CRITIQUE DE MANGA – CALL OF THE NIGHT TOME 14

par | Août 23, 2026

Informations principales

Titre du manga : Call of the Night

Éditeur : Kurokawa

Distributeur : Interforum

Mangaka : Kotoyama

Genre : Shonen

Nombre de pages : 183

Prix : 13,95$

Date de sortie : 1 octobre 2025

Quand le jour rattrape la nuit
Bonjour à tous, ici Coffee&Keeps, et aujourd’hui, on replonge une fois de plus dans l’univers nocturne de Call of the Night avec son quatorzième tome. Écrit et illustré par Kotoyama, publié chez Kurokawa et disponible au Québec depuis le 1er octobre 2025, ce volume de 183 pages est proposé au prix de 13,95 $.

Après treize tomes à suivre Kô Yamori s’éloigner progressivement du monde qu’il connaissait pour découvrir, dans la nuit, une liberté qu’il ne parvenait pas à trouver durant ses journées, j’ai trouvé particulièrement intéressant de le voir confronté à cette vie qu’il avait autrefois cherché à fuir.

L’école, les anciens camarades, les souvenirs qu’il avait laissés derrière lui… tout ce qui appartenait autrefois au quotidien de Kô refait surface. Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est de constater à quel point il n’est plus le même garçon. La nuit lui a permis d’apprendre à faire ses propres choix et, surtout, de comprendre qu’il n’a plus besoin de porter les masques qu’il utilisait autrefois simplement pour traverser ses journées.

Et pendant que le jour tente de reprendre sa place dans sa vie, la nuit, elle, continue de lui murmurer ses propres mystères. Parce qu’avec Call of the Night, j’ai l’impression que retourner vers le passé ne signifie jamais vraiment laisser la nuit derrière soi.

Synopsis sans spoilers
Après les événements des derniers tomes, Kô Yamori se retrouve dans une situation pour le moins inhabituelle : retourner à l’école et participer à son tout premier voyage scolaire. Alors que son ancienne vie commence à refaire surface, Kô doit renouer avec des camarades qu’il avait autrefois pris l’habitude d’éviter, tout en constatant que le garçon qu’il était avant de découvrir la nuit n’existe plus vraiment.

Lorsqu’il apprend que le voyage scolaire aura lieu à Hokkaido, Kô se retrouve donc entraîné dans une aventure qui mélange son quotidien scolaire et le monde nocturne qu’il fréquente désormais. Entre anciennes connaissances, nouvelles interactions et quelques situations particulièrement embarrassantes, il découvre une facette de la vie qu’il avait autrefois complètement mise de côté.

Mais la nuit n’a pas cessé de l’attendre. Alors que Kô, Nazuna et leurs compagnons poursuivent leurs recherches autour de Kiku Hoshimi, de nouvelles pistes viennent s’ajouter aux mystères qui entourent le passé de Nazuna. Et plus ils cherchent à comprendre ce qui s’est réellement passé, plus certaines questions semblent difficiles à ignorer.

Cette fois, Kô part à la découverte d’Hokkaido… mais quelque chose me dit que la nuit pourrait bien l’y avoir précédé.

Quand le quotidien rencontre la nuit
Avec ce quatorzième tome, j’ai trouvé que Kotoyama prenait une direction qui pourrait sembler plus légère au premier regard. Après toute la tension accumulée autour de Kiku et de Mahiru, l’histoire ramène Kô dans un environnement beaucoup plus banal : celui de l’école. Pourtant, ce retour à la vie quotidienne fonctionne justement parce que Kô n’est plus le même garçon qu’au début de la série.

J’ai particulièrement apprécié cette façon de confronter Kô à son ancienne réalité. L’école représente tout ce qu’il cherchait autrefois à fuir : les interactions sociales, les groupes, les apparences et cette obligation constante de jouer un rôle pour être accepté. Mais maintenant, il revient dans cet environnement avec une toute autre mentalité. Il ne cherche plus simplement à disparaître dans le décor. Il sait ce qu’il veut, il a découvert la liberté de la nuit et, surtout, il possède maintenant une véritable raison d’avancer.

J’ai aussi apprécié le contraste entre ces deux mondes. Les scènes scolaires apportent une légèreté et un humour qui fonctionnent particulièrement bien, notamment à travers les réactions des autres élèves face aux relations de Kô et d’Asaï. En parallèle, les mystères autour de Kiku et de Nazuna continuent de se développer. J’ai trouvé intéressant de pouvoir passer d’une situation presque anodine à une question beaucoup plus importante concernant le monde des vampires sans avoir l’impression que la transition était forcée.

Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est que le voyage scolaire n’est finalement pas qu’un simple changement de décor. Il devient une occasion pour Kô de vivre une expérience qu’il n’aurait probablement jamais envisagée auparavant. Tandis que ses camarades découvrent Hokkaido comme une destination scolaire, Kô commence déjà à se demander si la nuit ne cache pas, elle aussi, quelque chose à découvrir dans ce nouvel environnement.

C’est justement cet équilibre que j’apprécie dans Call of the Night : une histoire capable de me faire sourire dans une scène, avant de me laisser avec une question beaucoup plus profonde quelques pages plus loin.

Kô Yamori : enfin libre d’être lui-même
S’il y a bien un personnage qui bénéficie énormément de la direction prise par ce tome, c’est Kô. Son retour à l’école permet à Kotoyama de nous montrer quelque chose que la série avait jusqu’ici surtout évoqué : qui était réellement Kô avant la nuit?

On découvre un garçon qui avait appris à se construire différents masques afin de pouvoir se fondre dans son environnement scolaire. Il savait comment agir, quoi dire et quelle personnalité adopter pour être accepté, mais tout cela n’était finalement qu’une façade. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est que Kô ne semble plus vouloir reprendre ces anciens rôles. Il retourne dans cette même école, mais avec une liberté qu’il n’avait absolument pas auparavant.

J’ai particulièrement apprécié le parallèle qui se crée avec Mahiru. En repensant à leur passé, Kô réalise que les deux garçons avaient beaucoup plus en commun qu’il ne le pensait. Lui imitait Mahiru, qui lui-même cherchait à imiter son grand frère. C’est une révélation assez simple en apparence, mais qui donne une profondeur supplémentaire à leur ancienne amitié.

Et puis, il y a Nazuna.

Même si leur relation n’est pas constamment au premier plan dans ce tome, certaines petites interactions montrent à quel point leur lien a évolué. Le moment où Kô lui avoue simplement qu’elle lui manquait m’a particulièrement fait sourire. On est loin du Kô qui cherchait uniquement à devenir vampire par amour pour Nazuna : leur relation me semble maintenant beaucoup plus naturelle, presque évidente.

Les personnages secondaires profitent également du contexte scolaire pour prendre davantage de place. Asaï, Sakura, Saki et Michiko permettent notamment de faire ressortir une facette beaucoup plus sociale de Kô, tandis que Mejiro et les autres vampires maintiennent le lien avec l’intrigue principale.

Au final, ce que j’ai surtout apprécié dans ce tome, c’est de voir les personnages commencer à comprendre qui ils étaient, qui ils sont devenus et, peut-être surtout, qui ils veulent réellement être.

Quand porter un masque devient une seconde nature
L’un des thèmes qui m’a le plus intéressé dans ce tome concerne l’identité et les différents masques que l’on peut porter pour réussir à s’intégrer. À son retour à l’école, Kô se retrouve confronté aux souvenirs de celui qu’il était autrefois : un élève qui avait appris à tisser différentes personnalités afin de passer inaperçu et de correspondre à ce que les autres attendaient de lui.

Mais cette fois, quelque chose a changé. Kô n’a plus besoin de jouer ce rôle. La nuit lui a permis de découvrir une liberté qu’il ne connaissait pas auparavant, celle d’être simplement lui-même, avec ses propres envies et un véritable objectif dans la vie.

Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la prise de conscience concernant Mahiru. En entendant d’anciens camarades parler de lui, Kô réalise qu’il partageait finalement beaucoup plus de choses avec son ancien ami qu’il ne le pensait. Il comprend surtout qu’il l’imitait, alors que Mahiru lui-même imitait son grand frère.

Cette réalisation donne une toute autre profondeur à leur relation. Deux garçons qui semblaient avoir des personnalités différentes se retrouvaient finalement derrière des masques construits pour répondre aux attentes de leur entourage. Et Kô, maintenant qu’il a commencé à se débarrasser du sien, est capable de regarder son passé avec beaucoup plus de recul.

Vivre éternellement, est-ce réellement vivre?
Le second thème qui m’a particulièrement interpellé est beaucoup plus existentiel. Lorsqu’elle se remémore certaines conversations avec Haru, Kabura rapporte une réflexion qui m’a véritablement fait arrêter ma lecture un instant : « Vivre, c’est mourir. »

La question qui suit est particulièrement intéressante : si les vampires peuvent vivre presque éternellement, peuvent-ils réellement être considérés comme des êtres vivants? Ils ressentent, pensent, désirent et entretiennent des relations, mais leur existence ne répond plus aux mêmes règles que celle des humains.

Ce questionnement prend encore plus de poids lorsqu’on considère le cas particulier de Nazuna. Si elle est réellement la seule vampire à être née naturellement, plutôt que d’avoir été transformée, alors sa simple existence représente déjà une anomalie dans cet univers.

J’ai trouvé intéressant que Call of the Night puisse encore soulever ce genre de question après quatorze tomes. Derrière les vampires, leurs pouvoirs et leur immortalité, Kotoyama nous ramène finalement à une interrogation beaucoup plus simple, mais difficile à répondre : qu’est-ce qui fait qu’un être est réellement vivant?

Et comme souvent avec cette série, la question semble avoir une réponse évidente… jusqu’à ce qu’on commence réellement à y réfléchir.

Quand Kô retrouve son ancienne vie
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce tome, c’est la manière dont Kotoyama utilise le retour de Kô à l’école pour nous montrer à quel point le personnage a changé. En le voyant retrouver ses anciens camarades, ses souvenirs et les différents rôles qu’il jouait autrefois, j’ai vraiment ressenti à quel point la nuit a transformé sa façon de voir le monde.

Kô n’est plus simplement ce garçon qui cherchait à fuir une vie qui l’ennuyait. Il a maintenant quelque chose qu’il n’avait pas auparavant : une véritable liberté d’être lui-même. J’ai trouvé intéressant de le voir retourner dans son ancienne réalité sans chercher à redevenir celui qu’il était.

J’ai également beaucoup apprécié les petits moments plus légers du voyage scolaire. Les réactions des autres élèves face à Kô, Asaï et leurs relations avec le groupe apportent une bonne dose d’humour et permettent au tome de respirer entre les différents mystères qui continuent de se développer. Le moment où Kô retrouve Nazuna et lui avoue simplement qu’elle lui manquait m’a d’ailleurs particulièrement plu. C’est une petite scène, mais elle montre bien l’évolution naturelle de leur relation.

Mais ce qui m’a probablement le plus intéressé reste la manière dont le tome continue d’ouvrir de nouvelles questions autour de Nazuna. Alors qu’on pourrait penser qu’après quatorze volumes, certains mystères commenceraient enfin à se refermer, Kotoyama fait presque l’inverse : une réponse semble apparaître et vient immédiatement créer une nouvelle interrogation.

Et puis il y a cette réflexion autour de la vie et de la mort. Je l’ai trouvée particulièrement intéressante, parce qu’elle dépasse le simple fonctionnement des vampires pour toucher directement à leur identité. Après quatorze tomes, Call of the Night continue donc de trouver de nouvelles façons de questionner ce que signifie réellement vivre.

Au final, j’ai apprécié ce tome pour sa capacité à ralentir après les événements précédents sans donner l’impression de faire du surplace. Il nous offre davantage de légèreté, de moments humains et de réflexion, tout en continuant à faire progresser les mystères qui entourent cet univers.

Kô est retourné dans le monde du jour… mais après avoir répondu à l’appel de la nuit, il n’est définitivement plus le même garçon.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

8,5/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Évolution de Kô : Son retour à l’école montre clairement le chemin parcouru depuis le début de la série
  • Parallèle Kô/Mahiru : La révélation sur les masques qu’ils portaient donne une profondeur intéressante à leur ancienne amitié
  • Mélange jour/nuit : Le contraste entre le voyage scolaire et le monde vampirique apporte beaucoup d’humour
  • Relation Kô/Nazuna : Leur relation devient plus naturelle et affectueuse, notamment lorsqu’il lui avoue qu’elle lui manquait
  • Mystères autour de Nazuna : Les nouvelles pistes concernant Kiku, Haru et la naissance de Nazuna continuent d’épaissir l’intrigue
  • Réflexion sur les vampires : La question de la vie, de la mort et de l’immortalité apporte une dimension existentielle intéressante

Points faibles :

  • Peu de réponses : Plusieurs mystères sont approfondis sans réellement apporter de réponses
  • Rythme dispersé : Les nombreux changements entre les différentes intrigues peuvent donner une impression de dispersion
  • Voyage scolaire : Une grande partie du tome se concentre sur la vie scolaire, ce qui peut ralentir l’intrigue principale
  • Trop de personnages : L’arrivée et le retour de nombreux personnages peuvent rendre certaines interactions moins développées
  • Pistes secondaires : Certains éléments sont introduits sans recevoir beaucoup de développement dans ce tome
  • Ruptures de ton : Les moments humoristiques peuvent parfois interrompre des passages plus sérieux ou mystérieux

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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CoffeeKeep

Jérémie Babin est chroniqueur au sein de l’équipe GpourGeek, où il partage avec passion ses critiques, découvertes et réflexions sur l’univers geek, les mangas, les jeux et la culture pop sous toutes ses formes. Il agit également comme intervieweur et personnalité publique pour CMGG, donnant la voix aux artistes, créateurs et fans rencontrés lors des événements geek à travers le Québec. Avec son ton authentique et son regard affûté, Coffee&Keeps vous invite à explorer les coulisses de vos passions favorites.

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