque chose de normal, ne pas en avoir revient à être constamment mis à l’écart.
Pourtant, Izuku ne renonce jamais réellement à son rêve. Le personnage est présenté comme quelqu’un qui observe les héros, analyse leurs capacités et prend des notes. Cette approche permet rapidement de comprendre qu’il ne veut pas seulement devenir puissant. Il s’intéresse profondément à ce qui fait un véritable héros.
C’est également ce qui rend son parcours intéressant. Izuku n’est pas présenté comme quelqu’un qui possède immédiatement toutes les qualités nécessaires. Il doit apprendre, faire des choix et surtout trouver la façon dont il pourra avancer malgré ses limites.
All Might et la naissance d’une vocation
L’arrivée d’All Might donne une nouvelle dimension au récit. Figure incontournable de cet univers, All Might représente pratiquement l’idéal absolu du super-héros. Sa présence contraste fortement avec celle d’Izuku, qui manque de confiance et semble incapable d’atteindre un tel niveau.
La relation qui commence à se développer entre les deux personnages constitue l’un des éléments les plus importants du tome. Horikoshi ne se contente pas de placer un héros légendaire devant son jeune admirateur. Il utilise cette rencontre pour poser une question essentielle : qu’est-ce qui fait réellement un héros?
Le manga insiste davantage sur le courage, la volonté d’aider les autres et la capacité d’agir au bon moment que sur la simple puissance physique. C’est justement cette idée qui permet au premier tome de dépasser son concept de départ. Même si l’univers repose sur les super-pouvoirs, le récit conserve une dimension très humaine.
Un univers qui donne envie de continuer
Le monde imaginé par Horikoshi constitue évidemment l’une des grandes forces de ce premier volume. Le principe des Alters permet d’introduire énormément de possibilités pour la suite. Chaque personnage peut posséder une capacité différente, avec ses propres forces et ses limites. Le manga commence déjà à exploiter cette idée sans chercher à tout expliquer immédiatement.
Cette retenue fonctionne bien.
Le premier tome présente suffisamment d’informations pour comprendre le fonctionnement général de cet univers, tout en laissant beaucoup de place à la découverte. L’école de héros et les personnages qui gravitent autour d’Izuku deviennent naturellement des éléments que l’on a envie d’explorer davantage.
Le dessin de Kohei Horikoshi accompagne également très bien cette approche. Son trait peut être détaillé et énergique, particulièrement pendant les scènes d’action, mais il sait aussi donner beaucoup d’expressivité aux personnages. All Might bénéficie notamment d’un design immédiatement reconnaissable qui accentue son côté spectaculaire.
Les expressions faciales apportent aussi beaucoup d’humour au récit. Horikoshi alterne ainsi entre des moments sérieux, des scènes plus légères et des passages beaucoup plus dynamiques.
Un premier tome qui pose solidement les bases
My Hero Academia tome 1 n’essaie pas de tout révéler dès le départ. Il se concentre surtout sur Izuku, son rêve et les événements qui vont lui permettre de commencer à avancer vers celui-ci. C’est probablement la meilleure décision pour lancer une série de cette ampleur.
Le lecteur découvre progressivement le fonctionnement de cette société, ses héros, ses Alters et les premières figures importantes de l’histoire. Surtout, le parcours d’Izuku donne rapidement une direction claire au récit.
Le tome possède également ce qui est nécessaire pour donner envie de tourner les pages : un protagoniste attachant, un univers qui offre énormément de possibilités et plusieurs personnages dont on souhaite découvrir le développement.
Certains éléments sont volontairement classiques dans leur construction, mais Horikoshi réussit à leur donner suffisamment de personnalité pour que l’ensemble fonctionne. Le mélange entre shōnen, super-héros, humour et récit scolaire constitue une combinaison efficace.
Ce qu’il faut retenir
Avec ce premier tome, Kohei Horikoshi réussit à poser des bases solides pour My Hero Academia. Izuku Midoriya constitue un protagoniste intéressant parce que son parcours commence loin du héros traditionnellement surpuissant. Son rêve paraît inaccessible, mais sa détermination et sa vision du métier de héros donnent rapidement envie de suivre son évolution.
L’univers possède également un énorme potentiel grâce aux Alters et à cette société où les héros sont devenus indispensables au quotidien.
Le premier volume reste avant tout une introduction, mais une introduction suffisamment bien construite pour donner envie de découvrir la suite. Entre son univers original, ses personnages expressifs et son mélange de plusieurs influences, My Hero Academia possède déjà une identité bien définie.
Pour une série qui devait encore construire son univers, ce premier tome réussit surtout une chose essentielle : nous donner envie de voir jusqu’où Izuku Midoriya pourra aller.
Merci à Interforum pour la copie du livre.
Analyse
Points forts :
- Un protagoniste attachant et facile à suivre
- Un univers de super-héros avec beaucoup de potentiel
- Une bonne présentation des Alters
- L’équilibre entre action, humour et émotion
- Le style graphique expressif de Kohei Horikoshi
Points faibles :
- Certains éléments restent assez classiques pour un shōnen
- L’univers est encore peu développé dans ce premier tome
- Plusieurs personnages sont seulement introduits et demandent à être approfondis