
Informations principales
Titre de l’anime : Bleach: The Thousand-Year Blood War
Studio : Studio Pierrot, Shueisha, TV Tokyo, Dentsu
Doublage : Oui
Genre : Shonen, action, fantastique, horreur, suspense, drame
Réalisateur : Tomohisa Taguchi, Hikaru Murata, Mitsutoshi Satou
Scénariste : Tomohisa Taguchi, Masaki Hiramatsu, d’après le manga de Tite Kubo
Nombre d’épisodes : 13
Durée moyenne : 24 minutes
Plateforme : Disney+, Hulu
Date de sortie : 11 octobre 2022
Après plus de dix ans d’attente, Bleach, le troisième membre du Big 3 des années 2000 avec One Piece et Naruto, revient finalement avec l’adaptation de son dernier arc controversé. Et durant les prochaines semaines qui suivront cet article, le nouvel arc touchera à sa fin. Et pour nous préparer, nous allons revisiter Bleach: Thousand-Year Blood War du début jusqu’à la fin. Aujourd’hui, nous aborderons la première partie, The Blood Warfare.
Je rédigerai cette critique différemment des autres. D’abord, je ferai plusieurs comparaisons avec le manga d’origine, vu que certains changements dans l’anime impacteront mon avis général. De plus, les divulgâcheurs ne seront pas omis, car plusieurs points cruciaux de l’œuvre méritent d’être abordés. (Je ne me limiterai par contre qu’à la saison en cours.)
La résurgence d’une menace disparue
Quelque temps après avoir retrouvé ses pouvoirs de Shinigami dans l’arc précédent (celui des Fullbringers), Ichigo Kurosaki retrouve son quotidien de Shinigami remplaçant. En compagnie des Fullbringers Orihime Inoue et Yasutora « Chad » Sado ainsi que du dernier des Quincys Uryu Ishida, il protège la ville de Karakura des Hollows, des fantômes monstrueux que les Shinigamis doivent purifier.
Mais le quotidien d’Ichigo se voit bouleversé par la visite d’un inconnu menaçant, qui aborde un emblème familier… Pourtant, Ishida devrait être le dernier de son peuple, non?
À la Soul Society, le royaume des morts dirigés par les Shinigamis, plusieurs événements étranges surviennent l’un après l’autre, jusqu’à la mort d’un lieutenant du Gotei 13. Cet assassinat est une déclaration de guerre. Et le commanditaire, un vieil ennemi que Genryusai Shigekuni Yamamoto, capitaine de la 1re division du Gotei 13 et dirigeant de l’armée, avait échoué à éliminer près de mille ans auparavant…

Une mise en contexte
Avant d’aborder ma critique de cette saison, je veux vous donner un point de repère sur mes impressions générales sur la franchise, et sur la version manga de l’arc.
Bleach est l’un de mes mangas/animes préféré de tous les temps, dans mon top 6 avec les franchises Dragon Ball, Death Note, Fullmetal Alchemist, Code Geass, et l’histoire d’un samurai roux que j’aurais bien promu si ce n’était pas des crimes du mangaka. Comme beaucoup de shonen de l’époque, le début de l’histoire est un peu lent, mais prend son pied lorsque d’autres Shinigamis font leur apparition. Ichimaru Gin est un de mes personnages préférés, Sosuke Aizen est un méchant mémorable, mon cousin Shukuro Tsukishima a fait une belle impression rapidement, et la série dans son ensemble est un excellent mélange d’actions, de style, et de retournements de situations inoubliables.
Dans la version manga de cet arc, les points forts de la série continuent d’opérer. Cependant, plusieurs défauts avaient rendu amère ma lecture à l’époque :
- Malgré un nombre considérable d’ennemis importants, plusieurs personnages importants étaient délaissés alors que d’autres étaient surexposés.
- La balance des forces perdait de son sens.
- La gestion du personnage d’Ichigo était chaotique.
- Uryu Ishida était sous-utilisé alors que l’arc tournait autour de lui.
- Trop de vilains (dix, j’ai compté) avaient un pouvoir qui se réduisait à « Je suis immortel ».
- De ce fait, nos héros ont souvent eu recours à des Deus Ex Machina pour s’en sortir.
- Certains enjeux ou sous-intrigues étaient abordés, puis ignorés ensuite.
- Enfin, la fin du manga semblait bâclée et abrégée. (D’après des sources, cela est malheureusement dû à des problèmes de santé du mangaka à l’époque.)
Du coup, j’étais sceptique par rapport à la nouvelle adaptation. Certes, c’était peut-être une occasion de corriger les défauts du manga, mais l’anime pourrait aussi renforcer les défauts ou en créer du nouveau…
Mais maintenant que mes attentes sont établies, qu’ai-je pensé de la première saison de l’anime?

Un changement de style
À la manière du style graphique dans le manga durant cet arc, l’anime prend plusieurs directions artistiques différentes des arcs précédents.
D’abord, le style d’animation a évolué en qualité, notamment au niveau des détails et de l’éclairage. Le magenta devient aussi la couleur thématique de cette saison, non seulement dans le générique d’ouverture (nous en reparlerons plus tard), mais aussi dans les fiches de présentations, les temps d’entractes (avec des textes explicatifs en japonais), et durant certaines scènes clés, notamment les scènes de flash-back des arcs antérieurs, qui sont présentés en noir, blanc et magenta.
Le titre des épisodes reprend les tirs des chapitres du manga (en anglais, en tout cas), qui donnent eux-mêmes un sentiment d’album musical (vu que la série, jusqu’au titre même, est fortement influencée par la musique). Plusieurs titres interagissent également avec l’animation, mon préféré étant celui de l’épisode 10.
Au lieu d’afficher des images du prochain épisode comme d’autres séries, chaque épisode finit avec un poème d’un personnage qui apparaîtra au prochain épisode. Plusieurs poèmes reprennent ceux des volumes de cette section du manga (chacun des 74 volumes, qui ont chacun un personnage différent en couverture, commence par un poème qui reflète la mentalité de ce dit personnage), mais des nouveaux sont ajoutés, notamment pour Hitsugaya, Sasakibe, Kukaku Shiba, et Kenpachi Zaraki.
Sur une autre note, j’ai remarqué plusieurs changements entre le manga et l’anime. En plus de réduire certaines scènes pour cause de fluidité (notamment en enlevant quelques personnages secondaires qui n’apparaissaient qu’une fois), plusieurs scènes comiques ont été soit abrégées, soit complètement enlevées. Le but était sans doute de conserver le ton sérieux et dramatique des différentes scènes de combat, notamment avec le nombre de victimes chez les Shinigamis.

Un nouvel ennemi familier
Cet arc introduit un nouveau groupe d’ennemis dont on ignore au début l’origine… du moins dans le manga, car la série divulgâche l’identité de ceux-ci dès les premières phrases…
N’empêche, les Quincys, en tant que rivaux idéologiquement opposés aux Shinigamis, sont un défi de taille pour eux, que ce soit physiquement, psychologiquement, ou moralement (surtout quand on se rappelle que les Shinigamis ne sont pas sans leurs torts non plus). Cela dit, sachant qu’ils ont des noms et inspirations germaniques, qu’ils ont commis un génocide de Hollows, et qu’ils nomment leur royaume le Wandenreich… mon appui va rester du côté des Shinigamis, mettons.
Il est intéressant que la série explore l’étendue des pouvoirs des Quincys, qui jusqu’à cet instant se limitait au point de vue d’Ishida, qui avait une connaissance limitée. En plus de leur Blut et leur Volständig (leur équivalent de Bankai ou Ressurecion), les membres du Sternritter, la garde d’élite, détiennent des lettres (des Schrifts) qui leur révèlent des pouvoirs supplémentaires (comme paralyser l’ennemi la peur [« Fear »], enfermer une proie dans une cage [« Jail »], ou copier l’apparence d’un autre [« Yourself »]). Plusieurs Schrifts seront détaillés dans les saisons futures (certains ont d’ailleurs été présagés cette saison-ci, comme le « E », le « H » et le « I »), mais l’introduction de ceux-ci est bien entamée.
Pour ce qui est du pouvoir du vol de Bankais, je n’apprécie pas trop ce point de l’intrigue, mais j’en parlerai en détail à la prochaine saison.
Chez les Quincys, Quilge Opie, Äs Nödt et Driscoll Berci ont les rôles les plus marquants. J’ai aussi aimé que plusieurs personnages qu’on verra plus tard dans le manga soient discrètement introduits ici (notamment les Sternritters « L » et « P »). Cela dit, en excluant les spin-off du manga, je ne comprends toujours pas l’intérêt du personnage de Shaz Domino dans l’histoire.
Pour ce qui est du rapport de force, les Quincys se sont montrés comme des ennemis de taille très vite. Que ce soit en s’en prenant au Hueco Mundo et à Hallibel (qui, je rappelle, est une Vasto Lorde qui devrait être au-dessus du niveau d’un capitaine du Gotei 13 typique), ou durant la première évasion de la Soul Society où plusieurs soldats, incluant des capitaines, se sont fait massacrer.
Contrairement aux arcs précédents, l’antagoniste est présenté dès le départ, sans révélations cachées. Yhwach est un ennemi imposant, actif, puissant pour nos héros, mais aussi rempli de contradictions et d’intentions cachées. En plus d’être l’opposé de Yamamoto (nous en parlerons plus tard), ses relations avec notre protagoniste ajoutent un nouvel angle à ce conflit.

Un hommage à la première génération
Fait intéressant. Avant l’épisode 7, Tite Kubo avait dévoilé une illustration du Gotei 13 originel, qui n’était pas illustré dans le manga. Ces personnages, qu’on décrivait comme des barbares avec un titre, ont eu, dans l’épisode qui suivait, un moment de gloire lors d’une scène de flash-back.
Bien que la plupart des de l’équipe originelle n’est plus active, cette saison a rendu hommage aux trois derniers membres existants, alors qu’ils passaient pour de bon le bâton aux générations futures.
Chojiro Sasakibe, le vice-capitaine de Yamamoto, a reçu un développement de personnage posthume lorsqu’on a exploré ses liens avec son commandant, mais aussi dévoilé son Bankai (dont les pouvoirs, d’ailleurs, avaient été présagés dans l’arc filler des zanpakutos rebelles).
Le combat final de Genryusai Shigekuni Yamamoto, capitaine de la première division et commandant du Gotei 13, est de loin l’élément le plus marquant de cette saison. Que ce soit l’animation, la révélation du Bankai, les transitions et le montage, les moments de tension, les révélations sur son adversaire… tout était illustré avec brio.
L’autre combat marquant de cette saison est celui de Retsu Unohana, qui était aussi membre de l’équipe originelle. Son combat était bien animé, et son Bankai (qui tout en restant un peu confus, était plus clair quant à sa fonction que dans le manga) était bien exécutée. Mon seul regret est que le scénario s’efforçait de l’exclure de l’histoire à l’avenir, ce que je trouvais dommage pour ce type de personnage.

Deuxième round et division zéro
Après l’échec face à la première évasion, l’histoire explore comment le Gotei 13, sous un nouveau commandement, se préparera, chacun à sa manière, à la prochaine attaque des Quincys. Entre-temps, on nous présente cinq nouveaux personnages excentriques, la division zéro.
En plus d’apporter un peu de charme et de comédie après de lourdes scènes, ces personnages permettent d’explorer l’histoire et la mythologie de la franchise, notamment par leur lien avec le roi spirituel. Trois des cinq membres sont explorés cette saison, et ils nous donnent le goût d’en apprendre davantage sur eux.

Pluies et lames
Cette saison se concentre aussi sur Ichigo, son passé et son identité.
Après qu’on nous l’avait promis durant le combat contre Aizen, nous avons finalement le flash-back d’Isshin Kurosaki, le père d’Ichigo, qui relate comment il a rencontré sa mère, Masaki. L’utilisation des motifs de pluie et de soleil était un moyen efficace de relater la relation entre les deux personnages.
En plus d’expliquer l’intérêt d’Aizen envers notre protagoniste, il sert à renforcer le conflit entre Yhwach, qui n’est maintenant pas qu’un méchant indéfini qui menace la Soul Society, mais quelqu’un qui s’en est pris explicitement à sa famille, qui est à l’origine d’un des événements les plus traumatiques de son enfance.
La révélation sur le zanpakuto d’Ichigo était tout aussi intrigante. Plusieurs éléments lousses de l’histoire se sont raccordés, et le design final nous donne envie de voir les possibilités de Zangetsu à l’avenir.

Ishida… a un arc?
Comme je l’ai mentionné plus tôt, pour un arc centré sur les Quincy, Uryu Ishida, qu’on nous présentait au début comme étant « le dernier des Quincys », est criminellement sous-utilisé dans le manga.
Mais même si ce n’est qu’un début, j’ai aimé que cette saison explore de temps en temps son parcours, et sa recherche sur les Quincys de Yhwach, et qu’on montre un aperçu de son parcours avant qu’il ne rejoigne Yhwach. (Dans le manga, il n’apparaît pas après qu’Ichigo et les autres partent pour le Hueco Mundo, et n’apparaît que lorsqu’il a déjà rejoint les Quincys, ce qui semblait sortir de nulle part, contrairement à l’anime.)

Petit moment de chialage…
Pour la plupart, je préfère l’anime au manga (ce qui est rare…) et trouve qu’il a amélioré plusieurs défauts du dernier. Cela dit, j’ai quelques petites complaintes qu’il faut adresser…
D’abord, j’en détaillerai plus tard, mais je n’aime pas qu’Ichigo soit retenu hors du combat pour des raisons scénaristiques. C’est moins grave cette saison-ci, mais j’en parlerai plus dans les saisons précédentes.
Avec du recul, je trouve le concept des « 5 Forces Militaires Spéciales » était sous-développé. Ce n’était pas aussi important que ce qu’on nous laissait croire en fin de compte.
Je n’aime pas non plus cette manie dans certains shonens de déclarer des personnages comme étant « décédés », pour ensuite les voir revenir d’entre les morts plus tard.
Enfin, à cause de certains petits changements et détails, j’avais l’impression que la série s’attendait à ce que vous ayez lu le manga au préalable, et que ceux qui ne regardaient que l’anime soit perdaient de petites parties de l’histoire, soit se faisaient divulgâcher quelques aspects de l’histoire plus tôt que prévu (et je ne parle pas que des scènes de présages…).

Les génériques
Finalement, je voulais faire une brève mention du générique d’ouverture et de fin.
Le générique d’ouverture est un hommage au Gotei 13, notamment avec la présentation des capitaines, vice-capitaines, et des fleurs symboliques de chaque division. Le générique est en noir, blanc et magenta, la dernière étant la couleur symbolique de la saison. J’ai notamment aimé l’ajout d’Ishida qui recherchait des réponses dans la bibliothèque, le plan avec tous les Quincys, le plan de la division zéro, et les transitions subtiles entre Zengetsu(?) et Yhwach.
Le générique de fin du premier épisode est un récapitulatif nostalgique des arcs antérieurs, et celui du dernier épisode reprend la chanson thème d’Ichigo pendant qu’il récupère son nouveau zanpakuto. Le générique principal rend cette fois hommage aux zanpakutos et habits des capitaines des divisions. Et pour l’épisode spécial pour le Gotei 13 originel, le générique affiche des illustrations de chacun des capitaines de l’époque, et sert également d’hommage à Sasakibe et Yamamoto.

Conclusion
La première saison de Bleach: Thousand-Year Blood War, intitulé The Blood Warfare, est un retour en force de l’anime et une excellente introduction au nouvel arc. Avec de nouvelles menaces, des développements de personnages et de l’univers, ainsi qu’une nouvelle direction artistique stylisée, cette série représente le souhait de plusieurs fans qui attendaient grandement la suite de leurs animes favoris.
Reste à savoir si les autres saisons continueront dans sa lancée, mais nous en parlerons une autre fois.

Analyse
Points forts :
- Amélioration au niveau de l’animation
- Nouvelle approche stylistique proche du manga
- Certains défauts du manga corrigés
- Belle présentation des nouveaux antagonistes
- Beaux développements de personnages
- Combats de Yamamoto et d’Unohana bien exécutés
- Scènes de flash-back excellentes
- Uryu Ishida reçoit un peu de développement
Points faibles :
- Certains personnages sont délaissés aux profits des autres
- Fausse mort annoncée d’un personnage
- Quelques présages de problèmes futurs à venir…
Pour visionner la série, c’est ici.