CRITIQUE DE MANGA – TSUGAI: DAEMONS OF THE SHADOW REALM TOME 3

par | Août 27, 2026

Informations principales

Titre du manga : Tsugai: Daemons of the Shadow Realm

Éditeur : KUROKAWA

Distributeur : Interforum

Mangaka : Hiromu Arakawa

Genre : Shonen

Nombre de pages : 168

Prix : 14,95$

Date de sortie : 22 mars 2024

Quand les vérités commencent à se dévoiler
Bonjour à tous, ici Coffee&Keeps, fidèle au poste pour poursuivre notre aventure dans Tsugai – Daemons of the Shadow Realm avec ce troisième tome signé Hiromu Arakawa.

Après un premier tome qui m’avait complètement surpris en opposant le village traditionnel de Higashi à un monde moderne que Yuru ignorait totalement, le deuxième volume avait commencé à remettre en question tout ce que nous pensions savoir sur les différents clans, notamment avec les Kagemori et les véritables enjeux entourant Asa et Yuru.

Nous retrouvions alors Yuru dans sa quête pour comprendre ce qui était réellement arrivé à sa sœur et à leurs parents. Entre les retrouvailles avec Asa, les mystères entourant leur naissance et la découverte progressive des pouvoirs liés à la prophétie des jumeaux, l’histoire ne cessait de soulever de nouvelles questions.

Avec ce troisième tome, j’ai eu l’impression que plusieurs de ces mystères commençaient enfin à prendre forme. Le passé des jumeaux, leurs pouvoirs et les véritables enjeux entourant Yuru et Asa prennent davantage d’importance, tandis que les Kagemori continuent de démontrer qu’ils sont beaucoup plus complexes qu’ils ne le laissaient paraître.

Mais plus les réponses commencent à apparaître, plus j’ai l’impression que l’univers de Tsugai devient dangereux… et que Yuru est loin d’avoir terminé sa découverte de ce nouveau monde.

Entre révélations et nouveaux dangers
Alors que Yuru poursuit sa quête pour retrouver ses parents et comprendre les véritables circonstances entourant la séparation des jumeaux, de nouvelles révélations viennent progressivement éclaircir son passé. Son lien avec Asa devient également plus clair, alors que les deux commencent à reconstruire une relation qui leur avait été arrachée depuis leur enfance.

Pendant ce temps, Yuru découvre davantage la réalité qui entoure les Kagemori et les mystérieux pouvoirs liés à la prophétie des jumeaux. Entre le clan, les Daemons et ceux qui cherchent à s’emparer de ces pouvoirs, il devient de plus en plus difficile de savoir à qui faire confiance.

Alors que Yuru tente de trouver sa place dans ce nouveau monde, plusieurs nouveaux visages viennent également enrichir cette aventure, certains beaucoup plus mystérieux que d’autres. Et tandis que les réponses commencent enfin à apparaître, une chose devient de plus en plus évidente : les secrets entourant Yuru et Asa sont bien plus importants qu’ils ne l’imaginaient.

Quand les révélations commencent à s’enchaîner
Avec ce troisième tome, j’ai trouvé que l’histoire commençait véritablement à tirer profit de tout ce qui avait été mis en place dans les volumes précédents. Le flashback sur la séparation de Yuru et Asa permet enfin de mieux comprendre ce qui s’est passé avec leurs parents, tout en donnant davantage de contexte aux événements actuels.

J’ai particulièrement apprécié la façon dont le récit nous présente le développement du pouvoir de Délivrance d’Asa avant de revenir au présent et de nous révéler que Yuru sera associé au pouvoir opposé, Union. Cette révélation donne une nouvelle importance à la prophétie des jumeaux et permet surtout de mieux comprendre pourquoi Yuru est devenu une cible aussi importante.

Le tome prend également le temps de nous faire découvrir davantage les Kagemori. L’arrivée de Gonzô et de ses fils apporte plusieurs nouvelles personnalités, mais aussi une vision différente de ce conflit. J’ai trouvé intéressant de pouvoir observer leur quotidien autour d’un simple déjeuner, alors que derrière cette apparente normalité se cachent des pouvoirs, des clans et des enjeux qui dépassent largement Yuru.

J’ai aussi apprécié que le récit conserve son humour malgré la quantité de révélations. Les interactions entre Yuru et Asa, notamment autour des téléphones et du fameux « machin à signaux de feu », permettent de conserver cette légèreté qui caractérise certains moments de la série.

Enfin, le dernier développement m’a particulièrement accroché. Alors que Yuru et Dera semblent enfin pouvoir souffler un peu, l’apparition d’un nouvel ennemi dans un territoire que Dera lui-même ne semble pas reconnaître vient immédiatement relancer le mystère. J’ai terminé ce tome avec l’impression que les réponses commençaient enfin à arriver, mais qu’Arakawa trouvait toujours une nouvelle façon de me donner envie de poursuivre.

Des personnages qui commencent à s’affirmer
Yuru continue d’être l’un des personnages que je trouve les plus intéressants de cette série. Ce tome montre encore une fois son instinct de survie, mais j’ai surtout apprécié de voir sa méfiance envers les Kagemori persister malgré l’aide qu’ils lui apportent. Il ne se laisse pas simplement convaincre parce qu’ils semblent être de son côté et continue de chercher ce qu’ils pourraient bien lui cacher.

La relation entre Yuru et Asa m’a également beaucoup plu dans ce tome. Après avoir appris que leurs parents n’avaient jamais réellement voulu les abandonner, Yuru reçoit enfin une réponse qui lui permet de comprendre une partie de ce qui s’est passé. Le moment où Asa lui explique cela, puis lui donne un câlin avant son départ, apporte une belle conclusion émotionnelle à leurs retrouvailles. J’ai surtout aimé voir Yuru reconnaître pleinement Asa comme sa sœur jumelle.

Gonzô Kagemori est probablement le personnage qui m’a le plus intrigué dans ce tome. Son attitude envers les mercenaires capturés montre rapidement qu’il ne fonctionne pas simplement selon une logique de bien ou de mal. Il leur offre une nouvelle chance, mais cette générosité semble également venir avec certaines conditions. Sa décision de les engager tout en demandant ensuite à ses hommes de retrouver les responsables de l’attaque m’a donné l’impression d’avoir affaire à quelqu’un qui possède ses propres méthodes et une vision très particulière de la justice.

J’ai également apprécié les nouveaux membres de la famille Kagemori, notamment Hagure. Le fait que le prochain chef de la famille n’ait absolument aucun intérêt à prendre cette position et préfère poursuivre son rêve de devenir mangaka m’a bien fait sourire. C’est exactement le genre de détail qui permet de rendre cette famille beaucoup plus vivante.

Enfin, Dera continue de conserver cette position particulière auprès de Yuru. Il agit comme un protecteur et semble toujours avoir plusieurs coups d’avance, notamment lorsqu’il repère immédiatement les personnes qui les suivent. Mais comme Yuru, je demeure encore méfiant envers lui et envers tout ce qui entoure les Kagemori.

Famille et liens fraternels
L’un des thèmes qui m’a le plus marqué dans ce tome est celui de la famille. La séparation de Yuru et Asa permet enfin de comprendre que leurs parents n’avaient jamais réellement voulu les abandonner. Ils avaient tenté de partir avec leurs deux enfants, mais n’avaient réussi à emmener qu’Asa.

J’ai trouvé intéressant de voir cette révélation changer la perception de Yuru sur son propre passé. Il ne retrouve pas seulement une sœur qu’il avait perdue : il découvre aussi que certaines des blessures qu’il portait depuis son enfance reposaient sur une réalité différente de celle qu’il imaginait.

Le moment où Asa lui explique clairement que leurs parents ne l’avaient jamais abandonné m’a particulièrement touché. Son câlin avant le départ peut sembler très simple, surtout avec la réaction complètement décalée de Yuru qui compare la situation à une attaque d’ours, mais c’est justement ce mélange d’humour et d’émotion que j’ai apprécié.

Pour moi, c’est à ce moment que leur relation commence véritablement à prendre forme. Yuru reconnaît enfin Asa comme sa sœur jumelle, et cette reconnaissance donne beaucoup plus de poids à leur séparation passée.

Pouvoir et responsabilité
Le deuxième thème qui m’a particulièrement intéressé concerne la responsabilité liée au pouvoir. La discussion autour d’Union et de Délivrance apporte une perspective différente sur ce que signifie posséder un pouvoir aussi particulier.

Asuma défend l’idée que ceux qui possèdent ces capacités devraient pouvoir les utiliser comme ils le souhaitent, mais qu’ils devraient malgré tout être soumis à la supervision d’un organisme suffisamment puissant pour éviter qu’elles deviennent incontrôlables.

J’ai trouvé cette réflexion intéressante parce qu’elle ne présente pas simplement les pouvoirs des jumeaux comme quelque chose de positif ou de négatif. Le véritable problème devient plutôt celui de savoir qui devrait avoir le droit de décider de leur utilisation et jusqu’où cette responsabilité devrait aller.

Avec Asa qui possède Délivrance et Yuru qui semble destiné à posséder Union, cette question prend évidemment une importance particulière pour la suite. Ce qui m’intrigue surtout, c’est de voir si Yuru et Asa pourront réellement décider eux-mêmes de ce qu’ils veulent faire de leurs pouvoirs, ou si d’autres chercheront à décider à leur place.

Confiance et méfiance
Ce qui m’a particulièrement intéressé dans ce tome, c’est la difficulté qu’a Yuru à savoir à qui il peut réellement faire confiance. Même si les Kagemori l’accueillent, le protègent et lui proposent même de rester auprès d’eux, Yuru continue de sentir qu’ils cachent certaines choses.

J’ai aimé cette réaction chez lui, parce qu’il ne considère pas automatiquement les Kagemori comme des alliés simplement parce qu’ils l’aident. Il remarque leurs zones d’ombre et reste attentif à leurs véritables intentions.

Cette méfiance se retrouve également dans la façon dont le lecteur découvre progressivement les différents groupes. Après avoir considéré certains personnages comme des ennemis dans les tomes précédents, plusieurs d’entre eux deviennent plus nuancés. Même les mercenaires capturés ne sont finalement pas simplement éliminés : Gonzô choisit plutôt de les intégrer à son propre système.

Pour moi, ce tome continue donc à brouiller la frontière entre alliés et ennemis. Plus Yuru découvre ce nouveau monde, plus il devient difficile de savoir exactement à qui faire confiance.

Quand les jumeaux commencent enfin à trouver leur place
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce troisième tome, c’est la place accordée à la relation entre Yuru et Asa. Après avoir découvert les circonstances de leur séparation, j’ai trouvé particulièrement satisfaisant de voir Yuru enfin comprendre que ses parents n’avaient jamais voulu l’abandonner. Le moment où Asa lui explique la situation, puis lui donne ce fameux câlin qui lui fait penser à une attaque d’ours, m’a autant fait sourire qu’il m’a touché.

J’ai également beaucoup apprécié la découverte des Kagemori. Le simple déjeuner avec Gonzo et ses fils apporte un moment beaucoup plus calme après tout ce qui s’est produit, tout en permettant de découvrir davantage leur personnalité et leur fonctionnement. Hagure, avec son désintérêt pour son rôle de futur chef au profit de son rêve de mangaka, m’a particulièrement amusé.

Gonzo m’a toutefois laissé une impression beaucoup plus ambiguë. Sa manière de traiter les mercenaires capturés, de leur offrir une nouvelle chance tout en les plaçant sous son autorité, m’a donné l’impression qu’il possède une vision très particulière de la justice et du pouvoir. Je reste donc encore méfiant envers les Kagemori, tout comme Yuru.

Ce que j’ai surtout aimé, c’est que le tome continue d’élargir l’univers sans perdre les petits moments d’humour qui rendent la lecture agréable. Entre les « machins à signaux de feu », les interactions entre Yuru et Asa et les différents Daemons présentés, Arakawa réussit à garder une certaine légèreté malgré les enjeux qui deviennent de plus en plus importants.

Et puis, évidemment, le dernier événement m’a complètement laissé sur ma faim. Après avoir passé le tome à obtenir de nouvelles informations sur Yuru, Asa et les Kagemori, l’apparition de ce mystérieux Daemon dans le territoire de Dera vient immédiatement relancer mes interrogations.

Pour ma part, ce troisième tome continue donc de confirmer le potentiel de Tsugai. J’ai apprécié les révélations, le développement de Yuru et Asa ainsi que l’arrivée de nouveaux personnages, tout en ayant maintenant encore plus de questions qu’avant.

Une suite qui rapproche enfin les jumeaux, dévoile davantage les secrets de leur pouvoir et me donne encore plus envie de découvrir ce qui se cache derrière les mystères de Tsugai.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

9/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Développement de Yuru et Asa : Leur relation évolue de façon touchante, particulièrement avec la révélation concernant leurs parents
  • Développement des pouvoirs : Les révélations autour de Délivrance et d’Union donnent davantage d’importance à la prophétie des jumeaux
  • Découverte des Kagemori : Gonzô, Hagure et Asuma apportent de nouvelles personnalités et rendent le clan beaucoup plus intéressant
  • Équilibre entre humour et sérieux : Les moments entre Yuru et Asa apportent une légèreté agréable malgré les enjeux grandissants
  • Mystères toujours présents : Le tome apporte plusieurs réponses tout en continuant à soulever de nouvelles questions

Points faibles :

  • Beaucoup de nouvelles informations : Les révélations sur les jumeaux, les pouvoirs et les Kagemori peuvent parfois être difficiles à assimiler
  • Plusieurs personnages à découvrir : L’arrivée de nouveaux membres des Kagemori ajoute encore de nombreux visages à une histoire déjà chargée
  • Les mystères restent nombreux : Plusieurs questions importantes demeurent encore sans réponse après trois tomes
  • Développement inégal : Certains nouveaux personnages ou éléments sont introduits sans avoir encore beaucoup de temps pour être approfondis
  • Cliffhanger frustrant : La fin introduit un nouveau mystère au moment où certaines réponses commencent enfin à apparaître

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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CoffeeKeep

Jérémie Babin est chroniqueur au sein de l’équipe GpourGeek, où il partage avec passion ses critiques, découvertes et réflexions sur l’univers geek, les mangas, les jeux et la culture pop sous toutes ses formes. Il agit également comme intervieweur et personnalité publique pour CMGG, donnant la voix aux artistes, créateurs et fans rencontrés lors des événements geek à travers le Québec. Avec son ton authentique et son regard affûté, Coffee&Keeps vous invite à explorer les coulisses de vos passions favorites.

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