
Informations principales
Titre du manga : The Hitman’s Fave Tome 2
Éditeur : Kurokawa
Distributeur : Interforum
Mangaka : Rintarô Oshima
Genre : Action, comédie, seinen
Nombre de pages : 199
Prix : 14,95$
Date de sortie : 21 août 2026
Quand le passé refuse de raccrocher
Après avoir quitté son métier de tueur à gages pour consacrer son existence à Kaorin et au groupe Rosaceae, Owaru Endô profite enfin de sa nouvelle vie de fan. Le problème, c’est que son ancienne organisation ne compte pas simplement le laisser partir. La pègre cherche à le faire revenir dans le métier, tandis que Kaorin commence de son côté à se demander si l’homme qui l’a autrefois sauvée ne serait pas justement l’un de ses fans. La situation prend ensuite une tournure beaucoup plus inquiétante lorsqu’un message annonce publiquement la mort d’Owaru après l’explosion d’une maison. Le tome conserve donc le principe central de la série — opposer l’ancien assassin implacable au fan d’idole complètement passionné — tout en donnant davantage de poids aux conséquences de son ancienne vie.
Un deuxième acte qui prend enfin forme
Ce deuxième volume fait progresser la série au-delà de la simple succession de situations comiques. Owaru est confronté directement à son passé et à ceux qui refusent d’accepter sa retraite, ce qui donne à l’intrigue une véritable direction. L’humour reste omniprésent, notamment lorsque les compétences autrefois utilisées pour tuer deviennent paradoxalement utiles dans sa vie de fan, mais le récit ajoute davantage d’action et quelques éléments plus sérieux autour de son ancienne existence. Le tome est toutefois construit en deux mouvements assez distincts : une première partie davantage consacrée aux problèmes liés à la pègre, puis une seconde qui revient fortement à la passion d’Owaru pour Kaorin et Rosaceae. Cette séparation fonctionne individuellement, mais rend l’ensemble légèrement moins homogène. Plusieurs critiques ont justement relevé cette impression de presque deux histoires différentes réunies dans un même volume.
Owaru, assassin malgré lui et fan avant tout
Owaru demeure évidemment la grande force de la série. Son évolution ne passe pas par une transformation radicale, mais plutôt par la confirmation de son désir de laisser derrière lui son ancienne existence. Le contraste entre ses capacités extraordinaires et son comportement de fan extrêmement sérieux continue de produire les meilleurs moments du manga. Le tome développe également davantage son passé, notamment grâce à un flashback qui permet de mieux comprendre comment il est devenu le tueur redouté que tout le monde connaît. Ce retour en arrière est particulièrement intéressant parce qu’Oshima ne cherche pas à effacer la violence du personnage : il montre plutôt comment Owaru tente de construire quelque chose de nouveau avec ce qu’il est devenu. Kaorin gagne également un peu plus d’importance puisqu’elle commence à soupçonner l’identité de son mystérieux fan. En revanche, les interactions directes entre elle et Owaru restent moins nombreuses qu’on pourrait l’espérer.
La double vie devient le véritable moteur
L’univers ne se transforme pas soudainement en gigantesque monde criminel ou en récit consacré exclusivement aux idoles, mais il gagne en profondeur grâce au croisement de ces deux milieux. D’un côté, on comprend mieux les rapports de force autour de l’ancien clan d’Owaru et les raisons pour lesquelles certains veulent son retour tandis que d’autres semblent préférer sa disparition. De l’autre, Rosaceae commence à prendre une place plus importante dans la structure générale de la série. Le groupe underground et la carrière de Kaorin deviennent progressivement un véritable enjeu narratif plutôt qu’un simple décor permettant de faire fonctionner les blagues. Cette évolution prépare notamment les événements qui seront développés par la suite autour de Rosaceae et de sa progression dans le monde des idoles.
Un dessin qui sait quand frapper
Rintarô Oshima assure encore une fois seul le scénario et le dessin, et son trait fonctionne particulièrement bien dans cette alternance entre comédie et action. Owaru possède une présence visuelle immédiatement reconnaissable : son visage sérieux et son allure de tueur contrastent constamment avec les accessoires et comportements d’un fan d’idole. Les scènes d’action profitent d’un découpage dynamique qui donne aux mouvements une vraie lisibilité, tandis que les expressions faciales sont utilisées pour accentuer les situations absurdes. Le dessin fonctionne également très bien lorsque le manga passe de l’univers criminel aux concerts et aux événements de fans. Cette opposition visuelle accompagne parfaitement le principe de la série.
Deux ambiances, un rythme parfois inégal
La lecture reste rapide et fluide, notamment grâce au mélange permanent entre scènes d’action, gags et passages consacrés à la vie de fan d’Owaru. Le tome a toutefois un petit problème de structure. Le changement assez net entre l’intrigue criminelle et les séquences consacrées aux idols peut donner l’impression que le récit abandonne momentanément une histoire pour en commencer une autre. Ce n’est pas suffisamment important pour casser la lecture, mais cela empêche le volume d’atteindre la même cohésion qu’il pourrait avoir. À l’inverse, cette construction permet aussi au manga de ne jamais rester trop longtemps dans la même ambiance, ce qui contribue à son rythme général.
Quand le tueur rencontre le fan
Les meilleurs moments sont ceux où les deux personnalités d’Owaru se rencontrent directement. Ses réflexes de professionnel, son expérience du monde criminel et sa capacité à gérer les situations dangereuses deviennent complètement absurdes lorsqu’ils sont appliqués à sa passion pour Kaorin. Le flashback consacré à son passé apporte également une dimension intéressante au personnage et évite que son ancienne vie ne reste simplement un prétexte pour lancer des combats. L’annonce de sa prétendue mort constitue enfin un élément important pour la suite, puisqu’elle fait basculer son existence dans une nouvelle situation particulièrement délicate. Le manga reste surtout très efficace lorsqu’il assume complètement son concept plutôt que lorsqu’il cherche à devenir un thriller criminel classique.
Les réponses arrivent, mais les problèmes se multiplient
Le tome apporte davantage d’informations sur Owaru, son passé et les personnes qui souhaitent le voir revenir dans le milieu. Il clarifie également les intentions de certains membres de son ancien environnement criminel. Mais chaque réponse s’accompagne de nouveaux problèmes. La fausse mort d’Owaru constitue notamment un nouveau mystère et risque de compliquer encore davantage sa relation avec Kaorin. En parallèle, le groupe Rosaceae commence à évoluer dans une direction qui donnera davantage de poids à la partie idol de la série. Le cliffhanger n’est pas construit uniquement autour d’un énorme combat, mais plutôt autour de cette collision annoncée entre la nouvelle vie d’Owaru et les conséquences de son ancienne existence.
Plus ambitieux, mais un peu moins équilibré
Par rapport au premier tome, ce deuxième volume cherche davantage à construire une véritable histoire. C’est probablement son plus gros progrès. Là où le premier volume reposait beaucoup sur la découverte du concept et des situations décalées, le tome 2 commence à donner à Owaru un véritable passé à confronter et à la série une intrigue capable de s’étendre sur plusieurs volumes. En contrepartie, cette ambition réduit légèrement l’effet de surprise et le côté immédiatement délirant du premier tome. Certains lecteurs ont d’ailleurs apprécié ce développement du personnage et le ton plus sérieux, alors que d’autres ont trouvé la séparation entre les deux grandes parties du tome moins aboutie. À mes yeux, le tome 2 est donc plus intéressant sur le plan narratif, même s’il est légèrement moins spontané dans son humour.
Un fanboy peut-il vraiment échapper à son passé ?
The Hitman’s Fave Tome 2 confirme que la série possède davantage de potentiel qu’une simple comédie basée sur un concept amusant. Rintarô Oshima commence à construire une intrigue plus solide autour d’Owaru, développe son passé et pose de nouveaux enjeux qui donnent enfin une direction à long terme à la série. Le principal défaut vient de la construction du volume, qui sépare parfois trop nettement les passages consacrés à la pègre et ceux consacrés aux idols. Malgré cela, le mélange reste suffisamment original et divertissant pour fonctionner. Le tome 2 est donc une suite solide, légèrement moins immédiate que le premier mais plus intéressante pour l’avenir de la saga. Il donne surtout envie de voir comment Owaru pourra continuer à vivre sa passion pour Kaorin alors que son ancienne vie refuse catégoriquement de disparaître. Les lecteurs qui avaient apprécié le mélange action/comédie du premier tome devraient y trouver une suite plus ambitieuse, tandis que ceux qui attendaient une intrigue globale plus présente voient enfin la série prendre cette direction. La suite s’annonce d’ailleurs tournée vers la progression de Rosaceae dans le monde des idoles.
Merci à Interforum pour la copie du manga.
Analyse
Points forts :
- Le contraste toujours excellent entre assassin professionnel et fan d’idole.
- Owaru gagne en profondeur grâce au développement de son passé.
- Une intrigue générale commence réellement à se mettre en place.
- Des scènes d’action dynamiques et lisibles.
- L’humour reste efficace sans effacer complètement les enjeux plus sérieux.
- Kaorin et Rosaceae commencent à prendre davantage d’importance dans la saga.
- Un mélange original entre action criminelle, comédie et culture idol.
Points faibles :
- La structure en deux grandes parties donne parfois l’impression de lire deux histoires différentes.
- Les interactions entre Owaru et Kaorin sont encore trop limitées.
- Certains éléments de l’intrigue criminelle auraient mérité d’être davantage reliés à la partie idol.
- Le tome perd légèrement le côté totalement imprévisible et délirant qui faisait le charme immédiat du premier volume.
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