
Informations principales
Titre du jeu : Crimson Moon
Développeur : ProbablyMonsters
Éditeur : ProbablyMonsters
Genre : Action-RPG, roguelite, Soulslike
Plateformes : PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S
Testé sur : PC
Prix : 24,99$
Date de sortie : 1er septembre 2026
Nombre de joueurs : 1 à 2 joueurs
En français : Interface et sous-titres
Classement ESRB : Mature (M)
Une croisade qui ne demande qu’à être menée
Crimson Moon attire immédiatement l’attention avec un mélange assez particulier de dark fantasy, d’action-RPG, de roguelite et de mécaniques inspirées des Soulslike. On incarne un Nephilim, un être mi-humain mi-ange appartenant à l’Ordre de la Lune Écarlate, envoyé reprendre la ville de Gildenarch, tombée aux mains des démons, des morts-vivants, des vampires et autres créatures issues du Hellgrowth. Mes attentes étaient donc assez élevées, surtout avec cette direction artistique gothique et cette promesse de combats brutaux jouables seul ou en coopération. Crimson Moon ne cherche cependant pas à raconter une immense épopée de plusieurs dizaines d’heures : il mise plutôt sur des parties relativement courtes, la progression du personnage et l’amélioration constante de l’équipement. C’est justement cette approche plus compacte qui fait à la fois sa force et l’une de ses principales limites.
Des combats qui frappent juste
Le cœur de Crimson Moon repose sur un système de combat nerveux qui mélange attaques légères et lourdes, esquives, parade, gestion de l’endurance, compétences spéciales et transformations angéliques. Le personnage peut utiliser différentes catégories d’armes et récupérer de l’équipement au cours de ses expéditions, ce qui permet de modifier progressivement sa façon de jouer. Les parades parfaites sont particulièrement satisfaisantes lorsqu’elles fonctionnent correctement et donnent au combat une dimension plus technique. Les affrontements deviennent encore plus intéressants lorsqu’on commence à combiner les bonus, les compétences et les effets élémentaires ou négatifs associés à certains équipements. La prise en main demeure relativement accessible pour un jeu qui emprunte autant aux Soulslike, même si la caméra peut parfois compliquer inutilement les affrontements dans les endroits étroits ou contre les ennemis imposants. Le gameplay est clairement l’élément qui m’a le plus convaincu, même si quelques problèmes de précision et de sensation d’impact empêchent Crimson Moon d’atteindre le niveau des meilleurs jeux du genre.
Une boucle qui sait donner envie de repartir
La progression est construite autour de missions qui prennent la forme de runs. On part du sanctuaire de l’Ordre, on sélectionne une mission, on traverse différents secteurs de Gildenarch, on récupère de l’équipement, on améliore son personnage grâce à différents bonus et on tente d’atteindre le boss avant de revenir au point de départ. Une partie peut donc être relativement courte, ce qui rend le jeu particulièrement facile à reprendre pour une session de 30 minutes ou une soirée complète. La structure comporte plusieurs missions principales, différents boss, des niveaux de difficulté et une progression permanente qui encourage à recommencer pour obtenir de meilleurs équipements et optimiser son build. Le problème est que les environnements restent relativement statiques pour un jeu qui mise autant sur la rejouabilité. La variété des ennemis et des situations aurait également pu être plus importante. On retrouve donc une excellente boucle de progression, mais avec un contenu qui risque de montrer ses limites plus rapidement qu’on pourrait l’espérer.

Gildenarch, une ville magnifique rongée par les ténèbres
La direction artistique est probablement l’une des plus grandes réussites de Crimson Moon. Le mélange entre architecture gothique, Renaissance sombre, éléments religieux et horreur fantastique donne à Gildenarch une identité visuelle forte. Les effets de lumière, les décors ravagés, les créatures et les effets liés aux pouvoirs du Nephilim donnent régulièrement naissance à de très belles scènes. Le sanctuaire de l’Ordre est particulièrement réussi et contraste avec les rues contaminées de la ville. Le jeu possède une esthétique qui rappelle par moments Darksiders, certaines productions Soulslike et même quelques influences de dark fantasy plus traditionnelles, tout en conservant sa propre personnalité. Techniquement, le jeu n’est toutefois pas toujours aussi impressionnant que sa direction artistique : certains environnements sont beaucoup moins détaillés et plusieurs problèmes de caméra viennent parfois gâcher le spectacle. Malgré cela, Crimson Moon vieillit difficilement mal tant son esthétique gothique est bien maîtrisée.
Une histoire qui préfère suggérer que raconter
L’histoire de Crimson Moon possède une prémisse intéressante, mais elle demeure clairement secondaire par rapport au gameplay. Le joueur incarne un Nephilim chargé par l’Église Lunitarienne de reconquérir Gildenarch et de récupérer trois pierres d’Abraxas contenant les âmes de dieux morts. Sur le papier, il y a largement assez de matière pour construire une mythologie intéressante autour des anges, de l’Église, des Nephilim et des forces démoniaques. Dans les faits, le scénario reste assez discret et plusieurs éléments importants sont laissés dans les dialogues, les textes et les interactions avec les personnages secondaires. Certains PNJ sont intéressants et contribuent à donner un peu de vie à la ville, mais leurs quêtes restent généralement simples. Crimson Moon fonctionne donc davantage comme une toile de fond permettant de justifier les combats que comme un véritable RPG narratif. Si vous jouez principalement pour l’histoire, vous risquez de rester sur votre faim.

Quand le métal accompagne la chasse aux démons
La bande-son accompagne très bien l’ambiance générale du jeu et contribue particulièrement à l’intensité des affrontements. Les morceaux aux accents métalliques et orchestraux donnent une énergie supplémentaire aux combats, surtout lorsque plusieurs ennemis encerclent le joueur ou lorsqu’un boss entre en scène. Les bruitages des armes et des pouvoirs renforcent également le côté brutal des affrontements. Le doublage est disponible en anglais, avec les textes en français, ce qui permet de suivre correctement l’histoire sans avoir à jouer dans la langue originale. Ce n’est pas nécessairement une bande-son qui restera gravée dans la mémoire comme celle d’un grand RPG, mais elle accomplit très bien son travail et correspond parfaitement à l’identité de Crimson Moon.
Une difficulté qui récompense l’apprentissage
Crimson Moon propose plusieurs niveaux de difficulté et sa structure permet d’adapter progressivement le défi à son niveau de maîtrise. Les premières missions permettent de comprendre les mécaniques sans être excessivement punitives, mais la difficulté augmente rapidement lorsque les ennemis deviennent plus résistants et que les combinaisons d’adversaires deviennent plus dangereuses. La parade, l’esquive et la gestion de l’endurance prennent alors toute leur importance. Le système est globalement bien équilibré, même si certains combats peuvent devenir frustrants lorsque la caméra décide de faire des siennes. Les problèmes de lisibilité deviennent particulièrement agaçants lorsque la précision d’une parade ou d’une esquive peut déterminer la survie d’un run. Heureusement, la progression permanente permet de revenir plus fort après un échec et donne rarement l’impression que la défaite est complètement inutile.

Encore quelques raisons de retourner à Gildenarch
La rejouabilité constitue une composante essentielle de l’expérience. Les runs, les équipements, les bonus, les différents niveaux de difficulté et les objectifs secondaires donnent suffisamment de raisons pour retourner dans les mêmes zones. Le jeu propose également 30 succès Steam, couvrant aussi bien la progression normale que des défis plus exigeants comme les parades parfaites, les missions sans perdre de vie, les niveaux de difficulté supérieurs ou la collecte de nombreux éléments de lore. La coopération à deux joueurs représente évidemment une autre raison de recommencer certaines missions. Il n’y a toutefois pas une variété infinie de contenu et la répétition des mêmes environnements finit par se faire sentir. Crimson Moon est donc beaucoup plus intéressant pour quelqu’un qui aime optimiser ses builds et refaire des runs que pour un joueur qui souhaite simplement terminer une aventure puis passer à autre chose.
Une version PC qui aurait mérité davantage de finition
La version PC fonctionne correctement dans l’ensemble, mais elle a connu quelques problèmes de lancement qui ont rapidement fait parler d’eux. La caméra constitue l’un des principaux défauts, notamment dans les espaces restreints et lors des combats contre de gros ennemis. Certains joueurs ont également rencontré des ralentissements ou des problèmes de fluidité, ce qui est particulièrement problématique dans un jeu où le timing des parades est important. Le lancement sans véritable option de remappage clavier/souris était également difficile à justifier pour une version PC, mais le correctif 1.0.0.1 du 3 septembre a ajouté une première version de cette fonctionnalité ainsi que le réglage de sensibilité de la souris. Il reste encore quelques options qui pourraient être améliorées, mais les développeurs semblent réagir rapidement aux commentaires. Les temps de chargement restent généralement raisonnables et l’ensemble demeure jouable dans de bonnes conditions avec une configuration suffisamment puissante.

Une expérience plus addictive qu’elle n’en a l’air
Ce qui m’a le plus marqué avec Crimson Moon, c’est la facilité avec laquelle on peut se dire « encore un run » après une partie. La combinaison entre le butin, les améliorations, les compétences et les affrontements crée une boucle très efficace. On peut commencer une partie simplement pour tester une nouvelle arme et finir par vouloir améliorer complètement son équipement. Les combats sont suffisamment dynamiques pour rendre les déplacements dans Gildenarch agréables, et les boss offrent plusieurs moments mémorables. La coopération représente également un gros plus : partager une run avec un autre joueur rend les situations chaotiques encore plus amusantes et donne une dimension supplémentaire à la progression. Crimson Moon n’est pas le jeu le plus profond du genre, mais il possède cette qualité essentielle des bons roguelites : il donne envie de relancer immédiatement une partie après un échec ou une victoire.
Une bonne surprise qui mérite encore de grandir
Crimson Moon n’est pas le nouveau Dark Souls et il ne cherche d’ailleurs pas réellement à l’être. Sa véritable force réside dans sa capacité à condenser plusieurs mécaniques populaires dans une expérience beaucoup plus courte et accessible. Son mélange de Soulslike, de roguelite et d’action-RPG fonctionne étonnamment bien, particulièrement lorsqu’on commence à expérimenter avec les armes, les compétences et les bonus. Son ambiance gothique et ses combats sanglants lui donnent également une personnalité qui dépasse le simple assemblage d’influences. Je le recommanderais particulièrement aux joueurs qui aiment les jeux comme Elden Ring: Nightreign, les expériences roguelites orientées action et les Soulslike, mais qui souhaitent quelque chose de plus compact. Il est également beaucoup plus intéressant à plusieurs grâce à sa coopération à deux joueurs. Ses problèmes techniques, sa caméra et son manque de variété l’empêchent toutefois de rejoindre les meilleurs représentants du genre. Crimson Moon demeure malgré tout une proposition solide, amusante et prometteuse, qui pourrait devenir encore meilleure avec du contenu supplémentaire et quelques mises à jour de finition.
Merci à ProbablyMonsters pour la copie du jeu.
Analyse
Points forts :
- Combats nerveux et accessibles
- Excellent mélange entre Soulslike et roguelite
- Système d’équipement et de builds efficace
- Direction artistique gothique particulièrement réussie
- Très bonne ambiance musicale
- Coopération à deux joueurs bien intégrée
- Runs relativement courtes et faciles à reprendre
- Progression permanente motivante
- Plusieurs niveaux de difficulté
- Bon rapport qualité-prix à son lancement
Points faibles :
- Caméra parfois catastrophique dans les espaces restreints
- Quelques problèmes de performances et de fluidité
- Variété des environnements limitée
- Rejouabilité qui finit par souffrir de la répétition des zones
- Histoire et personnages secondaires peu développés
- Certains combats manquent de sensation d’impact
- Contenu qui peut sembler court pour les joueurs cherchant une longue aventure
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