
Informations principales
Titre du roman : Upon a Starlit tide
Auteur : Kell Woods
Éditeur : 404 éditions
Distributeur : Interforum
Genre : Fantasy historique, dark fantasy, réécriture de conte, maritime/piraterie, romance
Nombre de pages : 570
Date de sortie : 24 octobre 2025
Prix : 39,95$
Une nouvelle plongée dans les contes revisités
Après avoir découvert Lost Boy et Alice, je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de poursuivre mon exploration de la collection « À travers le miroir ». Et cette fois, c’est un autre grand classique qui passe sous la plume de Kell Woods : Upon a Starlit Tide, une réécriture de La Petite Sirène… accompagnée, de manière plutôt surprenante, de plusieurs éléments de Cendrillon.
Je dois toutefois être honnête dès le départ : c’est probablement celui des trois romans qui m’a le moins accroché jusqu’à présent. Peut-être parce que La Petite Sirène est justement l’un des contes que je connais le moins, mais j’ai eu beaucoup plus de difficulté à faire les liens entre cette réécriture et l’œuvre originale. Cela ne signifie absolument pas que le roman est mauvais, bien au contraire ! Kell Woods démontre encore une fois qu’elle sait construire des univers riches et particulièrement travaillés. C’est simplement une histoire qui m’a moins rejoint personnellement.
Une histoire entre mer et terre
Ainsi, dans cette réécriture, nous suivons Luce, une jeune femme dont la vie est intimement liée à la mer et aux mystères qui l’entourent (étonnant, n’est-ce pas?). Alors que son destin se retrouve bouleversé par sa rencontre avec un homme venu du monde des humains, elle se retrouve entraînée dans une aventure où se mêlent pirates, créatures surnaturelles, secrets de famille, romance et magie. On reconnait bien là la petite sirène !
Mais Upon a Starlit Tide ne reprend pas simplement l’histoire de la petite sirène que nous connaissons. En effet, Kell Woods mélange plusieurs contes et les transpose dans un univers inspiré de la piraterie et de la fiction historique. Ici, Luce devra faire face à des choix difficiles, à des sentiments parfois contradictoires et à des dangers qui viennent autant du monde qui l’entoure que des personnes auxquelles elle accorde sa confiance. Et entre les mystères de la mer et un triangle amoureux que je n’avais certainement pas prévu d’autant apprécier, son aventure est loin d’être de tout repos !
Une plongée dans un monde de pirates
Pour être honnête, le début du roman était assez long avant que je réussisse réellement à embarquer dans l’histoire. J’ai d’ailleurs eu quelques difficultés à poursuivre ma lecture, particulièrement en raison de l’abondance de descriptions. L’univers est extrêmement détaillé et nous plonge complètement dans une époque où les pirates, les pêcheurs et les marins occupent une place importante.
Mais je dois aussi reconnaître que c’est très bien fait ! Kell Woods réussit à créer un monde qui semble presque réel, avec son vocabulaire, ses coutumes, ses bateaux et son ambiance maritime. On retrouve un mélange plutôt particulier entre fiction historique, piraterie et fantastique, auquel vient évidemment s’ajouter une bonne dose de romance.
Mais pour moi, c’est justement là que le bât blesse un peu. L’utilisation très fréquente de l’argot marin et les longues descriptions a parfois rendu ma lecture assez lourde. Quelques fois, j’avais l’impression de m’attarder tellement longtemps sur un lieu ou une situation que je perdais un peu le fil de l’histoire. Personnellement, je préfère l’intrigue, l’action et le suspense aux descriptions, même si elles permettent de mieux s’intégrer dans le récit.
Quand deux contes se rencontrent
Ce qui m’a également surprise, c’est que Upon a Starlit Tide ne se contente pas de revisiter La Petite Sirène. On retrouve également plusieurs éléments associés à Cendrillon.
Et même si j’adore ce deuxième conte, je dois avouer que je ne suis pas certaine d’avoir souhaité les retrouver ensemble. Personnellement, j’aime davantage lorsque les réécritures prennent un conte précis et construisent tout un nouvel univers autour de celui-ci. Ici, le mélange fonctionne, mais il m’a parfois empêchée de vraiment retrouver l’essence de La Petite Sirène que j’attendais.
Cela dit, je ne peux certainement pas reprocher à Kell Woods son imagination ! Sa réécriture est originale et elle réussit à mélanger ses différentes inspirations avec une impressionnante cohérence.
Une romance qui m’aura surprise
Et voilà probablement le plus gros paradoxe de ma lecture : c’est la romance qui m’a le plus donné envie de continuer.
Je ne suis pourtant vraiment pas une grande lectrice de romans d’amour. Mais le triangle amoureux présent dans l’histoire a réussi à piquer ma curiosité et à me garder en haleine beaucoup plus que certains éléments entourant Luce, notre fameuse « Ariel ».
Je ne vous en dirai évidemment pas davantage pour ne rien gâcher, mais disons simplement que je voulais savoir comment cette relation allait évoluer et qui finirait par prendre quelle place dans la vie de Luce.
Et pour réussir à me tenir davantage en haleine grâce à une romance qu’avec l’intrigue principale… il fallait quand même le faire !
Une réécriture résolument adulte
Il faut également préciser que ce roman ne s’adresse pas nécessairement à un jeune public. Même si l’histoire s’inspire de contes que nous connaissons depuis notre enfance, Kell Woods propose ici une version beaucoup plus adulte, avec des thèmes, des situations et une romance qui s’adressent clairement à un lectorat mature.
Certaines scènes sont plus explicites et certains sujets abordés sont loin de l’univers merveilleux et innocent auquel on pourrait associer La Petite Sirène ou Cendrillon. Cela contribue d’ailleurs à donner une dimension plus réaliste et parfois plus crue à cette réécriture.
Je pense donc qu’il vaut mieux savoir à quoi s’attendre avant de plonger dans cette aventure : on est définitivement dans une réinterprétation adulte du conte, et non dans une simple adaptation destinée aux plus jeunes.
Un univers riche et merveilleusement détaillé
Et même si le rythme m’a parfois semblé trop lent, je dois reconnaître une chose : Kell Woods sait définitivement écrire !
Les lieux sont magnifiquement décrits et donnent réellement l’impression de découvrir un monde vivant. Les personnages bénéficient du même traitement, avec des personnalités, des histoires familiales et des milieux sociaux suffisamment détaillés pour qu’on puisse comprendre leur place dans cet univers.
J’ai d’ailleurs bien apprécié les relations familiales et la richesse des protagonistes. Même les fameuses « belles-sœurs », que l’on associe généralement aux personnages que l’on adore détester dans Cendrillon, réussissent ici à nous montrer une facette beaucoup plus humaine.
Et c’est probablement l’une des choses que j’apprécie le plus dans les réécritures de contes : prendre un personnage que l’on croit déjà connaître et nous obliger à le regarder autrement.
Entre créatures, romance et piraterie
Aussi, même si je n’ai pas toujours été complètement captivée par le récit, il faut tout de même reconnaître qu’il se passe beaucoup de choses. Les créatures surnaturelles, les différents défis rencontrés par les personnages, les relations qui évoluent et les nombreux éléments de l’intrigue permettent de maintenir un certain intérêt.
La prévisibilité de certains événements ne m’a d’ailleurs pas particulièrement dérangée. Après tout, lorsqu’on décide de revisiter une histoire connue, certains éléments du conte original sont forcément reconnaissables. Pour moi, cela fait partie du plaisir de la réécriture plutôt que d’être un défaut.
Ce qui m’a davantage dérangée, c’est le rythme. Certaines scènes sont particulièrement longues et très descriptives, au point où j’aurais parfois aimé que l’histoire avance un peu plus rapidement.
Une réécriture qui ne m’a pas totalement conquise
Au final, je ressors de Upon a Starlit Tide avec un sentiment plutôt mitigé, mais certainement pas avec celui d’une déception.
Je suis contente d’avoir découvert cette histoire et je demeure convaincue que Kell Woods est une excellente écrivaine. Elle possède une véritable capacité à créer des univers détaillés, crédibles et fascinants, tout en mélangeant fiction historique, fantastique et romance avec beaucoup de talent.
C’est simplement que cet univers de piraterie et cette interprétation de La Petite Sirène m’ont moins rejoint que Lost Boy et Alice. Vous aurez bien compris que j’ai parfois eu de la difficulté à m’y plonger et certaines descriptions m’ont semblé trop longues, ce qui a rendu ma lecture plus laborieuse que je ne l’aurais souhaité.
Mais je ne regrette absolument pas ma lecture et je comprends parfaitement pourquoi ce roman pourrait plaire à plusieurs lecteurs. Si vous êtes particulièrement fans de La Petite Sirène, de piraterie ou de réécritures originales de contes classiques, je pense sincèrement que vous pourriez beaucoup plus embarquer dans cette aventure que moi.
Et maintenant que j’ai découvert trois des romans de cette collection, une chose est certaine : je ne compte certainement pas m’arrêter là ! Il m’en reste un dernier pour le moment qui a été traduit en français, alors je vous donne rendez-vous cette semaine pour ma critique. Et d’ici là, bonne lecture !
Merci à Interforum pour la copie de ce roman.
Pour vous le procurer, c’est ici.
Et pour mes autres critiques, c’est ici.
Analyse
Points forts :
- Une réécriture originale de La Petite Sirène qui ose prendre ses distances avec le conte original
- Un univers de piraterie riche, détaillé et immersif
- Un excellent mélange entre fiction historique, fantasy et romance
- Des personnages bien développés et attachants
- Des relations familiales particulièrement intéressantes
- Un triangle amoureux qui apporte du suspense et m’a gardée en haleine
- Des créatures et éléments surnaturels qui enrichissent l’univers
- Une belle plume qui rend les lieux et l’époque particulièrement vivants
Points faibles :
- Un début assez long avant de réellement entrer dans l’histoire
- Beaucoup de descriptions qui peuvent alourdir la lecture
- L’argot maritime et les nombreux termes liés à la piraterie peuvent parfois rendre certains passages plus difficiles à suivre
- Les liens avec La Petite Sirène peuvent être difficiles à reconnaître, surtout pour les lecteurs qui connaissent moins bien le conte
- Le mélange avec Cendrillon pourrait déplaire à ceux qui préfèrent des réécritures consacrées à un seul conte
- Certains passages auraient gagné à être plus courts et dynamiques