
Informations principales
Titre du film : Coyote vs Acme
Réalisateur : Dave Green
Scénariste / Auteur original : Samy Burch, d’après une histoire de James Gunn,
Jeremy Slater, et Samy Burch, ainsi qu’un article de The New Yorker d’Ian Frazier
Studio / Production : Warner Animation Group, Troll Court Entertainment,
Keylight Pictures, Ketchup Entertainment
Genre : Animation, comédie, drame juridique
Durée : 103 minutes
Date de sortie : 28 août 2026
Après plusieurs plaintes, pétitions et demandes de la part des fans, notamment avec le mot-clic #ReleaseCoyoteVsAcme, le film que Warner Bros. voulait initialement annuler pour des raisons économiques voit finalement le jour et est accessible au public. Mettant en vedette Will Forte, Lana Condor, Tone Bell, Luis Guzmán, Martha Kelly, P.J. Byrne, Eric Bauza, Kenneth Choi et John Cena, Coyote vs. Acme est un film hybride d’animation et de prise de vue réelle qui suit les aventures de plusieurs personnages des Looney Tunes, notamment Wile E. Coyote.
Le film qu’Acme ne voulait pas que vous voyiez
Dans un monde où les humains et les cartoons cohabitent, Wile E. Coyote tente sans succès d’attraper l’oiseau Road Runner (Bip Bip en français) avec des produits défectueux de la compagnie Acme Corporation. Désespéré, il tombe sur une annonce télévisée de l’avocat Kevin Avery (Will Forte), de la firme Avery, Jones & Maltese, spécialisée dans les incidents liés aux produits Acme impliquant les cartoons. Avery accepte le contrat, mais, pensant qu’il ne s’agirait que d’un cas parmi tant d’autres qui serait réglé à l’amiable, lui et sa nièce Paige (Lana Condor) découvriront l’ampleur des sombres secrets qui entourent la compagnie Acme…

Un retour en force de la franchise
Même si ce film métafictif mélange l’animation et la prise de vue réelle, il demeure néanmoins à l’image des Looney Tunes. En plus des gags et de l’humour propres à la franchise, plusieurs personnages, notamment doublés par Eric Bauza, qui reprend ses rôles, font leur apparition, que ce soit pour des caméos ou pour faire avancer l’histoire. Ils permettent de rendre le monde du film vivant et peuplé, sans voler la vedette à Coyote pour autant.
Un autre aspect que j’ai apprécié dans le film est l’utilisation de la communication avec le personnage muet de Coyote et le Road Runner, qui ne répond que par des « bips ». Même sans dire de mots tangibles, on comprend ce qu’ils ressentent à chaque moment, en particulier dans certaines scènes où, notamment vers la fin, on éprouve de l’empathie pour eux. Cela est dû, entre autres, au scénario adéquat du film, mais aussi à l’animation qui transmet efficacement les expressions et les sentiments des personnages.

Une histoire d’amitié
Là où le film se distingue de la franchise habituelle, c’est qu’il explore les relations interpersonnelles de Coyote. En effet, alors qu’il est surtout vu comme l’antagoniste de Road Runner et rien de plus, cette histoire ajoute de la complexité et de la profondeur à la relation entre les deux meilleurs ennemis.
Mais c’est surtout la relation entre l’avocat Kevin et le coyote qui domine le film. Ces deux personnages, par eux-mêmes antipathiques, révèlent le meilleur de l’autre, notamment en les poussant à se soucier des autres plutôt que d’eux-mêmes, et se poussent mutuellement à devenir de meilleures personnes, dans des scènes à la fois humoristiques, absurdes et touchantes.

Des enjeux plus qu’ironiques
À la manière de Who Framed Roger Rabbit?, que j’ai revu récemment (si vous avez lu mon article sur le Comiccon de Montréal, vous savez pourquoi…), le film traite de la discrimination entre les cartoons et les humains. Celui-ci va cependant plus en profondeur, notamment avec des parallèles sur la façon dont certains groupes marginalisés ont été opprimés ou exploités au profit de leurs oppresseurs, par exemple en servant de cobayes pour des expériences scientifiques dangereuses, ou en utilisant une personne « token » — dans ce cas-ci, Foghorn Leghorn — pour parler au nom de tous les cartoons. Les multiples arrangements à l’amiable entre Acme et les plaignants rappellent aussi ceux de Harvey Weinstein avant l’ère #MeToo, où il achetait le silence de ses victimes avec des accords à l’amiable, jusqu’à ce que de braves victimes le dénoncent.
Le film traite également de la censure, du capitalisme et du lobbyisme, par l’intermédiaire d’Acme Corporation et de ses actions pour compromettre les protagonistes. Sachant comment le film a failli ne pas voir le jour en raison de certaines décisions controversées de Warner Bros. durant les dernières années, on pourrait spéculer sur la possibilité que quelqu’un dans la compagnie ait pris le film un peu trop personnellement…
Le film fait également un parallèle avec le mythe de Sisyphe, qui est aussi un nom évoqué dans le film, un être de la mythologie grecque condamné à rouler une pierre au sommet d’une montagne, d’où elle retombe toujours, avant qu’il recommence à perpétuité. En plus de bien illustrer l’ardeur et l’acharnement du coyote dans ses plans pour attraper l’oiseau, qui échouent à chaque fois — un aspect de sa personnalité qualifié de positif —, le mythe représente le système vicieux qu’Acme impose à la société pour son propre bénéfice.

Y a-t-il des défauts?
Les seules choses que je pourrais reprocher au film sont que quelques-uns des gags ne font pas mouche et qu’il montre quelques longueurs au milieu. De plus, l’histoire demeure assez simple et prévisible par moments, et aucun aspect technique ou audiovisuel ne sort véritablement de l’ordinaire.
Néanmoins, pour être franc avec vous, je respecte tellement ce film, vu les controverses qui l’entourent, que je n’ai pas envie de le critiquer davantage.

Conclusion
Coyote vs. Acme ne sera peut-être pas le meilleur film de l’année, mais il sera de loin l’un des plus importants. Avec ses personnages des Looney Tunes qui reprennent leur charme habituel, l’histoire explore une amitié improbable ainsi que plusieurs enjeux importants à aborder. Que ce soit pour une sortie en famille, par nostalgie ou simplement pour encourager une œuvre qui a failli être abandonnée, je ne peux que vous recommander fièrement ce film.
Analyse
Points forts :
- Belle dynamique entre les personnages
- Personnages Looney Tunes fidèles à eux-mêmes
- Personnage du Coyote bien exploité
- Plusieurs enjeux importants bien abordés
- Bon travail hybride entre l’animation et le réel
- Le simple fait que ce film ait pu sortir après tout ce qu’il a traversé est un exploit en lui-même
Points faibles :
- Quelques blagues marchent moins
- Quelques longueurs au milieu du film
- D’un point de vue technique audiovisuelle, le film est correct, mais sans plus