CRITIQUE DE FILM – RESIDENT EVIL (2026)

par | Sep 18, 2026

Informations principales

Titre du film : Resident Evil

Réalisateur : Zach Cregger

Scénariste / Auteur original : Zach Cregger et Shay Hatten, d’après la franchise Resident Evil de Capcom

Studio / Production : Production : Columbia Pictures, Constantin film, David Films, Vertigo Entertainment, PlayStation Productions, Sony Pictures Releasing

Genre : Horreur

Durée : 90 minutes

Date de sortie : 18 septembre 2026

Après la saga de Paul W. S. Anderson avec Milla Jovovich, le reboot de 2021 Welcome to Raccoon City, et la série Netflix de 2022, la saga Resident Evil en est à sa quatrième adaptation en prise de vue réelle. Zach Cregger, connu pour Barbarian et Weapons, est cette fois derrière la caméra, et ramène Austin Abrams de Weapons dans le rôle principal. Zach Cherry, Kali Reis, et Paul Walter Hauser sont aussi de la distribution.

Grâce à Sony, j’ai pu voir le film en avant-première en français, et j’ai amené avec moi une amie amatrice des jeux. J’inclurai ses impressions durant cette critique.

Une livraison cauchemardesque
Bryan (Austin Abrams), coursier médical, reçoit à la dernière minute une commande importante qu’il doit livrer à l’hôpital de Racoon City. Mais pris par le froid de la neige dans le noir, il tombera face à diverses créatures infectées par un virus qui lui barreront la route, et sa principale chance de survie se trouve dans son colis…

Une nouvelle direction pour la franchise
La première chose à savoir sur le film, c’est qu’il est plus « dans l’univers de Resident Evil » qu’une adaptation stricte. (L’exemple que je pourrais donner, ce serait ce que Fear the Walking Dead est aux bédés The Walking Dead, ou ce que Arcane est au jeu League of Legends.) De ce fait, le film introduit un nouveau protagoniste qui suit sa propre mission, tout en rendant hommage au jeu. (Cregger, lui-même fan du jeu, avait dit en entrevue que c’était son intention.)
En plus de plusieurs easter eggs qui feront sourire les fans des jeux, l’histoire suit la même mécanique que dans les jeux. À savoir avec les munitions limitées, les cadenas, les multiples clés, la sensation d’angoisse et de claustrophobie… tout y est pour transmettre l’expérience du jeu vidéo au grand écran.

Un nouveau type de zombies
Rendu en 2026, il devient compliqué de rendre un film de zombies original et rafraîchissant. Et ce film y est parvenu.

La prémisse reste la même que des films semblables comme 28 Days Later, mais celui-ci s’inspire des créatures du jeu pour explorer de nouvelles possibilités, notamment avec l’ajout des créatures qui, selon mon accompagnatrice, ne faisaient pas partie du jeu. Il y a évidemment les chiens classiques de la franchise ainsi que des tentacules, mais aussi une nouvelle sorte de zombies qui, pour éviter les divulgâcheurs, me rappelait un film d’horreur des années 80, un autre récemment sélectionné aux oscars, et un troisième sorti plus tôt cette année. (Mon accompagnatrice avait mentionné, quant à elle, The Human Centerpiede… Je m’excuse d’ailleurs pour l’image que certains d’entre vous ont dans la tête.) Le mélange crée un obstacle monstrueux, grotesque, tragique, sournois, et difficile à vaincre.

Un idiot aimable, pour une fois
Le succès du film repose sur la performance d’Austin Abrams, qui accomplit son rôle avec brio, que ce soit dans l’humour, le drame, l’angoisse, et l’action.
Son personnage est certes simplet et naïf, mais demeure attachant par son altruisme, sa vivacité, et ses actions auxquels on peut s’identifier. Et, ironiquement, c’est cet altruisme qui constitue sa principale faiblesse, car il le pousse à se mettre dans des décisions périlleuses pour aider autrui.
Sur une autre note, le bref temps de développement de son personnage est bien utilisé, notamment par ses multiples conversations téléphoniques nous aident aussi à renforcer notre sympathie à son égard.

Les autres personnages sont peu présents dans l’histoire, mais chacun remplit sa fonction dans le peu de temps d’écran accordé. Il est surtout intéressant d’observer l’ambiguïté autour de la moralité des autres personnages, voire de notre protagoniste lui-même (qui demeure quand même le personnage le plus noble du film).

Vue d'un couloir sombre avec une lumière faible, mettant en avant des portes et des meubles en bois.

Le deuxième voyage le plus pénible à l’écran cette année
À la manière de The Odyssey ou 1917, le film est un long voyage où le protagoniste doit surmonter une panoplie d’obstacles sur sa route – cette fois, des zombies.

L’histoire balance plusieurs tons différents, sans que l’un soit mal intégré. L’humour se présente dans les situations réalistes et naïves du protagoniste, maintient un moment de légèreté dans les moments sombres. Le suspense est à son comble (même au début, lorsqu’on comprend que c’est un film de zombie avant le personnage), et nous maintient sur notre siège. L’horreur, qui balance entre le psychologique, le gore et le grotesque, fait honneur à la franchise tout en maintenant une identité distincte des autres films semblables. Même les jumpscares étaient bien exécutés sans être gratuits, et n’étaient pas placés aux moments où on s’attendrait dans les films d’horreur américains. Enfin, les scènes d’action viennent couronner le tout, pendant qu’on encourage Bryan à surmonter ce cauchemar plus grand que nature.

Plusieurs scènes se sont gravées dans ma mémoire. Notamment (je resterai vague, rassurez-vous) sur la route, l’auto-caravane, le chien, les égouts, les escaliers, les « sauts », et plus encore.

Y a-t-il des défauts?
Les lacunes du film sont visibles, mais peu présentes.
D’abord, même si plusieurs des actions du protagoniste se comprennent dans le contexte de l’intrigue (surtout quand on considère que le stress doit affecter son jugement sous pression), plusieurs actions insensées et illogiques de différents personnages sont nécessaires pour raconter l’histoire.
De plus (mon accompagnatrice a mentionné ce point), le monde construit autour de Raccoon City manque de cohérence dans sa structure. Certes, cela renforce l’aspect jeu vidéo, mais nuit à la crédibilité du film.

Enfin, la fin risque de ne pas plaire à tout le monde, à cause des différentes décisions contestables de certains personnages.

Conclusion
Le nouveau Resident Evil est, de loin, le meilleur de la franchise en prise de vue réelle. Avec son nouveau protagoniste qui nous conquit par son charme et son caractère, le film triomphe grâce à son humour bien placé, ses jumpscares bien exécutés, ses scènes angoissantes et gore, et ses zombies originaux et effrayants. Si vous êtes fans des jeux vidéo (rappelez-vous que c’est une histoire originale dans l’univers de la franchise, et non une adaptation), ou de films d’horreur, foncez de sitôt le visionner au cinéma. Par contre, si vous avez l’âme sensible, soyez avertis. Sérieusement.
(À titre informatif, mon accompagnatrice donne un 8/10 au film, et a mentionné aussi que l’histoire de ce film ferait un excellent jeu.)

Merci à Sony pour la projection en avant-première!

8.1/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Personnage principal attachant
  • Créatures effrayantes
  • Horreur au rendez-vous sur tous les points
  • Bonne balance entre les différents tons du film (humour, action, horreur, etc.)
  • Jumpscares bien effectués

Points faibles :

  • Quelques décisions stupides des personnages sont nécessaires pour avancer l’histoire
  • Manque de cohérence dans le fonctionnement de la ville de Raccoon City
  • La fin ne plaira pas à tous
<a href="https://gpourgeek.ca/author/bradlee11/" target="_self">Brad Lee</a>

Brad Lee

Artiste, graphiste, écrivain, cosplayeur, chroniqueur. Élevé par des aliens, ninjas, sorciers, revenants, superhéros, pirates, et princesses.

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