
Informations principales
Titre de la BD : Terres D’Ogon Tome 2: Blancs Visages
Éditeur : Soleil
Distributeur : Interforum
Auteur : Nicolas Jarry
Dessinateur : Alex Sierra
Nombre de pages : 63
Prix : 28,95$
Date de sortie : 29 mai 2023
Quand la chasse devient une question de survie
Après les événements de Zul Kassaï, ce deuxième tome délaisse les protagonistes du premier album pour nous faire découvrir une nouvelle partie des Terres d’Ogon. Itomë appartient au peuple des Blancs-Visages, traqué par les Dents-Limées, une tribu qui considère leur chair comme une source de puissance. Alors qu’elle tente d’échapper à ses poursuivants, Itomë découvre un mystérieux masque ancien renfermant un esprit aussi puissant que dangereux. Sa fuite prend alors une tout autre dimension lorsqu’elle se retrouve confrontée à des forces qu’elle ne comprend pas et à un conflit ancestral qui dépasse largement sa propre survie.
Un nouveau récit au cœur d’Ogon
Blancs-Visages fonctionne principalement comme une nouvelle aventure indépendante plutôt que comme une suite directe de Zul Kassaï. L’histoire démarre rapidement avec une course-poursuite avant d’évoluer vers une quête mêlant survie, sorcellerie et découverte. Le masque devient progressivement le cœur du récit et apporte une dimension mystique intéressante, tandis que la rencontre avec un jeune membre des Dents-Limées permet de transformer une simple histoire de vengeance en récit portant également sur les préjugés et la haine entre deux peuples. L’intrigue avance efficacement, même si sa construction demeure relativement classique et que le développement de certains éléments aurait mérité davantage de profondeur.
Itomë face à son destin
Itomë constitue une héroïne efficace grâce à un parcours fondé sur la survie et la volonté de ne plus laisser la peur contrôler ses choix. Sa relation avec le mystérieux masque l’oblige à affronter un pouvoir qu’elle ne maîtrise pas et à prendre des décisions de plus en plus risquées. Sa rencontre avec un jeune Dents-Limées représente toutefois le véritable moteur de son évolution, puisque leur relation remet progressivement en question la haine transmise entre leurs deux peuples. Le duo fonctionne bien et apporte une dimension plus humaine à l’aventure, même si les personnages secondaires restent davantage au service de l’intrigue qu’ils ne bénéficient d’un véritable développement.
Un continent qui dévoile ses secrets
L’un des principaux intérêts de ce deuxième album réside dans l’élargissement de l’univers. Après les Kulu, les Tog et les Zul Kassaï du premier tome, le lecteur découvre ici les Blancs-Visages, les Dents-Limées ainsi que de nouvelles cultures, croyances et créatures. Le mystérieux masque ajoute également une dimension surnaturelle à la mythologie d’Ogon. L’ensemble confirme que ce continent possède une identité propre et une histoire suffisamment riche pour accueillir de nombreuses aventures. Même si tout n’est qu’effleuré, cette succession de nouvelles découvertes donne surtout envie d’en apprendre davantage sur les peuples et les territoires qui composent les Terres d’Ogon.
Une claque visuelle venue d’Ogon
Alex Sierra livre un travail particulièrement réussi et le dessin demeure l’un des plus grands atouts de l’album. Son trait fin et détaillé donne beaucoup de personnalité aux personnages, aux costumes, aux créatures et aux environnements. Les paysages sont particulièrement impressionnants et certaines planches regorgent de détails qui donnent une véritable impression de profondeur au monde présenté. Les scènes d’action sont également dynamiques et suffisamment lisibles pour suivre les affrontements sans difficulté. La colorisation de J. Nanjan complète parfaitement le dessin en donnant aux paysages et aux différentes cultures une atmosphère chaleureuse et exotique. Visuellement, Blancs-Visages s’inscrit donc parfaitement dans la qualité graphique attendue du Monde d’Aquilon.
Une aventure qui ne ralentit presque jamais
Le rythme est globalement très efficace. L’album commence directement dans l’action avant de faire progressivement évoluer le récit vers une aventure davantage axée sur la découverte et la dimension spirituelle. Les affrontements, les déplacements, les révélations et les échanges entre les personnages s’enchaînent naturellement, sans véritable temps mort. Quelques passages reposant sur la dynamique entre Itomë et son compagnon peuvent toutefois sembler répétitifs, notamment lorsque l’humour prend davantage de place. Malgré cela, la lecture demeure fluide et les 72 pages se parcourent rapidement, peut-être même un peu trop rapidement compte tenu de la richesse de l’univers présenté.
Entre violence, magie et rapprochement
Plusieurs scènes parviennent à marquer, notamment la découverte du mystérieux masque dans un ancien champ de bataille. Cet objet apporte immédiatement une dimension inquiétante au récit et soulève plusieurs questions sur son origine et son véritable pouvoir. Les confrontations avec les Dents-Limées offrent également quelques passages particulièrement brutaux, tandis que les moments consacrés à la relation entre Itomë et le jeune membre de cette tribu apportent davantage d’émotion. Le contraste entre la violence du conflit et les rapprochements qui se construisent progressivement constitue d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants de l’album.
Les mystères derrière le masque
Le tome apporte quelques réponses concernant Itomë, les Blancs-Visages et le mystérieux masque, mais il préfère surtout ouvrir de nouvelles portes. L’histoire ancienne des peuples d’Ogon, les forces surnaturelles qui semblent encore présentes dans cette région et les véritables capacités du masque constituent autant de pistes qui pourraient être développées dans de futures aventures. Le récit se conclut de manière relativement indépendante et ne cherche donc pas à imposer un énorme cliffhanger. L’envie de poursuivre vient davantage de la curiosité envers l’univers et ses nombreuses zones d’ombre que d’une fin volontairement spectaculaire.
Un autre visage après Zul Kassaï
Blancs-Visages est différent de Zul Kassaï, mais il demeure globalement à la hauteur de son prédécesseur. Le premier tome possédait une ambiance plus sombre et une dimension mythologique particulièrement forte, tandis que ce deuxième album privilégie davantage l’aventure, l’humour et la relation entre ses deux protagonistes. Cette différence de ton peut surprendre les lecteurs qui avaient particulièrement apprécié la gravité du premier récit. En revanche, ce changement permet également de montrer une autre facette des Terres d’Ogon. Il ne dépasse donc pas nécessairement Zul Kassaï, mais constitue une suite anthologique solide qui enrichit efficacement l’univers.
Une nouvelle porte ouverte sur Ogon
Blancs-Visages confirme que les Terres d’Ogon possèdent suffisamment de richesse pour raconter de nombreuses histoires différentes. Nicolas Jarry propose une aventure davantage centrée sur la magie, la survie et les relations entre peuples, tandis qu’Alex Sierra livre des planches magnifiques qui donnent énormément de personnalité à ce nouveau récit. Malgré quelques éléments prévisibles, un humour parfois maladroit et des personnages secondaires un peu sous-exploités, l’ensemble demeure très plaisant. Ce deuxième tome n’est peut-être pas aussi marquant que Zul Kassaï sur le plan mythologique, mais il enrichit véritablement l’univers et donne envie de poursuivre l’exploration. Il s’agit d’une excellente lecture pour les amateurs du Monde d’Aquilon, de fantasy africaine et de récits d’aventure mêlant magie, créatures, conflits entre peuples et personnages attachants.
Merci à Interforum pour la copie da la bande dessinée.
Analyse
Points forts :
- Un univers de fantasy africaine toujours aussi dépaysant.
- Une excellente direction artistique signée Alex Sierra.
- Des décors extrêmement détaillés et riches.
- Une colorisation qui sublime les paysages et les personnages.
- Une mythologie intéressante autour du masque et des esprits.
- Un duo principal attachant.
- Un bon mélange d’action, d’aventure et de magie.
- Une lecture fluide et accessible.
- De nouveaux peuples qui enrichissent considérablement les Terres d’Ogon.
- Une histoire suffisamment indépendante pour fonctionner par elle-même.
Points faibles :
- Un scénario plus classique que celui du premier tome.
- Une relation entre les deux héros parfois prévisible.
- Certains passages humoristiques cassent légèrement l’ambiance.
- Des personnages secondaires qui manquent de développement.
- Quelques éléments de l’univers auraient mérité davantage d’explications.
- Une intrigue qui aurait gagné à prendre davantage son temps.
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