
Informations principales
Titre du jeu : Assassin’s Creed Revelations
Développeur : Ubisoft Montreal
Éditeur : Ubisoft
Genre : Action et aventure, Classiques, Jeux de rôles
Plateformes : PC, PlayStation 3, Xbox 360, PlayStation 4, Xbox One, Xbox Series X|S
Testé sur : Xbox Series X|S
Prix : 19,99$
Date de sortie : 15 novembre 2011
Nombre de joueurs : 1 joueur pour la campagne; multijoueur à l’origine, mais les fonctionnalités en ligne ne sont plus disponibles
En français : oui
Classement ESRB : MATURE 17+
Après deux épisodes particulièrement réussis, Assassin’s Creed Revelations avait une tâche difficile : continuer à faire évoluer une formule déjà bien établie sans dénaturer ce qui faisait son succès. Le résultat est plutôt contrasté. Ubisoft conserve les éléments fondamentaux de la série tout en ajoutant plusieurs nouvelles mécaniques, mais certaines d’entre elles semblent avoir été intégrées davantage pour renouveler l’expérience que pour réellement l’améliorer.
Vous retrouvez évidemment Ezio Auditore, toujours au centre de l’aventure. Cette fois, l’assassin se rend à Constantinople, une ville particulièrement intéressante pour son architecture, son histoire et son mélange culturel. L’environnement offre un terrain de jeu agréable pour l’exploration et les déplacements, deux éléments qui demeurent parmi les grandes forces de la franchise.
Une formule toujours efficace
Le cœur d’Assassin’s Creed Revelations fonctionne encore très bien. L’exploration, le parkour, les assassinats et les différentes activités proposées dans la ville procurent toujours cette sensation de liberté caractéristique de la série.
Ezio bénéficie également de nouveaux outils qui facilitent ses déplacements et rendent certaines situations plus intéressantes. L’ensemble reste fluide et agréable, même si l’effet de nouveauté commence forcément à diminuer après plusieurs épisodes.
Constantinople constitue d’ailleurs l’un des meilleurs arguments du jeu. La ville regorge de bâtiments historiques, de quartiers différents et de points d’intérêt qui donnent envie de partir à l’exploration plutôt que de simplement suivre les missions principales.

Les nouvelles mécaniques ne sont pas toutes convaincantes
Pour tenter de renouveler la formule, Ubisoft introduit notamment les Repaire des Assassins. Le principe rappelle les tours de Borgia du précédent épisode : vous devez éliminer un capitaine templier afin de prendre le contrôle d’un secteur.
La mécanique est intéressante sur papier puisqu’elle ajoute une dimension stratégique à la progression. Vous pouvez également envoyer vos assassins accomplir certaines missions ailleurs dans le monde, ce qui reprend une idée déjà présente dans Assassin’s Creed Brotherhood.
Le problème survient lorsque les Templiers tentent de reprendre vos positions. Le jeu introduit alors des séquences de défense qui prennent la forme d’un mini-jeu de tower defense. Et c’est probablement l’ajout le moins réussi du titre.
Ces phases ne sont pas catastrophiques, mais elles donnent surtout l’impression de jouer à un autre jeu pendant quelques minutes. Elles interrompent le rythme de l’aventure et ne s’intègrent pas naturellement aux mécaniques principales. Selon la situation, elles peuvent être amusantes ou rapidement devenir répétitives.

Desmond apporte une nouvelle dimension
Les séquences consacrées à Desmond constituent une autre tentative de varier l’expérience. En récupérant certains éléments durant l’aventure d’Ezio, vous pouvez accéder à des fragments de mémoire permettant d’en apprendre davantage sur son passé.
Sur le plan narratif, l’idée est intéressante. Desmond a longtemps été un personnage relativement peu développé et ces passages permettent enfin de mieux comprendre son histoire et sa personnalité.
Malheureusement, la façon dont cette histoire est racontée est beaucoup moins convaincante.
Ces séquences prennent la forme de niveaux en vue subjective où vous devez créer des chemins à l’aide de différentes formes afin de progresser. Le concept aurait pu fonctionner, mais les déplacements particulièrement lents et certaines mécaniques rendent ces passages plus frustrants qu’amusants.
Encore une fois, le problème n’est pas nécessairement la qualité de l’idée, mais son intégration dans une aventure centrée sur l’assassinat, l’infiltration et l’exploration.

Une histoire qui manque d’ambition
Sur le plan narratif, Revelations reste probablement la plus grande déception du jeu. Après les événements de Brotherhood, les attentes étaient élevées et plusieurs questions semblaient devoir trouver des réponses.
Le récit d’Ezio fonctionne pourtant correctement et son voyage à Constantinople lui permet de croiser plusieurs personnages historiques importants, notamment le jeune Suleiman. Son parcours personnel demeure intéressant et apporte une conclusion logique à cette partie de la saga.
Le problème vient davantage de l’équilibre entre les différentes histoires. L’aventure ancestrale d’Ezio prend énormément de place alors que l’histoire contemporaine de Desmond semble parfois reléguée au second plan. Certaines questions soulevées précédemment auraient mérité une conclusion plus importante.
Le scénario donne finalement l’impression de faire avancer peu de choses sur le long terme. Une fois l’aventure terminée, le sentiment de véritable progression dans la grande histoire de la franchise demeure limité.

Le multijoueur reste efficace
Le mode multijoueur demeure toutefois une valeur sûre. Les affrontements reposant sur la discrétion, la poursuite et l’observation fonctionnent toujours aussi bien.
Le concept demande davantage de réflexion qu’un simple affrontement direct. Vous devez observer vos adversaires, identifier votre cible et choisir le bon moment pour agir. Cette dimension stratégique permet au multijoueur de conserver une certaine profondeur.
Il ne s’agit donc pas simplement d’un ajout secondaire : pour certains joueurs, ce mode peut représenter une excellente raison de prolonger l’expérience.

Une suite qui peine à dépasser ses prédécesseurs
Assassin’s Creed Revelations n’est pas un mauvais jeu. Bien au contraire, ses fondations sont solides et l’expérience reste agréable. Le problème est plutôt qu’il arrive après deux épisodes particulièrement marquants.
Ezio demeure un excellent protagoniste, Constantinople est une destination réussie et le parkour ainsi que les assassinats restent plaisants. Mais plusieurs nouvelles mécaniques donnent l’impression d’avoir été ajoutées pour justifier l’évolution du jeu plutôt que parce qu’elles étaient réellement nécessaires.
Les séquences de défense des repaires et les niveaux de Desmond illustrent parfaitement cette difficulté. Elles cherchent à apporter de la variété, mais brisent parfois le rythme au lieu de l’améliorer.

Ce qu’il faut retenir
Assassin’s Creed Revelations offre une aventure solide qui permet de retrouver Ezio dans un environnement historique particulièrement réussi. Le gameplay principal demeure efficace et le multijoueur conserve son intérêt.
Cependant, certaines nouveautés sont mal intégrées et le scénario ne répond pas toujours aux attentes laissées par les épisodes précédents. Ce n’est donc pas l’épisode le plus indispensable de la trilogie d’Ezio, mais il reste une conclusion intéressante pour les joueurs attachés au personnage.
Analyse
Points forts :
- Constantinople est une excellente ville à explorer
- Ezio demeure un protagoniste très attachant
- Le parkour et les assassinats sont toujours efficaces
- Les nouvelles possibilités offertes aux assassins sont intéressantes
- Le multijoueur reste profond et divertissant
- Le passé de Desmond est enfin davantage développé
Points faibles :
- Les phases de tower defense cassent le rythme
- Les séquences de Desmond sont frustrantes
- Le scénario contemporain manque d’importance
- Plusieurs nouveautés semblent artificielles
- L’histoire peine à égaler celle de Brotherhood