
Informations principales
Titre de la série : Resident Evil
Studio / Production : Constantin Film, Netflix, Capcom
Genre : Horreur, action, science-fiction, zombies, apocalypse
Nombre de saisons : 1
Nombre d’épisodes : 8
Durée moyenne par épisode : Environ 50 à 60 minutes
Plateforme / Streaming : Netflix
Date de sortie : 15 juillet 2022
Adapter Resident Evil n’a jamais été une tâche facile. Depuis plus de 25 ans, la franchise de Capcom s’est imposée comme une référence du jeu vidéo d’horreur grâce à son mélange de survie, d’action, de mystère et de créatures cauchemardesques. Pourtant, malgré plusieurs films, des séries animées et maintenant une série en prises de vues réelles produite par Netflix, peu d’adaptations ont réussi à faire l’unanimité auprès des amateurs de la licence.
Lancée en 2022, cette nouvelle série tente une approche différente. Plutôt que de reprendre directement les événements des jeux, elle imagine une histoire originale se déroulant après ceux-ci tout en intégrant plusieurs personnages et éléments connus de l’univers. L’idée était intéressante sur papier : raconter une nouvelle histoire tout en respectant la chronologie officielle. Malheureusement, entre une narration inégale, des personnages qui peinent à convaincre et un ton parfois contradictoire, le résultat laisse un goût amer.
Cela ne signifie pas pour autant que tout est à jeter. Derrière les critiques parfois très sévères se cache une série qui possède plusieurs qualités et qui propose quelques idées intéressantes. Reste à savoir si elles suffisent pour satisfaire les amateurs de Resident Evil.
Une histoire qui jongle avec deux époques
La série alterne constamment entre deux périodes.
En 2022, les jumelles Jade et Billie Wesker s’installent à New Raccoon City avec leur père, Albert Wesker. Cette nouvelle ville ultramoderne a été construite par Umbrella après la destruction de Raccoon City et se présente comme un véritable modèle de perfection. Rapidement, les deux adolescentes découvrent que leur père cache de nombreux secrets et qu’Umbrella poursuit encore des expériences particulièrement dangereuses.
En parallèle, l’histoire nous transporte en 2036. Le monde a pratiquement été détruit après une nouvelle propagation du virus T. Jade tente de survivre dans une planète envahie par les créatures infectées tout en poursuivant ses recherches afin de comprendre le comportement des monstres et, peut-être, trouver une solution.
L’idée de raconter deux histoires simultanément fonctionne plutôt bien au départ. Chaque épisode répond progressivement à certaines questions tout en créant de nouveaux mystères. On comprend rapidement que les événements de 2022 mèneront directement à l’effondrement de la civilisation.
Le problème est que cette construction finit par nuire au rythme. Les allers-retours constants cassent souvent la tension. Lorsqu’une scène devient enfin captivante, la série change immédiatement d’époque, ce qui brise l’élan dramatique. À plusieurs reprises, on a davantage l’impression de regarder deux séries différentes qu’une seule histoire parfaitement maîtrisée.



Des personnages inégaux malgré un Albert Wesker surprenant
Le principal atout de la série demeure sans aucun doute Albert Wesker.
Interprété par Lance Reddick, le célèbre antagoniste de la franchise bénéficie ici d’une réinterprétation complète. Loin du scientifique froid et manipulateur des jeux vidéo, cette version apparaît d’abord comme un père protecteur, calme et réservé. Plus les épisodes avancent, plus le personnage dévoile différentes facettes qui expliquent plusieurs incohérences apparentes.
Même si cette nouvelle version divise les fans, Lance Reddick livre une performance solide. Son charisme permet à plusieurs scènes de prendre une ampleur qu’elles n’auraient probablement pas eue avec un autre acteur. Il réussit à rendre crédible un personnage complexe qui oscille constamment entre l’affection familiale et les secrets d’Umbrella.
Les deux héroïnes offrent toutefois une prestation plus inégale. Jade est présentée comme une scientifique brillante, déterminée à comprendre les créatures infectées malgré les risques. Son évolution possède quelques moments intéressants, mais certaines de ses décisions semblent difficiles à justifier, surtout dans un univers où chaque erreur peut coûter la vie.
Billie représente davantage le côté émotionnel de la série. Son parcours est probablement l’un des plus importants de l’histoire, mais plusieurs développements arrivent trop rapidement, ce qui réduit leur impact.
Le reste de la distribution remplit correctement son rôle sans réellement laisser une impression durable. Peu de personnages secondaires réussissent à marquer les esprits, ce qui limite parfois l’attachement émotionnel.

Une adaptation qui prend énormément de libertés
C’est probablement le point qui a le plus fait réagir les amateurs de Resident Evil.
Netflix affirmait que la série se déroulait dans la continuité des jeux vidéo. En théorie, les événements principaux des premiers jeux auraient donc bien eu lieu avant le début de la série. Pourtant, dans les faits, cette continuité devient difficile à croire.
Les personnages emblématiques comme Chris Redfield, Jill Valentine, Leon S. Kennedy ou Claire Redfield sont presque totalement absents. La série préfère raconter une histoire centrée sur une nouvelle génération de protagonistes plutôt que de développer les héros que les joueurs connaissent depuis des décennies.
En revanche, plusieurs références aux jeux sont bien présentes. On retrouve Umbrella, le virus T, différents laboratoires secrets, des Lickers, des Cerberus, des araignées géantes ainsi que d’autres créatures emblématiques. Certaines scènes reprennent même directement l’esthétique de certains jeux.
Le problème est que ces références donnent souvent l’impression d’avoir été ajoutées pour rappeler la licence plutôt que pour servir véritablement le récit. Les fans reconnaîtront plusieurs clins d’œil, mais ils risquent aussi de constater que l’esprit général de Resident Evil est parfois mis de côté.
L’horreur psychologique, l’exploration et le sentiment constant d’isolement qui caractérisent les meilleurs jeux sont remplacés par une approche davantage orientée vers le drame familial et la science-fiction post-apocalyptique.

Une réalisation efficace, mais parfois inégale
Visuellement, Resident Evil offre une production généralement solide. Les décors de New Raccoon City proposent une vision moderne et clinique qui contraste efficacement avec le chaos observé en 2036. Les environnements post-apocalyptiques sont crédibles et donnent parfois l’impression de retrouver certaines ambiances des jeux les plus récents.
Les effets visuels sont également variables. Certaines créatures sont particulièrement réussies, notamment les Lickers et plusieurs monstres issus des laboratoires d’Umbrella. Les maquillages et les effets pratiques contribuent aussi à renforcer plusieurs scènes.
En revanche, certains effets numériques paraissent moins convaincants. Quelques séquences d’action souffrent d’un manque de réalisme, particulièrement lorsque plusieurs créatures apparaissent simultanément à l’écran.
La mise en scène alterne efficacement entre les moments plus calmes et les scènes de tension, mais elle tombe parfois dans des clichés propres aux productions de zombies modernes. Certaines séquences deviennent prévisibles alors qu’elles auraient pu miser davantage sur le suspense.



Une série qui ne sait pas toujours quel public viser
L’un des plus grands défauts de Resident Evil réside dans son identité. Par moments, la série cherche clairement à séduire les amateurs des jeux vidéo en multipliant les références à la franchise. Quelques minutes plus tard, elle adopte un ton beaucoup plus proche d’un drame pour adolescents, avant de basculer vers une série de science-fiction post-apocalyptique.
Cette alternance constante empêche souvent la série de développer une véritable personnalité. Les épisodes les plus réussis sont ceux qui assument pleinement leur côté horrifique. Lorsque les créatures deviennent la principale menace et que les personnages doivent simplement survivre, Resident Evil retrouve enfin une partie de ce qui fait le succès des jeux.
Malheureusement, ces moments restent trop rares. Plusieurs intrigues secondaires ralentissent inutilement le récit. Certains dialogues paraissent artificiels et plusieurs conflits familiaux occupent beaucoup de place alors que les spectateurs souhaitent surtout découvrir davantage l’univers d’Umbrella.


Une annulation qui ne surprend finalement pas
Malgré une forte curiosité lors de sa sortie, Resident Evil n’a jamais réussi à maintenir l’intérêt du public.
Les critiques professionnelles étaient partagées et les réactions des amateurs de la franchise se sont révélées encore plus sévères. Beaucoup reprochaient justement l’éloignement important avec l’identité des jeux vidéo.
Après une seule saison composée de huit épisodes, Netflix a donc choisi de mettre fin à l’aventure.
Cette décision laisse plusieurs questions sans réponse et plusieurs intrigues ouvertes, ce qui donne l’impression que l’histoire était pensée pour durer plusieurs saisons.
C’est probablement ce qui est le plus frustrant. La série commençait enfin à développer certains éléments intéressants dans ses derniers épisodes, mais elle n’aura jamais l’occasion d’aller au bout de ses idées.

Ce qu’il faut retenir
Resident Evil version Netflix n’est pas une catastrophe, mais elle n’est pas non plus l’adaptation que les amateurs de la franchise espéraient depuis des années. La série possède de bonnes idées, quelques séquences efficaces et une excellente interprétation de Lance Reddick, mais elle peine à trouver un équilibre entre le respect du matériel d’origine et sa volonté de raconter une histoire totalement nouvelle.
Les spectateurs qui découvriront Resident Evil sans connaître les jeux pourraient apprécier cette approche plus moderne, centrée sur les relations familiales et un monde post-apocalyptique. En revanche, les vétérans de la série risquent d’être déçus par l’absence de plusieurs personnages emblématiques et par les nombreuses libertés prises avec l’univers de Capcom.
Au final, cette unique saison demeure une curiosité intéressante plutôt qu’une adaptation incontournable. Elle montre qu’il est possible d’explorer de nouvelles histoires dans l’univers de Resident Evil, mais rappelle aussi que l’identité de cette franchise repose avant tout sur son atmosphère, son suspense et ses personnages iconiques.
Analyse
Points forts :
- Une excellente performance de Lance Reddick dans le rôle d’Albert Wesker.
- Quelques créatures fidèles aux jeux vidéo.
- Une production visuellement soignée.
- Certaines scènes de tension fonctionnent très bien.
- Plusieurs références appréciables pour les fans de la franchise.
Points faibles :
- Beaucoup trop d’écarts avec l’univers des jeux.
- Une narration qui perd souvent son rythme.
- Des personnages principaux inégaux.
- Un ton qui hésite constamment entre plusieurs styles.
- Une fin ouverte qui restera sans véritable conclusion.