
Informations principales
Titre du film : Son of Sara: Volume 1
Réalisateur : Houston Bone
Scénariste / Auteur original : Houston Bone
Studio / Production : Production : Black Elephant Productions, Grisly Productions, Téléfilm Canada
Genre : Horreur
Durée : 1 h 25 minutes
Date de sortie : 31 juillet 2026
Décidément, nous avons bel et bien une résurgence de films réalisés par des youtubeurs au cinéma. D’abord Shelby Oaks l’an passé, puis cette année Iron Lung, Who, Obsession, et Backrooms. Et à cette liste s’ajoute maintenant l’Ontarien Houston Bone, qui nous sort son deuxième long-métrage, après l’avoir présenté au festival Blood in the Snow l’an passé. Son of Sara: Volume 1 met en vedette Chloe Van Landschoot, Tymika Tafari, Garrett Hnatiuk, Jane Moffat, Tony White, Brendan Stevenson, et Raevv’n Leedham.
Une grossesse horrifique
Alors que Sara (Chloe Van Landschoot) attend tardivement un enfant avec sa copine Carol (Tymika Tafari), elle reçoit la visite du père de l’enfant, Troy (Garrett Hnatiuk) qui l’invite à dîner chez lui, dans sa ferme familiale avec sa mère Agnes (Jane Moffat) pour qu’ils puissent donner du soutien à l’enfant à naître. Mais autant la grossesse et le dîner sont entourés d’événements étranges, et peu à peu, cette journée normale tournera rapidement au cauchemar pour Sara…

Une distribution remarquable
La force principale du film réside dans le travail des multiples acteurs qui se sont donnés dans leurs performances. Van Landschoot, en tant que protagoniste, passe par une panoplie d’émotions à travers son personnage qu’elle nous transmet avec brio. Tafari joue un excellent rôle de soutien, avec le peu de temps d’écrans qu’on lui accorde comparé aux autres personnages.
Outre la relation entre les personnages de Van Landschoot et Tafari, c’est aussi celle entre ceux de Hnatiuk et Moffat qui retient notre attention (pour le meilleur et le pire… vous comprendrez en visionnant le film). Ces deux acteurs se dévouent à leurs performances, notamment durant certaines scènes clés qui font réagir le public.
Le seul bémol parmi les acteurs et leurs personnages est le rôle de Stevenson. Pas parce qu’il est mauvais, mais son personnage était, à mon goût, sous-utilisé ou mal exploité, sachant son importance dans l’intrigue.
Un hommage à un genre oublié
D’après le réalisateur, le film s’inspire beaucoup des films d’horreur classiques, des années 1950 à 1980 (dans les crédits de fin du film, plusieurs réalisateurs de l’époque sont remerciés). À cette époque, les films d’exploitations qui abordaient l’horreur exploraient tous les tabous possibles, accentuer le gore, la violence et le sexe, et gardaient un je-ne-sais-quoi de kitch qui rendait le tout attachant avec une petite dose d’humour. (Pour vous donner une idée, Get Out et Planet Terror sont aussi des films d’horreur modernes inspirés de cette époque.)
L’inspiration de ces films sur Son of Sara se ressent particulièrement dans le ton du film, son humour, sa production, et son histoire.

Des images qui vous couperont l’appétit…
Au lieu d’avoir recours à des jumpscares comme plusieurs films d’horreur américains, celui-ci nous effraie d’abord par sa bande sonore insolite et la terreur psychologique du protagoniste (notamment lorsqu’elle tente de comprendre ce qui se passe autour d’elle). Cela dit, l’horreur principale du film demeure dans le visuel et les actions du personnage, où plusieurs scènes dérangeantes qui vous dégoûteront et vous feront grimacer. Pour vous dire, mon accompagnatrice et moi n’avions pas fini la nourriture que nous avions commandée.
Ce qui m’amène au souci principal du film… il ne plaira pas à tout le monde. Vu qu’il met l’accent sur le grotesque et le dégoût, ce n’est pas tout le monde l’appréciera à sa juste valeur, à moins que vous soyez déjà un fan fini de films d’exploitation, ou que des films comme The Substance soient tolérables pour vous.
Un autre point à mentionner ici… Le film dure 85 minutes et j’ai l’impression que certaines scènes, qui mettent l’accent sur l’horreur psychologique, auraient pu prendre leur temps davantage, car au début le film semble à moment vouloir accélérer pour atteindre le conflit principal.
Le kitch des films B
Malgré les scènes dérangeantes, le film trouve le temps d’avoir une dose d’humour circonstancielle par moment, notamment durant une scène à table qui m’a bien fait rire. Le type d’humour qui rappelle les films B qui ne se prennent pas trop au sérieux.
Je vais ici, par contre, mentionner deux points que mon accompagnatrice a mentionnés. D’abord, même si l’humour était efficace pour elle la plupart du temps, elle avait décroché lors d’une scène de « vision » de Sara vers la deuxième moitié du film, où elle pense que la scène aurait dû garder de son sérieux vu la gravité de ce qui se passait. Ensuite, sachant que le réalisateur faisait des séries web par le passé, elle pensait que l’humour du film rappelait par moment les parodies de films d’horreur sur internet. Et vu que ce n’était pas sa tasse de thé, ces blagues l’ont fait décrocher à certains moments.
Outre l’humour, c’est aussi par sa production simple et efficace que le film assume son côté film B. Les décors sont simples, mais font un excellent travail pour confiner l’histoire dans son propre milieu. J’ai aussi aimé que le film utilise très peu de CGI au profit des effets pratiques, notamment durant un élément clé à la fin du film.

Une intrigue classique
Durant mon visionnement, un certain film d’horreur classique (que je ne nommerai pas pour non seulement éviter les divulgâcheurs, mais aussi promouvoir un réalisateur que je n’apprécie guère l’éthique) m’est venu en tête; après le film, le réalisateur avait confirmé qu’il s’était inspiré de celui-ci. Et en effet, on ressent qu’il a voulu rendre hommage aux films de l’époque, tout en racontant un film à sa façon avec des personnages qui le touchent personnellement.
L’ennui (et la raison, je rappelle, pourquoi je ne mentionne pas l’œuvre qui l’a inspiré) est que si vous êtes familiarisés avec certains tropes de l’horreur, le reste de l’histoire se devine assez vite. Ce film est aussi le troisième de cette année où deux femmes qui tentent de se rapprocher affrontent le même type d’antagonistes. Et la fin du film est presque identique au film qu’il rend hommage. Je pense par contre qu’elle marche moins bien ici, car un éléphant dans la pièce est complètement ignoré par les personnages.
Conclusion
Son of Sara: Volume 1 est un film B efficace et dérangeant, soutenu par des acteurs remarquables, d’excellents effets pratiques, et une bonne production audiovisuelle. Les choix stylistiques du film ne plairont pas à tout le monde et en dégoûteront plusieurs, mais si vous avez l’estomac solide et voulez soutenir le cinéma canadien, ce film n’attend que vous. Évitez seulement de manger en le visionnant…
Merci à Téléfilm Canada pour la projection en avant-première!
Analyse
Points forts :
- Excellent jeu des acteurs
- Travail sonore efficace
- Beau travail sur les décors et l’ambiance
- Bon usage des effets pratiques
- Bel hommage des films d’horreur classique
- Humour efficace pour la plupart
Points faibles :
- Excellent jeu des acteurs
- Travail sonore efficace
- Beau travail sur les décors et l’ambiance
- Bon usage des effets pratiques
- Bel hommage des films d’horreur classique
- Humour efficace pour la plupart