CRITIQUE DE MANGA – SANDA TOME 7

par | Juil 15, 2026

Informations principales

Titre du manga : Sanda

Éditeur : Ki-oon

Distributeur : Interforum

Mangaka : Paru Itagaki

Genre : Seinen

Nombre de pages : 192

Prix : 13,95$

Date de sortie : 8 mai 2026

Une œuvre qui me met encore mal à l’aise
Le 8 mai dernier est sorti Sanda au Québec et, comme sur les pentes de neige en été, je vais vous avouer que cette œuvre ne glissait vraiment pas fort avec moi. Je me suis demandé si je voulais vraiment l’avoir dans ma bibliothèque. J’aime être choqué dans la vie et j’aime quand une œuvre joue dans les zones grises. Je me suis toujours considéré comme quelqu’un d’ouvert d’esprit, mais j’ai plus de difficulté quand on y amène les enfants. On ne se le cachera pas, le sujet principal de Sanda, c’est le passage de l’enfance à l’âge adulte. Si c’était des ados, j’aurais moins de difficulté, mais ici, on parle d’enfants de 12-13 ans. Et ce n’est pas cute comme dans L’été de mes 11 ans, là… Ceux qui sont dans la fin trentaine savent de quoi je parle. Quand on amène l’exploration sexuelle à ce niveau, je dois avouer que j’ai de la misère. J’entends déjà des gens me dire : « Les jeunes aujourd’hui sont pas mal plus dégourdis que tu le penses, mon petit Dieu Geek. » Je le comprends. Mais ce n’est pas censé être ça. Et justement, c’est en me posant cette question que j’ai réalisé le message de Paru Itagaki : l’innocence des enfants est en train de se perdre.

Le résumé
Loin d’être aussi festive qu’ils se l’imaginaient, la cérémonie de la minorité de Sanda et de ses amis s’est soldée par une défaite contre le directeur, et surtout par la mort d’Ono, qui a plongé Fuyumura dans un profond désespoir… Qu’à cela ne tienne, notre père Noël en herbe n’a pas dit son dernier mot. Une voix mystérieuse l’a en effet invité à se mettre en quête de son renne… mais encore faudrait-il qu’il sache de qui il s’agit ! De plus, l’arrivée à Daikoku Aigo d’une nouvelle enseignante peu commode pourrait bien le détourner de son objectif pendant quelque temps…

Comprendre le message de Paru Itagaki
Bon, en premier lieu, désolé pour cette intro. Ma foi, elle est vraiment lourde, mais il fallait que ça sorte. Mais vraiment, si l’objectif de Paru Itagaki est de nous faire réaliser à quel point l’innocence est en danger, eh bien, mission accomplie. Maintenant que je regarde ça sous cet angle, je dois avouer que ma vision du manga change. Sans dire que c’est un mal nécessaire, je comprends davantage ce que l’autrice tente de faire. Sanda, qui est l’incarnation du père Noël, tire ses pouvoirs du fait que les gens croient en lui. Seulement, qui, aujourd’hui, croit encore au père Noël passé l’âge de cinq ans? Ici, on nous présente un Japon où le taux de natalité est au plus bas et où les enfants sont regroupés dans une école afin de protéger leur innocence face à une réalité devenue trop brutale.

Une société malade qui tente de se sauver
Ce tome tourne beaucoup autour de cette idée et vient justifier certains éléments évoqués précédemment. On découvre notamment un autre côté du directeur, ce qui fait qu’il n’est pas totalement monstrueux. On voit plutôt une société malade qui tente — de la mauvaise manière — de remettre de l’ordre dans un monde qui semble avoir perdu ses repères. Ça vous rappelle quelque chose? Sans tomber dans le discours social, on sent que l’œuvre cherche à nous faire réfléchir sur la place de l’enfance dans une société qui pousse les jeunes à grandir trop vite.

Un style visuel toujours aussi dérangeant
Visuellement, c’est encore très original. Nous avons droit à des scènes vraiment intéressantes et je dois dire que j’aime beaucoup ce style qui sort complètement de l’ordinaire. Il contribue même au malaise que cherche à provoquer l’œuvre. La difformité des personnages rend l’ensemble étrange à regarder, mais c’est justement ce qui donne à Sanda sa personnalité unique.

Verdict
Finalement, je dois avouer que la pente descendante de ce manga reprend son élan. C’est peut-être parce que je le regarde d’un autre œil maintenant ou parce que je pense mieux comprendre le message de Paru Itagaki, mais cette œuvre est beaucoup plus intéressante que je ne le croyais. Par contre, je sais aussi qu’elle n’est pas faite pour tout le monde. Je dirais même qu’elle risque davantage d’aller chercher les lecteurs curieux qui cherchent à comprendre pourquoi une œuvre mettant en vedette un père Noël fait autant couler d’encre.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

8/10
La note du Dieu Geek

Analyse

Points forts :

  • Très original
  • Intriguant
  • Des personnages colorés et audacieux

Points faibles :

  • Pas grand public
  • Joue beaucoup avec la zone grise

Pour se procurer le manga, c’est ici.

<a href="https://gpourgeek.ca/author/heyfrankpodcast/" target="_self">Frank le Dieu Geek</a>

Frank le Dieu Geek

être doté d'une extraordinaire culture générale

En savoir plus sur G Pour Geek

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture