
Informations principales
Titre du jeu : Metal Maxc Xeno Reborn
Développeur : 24Frame, Inc.
Éditeur : PQube
Genre : JRPG, action-RPG, aventure, monde ouvert
Plateformes : Nintendo Switch, PlayStation 4, PlayStation 5 , PC
Testé sur : PlayStation 5
Prix : 53,19$
Date de sortie : 10 juin 2022
Nombre de joueurs : Solo et multijoueur
En français : Non
Classement ESRB : T
Lorsqu’un jeu revient avec le sous-titre « Reborn », le message est assez clair : quelque chose devait être corrigé. Dans le cas de Metal Max Xeno, cette nouvelle version avait donc une tâche importante. Le jeu original possédait de bonnes idées, mais plusieurs éléments l’empêchaient de réellement se démarquer.
Metal Max Xeno Reborn tente de corriger le tir avec une nouvelle approche du combat, une exploration repensée et plusieurs améliorations de gameplay. Le résultat est une expérience plus intéressante que son prédécesseur, mais qui conserve malheureusement certains de ses problèmes les plus importants.
Après avoir passé plusieurs heures à parcourir les ruines de Tokyo, à améliorer des chars remplis d’armes et à combattre des machines gigantesques avec jusqu’aux dents, mon impression demeure assez partagée. Metal Max possède une véritable personnalité, mais il ne réussit jamais à exploiter complètement son potentiel.
Un monde post-apocalyptique qui manque de profondeur
L’histoire se déroule dans un futur où les machines ont presque entièrement détruit l’humanité. Dans les ruines de Dystokio, les derniers survivants tentent de rester en vie alors que les systèmes automatisés qui contrôlent le monde continuent de considérer les humains comme une menace à éliminer.
On y incarne Talis, un homme mystérieux possédant notamment une main mécanique. Après son réveil, il se retrouve rapidement impliqué dans une lutte contre Noah, un système dont la mission est d’éliminer les derniers humains.
Son objectif principal est relativement simple : renforcer son arsenal, explorer les ruines et éventuellement affronter Catastropus, une imposante machine qui représente l’une des principales menaces de ce monde.
Le concept possède beaucoup de potentiel. Une humanité presque disparue, des machines qui dominent la planète et les vestiges d’une civilisation détruite offrent une excellente base pour un JRPG post-apocalyptique. Malheureusement, le scénario ne va jamais suffisamment loin.
La majorité de l’aventure consiste à se rendre dans de nouvelles zones, trouver de meilleurs équipements et devenir assez puissant pour affronter les ennemis suivants. Les personnages rencontrés en chemin offrent quelques informations sur l’univers, mais plusieurs d’entre eux manquent de développement.
Le résultat est une histoire qui donne parfois l’impression d’être simplement là pour justifier l’exploration et la recherche de nouveaux équipements. Il adopte une structure très ouverte, qui rappelle davantage un bac à sable qu’un JRPG traditionnel fortement axé sur la narration. Cette approche peut fonctionner, mais elle exige un monde suffisamment riche pour donner envie d’explorer chaque recoin. Et c’est malheureusement là que le jeu montre ses limites.


Une exploration qui laisse parfois un sentiment de vide
Les ennemis sont visibles directement dans l’environnement et se déplacent librement dans les différentes zones. Lorsqu’ils vous repèrent, une jauge commence à se remplir et le combat débute directement sur place. Il n’y a pas de transition vers une arène distincte. Les ennemis présents dans le monde peuvent également se joindre à un affrontement déjà commencé.
Cette approche fonctionne bien avec l’idée d’un monde dangereux. Les machines que l’on voit dans les environs font réellement partie de l’environnement plutôt que de simplement apparaître comme des rencontres aléatoires. Il est également possible d’attaquer certains ennemis avant le début d’un combat. Si votre attaque suffit à les détruire, vous évitez l’affrontement. Dans le cas contraire, la bataille commence immédiatement.
Cette possibilité devient particulièrement utile au début de l’aventure, alors que votre équipement est encore limité. Certains ennemis peuvent être beaucoup trop puissants pour votre groupe et il est souvent préférable de les éviter plutôt que de gaspiller ses ressources.
L’exploration possède donc une certaine liberté. Vous pouvez choisir votre chemin, prendre des risques et décider des combats que vous souhaitez réellement mener. Mais les zones restent souvent assez vides. Il y a beaucoup d’espace à parcourir, sans toujours avoir suffisamment de contenu intéressant pour récompenser cette exploration.

Des combats plus dynamiques
Le système de combat a été revu. Cette nouvelle version délaisse le tour par tour traditionnel pour une approche basée sur le temps actif. Les personnages doivent attendre avant d’agir, mais peuvent se déplacer pendant ce temps afin de prendre leurs distances ou de se repositionner face aux ennemis.
L’impact exact de ces déplacements n’est toutefois pas toujours très clair. Certaines armes semblent profiter de la distance, mais le jeu n’explique pas suffisamment les différentes mécaniques qui entrent en jeu. Dans les faits, la mobilité sert surtout à éviter les situations dangereuses et à gagner du temps contre les machines les plus puissantes.
Les ennemis volants demandent également une certaine préparation, puisqu’il faut parfois adapter son équipement pour pouvoir les atteindre efficacement. Le système n’est pas toujours parfaitement maîtrisé, mais il apporte une approche plus active aux affrontements et s’accorde bien avec l’identité plus libre de la série.


Les chars sont la véritable force du jeu
C’est toutefois dans la personnalisation des véhicules que l’expérience trouve son meilleur argument. Chaque char peut être équipé de plusieurs armes et composants, avec des limites de poids et de résistance à prendre en considération. Les armes les plus puissantes sont généralement plus lourdes, tandis que certains éléments peuvent être endommagés ou détruits pendant les combats.
Il faut donc réfléchir à la configuration de chaque véhicule avant de partir affronter un adversaire important. Miser sur la puissance de feu, privilégier une configuration plus légère ou diversifier son arsenal : chaque choix peut avoir une influence sur le déroulement d’un affrontement.
Cette préparation est particulièrement satisfaisante. Modifier son véhicule, tester une nouvelle configuration et finalement réussir à vaincre un ennemi qui posait problème procure une réelle sensation de progression. La personnalisation des personnages est beaucoup moins développée en comparaison. Les options disponibles sont correctes, mais elles n’offrent pas la même profondeur que celles proposées pour les chars. Ce sont donc clairement les véhicules qui deviennent le cœur de l’expérience.

Pochi est un bon garçon
Parmi les éléments qui donnent le plus de personnalité à l’aventure, il faut évidemment parler de Pochi. Le célèbre shiba inu de la série Metal Max peut rejoindre le groupe et participer aux combats. Il possède ses propres compétences, un arbre de progression et peut même être équipé d’armes. Oui, il est possible d’envoyer un adorable chien affronter des machines de plusieurs tonnes.
Et c’est probablement l’une des meilleures idées de cette production. Pochi apporte une dose d’humour bienvenue à un univers particulièrement sombre. Alors que l’humanité est presque entièrement détruite et que les machines dominent les ruines de Tokyo, il est possible de retourner à la base pour s’occuper de son compagnon, améliorer ses capacités et le préparer pour de nouveaux combats.
Ce contraste fonctionne étonnamment bien. Pochi ne se contrôle pas exactement comme les autres membres du groupe, mais il possède ses propres capacités et participe activement aux affrontements. Dans une aventure où plusieurs personnages humains manquent malheureusement de profondeur, le chien devient rapidement l’un des membres les plus attachants de l’équipe. Et honnêtement, il est difficile de ne pas apprécier un shiba inu avec une arme sur le dos.

Un chaos visuel qui a son charme
Visuellement, le titre n’est pas particulièrement impressionnant sur le plan technique. Son esthétique anime commence à accuser son âge, les environnements peuvent sembler vides et les animations restent limitées. La direction artistique possède toutefois une certaine personnalité, notamment grâce aux ennemis. Certaines machines ressemblent à des véhicules militaires transformés en monstres, alors que d’autres affichent des designs complètement absurdes. Des ennemis volants équipés de bombes et d’imposantes machines aux formes improbables donnent à l’univers un côté décalé qui fonctionne plutôt bien.
Les affrontements peuvent rapidement devenir spectaculaires. Les projectiles fusent dans toutes les directions et les explosions se multiplient, donnant parfois lieu à un véritable chaos visuel.
Les améliorations apportées à la version originale sont appréciables. Les ennemis explosent lorsqu’ils sont détruits et la fluidité générale est meilleure. Les illustrations plus sombres et détaillées utilisées durant les écrans de chargement sont également intéressantes, au point de donner envie de voir cette direction artistique davantage exploitée.
La musique accompagne correctement l’action avec des compositions rock, métal et électroniques, sans toutefois laisser une impression durable. Les contrôles sont généralement fonctionnels, même si les nombreux menus peuvent devenir difficiles à naviguer et que le ciblage manque parfois de précision.


Le plus gros problème reste l’histoire
Malgré ses bonnes idées, l’aventure peine à donner une véritable raison de s’investir dans sa progression. On explore, on récupère de l’équipement, on améliore son arsenal et on affronte des adversaires toujours plus puissants. Cette structure peut fonctionner, mais elle a besoin d’une histoire ou de personnages suffisamment forts pour maintenir l’intérêt.
Le contexte est pourtant prometteur. Une humanité presque disparue, une planète dominée par les machines et des survivants qui tentent de reconstruire quelque chose : le potentiel était bien présent. Malheureusement, le jeu ne développe jamais suffisamment ces éléments.
Les personnages manquent souvent de profondeur et les relations entre eux sont trop peu travaillées pour créer un véritable attachement. Après plusieurs heures, il demeure difficile de ressentir une réelle connexion avec une grande partie du groupe.
L’histoire principale, qui peut être complétée en un peu plus de vingt heures, donne parfois l’impression d’être le début d’une aventure beaucoup plus ambitieuse. Les fins alternatives et certains moments plus humoristiques possèdent même parfois davantage de charme que le scénario principal. C’est révélateur d’un jeu qui semble souvent plus à l’aise lorsqu’il ne se prend pas trop au sérieux.

Des choix de design qui ont mal vieilli
Certains choix de design peuvent également être difficiles à ignorer. Plusieurs personnages féminins sont présentés de manière particulièrement sexualisée. Certaines tenues sont très révélatrices et semblent peu adaptées à un univers où les personnages doivent constamment combattre des machines et survivre dans des environnements dangereux.
Le problème vient surtout du contraste avec le contexte. Certains personnages sont habillés de manière relativement cohérente avec leur rôle, alors qu’une autre affiche une tenue beaucoup plus révélatrice et peu pratique pour le combat.
Le jeu possède déjà un ton excentrique et une identité visuelle particulière. Il n’avait donc pas besoin d’aller aussi loin dans cette direction pour se démarquer.

Une renaissance qui reste incomplète
Cette refonte représente une amélioration évidente par rapport à son prédécesseur. Son système de combat est plus actif, la personnalisation des chars est réussie et l’exploration offre une certaine liberté. Pochi apporte également une dose de personnalité bienvenue à l’aventure.
Mais ces qualités ne suffisent pas à régler les principales faiblesses du jeu. L’histoire demeure trop mince, les personnages manquent de développement et le monde ouvert ne propose pas toujours suffisamment de contenu pour justifier son immensité.
C’est dommage, car cette production possède une identité bien à elle. Peu de JRPG permettent de parcourir un Tokyo post-apocalyptique à bord d’un char lourdement armé tout en combattant aux côtés d’un chien équipé d’une arme. Cette originalité mérite certainement qu’on lui donne une chance. Elle ne suffit toutefois pas à elle seule à transformer l’expérience en incontournable.
Le titre ressemble finalement à une bonne idée qui n’a jamais été développée jusqu’au bout. Les développeurs ont corrigé plusieurs problèmes du jeu original, mais la refonte ne suffit pas à transformer complètement l’expérience. Les amateurs de JRPG atypiques, d’exploration libre et de personnalisation de véhicules pourraient y trouver leur compte. Ceux qui recherchent une histoire riche et des personnages mémorables risquent cependant de rester sur leur faim.

Verdict
Cette aventure post-apocalyptique se démarque grâce à son univers, ses machines démesurées et son système de personnalisation des chars. Les combats peuvent offrir de beaux moments de chaos, tandis que Pochi est un compagnon aussi improbable qu’attachant.
Malheureusement, une histoire trop mince, des personnages peu développés et un monde qui manque parfois de vie empêchent l’expérience d’atteindre son plein potentiel.
Cette version améliorée est certainement supérieure à son prédécesseur, mais pas nécessairement la renaissance complète que son titre laissait espérer. Une expérience originale et parfois très amusante, mais qui demeure trop incomplète pour devenir un incontournable du JRPG post-apocalyptique.
Merci à PQube pour la copie du jeu.
Analyse
Points forts :
- Un système de personnalisation des chars très complet et satisfaisant
- Des combats plus dynamiques que dans la version originale
- Un univers post-apocalyptique original
- Des ennemis aux designs souvent complètement déjantés
- Pochi, un compagnon canin aussi adorable qu’improbable
- Une certaine liberté dans l’exploration et la progression
Points faibles :
- Une histoire trop mince et peu développée
- Des personnages qui manquent de profondeur
- Un monde ouvert parfois trop vide
- Des menus nombreux et parfois difficiles à naviguer
- Des graphismes et animations qui commencent à accuser leur âge
- Certains designs de personnages féminins inutilement sexualisés
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