
Informations principales
Titre du jeu : Talaka
Développeur : Potato Kid
Éditeur : Acclaim, INC.
Genre : Rogue Like
Plateformes : PC
Testé sur : PC
Prix : Pas encore annoncé
Date de sortie : Prochainement
Nombre de joueurs : Solo
En français : Non
Classement ESRB : N/A
Il était une fois, le brésil
L’histoire part d’une idée simple mais particulièrement pertinente : que deviennent les mythes lorsque plus personne ne se souvient d’eux ? La protagoniste est une jeune guerrière qui croyait autrefois aux anciennes légendes, aux Orishas et aux créatures mystiques. Avec le passage du temps, ces récits ont progressivement été oubliés. Menacés de disparition, les mythes se dérèglent, leurs figures deviennent hostiles et l’équilibre entre les différents mondes commence à s’effondrer. Le héros doit alors renouer avec les forces divines, découvrir l’origine de cette corruption et empêcher les histoires de disparaître. Cette prémisse donne une justification convaincante au fonctionnement cyclique du roguelite : chaque nouvelle tentative représente une autre étape dans la reconstruction d’une mémoire collective.
Iemanjá, Ogum, Oba et Eshu ne sont pas de simples fournisseurs d’améliorations, mais des présences susceptibles d’accompagner et de modifier le voyage.
Les ennemis sont eux-mêmes inspirés du folklore, de la faune et de la flore du Brésil. On y rencontre notamment le Mapinguari, le Velho do Saco, Labatut ou encore la Loira do Banheiro, dont les origines peuvent être découvertes dans le bestiaire.
Cette approche apporte une dimension culturelle appréciable sans transformer l’expérience en cours magistral. La narration promet également des embranchements, mais il faudra attendre le jeu complet pour déterminer si les décisions produisent de véritables conséquences ou seulement quelques variations de dialogue.
Le principal risque serait que le rythme répétitif des parties disperse une histoire dont le sujet mérite un développement profond.
Un délice pour les yeux
La direction artistique constitue sans aucun doute la plus grande réussite de Talaka. Ses environnements peints à la main adoptent une esthétique d’aquarelle, avec des couleurs éclatantes, des contours vivants et des arrière-plans qui semblent parfois sortir d’un livre illustré.
La végétation brésilienne, les créatures fantastiques et les manifestations divines forment un univers visuellement cohérent, immédiatement reconnaissable et rarement représenté dans le jeu vidéo.
Les personnages sont très expressifs et les animations de combat conservent une belle fluidité malgré l’abondance d’effets à l’écran. Ce foisonnement peut néanmoins nuire ponctuellement à la lisibilité : entre les attaques ennemies, les déplacements rapides et les nombreux effets colorés, il n’est pas toujours facile d’identifier instantanément chaque danger.
Sur le plan sonore, le jeu prolonge intelligemment son identité visuelle. La musique repose notamment sur des percussions, des chants et des mélodies interprétés avec la participation de musiciens afro-brésiliens, ce qui donne aux affrontements un rythme énergique et à l’exploration une dimension spirituelle.
Les impacts, esquives et attaques disposent également d’un retour sonore suffisamment marqué pour accompagner l’action. L’ensemble ne se contente donc pas de décorer une formule connue : il contribue réellement à la personnalité de l’aventure.

Une énorme quantité de possibilité
Le gameplay repose sur des affrontements rapides mêlant attaques au corps à corps, armes à distance, compétences et esquives.
Chaque tentative propose de nouveaux équipements et différentes bénédictions, ce qui encourage à expérimenter plutôt qu’à reproduire constamment la même stratégie.
Les développeurs annoncent plus de 150 combinaisons d’armes et de compétences, un nombre prometteur qui devra toutefois être évalué dans la version complète : une grande quantité de possibilités ne garantit pas nécessairement que chacune soit intéressante ou viable.
Les premières impressions sont néanmoins positives. Les déplacements sont réactifs, les attaques s’enchaînent naturellement et les pouvoirs donnent régulièrement l’occasion de construire des associations efficaces.
Certains choix favorisent les dégâts directs, tandis que d’autres améliorent la mobilité, les soins ou la résistance.
Entre les tentatives, l’Ashe accumulé permet de débloquer des améliorations permanentes concernant notamment la santé, l’esquive et la guérison.
Cette progression atténue la frustration de l’échec, mais elle soulève la question classique du genre : la réussite dépendra-t-elle davantage de l’apprentissage du joueur ou de l’accumulation d’améliorations ? La démo ne permet pas encore de trancher définitivement.
Talaka comporte par ailleurs des salles secrètes et un bestiaire consacré aux origines des ennemis, deux éléments qui récompensent l’exploration.
Son système de difficulté adaptative, capable de suggérer un niveau correspondant aux performances du joueur, mérite aussi d’être souligné.
Des options comme la santé infinie ou l’élimination des ennemis en un coup rendent l’expérience largement accessible sans retirer aux autres joueurs la possibilité de rechercher un défi exigeant.

Une identité forte, pour le moment
Talaka est un projet très prometteur qui utilise intelligemment les conventions du roguelite pour explorer la mémoire, la transmission et la disparition des traditions.
Sa direction artistique à l’aquarelle, son univers afro-brésilien et ses combats dynamiques lui permettent de se distinguer malgré des influences particulièrement visibles.
La démo laisse entrevoir une aventure accessible, énergique et culturellement riche.
Elle ne permet toutefois pas encore de vérifier si la diversité annoncée résistera à plusieurs dizaines de tentatives, si la progression restait bien équilibrée et si le récit conserverait sa force sur toute la durée.
Comme le jeu complet n’a pas encore de date de sortie précise, mieux vaut parler d’une excellente première impression que d’un verdict définitif.

En résumé
Talaka combine des combats nerveux, une progression de roguelite familière et un univers rarement mis en avant dans le jeu vidéo.
Ce n’est pas encore une révolution mécanique, mais son identité artistique et culturelle pourrait en faire bien davantage qu’un simple héritier de Hades.
Merci à Acclaim, INC. pour la copie du jeu.
Analyse
Points forts :
- Une direction artistique à l’aquarelle superbe et immédiatement reconnaissable.
- Une utilisation respectueuse et instructive du folklore afro-brésilien.
- Des combats rapides, fluides et riches en combinaisons.
Points faibles :
- La possibilité de moduler la difficulté du jeu à son goûts
- Des influences de Hades et Dead Cells parfois très évidentes.
- La visibilité devient floue lorsqu’il y a trop d’action en simultané