CRITIQUE DE ROMAN – ALICE – À TRAVERS LE MIROIR : UNE RÉÉCRITURE D’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

par | Août 20, 2026

Informations principales

Titre du roman : Alice – Une réécriture d’Alice au pays des merveilles

Auteur : Christina Henry

Éditeur : 404 Éditions

Distributeur : Interforum

Genre : Dark fantasy, horreur, réécriture de conte, thriller horrifique, fantasy adulte

Nombre de pages : 333

Date de sortie : 8 mai 2026

Prix : 37,95$

Une Alice bien différente de celle que je connaissais
Si vous me connaissez un peu, vous savez probablement déjà que j’ai un petit(gros) faible pour les contes réinventés, surtout lorsqu’on décide de les plonger dans quelque chose de beaucoup plus sombre. Eh oui! Je suis une grande fan des romans d’horreur et des contes de Grimm, avec une affection particulière pour Peter Pan, Alice au pays des merveilles et Hansel et Gretel. Alors forcément, dès qu’une nouvelle réécriture de l’un de ces classiques se présente à moi, ma curiosité est piquée ! C’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis lancée dans Alice – À travers le miroir, une réécriture beaucoup plus adulte et horrifique de l’univers imaginé par Lewis Carroll. Et je dois dire que cette version m’a rapidement rappelé les Contes interdits, ainsi que certains romans de Patrick Senécal, notamment par son côté cru, violent et profondément dérangeant…

Ainsi, l’histoire nous présente une Alice bien différente de la jeune fille curieuse que nous connaissons. Elle se retrouve enfermée dans un asile depuis plusieurs années, hantée par des souvenirs qu’elle ne parvient pas complètement à comprendre. Et lorsqu’un événement lui permet finalement de s’échapper, elle découvre un monde encore plus cauchemardesque que ce qu’elle aurait pu imaginer ! Accompagnée d’un homme aussi dangereux qu’énigmatique, elle devra alors affronter de nombreux dangers tout en tentant de comprendre ce qui lui est réellement arrivé. Et plus elle avance, plus la frontière entre ses souvenirs, ses cauchemars et la réalité devient floue…

Entre cauchemars et réalité
Je dois avouer qu’au début, je n’étais pas certaine d’embarquer complètement dans cette histoire de folie et d’asile. Je me demandais comment l’autrice allait parvenir à faire fonctionner cet aspect sans que le récit devienne simplement une succession de scènes étranges et difficiles à comprendre. Pourtant, plus j’avançais dans ma lecture, plus je me laissais prendre au jeu.

J’ai particulièrement apprécié le fait que nous ne découvrions pas immédiatement toute la vérité. Les événements du passé nous sont révélés progressivement, tandis que les souvenirs d’Alice refont surface par petites touches. On comprend certains éléments, puis de nouvelles questions apparaissent aussitôt. Est-ce réellement arrivé ? Est-ce un souvenir déformé ? Est-ce un cauchemar ? Ou quelque chose de beaucoup plus sinistre ?

Cette incertitude fonctionne particulièrement bien dans un récit d’horreur. Je me suis retrouvée à douter de ce que je lisais, tout comme Alice elle-même, et cette impression de ne jamais savoir exactement où se situe la réalité rend l’histoire encore plus oppressante !

Un univers qui n’épargne personne
Et oppressant est probablement aussi l’un des premiers mots qui me viennent en tête pour décrire l’ambiance du roman. Il y a constamment une menace quelque part. Nos protagonistes doivent survivre aux dangers qui les entourent, mais également à leurs propres traumatismes, leurs peurs et leurs démons.

Ici, on est très loin du Pays des Merveilles coloré et fantaisiste que l’on pourrait avoir en tête. Le monde de Christina Henry est violent, malsain, glauque et particulièrement cruel. Les personnages évoluent dans un environnement où le danger peut surgir à tout moment, et où la sécurité semble pratiquement inexistante.

Mais c’est justement ce qui m’a plu. Je suis une lectrice qui apprécie l’horreur lorsqu’elle ose aller suffisamment loin, et cette histoire ne cherche clairement pas à édulcorer ses thèmes. La violence est très présente, tout comme les meurtres, les agressions sexuelles et plusieurs situations extrêmement dérangeantes. Je préfère donc vous avertir immédiatement : ce roman ne conviendra certainement pas à tous les lecteurs !

Une Alice qui apprend à se relever
Au début, je dois bien l’avouer, Alice ne me plaisait pas particulièrement. Je la trouvais faible, très suiveuse et sans véritable objectif. Elle semblait davantage subir les événements qu’essayer de les contrôler, ce qui pouvait parfois être frustrant.

Mais, au final, son évolution m’a beaucoup plu !

Au fil des pages, Alice commence à comprendre ce qui lui est arrivé, à reprendre possession de son histoire et surtout à se découvrir elle-même. Elle passe progressivement d’une femme qui tente simplement de survivre à quelqu’un qui commence à faire ses propres choix.

Et j’ai aimé cette progression parce qu’elle ne se fait pas du jour au lendemain. Alice conserve ses blessures, ses peurs et ses incertitudes, mais elle apprend progressivement à avancer malgré celles-ci. C’est probablement l’un des aspects qui m’a le plus surprise dans son personnage.

Des personnages familiers… complètement transformés
Ce que j’adore dans les réécritures, c’est évidemment de reconnaître les petits éléments de l’œuvre originale. Et ici, Christina Henry s’en donne à cœur joie !

Les lapins, les gâteaux, le thé et plusieurs autres références apparaissent au fil du récit, parfois de manière évidente, parfois beaucoup plus subtile. J’ai vraiment aimé découvrir ces petits clins d’œil au fur et à mesure de ma lecture. On reconnaît progressivement certaines inspirations de Lewis Carroll, mais elles sont tellement transformées qu’elles réussissent à s’intégrer naturellement dans ce nouvel univers.

C’est exactement ce que j’attends d’une bonne réécriture : je veux reconnaître l’œuvre originale, mais je ne veux surtout pas avoir l’impression de simplement relire la même histoire !

Une relation qui apporte un peu d’humanité
Je dois toutefois le dire… j’ai eu quelques réserves concernant la relation entre Alice et Ash. Je n’étais pas particulièrement friande de cette dynamique, notamment parce que Ash semble beaucoup plus âgé qu’Alice et que certaines situations donnent parfois l’impression qu’il profite de sa vulnérabilité.

Cela dit, je comprends également pourquoi cette relation fonctionne dans le récit. Dans cet univers rempli de violence, de peur et de cruauté, leur complicité permet d’apporter quelques rares moments de douceur et d’humanité.

Et finalement, c’est peut-être justement ce contraste qui rend certains passages intéressants. Au milieu de tout cet enfer, ils représentent une forme de réconfort l’un pour l’autre, même si leur relation ne m’a pas toujours convaincue.

Une lecture qui ne manque pas d’action
Alors, malgré mes doutes du début, je dois dire que le récit a finalement réussi à me garder intéressée jusqu’à la fin. Il y a de l’action, du suspense, des révélations et surtout beaucoup de questions qui nous poussent à continuer.

Je me demandais constamment ce qui était réellement arrivé à Alice, ce qui se cachait derrière certains personnages et surtout jusqu’où cette histoire allait nous mener.

Certains éléments restent prévisibles, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier l’ensemble. Le rythme est d’ailleurs plutôt bien équilibré : on alterne entre les scènes d’action, les moments plus descriptifs, les révélations et les passages qui permettent de mieux comprendre les personnages.

Je n’ai jamais eu l’impression que le roman s’éternisait inutilement et j’ai trouvé que la longueur était parfaitement adaptée à l’histoire que l’on nous racontait.

Une réécriture qui assume son côté dérangeant
Finalement, j’ai bien aimé Alice – À travers le miroir. Ce n’est certainement pas une lecture que je conseillerais à tout le monde, particulièrement à cause de ses thèmes très crus et de sa violence, mais pour une lectrice comme moi qui apprécie les contes revisités dans une version beaucoup plus sombre, j’ai totalement trouvé mon compte !

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que l’autrice ne s’est pas contentée de reprendre les personnages d’Alice au pays des merveilles pour leur faire vivre exactement la même aventure. Elle a pris ces références familières et les a plongées dans un univers violent, cauchemardesque et complètement différent.

Et malgré mes réserves concernant certains aspects de l’histoire, j’ai suffisamment apprécié ma lecture pour avoir envie de poursuivre la collection. J’ai d’ailleurs déjà lu la réécriture de Peter Pan, et je compte bien découvrir les autres romans disponibles en français.

Alors, si vous aimez les réécritures de contes, mais que vous préférez les découvrir lorsqu’elles deviennent cruelles, sanglantes, dérangeantes et résolument adultes, cette version d’Alice pourrait certainement vous surprendre. Mais attention : ici, le Pays des Merveilles n’a absolument rien d’un joli rêve… et je vous conseille fortement de vous préparer à tomber dans un véritable cauchemar.

Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture et vous donne rendez-vous pour ma prochaine critique ! 

Merci à Interforum pour la copie de ce roman.

Pour vous le procurer, c’est ici.

Et pour mes autres critiques, c’est ici.

9,3/10
Queen Kate 💜

Analyse

Points forts :

  • Une réécriture très sombre et originale d’Alice au pays des merveilles
  • Une ambiance oppressante qui maintient constamment la tension
  • Une histoire qui mélange horreur, fantasy, mystère et suspense
  • Une Alice dont l’évolution devient particulièrement intéressante
  • Des références à l’œuvre originale intelligemment intégrées
  • Des personnages familiers complètement réinventés
  • Un récit qui entretient efficacement le doute entre cauchemar et réalité
  • Un bon équilibre entre action, descriptions et révélations
  • Des thèmes adultes assumés qui donnent une dimension beaucoup plus crue au récit
  • Une lecture qui donne envie de découvrir les autres réécritures de Christina Henry

Points faibles :

  • Une violence sexuelle très présente, qui pourrait être difficile pour certains lecteurs
  • La relation entre Alice et Ash peut mettre mal à l’aise
  • Quelques éléments de l’intrigue sont prévisibles
  • Certains lecteurs pourraient trouver la conclusion trop rapide
  • La réécriture s’éloigne énormément de l’œuvre originale, ce qui pourrait décevoir ceux qui recherchent une adaptation plus fidèle
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Queen Kate

Bonjour, je suis Queen Kate, critique passionnée de manga et d'anime. À travers mes analyses, je vous invite à explorer la richesse de ces univers captivants et à découvrir des oeuvres qui nourriront votre passion pour la culture japonaise. 💜

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