
Informations principales
Titre du jeu : Disgaea Mayhem
Développeur : Nippon Ichi Software
Éditeur : NIS America
Genre : Action, RPG
Plateformes : Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, PC
Testé sur : Nintendo Switch 2
Prix : 74,99$
Date de sortie : 23 juillet 2026
Nombre de joueurs : 1
En français : oui
Classement ESRB : T (Teen)
Depuis ses débuts, Disgaea s’est démarqué dans le paysage des RPG tactiques grâce à une formule qui ne fait jamais vraiment dans la demi-mesure. Personnages complètement déjantés, possibilités de personnalisation presque sans limites et chiffres de dégâts qui peuvent rapidement devenir ridicules : la série de Nippon Ichi Software a toujours su développer une identité bien à elle.
Avec Disgaea Mayhem, le studio prend toutefois une direction pour le moins surprenante. Exit les affrontements tactiques au tour par tour : ce spin-off mise plutôt sur des combats en temps réel inspirés des jeux de type musou. Un changement majeur qui modifie complètement le rythme des parties, même si plusieurs éléments familiers de la franchise demeurent présents.
Cette nouvelle approche donne un résultat assez particulier. Mayhem ne se contente pas de reprendre la recette habituelle avec une nouvelle histoire; il cherche réellement à proposer quelque chose de différent. Le pari fonctionne sur certains aspects, alors que d’autres choix montrent rapidement leurs limites.
Un Disgaea qui change complètement de formule
L’aventure nous présente N.A., un mercenaire au tempérament plutôt direct, ainsi que Tichelle, une princesse énergique qui vient d’hériter du trône du Netherworld de Super Duper. Dans ce royaume pour le moins extravagant, les habitants vouent notamment un véritable culte au flan.
À la suite de la mort de son père, Tichelle doit faire face à une rébellion. Elle engage donc N.A. afin de rétablir l’ordre et de mettre fin au soulèvement. L’histoire sert principalement de fil conducteur à l’aventure, avec son lot de situations absurdes et de personnages hauts en couleur.
Le véritable bouleversement se trouve toutefois du côté du gameplay. N.A. est directement contrôlé par le joueur et peut se déplacer librement sur les différents champs de bataille. Les affrontements reposent désormais sur les attaques normales, les combos, les esquives, les blocages et les capacités spéciales.
Cette orientation permet de retrouver une sensation de puissance qui correspond assez bien à l’ADN de Disgaea. Voir N.A. traverser une foule d’ennemis en quelques secondes avec des attaques dévastatrices procure un certain plaisir, particulièrement lorsque les capacités spéciales entrent en jeu.
Les différentes catégories d’armes permettent également d’adapter son approche. On retrouve ainsi une certaine liberté dans la façon de construire son personnage, même si elle demeure moins importante que dans les épisodes principaux. Sur Nintendo Switch 2, le jeu profite en plus d’une bonne fluidité en mode Performance, avec une cible de 60 images par seconde qui convient parfaitement à l’action rapide proposée.


Un système de combat efficace, mais qui manque de variété
La prise en main constitue probablement l’un des points les plus réussis de cette nouvelle formule. Les commandes sont simples à comprendre et les déplacements répondent correctement. Il ne faut que quelques minutes pour maîtriser les principales actions de N.A.
Le problème apparaît plutôt lorsqu’on cherche à approfondir le système. Les ennemis ordinaires sont surtout là pour être éliminés rapidement. Ils attaquent de manière assez prévisible et offrent rarement une opposition suffisamment intéressante pour forcer le joueur à revoir sa stratégie.
Les combats contre les boss apportent heureusement davantage de substance. Leur résistance supérieure et leurs attaques plus élaborées obligent à mieux gérer ses déplacements et à utiliser les différentes possibilités offertes par N.A.
Les compagnons constituent également une mécanique intéressante. Il est possible de recruter différents monstres, de les renforcer et de sélectionner celui qui accompagnera N.A. durant les missions. Cette présence ajoute une petite dimension de personnalisation à l’action.
Le Magichange est probablement l’élément le plus amusant de ce système. Comme dans les jeux principaux, un monstre peut être transformé temporairement en arme afin de donner accès à des attaques particulières. Cette mécanique rappelle immédiatement les origines de la franchise et apporte une dose de folie bienvenue aux affrontements.
On regrette toutefois l’impossibilité de prendre directement le contrôle de ces créatures. Pouvoir alterner entre N.A. et son partenaire aurait donné davantage de possibilités pendant les combats. Les cartes elles-mêmes sont également assez simples. Certaines zones sont vastes, mais elles servent principalement à faire progresser le joueur d’un affrontement au suivant. L’exploration ne constitue donc pas vraiment un élément central de l’expérience.



L’ADN de Disgaea reste bien présent
Malgré son orientation différente, Mayhem conserve plusieurs systèmes qui devraient immédiatement parler aux habitués de la franchise. L’Item World permet notamment de continuer à améliorer ses équipements et d’aller beaucoup plus loin dans l’optimisation. La Dark Assembly est également de retour, permettant de voter pour différentes propositions pouvant modifier certains paramètres de l’aventure.
Le jeu reprend aussi cette philosophie qui consiste à laisser le joueur modifier une multitude de règles. Les gains d’expérience, les récompenses ou encore la puissance des adversaires peuvent être ajustés afin de créer une progression qui correspond à ses préférences. C’est une excellente façon de rappeler que, malgré son système de combat différent, Mayhem reste profondément lié à Disgaea.
La personnalisation des monstres vient compléter cet ensemble. Recruter une créature, la renforcer et l’intégrer à son style de jeu procure une satisfaction supplémentaire, surtout pour les joueurs qui aiment passer du temps dans les menus afin d’optimiser leurs personnages. Le principal problème vient plutôt de la place occupée par ces mécaniques dans une aventure relativement courte.
La campagne principale tourne autour de cinq heures, ce qui est particulièrement modeste pour un jeu portant le nom de Disgaea. Les missions sont elles-mêmes assez brèves et le contenu complémentaire ne suffit pas toujours à donner une véritable raison de poursuivre l’aventure une fois l’histoire terminée.
Le scénario ne cherche d’ailleurs pas à compenser cette brièveté. N.A. et Tichelle sont sympathiques, mais leurs personnalités restent assez classiques pour la franchise. Les personnages secondaires manquent davantage de développement et plusieurs d’entre eux ne font qu’une apparition ponctuelle.
L’humour conserve le ton habituel de Disgaea, avec une forte dose d’absurde. L’omniprésence du flan est amusante au départ, mais le gag finit par perdre un peu de son efficacité à force d’être utilisé.

Une expérience sympathique, mais difficile à considérer comme un épisode majeur
Disgaea Mayhem est avant tout une expérience destinée à ceux qui souhaitent voir jusqu’où la franchise peut aller lorsqu’elle abandonne ses fondations traditionnelles. Le pari n’est pas complètement raté. Le contrôle direct de N.A. fonctionne, les affrontements sont faciles à prendre en main et les systèmes de progression permettent de retrouver une partie du plaisir associé à la série.
Cependant, le changement de genre s’accompagne d’une simplification importante. Le joueur dispose de moins d’options tactiques et les affrontements ne parviennent pas toujours à exploiter les possibilités offertes par les différents équipements et compagnons. La structure de l’aventure contribue également à cette impression de simplicité. Les cartes offrent peu de raisons de s’attarder et le contenu narratif demeure assez léger.
La courte campagne constitue finalement le plus gros obstacle à l’expérience. Les joueurs qui apprécient les systèmes d’optimisation pourront continuer à expérimenter après avoir terminé l’histoire, mais ceux qui recherchent une aventure plus substantielle risquent de rester sur leur faim.
Disgaea Mayhem demeure donc une curiosité intéressante dans l’univers de la franchise. Il démontre que la série peut fonctionner dans un contexte différent, mais il ne possède pas encore les arguments nécessaires pour remplacer les épisodes principaux.


Ce qu’il faut retenir
Disgaea Mayhem propose une réinterprétation audacieuse de la franchise en remplaçant les combats tactiques par une formule d’action en temps réel. La prise en main est efficace, le jeu est généralement fluide sur Nintendo Switch 2 et plusieurs mécaniques emblématiques, comme l’Item World, la »Dark Assembly ». le recrutement des monstres et le »Magichange », ont été conservées.
Malgré cela, cette nouvelle approche demeure moins riche que le système stratégique traditionnel. Les combats manquent de possibilités, les environnements sont peu propices à l’exploration et la campagne principale se termine rapidement.
Mayhem reste donc une expérience sympathique pour les curieux et les amateurs de Disgaea qui souhaitent découvrir une formule différente. Pour ceux qui recherchent toute la profondeur et la démesure des épisodes principaux, l’expérience risque toutefois de sembler bien légère.
Analyse
Points forts :
- Formule d’action originale pour la série
- Prise en main simple et efficace
- Bonne fluidité sur Nintendo Switch 2
- Plusieurs types d’armes disponibles
- Système de recrutement des monstres
- Magichange amusant
- Item World et Dark Assembly de retour
- Nombreuses possibilités d’optimisation
Points faibles :
- Profondeur tactique limitée
- Variété des affrontements insuffisante
- Ennemis ordinaires peu menaçants
- Exploration peu développée
- Environnements assez simples
- Scénario léger
- Personnages secondaires peu exploités
- Campagne principale très courte
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