CRITIQUE DE MANGA – TANYA THE EVIL TOME 3

par | Sep 1, 2026

Informations principales

Titre du manga : Tanya the Evil

Éditeur : Delcourt

Distributeur : Interforum

Mangaka : Chika Tojo

Genre : Isekai

Nombre de pages : 192

Prix : 16,95$

Date de sortie : 7 août 2018

Un tome qui prend son temps
Le troisième tome de Tanya the Evil prend une direction assez différente des précédents volumes. Alors que les premiers tomes mettaient davantage l’accent sur les affrontements, la progression de Tanya et les différentes situations militaires auxquelles elle devait faire face, ce volume décide de ralentir considérablement le rythme. Ici, l’action laisse principalement sa place aux discussions, aux stratégies militaires et aux décisions politiques qui entourent la guerre. Ce changement peut être assez surprenant, surtout lorsqu’on s’attend à retrouver la même intensité que dans les tomes précédents. Tanya elle-même semble beaucoup moins présente au premier plan, ce qui donne l’impression que l’histoire s’éloigne momentanément de son personnage principal. Malgré cela, le tome possède quelques éléments intéressants qui permettent de mieux comprendre l’univers et les conséquences de cette guerre. Cependant, cette approche plus stratégique ne fonctionne pas toujours aussi bien qu’elle le pourrait. Certaines explications sont intéressantes, tandis que d’autres peuvent donner l’impression de ralentir la lecture. Heureusement, un chapitre en particulier vient complètement changer l’expérience et apporte une vision beaucoup plus originale de l’histoire.

Stratégie, conséquences et voyage dans le futur
Le principal défaut de ce troisième tome est clairement son manque d’action. Pendant une grande partie du volume, on assiste surtout à des discussions concernant les stratégies militaires, les déplacements des troupes et les décisions prises par les différents dirigeants. Même si ces éléments sont importants pour comprendre la guerre, ils rendent le rythme beaucoup plus lent. Tanya, qui était généralement au centre des événements, semble cette fois beaucoup plus en retrait. On la voit moins agir directement et davantage évoluer dans un contexte où les décisions des autres personnages influencent le déroulement du conflit. Cela permet certainement de développer l’aspect politique et militaire de l’œuvre, mais j’ai trouvé que cela retirait une partie de ce qui rendait les tomes précédents aussi intéressants. Carlo Zen démontre encore une fois son intérêt pour la stratégie militaire, mais certaines explications peuvent devenir difficiles à suivre. Pour un lecteur qui n’est pas particulièrement familier avec les tactiques militaires, plusieurs passages demandent davantage de concentration. Le problème n’est donc pas forcément la stratégie en elle-même, mais plutôt la façon dont elle prend presque toute la place dans ce tome.

Heureusement, le chapitre qui nous transporte environ quarante ans après la guerre est, à mon goût, le véritable coup de cœur du tome. Cette partie apporte une perspective complètement différente puisqu’elle nous permet de découvrir les conséquences de certains événements qui se sont déroulés pendant la guerre. Voir ce futur longtemps après les événements principaux donne une dimension beaucoup plus profonde à l’histoire. On comprend que les décisions prises par Tanya et les autres personnages ne disparaissent pas simplement une fois une bataille terminée : elles peuvent avoir des répercussions sur plusieurs décennies. J’ai trouvé cette idée particulièrement rafraîchissante, car elle permet de sortir momentanément de la narration habituelle et d’observer l’histoire avec davantage de recul. Ce chapitre donne également envie de comprendre comment certains événements ont pu mener à cette réalité future. C’est clairement le passage qui sauve le tome à mes yeux. Sans lui, j’aurais probablement trouvé ce volume beaucoup plus difficile à apprécier en raison de son rythme très lent. Cette vision du futur apporte donc une véritable bouffée d’air frais et montre que Tanya the Evil peut raconter son histoire autrement qu’à travers les combats.

Un tome inégal, mais sauvé par son idée
Au final, le troisième tome de Tanya the Evil est probablement l’un des volumes les plus particuliers de la série jusqu’à présent. Son choix de mettre l’action de côté pour se concentrer presque entièrement sur la stratégie militaire et les discussions politiques rend la lecture beaucoup plus lente. Tanya est également moins présente au premier plan, ce qui peut décevoir lorsqu’on apprécie principalement le personnage et son évolution. Cependant, le chapitre situé quarante ans après la guerre apporte quelque chose de réellement différent et intéressant. Il permet de voir les conséquences à long terme des décisions prises durant le conflit et donne une profondeur supplémentaire à l’univers. Pour moi, c’est clairement le coup de cœur de ce troisième tome et celui qui sauve les meubles. Même si le volume n’est pas mauvais, il m’a beaucoup moins marqué que les précédents. L’idée du futur est excellente et mériterait presque d’être davantage exploitée.

Merci à Interforum pour la copie du livre

6,5/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Sauts dans le temps très bien utilisés

Points faibles :

  • Discussion des stratégies de guerre trop denses
  • Rythme ennuyant

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