
Informations principales
Titre du manga : Persona 5
Éditeur : Mana Books
Distributeur : Interforum
Mangaka : Hisato Murasaki
Genre : Action, fantastique, aventure, manga
Nombre de pages : 208
Prix : 15,95$
Date de sortie : 3 octobre 2019
Adapter un jeu vidéo comme Persona 5 en manga n’est pas une tâche simple. L’œuvre d’Atlus ne repose pas seulement sur son scénario : son identité vient également de son système de combat, de ses relations sociales, de son ambiance, de sa direction artistique et de la liberté qui vous est laissée. Il faut donc trouver le parfaite équilibre entre respecter le matériel original et proposer une véritable œuvre indépendante.
Avec Persona 5 Vol. 1, Hisato Murasaki relève plutôt bien le défi. Cette adaptation reprend les principaux événements du jeu tout en accélérant considérablement le rythme. Le résultat est un premier volume accessible, dynamique et suffisamment fidèle pour satisfaire les amateurs de la franchise.
Une histoire qui reste fidèle à Persona 5
L’histoire commence avec notre protagoniste, qui arrive à Tokyo après avoir été injustement accusé d’une agression. Il est placé ensuite sous probation, d’où ensuite il poursuit ses études à l’académie Shujin tout en essayant de s’adapter à une nouvelle vie loin de son environnement habituel. Cette situation permet rapidement au livre d’aborder plusieurs thèmes fondamentaux de la série Persona : l’injustice ainsi que la révolte contre ceux qui abusent un peu trop de leur pouvoir.
La rencontre avec Ryuji Sakamoto vient ensuite complètement changer la dynamique. Nos deux adolescents découvrent finalement l’existence d’un mystérieux monde parallèle dans lequel les désirs déformés de certaines personnes prennent une forme plus que concrète. C’est là que l’aventure des futurs Voleurs Fantômes commence véritablement.
Le manga reste très proche du scénario du jeu, mais il ne cherche pas à reproduire chaque scène exactement. Certaines séquences sont raccourcies ou enchaînées plus rapidement afin de conserver un bon rythme de lecture. C’est particulièrement efficace pour une adaptation papier. Persona 5 peut facilement sembler imposant lorsqu’on pense à la durée nécessaire pour terminer le jeu. Le manga doit donc sélectionner les éléments essentiels et les intégrer dans une narration beaucoup plus compacte.
Le protagoniste représente également un choix intéressant. Alors que le joueur pouvait décider lui-même de son nom et influencer certaines de ses réponses, le manga lui donne une identité propre. Akira Kurusu devient ainsi un personnage à part entière, tout en conservant une personnalité relativement réservée. Le choix est judicieux, car il évite de transformer complètement un personnage qui, dans le jeu, était volontairement conçu pour laisser une grande place au joueur.
Un univers qui prend vie sur papier
L’une des grandes forces de Persona 5 réside dans sa direction artistique. Le jeu possède une identité visuelle immédiatement reconnaissable, avec ses couleurs, ses menus stylisés, ses personnages et son mélange entre quotidien japonais et univers fantastique. Le manga réussit à conserver cette personnalité.
Les dessins de Hisato Murasaki donnent notamment beaucoup de présence aux personnages. Les expressions faciales sont suffisamment détaillées pour transmettre leurs émotions, tandis que les scènes plus mouvementées bénéficient d’un découpage dynamique.
Le premier Palace constitue naturellement l’un des passages les plus importants du volume. Dans le jeu, son atmosphère est renforcée par la musique, les animations et l’exploration. Le manga doit faire sans ces éléments, mais les illustrations permettent tout de même de conserver cette sensation d’étrangeté.
Les décors deviennent rapidement impressionnants et les affrontements profitent d’une mise en page qui facilite la lecture. Même lorsque les pages sont chargées, l’action demeure généralement claire.
Les Personas bénéficient également de leur passage sur papier. Ils conservent leur aspect spectaculaire et leur présence particulière, même si le manga ne peut évidemment pas reproduire les animations et les effets du jeu vidéo.
L’adaptation artistique fonctionne donc particulièrement bien parce qu’elle ne tente pas simplement de transformer des captures d’écran en cases. Elle reprend l’esthétique de Persona 5 tout en utilisant les possibilités propres au manga.
Un rythme plus direct que le jeu
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de Persona 5 Vol. 1. Le jeu vidéo prend énormément de temps pour développer ses personnages. Entre les cours, les activités quotidiennes, les Confidants, les combats, les déplacements et les différentes interactions, le joueur peut passer des dizaines d’heures avec les personnages avant que certaines relations atteignent leur plein potentiel.
Le manga lui ne peut évidemment pas fonctionner de la même façon. Le récit avance donc beaucoup plus rapidement. Les événements importants s’enchaînent sans demander au lecteur de passer par toutes les activités secondaires du jeu.
Cette approche permet au premier volume d’éviter certaines longueurs et de conserver une progression constante. On retrouve les éléments essentiels de l’histoire sans avoir l’impression de lire une simple version résumée du jeu.
Cependant, cette accélération a aussi une conséquence : certaines relations disposent de moins de temps pour se développer. La dimension sociale de Persona 5 est nécessairement réduite, puisqu’elle dépendait directement des choix et du temps investi par le joueur.
C’est un compromis logique pour une adaptation manga. Le volume réussit tout de même à présenter suffisamment les personnalités d’Akira et de Ryuji pour que leur relation soit intéressante. Le caractère énergique de Ryuji contraste bien avec le côté plus calme du protagoniste, créant une dynamique qui fonctionne rapidement. Le manga gagne donc en efficacité narrative ce qu’il perd en liberté.
Une adaptation accessible, mais pas sans défauts
Persona 5 Vol. 1 possède un autre avantage important : il ne semble pas réservé exclusivement aux joueurs ayant terminé le jeu. Les différents concepts sont introduits progressivement. Le lecteur découvre les Palaces, les Personas et les Voleurs Fantômes au même rythme que les personnages. Cela rend l’ensemble relativement facile à suivre, même si vous connaissez peu l’univers de Persona.
Pour les joueurs, l’intérêt vient aussi de la possibilité de revoir des moments familiers sous une forme différente. L’adaptation n’est toutefois pas parfaite.
La comparaison avec le jeu vidéo fait inévitablement ressortir certaines limites. Une partie de la profondeur des relations sociales disparaît et plusieurs éléments secondaires doivent être condensés. Le manga ne peut pas non plus reproduire le sentiment de liberté qui accompagnait les décisions quotidiennes du joueur.
Certaines représentations de personnages féminins peuvent également être discutables. Quelques cadrages et certaines poses misent davantage sur la sexualisation que ce qui serait réellement nécessaire à la scène.
Ce n’est pas un problème suffisamment important pour compromettre l’ensemble du volume, mais c’est un élément qui peut déranger certains lecteurs. Malgré cela, l’adaptation demeure cohérente et agréable à lire. Elle comprend ce qui rend Persona 5 intéressant et concentre ses efforts sur les éléments les plus importants de l’histoire.
Verdict
Persona 5 Vol. 1 est une adaptation manga réussie qui démontre qu’il est possible de transposer un jeu vidéo aussi imposant sans perdre complètement son identité.
Le scénario reste fidèle aux fondations de Persona 5, les personnages sont bien représentés et l’univers conserve une bonne partie de son style visuel. Le rythme plus rapide permet également au manga d’éviter certaines longueurs inhérentes à l’expérience vidéoludique.
Évidemment, les joueurs ne retrouveront pas toute la profondeur des relations sociales ni la liberté de choix du jeu. Ce n’est d’ailleurs pas le rôle d’une adaptation manga. L’objectif est plutôt de raconter cette histoire dans un format différent, et sur ce point, le premier volume accomplit très bien son travail.
Les nouveaux lecteurs y trouveront une aventure fantastique accessible, tandis que les amateurs de Persona 5 pourront apprécier une nouvelle interprétation de l’histoire qu’ils connaissent déjà.
Persona 5 Vol. 1 ne remplace donc pas le jeu d’Atlus, mais il constitue une excellente porte d’entrée vers son univers et une adaptation qui respecte suffisamment son matériel d’origine pour être recommandée.
Merci à Interforum pour la copie du manga.
Analyse
Points forts :
- Une adaptation fidèle à l’esprit du jeu
- Un rythme efficace
- Des personnages bien représentés
- Une direction artistique réussie
- Des scènes d’action dynamiques
- Accessible aux nouveaux lecteurs
Points faibles :
- Certains éléments sociaux sont fortement condensés
- Moins de profondeur pour certaines relations
- Quelques représentations féminines inutilement sexualisées
- L’interactivité du jeu ne peut évidemment pas être reproduite
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