
Informations principales
Titre de la série : Le Printemps Le Plus Long
Studio / Production : KOTV
Genre : Documentaire
Nombre de saisons : 1
Nombre d’épisodes : 3
Durée moyenne par épisode : 43 minutes
Plateforme / Streaming : ICI Tou.tv Extra
Date de sortie : 23 février 2025
Cette minisérie documentaire analyse les mouvements qu’a engendrés la COVID au Québec. À partir de l’angle de l’essai du même nom d’Alec Castonguay, l’équipe du réalisateur Sébastien Trahan (Cocaïne, prison & likes: la vraie histoire d’Isabelle, Code of Misconduct) s’immisce dans les coulisses de la politique, du corps médical, d’entrepreneurs et protestants pour rencontrer et interroger les acteurs principaux de cette pandémie sans précédent. C’est le sexy, séduisant et perspicace Éric Bruneau qui, suite à sa rencontre avec l’auteur du livre le Printemps le plus long, questionnera les invités du documentaire.
Dans les coulisses de la crise
Découpé en trois épisodes, on commence en haut de l’échelle décisionnelle avec des entrevues avec notre premier ministre et sa garde rapprochée de l’époque. Je n’ai pas eu le sentiment qu’on cuisinait de manière serrée les interrogés pour les acculer au pied du mur. La réalisation s’amuse plutôt à présenter avec une coupure directe l’opposition d’un autre parti politique qui présente un autre angle de certains problèmes, ou encore en affichant la réplique contraire des gens d’affaires qui étaient sur le terrain. Le premier épisode s’attarde surtout à l’approvisionnement de la province, on retrouve, en général, des personnes possédant une entreprise qui l’adapteront pour les besoins du moment. On a donc un aperçu de ces négociations incertaines avec d’autres pays où le tout ressemble, par moment, au Far West. Hommage à ces marchands, qui n’avaient d’autre choix que de faire preuve d’un grand courage pour s’approvisionner en articles désirés dans leur transport.

Quand la pandémie frappe de plein fouet
Dans le second épisode, qui est, selon moi, le plus dur, c’est la rencontre de la mort. Les nombreux décès dans les CHSLD nous rappellent de douloureux souvenirs. On aborde cette hécatombe avec les dirigeants de la cellule grise gouvernementale pour gérer cette crise qui a marqué comme un tournant dans la pandémie. Puis, on compare avec les professionnels de la santé sur le terrain, de l’efficacité des procédures mises en place par le gouvernement. Monsieur Bruneau réussit à sa manière à mettre à l’aise ses interlocuteurs qui répondent sans contraintes et semblent être décontractés. Je dirais que l’attrait et l’empathie de notre acteur/animateur ont contribué à faire émerger des confidences de nos invitées. La Dre Joanne Liu, qui était sur le point de s’échapper et de dévoiler trop d’informations, peut en témoigner.

Une crise qui laisse des cicatrices
Le dernier épisode se penche sur les problèmes sociaux encourus et l’agrandissement de la déchirure porté par les mouvements de contestation face aux mesures sanitaires. On jette un œil sur les mouvements radicaux et l’on interroge un ancien membre des Farfadaas. Ainsi, le documentaire fait le tour de la question de la pandémie de manière la plus objective qui soit. Néanmoins, force est de constater que l’on demeure sans réponse vis-à-vis certains enjeux face à une récidive d’une autre épidémie mondiale. C’est mon avis, mais aussi celui de notre formidable animateur.

Le Printemps le Plus Long met en lumière de nombreux détails qui nous ont échappé ou qui ont été oubliés pendant ce printemps douloureux et marquant. Le tout s’avère fort intéressant. J’avais un naïf espoir que ce documentaire permette de mettre fin aux théories du complot sur la pandémie, mais le professionnalisme de Sébastien Trahan et de son équipe montre que le sujet est beaucoup trop complexe pour qu’on le catégorise comme étant seulement noir ou blanc. Ainsi, on soulève des manques de notre gouvernement face à un problème sans précédent. Ces erreurs dévoilées s’avèrent souvent très nuancées face à différentes difficultés encourues, comme le manque d’informations sur la maladie et la procédure à suivre. Le bilan demeure somme toute positif malgré les circonstances. Bien que du temps se soit écoulé depuis, je ressens toujours une certaine gêne à me remémorer ces moments difficiles de la COVID. Pourtant, je recommande son visionnement à tous.
Analyse
Points forts :
- Témoignages nombreux et variés, provenant de milieux très différents
- Traitement nuancé qui évite de réduire la pandémie à une opposition simpliste entre « bons » et « méchants »
- Éric Bruneau se révèle être un animateur efficace et empathique, capable de mettre ses interlocuteurs à l’aise
- Le documentaire remet en lumière plusieurs détails de la crise qui avaient été oubliés ou qui nous avaient échappé
Points faibles :
- Les entrevues manquent parfois de mordant et ne poussent pas suffisamment certains intervenants dans leurs retranchements
- Certains aspects de la crise restent difficiles à catégoriser ou à expliquer complètement, ce qui peut laisser le spectateur sur sa faim
Pour visionner la série, c’est ici.