
Informations principales
Titre du jeu : Call of Duty 3
Développeur : Treyarch
Éditeur : Activision
Genre : FPS
Plateformes : PlayStation 2, Xbox, Xbox 360, PlayStation 3, Wii
Testé sur : PlayStation 2
Date de sortie : 7 novembre 2006
Nombre de joueurs : 1 à 16 joueurs
En français : Oui pour la version européenne
Classement ESRB : Teen (T)
La dernière grande bataille de la PS2
Pourquoi revenir à Call of Duty 3 aujourd’hui? Parce qu’il représente assez bien l’une des dernières tentatives ambitieuses de faire vivre la formule Call of Duty sur une console vieillissante comme la PlayStation 2. Sorti en 2006, alors que la Xbox 360 et la PlayStation 3 entraient déjà dans une nouvelle génération, le jeu aurait facilement pu être sacrifié au profit des versions HD. Pourtant, Treyarch réussit à proposer une adaptation étonnamment complète. L’aventure se déroule en 1944, durant la percée de Normandie vers Paris, et nous fait passer entre plusieurs soldats alliés américains, britanniques, canadiens et polonais. Le jeu ne révolutionne évidemment plus le genre aujourd’hui, mais avec le recul, c’est justement cette volonté de conserver une expérience Call of Duty spectaculaire sur PS2 qui rend cette version intéressante.
La recette Call of Duty à son meilleur
Call of Duty 3 reste un FPS très classique dans son fonctionnement : déplacement, visée, tirs, grenades, changement d’armes et progression à travers des champs de bataille fortement scénarisés. La prise en main est immédiate et la manette DualShock 2 répond correctement, même si les contrôles paraissent forcément moins précis qu’avec une souris ou les manettes des consoles HD. Treyarch ajoute toutefois plusieurs séquences qui diversifient la campagne, notamment des affrontements rapprochés avec des commandes contextuelles, des véhicules et différentes interactions permettant de placer des explosifs ou d’accomplir certaines actions. Les environnements offrent aussi parfois plusieurs routes pour atteindre un objectif. Le gameplay demeure très linéaire dans son ensemble, mais le rythme soutenu, les explosions et les offensives massives empêchent généralement l’expérience de devenir monotone.
Une campagne qui sait quand s’arrêter
La campagne comprend 14 missions et couvre la percée de Normandie jusqu’aux combats menant vers la libération de Paris. Sa durée est relativement courte selon les standards actuels, mais c’est plutôt une qualité dans le contexte d’un FPS militaire de cette époque : l’aventure avance rapidement et évite de multiplier artificiellement les objectifs. Chaque chapitre change régulièrement de contexte, de protagoniste ou de situation, avec des passages en véhicules venant casser le rythme des fusillades. Il n’y a évidemment aucun système de grinding, de progression de personnage ou de collecte moderne. La véritable valeur ajoutée se trouvait également dans le multijoueur, qui pouvait réunir jusqu’à 16 joueurs sur PS2, avec plusieurs modes et classes de soldats. Pour une console de cette génération, c’était un contenu particulièrement appréciable.

La guerre vue à travers les limites de la PS2
Visuellement, Call of Duty 3 est impressionnant lorsqu’on tient compte de son matériel d’origine. Les champs de bataille sont relativement vastes, les explosions nombreuses et les environnements peuvent subir certaines formes de destruction. Les modèles de personnages et les textures accusent cependant leur âge, avec des surfaces parfois floues, des couleurs ternes et une distance d’affichage qui rappelle immédiatement les limites de la PlayStation 2. Certains décors manquent également de finesse comparativement aux versions Xbox 360 et PlayStation 3. Malgré cela, la direction artistique réussit à recréer efficacement l’atmosphère boueuse, sombre et chaotique de la campagne de Normandie. Le résultat n’est plus spectaculaire techniquement, mais il demeure convaincant dans son ensemble pour une production PS2 de 2006.
Plusieurs soldats, une même guerre
L’histoire suit plusieurs soldats alliés participant à la progression à travers la France occupée, notamment des membres des forces américaines, britanniques, canadiennes et polonaises. Cette structure est l’un des aspects les plus intéressants de Call of Duty 3, puisqu’elle permet d’observer la campagne sous différents angles plutôt que de rester constamment avec un seul protagoniste. L’histoire demeure néanmoins secondaire par rapport à l’action et sert surtout de fil conducteur entre les grandes batailles. Certains personnages secondaires parviennent à laisser une impression, mais le jeu ne cherche pas à développer ses protagonistes avec la profondeur que la série adoptera plus tard. L’objectif est avant tout de créer une succession de moments cinématographiques et de batailles mémorables.

Une immersion sonore toujours efficace
Le travail sonore demeure l’un des points forts du jeu. Les tirs, explosions, cris des soldats, véhicules et bombardements donnent énormément de vie aux champs de bataille et contribuent fortement à l’ambiance. La musique orchestrale, très proche des codes des grands films de guerre, accompagne efficacement les moments dramatiques sans prendre toute la place. Le doublage français constitue également un avantage pour les joueurs francophones puisque la version européenne propose des voix et des textes français. Sur PS2, la qualité audio peut évidemment paraître moins spectaculaire qu’avec les productions HD de la même époque, et certains retours de joueurs rapportaient des problèmes ponctuels de sons qui disparaissaient, mais l’ensemble demeure solide.
Des balles qui arrivent de partout
Call of Duty 3 propose plusieurs niveaux de difficulté et reste généralement accessible en difficulté normale, mais certains passages peuvent devenir particulièrement corsés. Comme dans plusieurs FPS de la génération, l’intelligence artificielle n’est pas toujours irréprochable et certains ennemis semblent apparaître en continu tant que le joueur n’a pas franchi un certain point de la mission. Cela peut parfois donner l’impression de combattre des vagues infinies plutôt qu’une véritable armée. Quelques pics de difficulté peuvent également surprendre, particulièrement lorsque plusieurs ennemis tirent simultanément depuis différentes directions. Malgré ces imperfections, le système de santé et la gestion des armes restent simples et permettent de rapidement comprendre les règles du jeu.

Surtout pour les nostalgiques du multijoueur
Call of Duty 3 ne possède évidemment pas les systèmes modernes de New Game+, de défis quotidiens ou de trophées qui prolongent artificiellement la durée de vie. La campagne peut toutefois être rejouée dans une difficulté supérieure et certaines missions permettent d’apprécier différemment les affrontements et les différentes routes. À l’époque, le véritable potentiel de rejouabilité venait surtout du multijoueur, avec ses différentes classes, ses modes de jeu et ses affrontements pouvant réunir jusqu’à 16 joueurs sur PS2. Aujourd’hui, cette composante est beaucoup moins accessible qu’à l’époque, ce qui réduit considérablement la durée de vie du jeu pour un joueur moderne.
Une prouesse avec quelques fissures
C’est probablement ici que l’âge de Call of Duty 3 se fait le plus sentir. Treyarch a réussi un véritable tour de force en conservant une campagne relativement proche de celle des consoles nouvelle génération, mais la PS2 montre clairement ses limites. Le framerate peut chuter lors des batailles particulièrement chargées, les textures sont parfois floues et certains effets visuels sont moins impressionnants que sur Xbox 360 ou PlayStation 3. Des bugs occasionnels peuvent également apparaître, notamment des problèmes de collision ou des ennemis adoptant des comportements étranges. GameSpot considérait d’ailleurs la version Xbox comme légèrement supérieure grâce à de meilleurs graphismes et une expérience multijoueur plus fluide. Malgré tout, pour une PS2 poussée aussi loin en 2006, le résultat demeure franchement respectable.

Un dernier baroud d’honneur
Ce qui ressort le plus de Call of Duty 3 aujourd’hui, c’est son impressionnant rythme de jeu. On passe rapidement d’une fusillade à une progression sous le feu ennemi, puis à une séquence en véhicule ou à une interaction contextuelle. Les missions donnent constamment l’impression d’être au milieu d’une bataille beaucoup plus grande que le joueur lui-même. La mise en scène n’a évidemment plus le même impact qu’en 2006, mais elle conserve une certaine efficacité. Revenir à cette version PS2 permet surtout de constater à quel point les développeurs ont réussi à pousser la console dans ses derniers retranchements. Ce n’est peut-être pas le Call of Duty le plus mémorable de la franchise, mais c’est certainement l’un des FPS militaires les plus intéressants de la fin de vie de la PS2.
Un vétéran qui mérite encore une place dans la collection
Call of Duty 3 n’est peut-être pas le titre le plus révolutionnaire de la franchise, mais il demeure une excellente démonstration de ce que la PlayStation 2 pouvait encore accomplir en 2006. Sa campagne intense, ses nombreuses séquences spectaculaires, son ambiance sonore réussie et son contenu multijoueur en faisaient un FPS particulièrement solide. Il souffre aujourd’hui de son framerate, de graphismes vieillissants et d’une formule très linéaire, mais ces défauts sont largement compensés par l’efficacité de l’action. Comparativement à Call of Duty 2: Big Red One sur PS2, il propose une mise en scène plus ambitieuse et davantage de variété, tandis que les versions Xbox 360 et PS3 restent techniquement préférables. Pour les amateurs de rétro, les passionnés de Seconde Guerre mondiale et les collectionneurs de FPS PS2, Call of Duty 3 reste clairement recommandé. C’est un excellent dernier baroud d’honneur pour la série sur la génération PS2.
Analyse
Points forts :
- Campagne intense et bien rythmée
- 14 missions relativement variées
- Plusieurs protagonistes et nations alliées
- Excellente ambiance de Seconde Guerre mondiale
- Bande-son et effets sonores immersifs
- Séquences en véhicules bien intégrées
- Quelques interactions contextuelles qui dynamisent les missions
- Multijoueur jusqu’à 16 joueurs sur PS2
- Adaptation techniquement impressionnante pour la PlayStation 2
- Version européenne entièrement en français
Points faibles :
- Framerate parfois instable
- Graphismes nettement inférieurs aux versions Xbox 360 et PS3
- Textures souvent floues ou peu détaillées
- Intelligence artificielle parfois limitée
- Quelques pics de difficulté
- Scénario assez superficiel
- Peu d’innovations par rapport aux précédents Call of Duty
- Certains bugs et problèmes de collision
- Multijoueur aujourd’hui beaucoup moins pertinent sur PS2