
Informations principales
Titre du jeu : Assassin’s Creed Mirage
Développeur : Ubisoft Bordeaux
Éditeur : Ubisoft
Genre : Action-aventure, infiltration (monde ouvert)
Plateformes : PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One, PC
Testé sur : Playstation 5
Prix : 69,99 $ CA (Édition Standard au lancement)
Date de sortie : 5 octobre 2023
Nombre de joueurs : 1 joueur
En français : Oui (interface, sous-titres et doublage français)
Classement ESRB : M (Mature 17+) – Sang et carnage, violence intense, langage ordurier, références aux drogues.
Après plusieurs épisodes ayant misé sur des mondes gigantesques, des mécaniques de jeu de rôle et des aventures pouvant facilement dépasser la centaine d’heures, Assassin’s Creed Mirage prend un virage complètement différent. Ubisoft Bordeaux choisit de revenir aux fondations qui ont fait le succès de la franchise en mettant l’accent sur la furtivité, le parkour et les assassinats méthodiquement préparés. Le résultat est une aventure plus compacte, plus accessible et beaucoup plus fidèle à l’ADN des premiers opus, même si certains éléments empêchent le jeu d’atteindre l’excellence.
Un Bagdad vivant et magnifique
Le véritable joyau d’Assassin’s Creed Mirage est sans contredit sa représentation de Bagdad au IXe siècle. La ville déborde de vie grâce à ses marchés animés, ses quartiers densément construits, ses palais et ses ruelles qui offrent constamment de nouvelles possibilités d’exploration.
L’architecture verticale redonne toute son importance au parkour. Les toits deviennent le meilleur moyen de se déplacer rapidement, d’espionner les gardes ou de préparer une infiltration. Les déplacements sont généralement fluides, même si Basim peut parfois s’accrocher maladroitement à certains éléments du décor ou effectuer un saut non désiré.
Au-delà de son aspect visuel, Bagdad se démarque également par son importante dimension historique. Le codex intégré au jeu fournit une multitude d’informations sur la culture, les personnages et les monuments de l’époque. Ubisoft réussit ainsi à transformer l’exploration en véritable découverte historique, une qualité qui rappelle les premiers Assassin’s Creed.


La furtivité reprend enfin le devant de la scène
Mirage abandonne volontairement le style très orienté action des derniers épisodes. Basim n’est plus un guerrier capable de décimer des dizaines d’ennemis sans difficulté. Face à plusieurs gardes, le combat devient rapidement risqué.
Cette approche encourage naturellement le joueur à privilégier la discrétion. Se fondre dans une foule, contourner les patrouilles, grimper sur les toits ou éliminer une cible sans être repéré redevient le cœur du gameplay.
Les différents outils disponibles enrichissent considérablement les possibilités. Couteaux de lancer, fléchettes soporifiques, bombes fumigènes et autres gadgets peuvent être améliorés afin d’adapter le style de jeu selon les préférences de chacun. Certains privilégieront une infiltration sans laisser de traces tandis que d’autres miseront sur des éliminations rapides avant de disparaître.
Cette liberté d’approche constitue l’un des plus grands points forts du jeu.

Une intelligence artificielle qui manque de mordant
Malheureusement, les ennemis ne sont pas toujours à la hauteur des excellentes mécaniques de furtivité. Leur intelligence artificielle demeure relativement limitée et ils réagissent souvent de façon prévisible.
Les gardes tombent facilement dans les mêmes pièges, perdent rapidement la trace de Basim et oublient parfois une menace en quelques secondes seulement. Le défi repose donc davantage sur la disposition des ennemis que sur leur comportement.
Même si cela ne gâche jamais complètement l’expérience, une IA plus convaincante aurait permis aux missions d’infiltration d’être encore plus satisfaisantes.


Les enquêtes offrent une excellente structure
Plutôt que d’enchaîner simplement les assassinats, Mirage demande au joueur de mener plusieurs enquêtes afin d’identifier les membres de l’Ordre des Anciens.
Chaque investigation consiste à récolter des indices, interroger des témoins, infiltrer certains lieux ou accomplir diverses missions secondaires avant de révéler l’identité de la prochaine cible.
Cette structure fonctionne très bien puisqu’elle laisse une certaine liberté dans l’ordre des missions tout en donnant l’impression de démanteler progressivement une vaste organisation secrète.


Les missions Black Box brillent une nouvelle fois
Les principaux assassinats utilisent la formule des missions Black Box, déjà très appréciée dans Assassin’s Creed Unity et Syndicate.
Chaque mission présente un vaste environnement où plusieurs approches sont possibles. Il est possible de soudoyer un serviteur, voler une clé, écouter discrètement une conversation, enfiler un déguisement ou découvrir un passage secret afin d’atteindre sa cible.
Le jeu vous guide sans jamais imposer une seule solution. Cette liberté permet de planifier chaque assassinat selon ses propres méthodes et procure une réelle satisfaction lorsque le plan fonctionne parfaitement. Ces missions représentent sans hésitation les meilleurs moments de toute l’aventure.


Une histoire efficace, mais inégale
Mirage raconte les origines de Basim Ibn Ishaq, jeune voleur de Bagdad qui rejoint progressivement les Hidden Ones avant de partir à la chasse aux membres de l’Ordre des Anciens.
Le récit demeure intéressant, mais il repose énormément sur les événements d’Assassin’s Creed Valhalla. Les joueurs ayant terminé cet épisode comprendront davantage les nombreuses références et la véritable évolution psychologique de Basim.
Pour les nouveaux venus, plusieurs éléments paraîtront plus mystérieux que réellement marquants. Les personnages secondaires souffrent également d’un manque de développement. À l’exception de Nehal et de Roshan, plusieurs protagonistes servent essentiellement à faire avancer l’histoire sans laisser une forte impression.


Une aventure plus courte qui joue en sa faveur
Après les gigantesques aventures d’Origins, Odyssey et Valhalla, Mirage revient à une durée beaucoup plus raisonnable. Cette approche permet de maintenir un rythme soutenu du début à la fin sans multiplier inutilement les activités répétitives. L’absence presque complète de séquences dans le présent contribue également à garder toute l’attention sur le parcours de Basim.
Verdict
Assassin’s Creed Mirage réussit largement sa mission en ramenant la série vers ses origines. L’infiltration retrouve enfin toute son importance, les assassinats sont particulièrement satisfaisants et Bagdad s’impose comme l’un des plus beaux décors de toute la franchise.
Il n’est toutefois pas exempt de défauts. Son intelligence artificielle vieillissante, plusieurs personnages secondaires peu mémorables et un scénario qui gagne énormément à être connu après Valhalla empêchent Mirage d’atteindre les plus hauts sommets de la série.
Malgré tout, Ubisoft Bordeaux signe une aventure solide, agréable et rafraîchissante qui prouve qu’Assassin’s Creed peut encore briller sans miser sur une carte gigantesque ou des centaines d’heures de contenu.
Analyse
Points forts :
- Un magnifique Bagdad riche en histoire et en détails
- Le retour réussi de la furtivité et du parkour
- Les missions Black Box offrent une excellente liberté d’approche
- Une campagne mieux rythmée et plus concise
- Une grande variété d’outils permettant de personnaliser son style d’infiltration
Points faibles :
- Une intelligence artificielle des ennemis parfois décevante
- Plusieurs personnages secondaires manquent de profondeur
- Le scénario est beaucoup plus intéressant après Assassin’s Creed Valhalla
- Le système de notoriété manque d’impact réel