
Informations principales
Titre du jeu : Dark Souls Remastered
Développeur : FromSoftware, QLOC pour la version remastérisée
Éditeur : Bandai Namco Entertainment
Genre : Action-RPG, Souls-like
Plateformes : PC, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch
Testé sur : PC
Prix : 53,49$
Date de sortie : 24 mai 2018
Nombre de joueurs : 1 à 6 joueurs
En français : Interface et sous-titres
Classement ESRB : Mature (M)
Un retour aux sources qui n’a rien perdu de son mordant
J’ai replongé dans Dark Souls Remastered parce qu’il demeure l’un des titres les plus importants de l’histoire du jeu vidéo moderne et, surtout, l’un des fondements du genre aujourd’hui appelé « Souls-like ». Que l’on découvre Lordran pour la première fois ou qu’on y retourne avec nostalgie, l’expérience conserve une capacité assez exceptionnelle à provoquer simultanément frustration, curiosité et satisfaction. Mes attentes étaient évidemment élevées, puisque Dark Souls est devenu une référence, mais le jeu réussit encore à impressionner grâce à son level design, son atmosphère et cette manière unique de laisser le joueur comprendre le monde par lui-même. Le Remastered reprend pratiquement intégralement l’expérience originale tout en améliorant considérablement l’expérience PC, notamment avec une résolution moderne, de meilleures textures et surtout un fonctionnement à 60 images/seconde.
La naissance d’un système de combat devenu légendaire
Dark Souls repose sur un action-RPG extrêmement méthodique où chaque coup porté, chaque esquive, chaque parade et chaque utilisation de l’endurance doit être réfléchi. L’équipement, les statistiques, les armes, les armures, les sorts et les différentes classes permettent de construire des personnages très différents, tandis que la gestion de l’endurance demeure au cœur de pratiquement chaque affrontement. La prise en main n’est pas particulièrement compliquée sur le plan des commandes, mais maîtriser réellement le système demande beaucoup de patience. C’est précisément cette courbe d’apprentissage qui rend les combats aussi gratifiants. Le gameplay peut sembler lent comparativement à Dark Souls III ou Elden Ring, mais cette lourdeur est volontaire : elle donne un véritable poids aux attaques et oblige à observer les ennemis plutôt qu’à foncer tête baissée. Le jeu propose également une grande variété de styles grâce aux nombreuses combinaisons d’armes, d’armures et de magie.
Lordran, un labyrinthe où chaque détour peut devenir une découverte
La progression constitue probablement le plus grand tour de force de Dark Souls. Lordran est construit comme un immense réseau de zones interconnectées où les raccourcis, ascenseurs, portes et passages secrets finissent par révéler une architecture beaucoup plus cohérente qu’elle n’en a l’air au premier abord. Le joueur dispose d’une grande liberté concernant son cheminement et peut découvrir certains endroits complètement par accident. La durée de vie est excellente, particulièrement avec le DLC Artorias of the Abyss inclus dans cette édition. Le grinding n’est pas obligatoire, même s’il peut devenir utile lorsqu’un boss pose problème. Les secrets, armes, objets, quêtes secondaires et zones cachées encouragent énormément l’exploration. Le New Game+ ajoute également une raison supplémentaire de repartir à l’aventure avec son personnage et son équipement.

Lordran : une beauté malade et fascinante
Visuellement, Dark Souls Remastered ne peut évidemment pas rivaliser avec les productions modernes, mais sa direction artistique demeure exceptionnelle. Le remaster améliore les textures, la netteté et certains effets visuels, tout en conservant l’identité graphique de l’original. Les améliorations sont particulièrement appréciables sur PC grâce aux hautes résolutions et au 60 FPS. Certaines textures ou animations trahissent cependant l’âge du jeu, et plusieurs environnements paraissent aujourd’hui moins détaillés que ceux des épisodes suivants. Cela dit, le design de Lordran compense largement ces limites techniques : cathédrales gigantesques, forteresses délabrées, marais empoisonnés, ruines abandonnées et profondeurs inquiétantes contribuent à une ambiance sombre et oppressante. Même après plusieurs années, le monde possède une personnalité visuelle remarquable.
Une histoire que le joueur doit reconstruire lui-même
L’histoire suit un Mort-Vivant marqué par la malédiction qui se retrouve entraîné dans le déclin de Lordran et dans le destin lié à la Première Flamme. Sur papier, le récit peut sembler relativement simple, mais Dark Souls cache une quantité impressionnante d’informations dans les dialogues, descriptions d’objets, environnements et personnages rencontrés. Solaire d’Astora, Siegmeyer, Oscar, Lautrec ou encore les différentes figures liées aux factions de Lordran contribuent à créer un univers beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Le jeu ne raconte presque jamais directement son histoire au joueur : il lui demande plutôt de faire les liens et de chercher les réponses. Cette approche peut déplaire à ceux qui veulent une narration très explicite, mais elle participe énormément au mystère qui entoure Lordran.

Une bande-son discrète… jusqu’au moment où elle frappe
La musique de Dark Souls est utilisée avec beaucoup de parcimonie. Une grande partie de l’aventure repose sur les bruits d’ambiance, les pas, les armes, les cris des créatures et le silence, ce qui renforce considérablement la sensation d’isolement. Les thèmes musicaux apparaissent surtout durant les combats de boss et deviennent alors particulièrement puissants. Certains morceaux, notamment ceux associés à Gwyn ou à plusieurs boss majeurs, sont devenus emblématiques. Le doublage anglais fait également parfaitement le travail et correspond à l’atmosphère mystérieuse du jeu. Sur PC, les textes et sous-titres français permettent heureusement de suivre facilement les dialogues et descriptions sans sacrifier l’ambiance originale.
Une difficulté exigeante, mais rarement gratuite
Dark Souls n’est pas difficile simplement pour être difficile : il demande au joueur d’apprendre. Chaque mort peut révéler une nouvelle information sur un ennemi, une attaque, un piège ou une zone. L’équilibrage demeure globalement remarquable, même si quelques passages et certains boss sont nettement plus frustrants que d’autres. Blighttown, certaines zones de fin de jeu et quelques affrontements peuvent notamment mettre la patience à rude épreuve. Le plus important est que le jeu donne presque toujours au joueur les outils nécessaires pour progresser : améliorer son équipement, changer de stratégie, invoquer de l’aide ou simplement apprendre les patterns adverses. Cette philosophie explique pourquoi mourir des dizaines de fois peut paradoxalement devenir extrêmement satisfaisant.

Une aventure qui invite constamment à recommencer
Le New Game+ constitue évidemment l’un des principaux moteurs de rejouabilité, mais il ne s’agit que d’une partie du phénomène. Les nombreuses classes, armes, builds, miracles, pyromancies, sorcelleries et factions permettent de recommencer l’aventure de façons très différentes. Les 41 succès Steam encouragent également les joueurs complétistes à explorer les différents systèmes et à rechercher certains équipements ou boss. Le jeu se prête aussi parfaitement aux défis personnels : terminer l’aventure avec une arme particulière, sans bouclier, avec un niveau minimal ou en privilégiant un type de magie. Et après une première partie, connaître la géographie de Lordran transforme complètement la façon de l’aborder.
Enfin un véritable Dark Souls sur PC
C’est probablement ici que Dark Souls Remastered apporte sa plus grande amélioration par rapport à l’ancienne version Prepare to Die. Le portage PC de 2012 était tristement célèbre pour sa résolution limitée, son framerate à 30 FPS et ses problèmes de commandes, au point que des mods comme DSfix étaient presque incontournables. Remastered règle l’essentiel de ces problèmes en proposant notamment une résolution moderne, de meilleures textures, une prise en charge correcte du clavier/souris et un framerate de 60 FPS. Les performances sont généralement excellentes sur une configuration relativement modeste, même si l’optimisation n’est pas parfaite et que les options graphiques restent étonnamment limitées. Le remaster n’est donc pas une révolution technique, mais il transforme enfin l’expérience PC en une version réellement confortable du jeu.

Une expérience qui reste incroyablement addictive
Ce qui me frappe encore aujourd’hui avec Dark Souls, c’est son incroyable capacité à transformer l’échec en motivation. On peut passer vingt minutes à mourir contre un boss en jurant qu’on ne le battra jamais, puis soudain comprendre son fonctionnement, réussir ses esquives et le vaincre avec quelques points de vie restants. Cette sensation de progression personnelle est difficile à reproduire ailleurs. Les moments marquants sont nombreux : découvrir un raccourci qui ramène vers un ancien feu de camp, tomber dans une nouvelle zone complètement inattendue, rencontrer un boss gigantesque ou finalement comprendre comment les différentes régions de Lordran sont connectées. C’est une aventure exigeante, mais chaque victoire semble réellement méritée.
Un classique qui mérite encore largement son statut de légende
Dark Souls Remastered reste, à mes yeux, l’une des meilleures façons de découvrir le premier Dark Souls sur PC. Ce n’est pas un remake spectaculaire et les améliorations visuelles sont relativement modestes, mais le véritable intérêt réside dans la conservation d’un jeu dont le level design, le système de combat, l’atmosphère et la progression demeurent exceptionnels. Les critiques de l’époque convergeaient d’ailleurs largement vers cette conclusion : le remaster améliore surtout l’expérience technique plutôt qu’il ne réinvente le jeu. Pour un nouveau joueur, c’est une recommandation presque obligatoire pour quiconque aime les action-RPG exigeants. Pour un vétéran possédant déjà Prepare to Die Edition et DSfix, l’achat est plus difficile à justifier, mais le confort du 60 FPS et le multijoueur amélioré constituent de sérieux arguments. Face à Dark Souls II, Dark Souls III ou même Elden Ring, il paraît aujourd’hui plus rigide et moins fluide, mais son level design reste difficile à égaler. Dark Souls Remastered est un classique imparfait, vieillissant par endroits, mais toujours incroyablement brillant.
Analyse
Points forts :
- Un level design exceptionnel et un monde incroyablement interconnecté.
- Un système de combat méthodique, précis et toujours gratifiant.
- Une immense variété de builds, armes, armures et styles de jeu.
- Une direction artistique sombre et encore très efficace.
- Une atmosphère unique, mystérieuse et oppressante.
- Des boss mémorables malgré quelques affrontements inégaux.
- Une excellente rejouabilité grâce au New Game+ et aux différents builds.
- Le DLC Artorias of the Abyss inclus.
- Une véritable amélioration de l’expérience PC avec le 60 FPS et les résolutions modernes.
- Une expérience qui demeure extrêmement influente près de quinze ans après l’original.
Points faibles :
- Certaines mécaniques et animations accusent clairement leur âge.
- Quelques zones sont beaucoup moins réussies que le reste de l’aventure.
- La seconde moitié du jeu est moins constante que la première.
- Certains boss sont davantage frustrants que brillants.
- La caméra peut encore être problématique dans certains combats.
- Les options graphiques PC restent étonnamment limitées.
- Le remaster apporte relativement peu de nouveautés pour les vétérans de l’original.
- L’histoire volontairement cryptique peut laisser certains joueurs complètement perplexes.
- Quelques éléments de gameplay paraissent aujourd’hui moins confortables après les améliorations apportées par les épisodes suivants.
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