CRITIQUE DE MANGA – DRCL MIDNIGHT CHILDREN TOME 6

par | Juil 9, 2026

Informations principales

Titre du manga : DRCL Midnight Children

Éditeur : Ki-oon

Distributeur : Interforum

Mangaka : Shin’ichi Sakamoto

Genre : Seinen

Nombre de pages : 192

Prix : 15,95$

Date de sortie : 3 avril 2026

Il y a déjà un petit bout que je ne vous ai pas parlé de ce manga de Shin’ichi Sakamoto qui s’inspire du célèbre Dracula de Bram Stoker. Un manga que je trouve dérangeant, mais c’est quand même ça l’intention de l’œuvre.
Il veut faire ce que Bram Stoker a fait en 1897. À l’époque, Dracula avait reçu des critiques mitigées, certains jugeant le roman plus grotesque qu’effrayant. La sexualité était un sujet tabou au XIXe siècle et Bram Stoker voulait aussi que son personnage de Dracula soit une métaphore de la peur des maladies venues de pays étrangers.
Bref, on peut comprendre que certaines critiques ont trouvé ce roman un peu dérangeant. Cependant, aujourd’hui, ce n’est plus ce genre de sujet qui va déstabiliser les lecteurs. Donc, comment Shin’ichi Sakamoto va-t-il s’y prendre pour venir jouer dans nos têtes? En jouant avec des sujets sensibles de notre époque, bien sûr!
Donc, allons voir si cela a réussi à déstabiliser votre Dieu Geek.

Un Whitechapel sous tension
Après avoir libéré Luke de la malédiction de Dracula aux côtés des garçons, Mina est désormais membre à part entière du Camellia Club. Celui-ci va tenter de contrecarrer les plans du comte, dont l’influence continue de s’étendre… notamment à Whitechapel, où une nouvelle série de meurtres fait craindre le retour de Jack l’Éventreur!
Pour les adolescents, la véritable identité de l’assassin ne fait aucun doute. Jo se rend alors sur place afin de retrouver la trace du prince des ténèbres, aidé de sa poupée mécanique imprégnée du pouvoir de ce dernier…

Mina prend enfin sa place
On a ici un manga qui se concentre davantage sur Mina, le personnage de la jeune fille qui doit vivre avec le fait qu’elle est justement une jeune fille.
C’est aussi l’un des gros changements que l’auteur a apportés par rapport au roman. Mina est présentée comme la protagoniste principale de l’histoire plutôt que Jonathan Harker. Depuis le début du manga, on la suit dans ses difficultés à trouver sa place à cause de son statut de jeune fille, mais c’est dans ce tome qu’elle prendra véritablement les rênes de son destin.
Cela nous démontre certaines idéologies féministes de Sakamoto, mais ici ce n’est ni maladroit ni forcé. Cela prend tout son sens alors qu’elle passe du statut de petite fille à celui de jeune femme et reçoit un certain pouvoir que je vais vous laisser découvrir.
J’ai trouvé ce passage métaphorique vraiment intéressant.

Des thèmes modernes au cœur du récit
Sakamoto vient jouer avec son habileté narrative et visuelle en abordant plusieurs sujets chauds de notre actualité comme le féminisme, l’homosexualité, l’identité de genre et la lutte des classes.
Ce sont des thèmes qui auraient facilement pu paraître artificiels ou moralisateurs, mais ici ils s’intègrent naturellement à l’histoire et participent à son ambiance dérangeante.

Un artiste qui transforme le laid en beau
Visuellement, c’est impressionnant.
Juste pour ses pages dessinées avec un talent incroyable, ce manga vaut la peine qu’on mette la main dessus. Sakamoto est capable de dessiner le laid et de le rendre beau.
On est loin des personnages sexy et parfaitement dessinés. Ici, nous avons la parfaite imperfection.
De plus, chaque page est presque une œuvre issue du mouvement artistique du surréalisme. Je vous le dis, c’est à se demander ce que l’auteur a consommé lorsqu’il dessine ce manga!
Et je crois aussi qu’il a un petit faible pour Michael Jackson, car son Dracula lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Verdict
Finalement, chaque fois que je lis ce manga, je ressens un sentiment vraiment étrange, presque un malaise.
Mais je suis incapable de ne pas le lire.
Et pour être honnête, je n’aime pratiquement aucun des personnages de cette série. Je dirais même qu’ils me tapent sur les nerfs. Pourtant, je suis incapable de lâcher ce manga malgré cela.
Et c’est justement ça, le talent de Sakamoto : rendre le laid beau.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

9/10
La note du Dieu Geek

Analyse

Points forts :

  • Un visuel solide
  • Des sujets d’actualité qui font réfléchir
  • Suit la prémisse de l’œuvre originale

Points faibles :

  • Vise une clientèle de niche
  • Joue sur beaucoup de lignes grises

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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