
Informations principales
Titre du film : L’Odyssée
Réalisateur : Christopher Nolan
Scénariste / Auteur original : Christopher Nolan (d’après l’histoire éponyme d’Homère)
Studio / Production : Universal Pictures, Syncopy
Genre : Action, drame, fantastique, mythologie, épopée
Durée : 173 minutes
Date de sortie : 17 juillet 2026
Après son dernier succès maintes fois récompensé aux oscars il y a trois ans, Christopher Nolan (réalisateur de deux de mes 3 films préférés de tous les temps) nous revient avec une réimagination d’une histoire classique grecque que plusieurs d’entre nous avaient lue à l’école (ou, pour d’autres, au moyen de Class of the Titans, Percy Jackson, The Simpsons ou Epic the Musical). Matt Damon incarne le rôle du protagoniste Ulysse, et il est accompagné d’une distribution d’acteurs renommés, incluant Tom Holland, Anne Hathaway, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Samantha Morton, Zendaya, Charlize Theron, Jon Bernthal, Himesh Patel, Corey Hawkins, Travis Scott, Elliot Page, Mia Goth, John Leguizamo, Benny Safdie, Bill Irwin, et plus encore.
Un interminable retour chez soi
Après la victoire de la guerre de Troie grâce à une ruse d’Ulysse (Odysseus en anglais) (Matt Damon), le royaume d’Ithaque se déstabilise devant l’absence prolongée de son roi pendant plusieurs années. Plusieurs prétendants (Robert Pattinson, Corey Hawkins, parmi d’autres) tentent de persuader la reine Pénélope (Anne Hathaway) de les épouser et de considérer Ulysse comme mort. Pris de désarroi, leur fils Télémaque (Tom Holland) part enquêter sur son père disparu.
Entre-temps, Ulysse, prisonnier sur l’île de la nymphe Calypso (Charlize Theron), se remémore les événements depuis la guerre de Troie, et les nombreuses épreuves que ses hommes et lui ont traversées…
Un classique non linéaire
Si vous êtes familiarisés avec Christopher Nolan, vous savez qu’il fait souvent des chefs-d’œuvre cinématiques (et aussi Interstellar…). Et plusieurs de ses traits caractéristiques se retrouvent dans son nouveau film. À savoir le style non linéaire du récit (qui reprend le rythme de l’histoire original où les personnages relatent des événements antérieurs), une bande originale et un montage sonore qui relève la tension du film (Ludwig Göransson collabore avec lui pour une troisième fois d’affilée), des effets visuels pratiques à couper le souffle (notamment pour certains monstres), et des décors qui nous plongent dans l’univers.
Plusieurs de ses anciens collaborateurs reviennent pour ce film devant la caméra. Dont Damon, Hathaway, Pattinson, Patel, Irwin, Page et Safdie. Hathaway et Pattinson livrent les performances les plus marquantes du film. Et parmi les nouveaux venus, Leguizamo, Bernthal, Morton Holland ressortent du lot.
Cela dit, l’inconvénient de recruter plusieurs têtes d’affiche pour un film est qu’on voit plus souvent l’acteur que le personnage. Ainsi, des blagues du style « Jason Bourne est sur une île déserte avec Furiosa, a des visions sur la Fremen MJ, et souhaite retourner voir sa femme Catwoman ; leur fils Spider-Man tente de retrouver son père à l’aide du Punisher qui est marié à Nakia ; Batman tente de marier Catwoman ; Kitty Pride est un soldat de Jason Bourne… » ont couru les réseaux sociaux, et peuvent malheureusement distraire de l’histoire.

Une épopée à couper le souffle
Le texte original ayant une grande influence sur la littérature occidentale, et l’histoire étant adaptée par l’un des directeurs les plus renommés de notre temps, il n’est pas étonnant que « épique » soit le meilleur terme pour décrire ce film. À la manière de 10 Commandments, The Lord of the Rings, ou récemment Dune, l’histoire nous plonge dans un univers vaste et fascinant, rempli de surprises. Par les décors, les costumes et les effets, le film nous maintient en haleine lorsque nos protagonistes se trouvent dans une situation périlleuse. Le montage sonore appuie aussi le ton des scènes, notamment dans des scènes qui relèvent de l’horreur (notamment, sans divulgâcher, de la scène dans la grotte, et celle avec le bouillon).
Un aspect particulier où le film diffère de l’histoire originale est la présence des dieux grecs dans le cours des événements. Avant, leurs rôles et présences étaient plus actifs et tactiles. Cette fois, leurs présences se ressentent, mais à l’exception d’Athéna (Zendaya), ils n’apparaissent pas physiquement, et se manifestent à travers les obstacles surnaturels des héros. Ce choix risquerait d’en décevoir certains, mais demeure cohérent avec le ton du film.

Les épreuves d’Ulysse
(ALERTE DIVULGÂCHEURS : Le paragraphe suivant traitera des événements de l’histoire classique de l’histoire originale de L’Odyssée. Si vous aviez déjà lu le récit original, vu une histoire adjacente comme Epic: The Musical ou la parodie de The Simpsons, ou si vous êtes familiarisés avec la mythologie grecque, vous pouvez continuer votre lecture. Si vous ne savez rien de l’histoire et ne voulez rien savoir avant de voir le film, sautez cette partie.)
Comme dans l’histoire originale, Ulysse rencontre divers obstacles durant son retour à Ithaque. Je vous ferai part de mes impressions sur ceux-ci dans cette partie.
Les parties avec le cyclope (Bill Irwin) et Circé (Samantha Morton) sont de loin les plus dérangeantes du film, mais aussi celles où la tension se ressent le plus. J’ai bien aimé l’interprétation de l’image à l’écran des géants, même si j’aurais préféré qu’ils soient encore plus grands, ainsi que le chant des sirènes, la représentation des âmes aux Enfers, et la subtilité de la présence de Poséidon et Zeus dans le cours des événements. Le seul truc qui m’a un peu déçu était la représentation de Charybde et Scylla qui, même si efficace dans leur rôle narratif, manquait un peu d’impact (surtout pour Scylla).
J’ai aussi apprécié les jeux d’acteurs pour Morton et Theron pour leurs rôles respectifs « d’antagonistes ». Les deux devaient jouer des personnages avec beaucoup de complexités et les ont bien représentés sur scène.

La loi de l’hospitalité
Un thème récurrent dans le film est celui du principe d’hospitalité, que le film réfère à la « loi de Zeus » (basé sur un concept grec appelé Xenia). En effet, plusieurs des malheurs dans le film sont causés par des hôtes qui abusent de leurs invités et vice-versa. Du coup, nos protagonistes se retrouvent à plusieurs moments à confronter la conséquence de leurs actes, manifestée sous la forme de différents obstacles insurmontables.
Même la Guerre de Troie et sa conclusion sont des résultats du manquement à cette loi. Et au cours du récit, on comprend comment les actions des personnages les ont amenés à leurs sorts désastreux.
Cela dit, je dois admettre que pour que le message passe mieux, le personnage d’Ulysse aurait dû assumer plus ses vices à certains moments-clés du film. Des détails se sont peut-être perdus lors du changement de format de l’écrit au film, mais on dirait que le film se retenait de rendre le personnage trop haïssable pour un public contemporain.

Finalement, l’éléphant dans la pièce n’était qu’une fourmi…
Parce que j’ai l’habitude (masochiste) de suivre le discours autour du cinéma sur internet, j’ai eu vent des différentes controverses autour du film… Alors, *soupir* on va en parler… D’abord, plusieurs critiques ont été les inexactitudes historiques du film, notamment avec les costumes, armures, navires, etc. Autant ce souci peut se comprendre, ce n’est malheureusement pas nouveau à Hollywood de prendre des libertés artistiques sur ces points (comme dans 300). Certaines personnes voulaient que le film se passe en grec (comme The Passion of Christ était en araméen), ou avec un anglais ancien ou « propre », mais personnellement, c’est plus une question de préférences, et de la vision artistique du directeur et de l’histoire (Astérix et Obélix, par exemple, met à profit ses détails anachroniques à des fins humoristiques).
Mais les plus grandes controverses étaient sur le choix des acteurs, notamment par l’absence d’acteurs grecs. Bon. D’un côté, Hollywood est connu pour être approximatif en matière de représentation à l’écran : l’Américaine Scarlett Johansson joue une Russe chez Marvel, des Afro-Américains jouent des Africains dans Black Panther, la Cubano-Américaine Jessica Darrow joue une Colombienne dans Encanto… vous comprenez. Cela dit, l’intention de vouloir employer des acteurs du lieu en question des acteurs du lieu en question est notable (tout comme il y avait des Africains et Colombiens dans les films mentionnés plus haut). Mais encore, The Odyssey a reçu plus de controverses que ceux-ci. En plus, certains vont aussi comparer avec le film Troy de Brad Pitt et Orlando Bloom, même si ce film-là n’était pas mieux niveau représentation grecque. Alors, que se passe-t-il ici ?
En fait, le choix de trois acteurs précis est la source des controverses. Le rappeur afro-américain Travis Scott dans le rôle d’un barde, l’actrice mexicano-kényane Lupita Nyong’o dans les rôles des sœurs Clythemnestre (Clytemnestra) et Hélène de Troie qu’on surnomme « la femme la plus belle du monde », et l’acteur transgenre Elliot Page dans le rôle du soldat Sinon (non, Page ne joue pas Achilles comme le disait internet. En fait, Achilles n’est pas du tout dans le film). Ainsi, vous pouvez deviner pourquoi une certaine communauté de personnes toxiques sur internet ne voudraient pas voir ces acteurs à l’écran pour diverses raisons…
Écoutez. Contrairement à internet, je ne vais pas parler au nom des Grecs pour leur dire sur quoi ils doivent être offensés ou pas ; ça leur revient. Je dirai, par contre, que chaque rôle (quoiqu’important pour l’intrigue) dure moins de 10 minutes (peut-être 5), et n’est pas la première chose à mentionner sur le film (ce n’est pas pour rien que je ne les ai mentionnés que maintenant). Et même pour le peu de temps d’écran qu’ils ont reçus, ces acteurs ont bien accompli leurs rôles respectifs.
Ensuite, si vous pensez que la Grèce antique n’était pas multiethnique, plusieurs sources historiques (que je vous recommande à chercher en ligne) prouveraient le contraire. Et si vous n’aimez pas voir de la diversité dans une histoire de mythologie grecque, Percy Jackson, Class of the Titans, Hercules, The Simpsons, le jeu Hades… auraient deux mots à vous dire…
Enfin, on ne parle pas d’un récit historique, mais d’un conte, d’un mythe ancien maintes fois adapté, interprété, réimaginé, et joué par diverses personnes de différentes cultures pendant des millénaires. Du moment que les acteurs font bien leurs rôles et que l’univers créé du film demeure cohérent en lui-même, le reste importe peu.

Conclusion
The Odyssey est une épopée cinématique que seul Christopher Nolan peut livrer, avec une prouesse technique audiovisuelle incomparable. Si vous pouvez voir le film, en particulier sur grand écran, je vous le recommande fortement.
Maintenant la grande question… Est-ce le meilleur film de l’année jusqu’à présent ? Laissez-moi dire ceci… J’ai préféré Project Hail Mary et Goat en tant que film, mais objectivement, les prouesses techniques et épiques de The Odyssey pourraient lui donner ce titre avec objectivité.
Dans tous les cas, avec ces trois-là et Obsession, 2026 est jusqu’à présent une bonne année pour le cinéma.
Analyse
Points forts :
- Monde immersif par les décors et costumes
- Effets visuels pratiques stupéfiants
- Bande et montage sonores remarquables
- Jeux d’acteurs remarquables pour tous
- Épopée grandiose
- Tension maintenue durant les scènes clés
- Exploration (pour la plupart) adéquate des thématiques
- C’est Christopher Nolan
Points faibles :
- Quelques libertés artistiques pourraient décevoir certains spectateurs
- Quelques libertés historiques sur les costumes et décors le pourraient également
- Personnage d’Ulysse un peu adouci pour l’histoire
- Les designs de certains des monstres auraient pu être mieux
- Dans certains cas, le visage et la réputation d’un acteur peuvent distraire de son rôle