
Informations principales
Titre du jeu : Oaken Tower
Développeur : Bocary Studios
Éditeur : Alibi Games
Genre : Stratégie
Plateformes : PC
Testé sur : PC
Prix : 12,99$
Date de sortie : 28 avril 2026 (accès anticipé)
Nombre de joueurs : Multijoueur en ligne
En français : Interface
Ah, les roguelite. Entre les deck-builders, les auto-battlers et les jeux fondés sur des parties courtes mais toujours renouvelées, les développeurs cherchent sans cesse la formule capable de donner envie de relancer « une dernière partie ». Oaken Tower s’inscrit pleinement dans cette logique. Développé par Bocary Studios, le jeu mélange progression roguelite, gestion d’équipement et combats automatiques dans une formule simple, lisible et immédiatement accessible… trop accessible.
À première vue, rien ne semble particulièrement révolutionnaire (et spoiler, rien ne l’est). Les mécaniques sont faciles à comprendre, les parties s’enchaînent rapidement et l’objectif est clair : passer au niveau suivant et optimiser ses gains d’or pour acheter un nouvel équipement, le tout dans le but de rouler sur le jeu. C’est dans sa simplicité que le jeu devient fourbe : passer un niveau prend quoi, 30 secondes ? Alors on ne voit pas le temps passer. Oaken Tower fait partie de ces jeux qui semblent conçus pour être lancés quelques minutes, puis qui finissent par absorber une soirée entière sans que l’on s’en rende compte.
Un gameplay pensé pour aller droit au but
Ce qui frappe d’abord, c’est la rapidité avec laquelle Oaken Tower entre dans le vif du sujet, partant du postulat que vous savez d’office comment jouer en ne s’embarrassant pas d’un tutoriel de huit ans. En quelques instants, on comprend l’essentiel : gagner des combats, récupérer de l’or, acheter de meilleurs objets et construire une composition plus efficace pour les affrontements suivants.
Cette simplicité est l’une de ses plus grandes forces… et sa faiblesse ultime (mais vous le comprendrez plus tard). Chaque décision compte, mais jamais au point de devenir pesante. Faut-il investir immédiatement dans une arme plus puissante ? Garder ses ressources pour une meilleure opportunité ? Miser sur un bonus défensif ou sur une amélioration offensive ? Le jeu repose sur une succession de petits choix qui donnent constamment l’impression d’avancer vers une version plus optimisée de sa construction, et c’est aussi ce qui rend Oaken Tower si addictif. Une « partie » est excessivement courte (surtout en early game), une défaite n’est jamais trop punitive et l’envie de recommencer arrive presque immédiatement.
Sous son apparente simplicité, Oaken Tower offre une variété stratégique plutôt appréciable. Le joueur dispose d’un choix d’armes assez large, chacune avec ses propres caractéristiques. À cela s’ajoutent des capacités, des buffs et des améliorations passives qui modifient profondément la manière de jouer. L’intérêt du système est qu’il n’existe pas qu’une seule bonne façon d’aborder une partie. Cette diversité donne au jeu une vraie rejouabilité.

Le hasard joue évidemment un rôle dans ce qui est achetable, mais il est suffisamment bien dosé pour ne pas donner l’impression que tout dépend de la chance. Le plaisir vient justement de l’adaptation : composer avec ce que le jeu propose, ajuster sa stratégie et tirer le meilleur parti des opportunités rencontrées. C’est simple à comprendre, mais en soi, est-ce assez pour y passer plusieurs heures ?
Chaque combat gagné rapporte de l’or, jusque-là, vous l’aurez compris, et chaque amélioration coûte de l’or. Malinx, le lynx. Avec uniquement six slots possibles d’armes, le jeu devient rapidement une simulation d’optimisation, ce qui renforce un peu plus l’aspect deck-building (si on peut appeler ça un deck ?). Le jeu pousse constamment à l’optimisation. Même lorsqu’une composition fonctionne déjà bien, on cherche toujours à savoir si elle pourrait être encore meilleure. Même lorsqu’une arme semble surpuissante, on continue de guetter celle qui pourrait la remplacer avantageusement. Cette recherche permanente d’efficacité est au cœur de l’expérience. On ne joue pas seulement pour terminer une run, mais pour voir jusqu’où il est possible de pousser sa construction.

Du pixel art pour ravir mon cœur
Visuellement, Oaken Tower fait le choix du pixel art, et c’est un choix qui lui va très bien. Les sprites sont lisibles, les animations claires et l’ensemble possède une identité visuelle cohérente. Le jeu ne cherche pas à impressionner par la démesure, mais à proposer un univers agréable à regarder et facile à lire pendant l’action.
Les combats restent compréhensibles même lorsque plusieurs effets se déclenchent en même temps. C’est un point important, car dans ce type de jeu, la lisibilité est essentielle (après, vous me direz, difficile de faire plus lisible que six armes dans des cubes qui se battent contre six armes dans des cubes, mais vous pourriez être surpris du fait qu’il ne faut jamais prendre pour acquis ce genre de choses dans le domaine, jamais). Le résultat est propre, charmant et efficace.

Vous avez dit musique ?
Sur le plan sonore, le constat est plus mitigé. Le sound design fait le travail : les attaques ont un bon retour, les effets sont lisibles et l’ensemble accompagne correctement l’action. En revanche, la musique laisse une impression plus générique. Elle n’est pas mauvaise, loin de là, mais elle manque de personnalité et ne marque pas vraiment les esprits.
On ne coupe pas la bande-son, car elle reste agréable et discrète, mais elle ne devient jamais un élément fort de l’identité du jeu. Pour dire, j’ai fini par faire jouer ma musique en fond parce qu’au bout de 2 h de jeu, j’en avais plutôt marre d’entendre les mêmes notes en boucle. C’est probablement l’un des rares domaines où Oaken Tower aurait pu aller un peu plus loin. Rien de rédhibitoire, simplement une occasion manquée de donner davantage de caractère à l’ensemble.

Ça ressemble à un jeu mobile…
Il est LÀ, mon problème avec le jeu. Ça ressemble à un jeu mobile, ça sent le jeu mobile, ça goûte le jeu mobile, mais ce n’en est pas un. Pourquoi ?
Non, sérieux, pourquoi ?
Tout dans sa structure évoque les jeux mobiles : parties courtes, menus simples, progression rapide, récompenses fréquentes et satisfaction immédiate. On va jusqu’à rendre les combats automatiques ! On retrouve cette logique du jeu casual facile à relancer à tout moment… sur un jeu PC.
Je suis loin d’être du genre à shame les casual gamers, je suis la première à jouer sur mon téléphone, qui est devenu l’extension de mon être avec les années. Je me fais chier dans le bus ? Allez, une petite partie d’Hearthstone sur mobile. J’attends que chéri ait fini sa tâche qui devait prendre cinq minutes avant de débuter notre soirée ciné ? J’ai un petit jeu, là, Paper.io, dont le seul but est de bouffer le territoire des autres. J’ai donc l’habitude de jouer sur mon téléphone, et même à des portages mobile de jeux PC (je rappelle qu’Hearthstone est un jeu PC et que les jeux .io sont des jeux de base disponibles sur la plateforme PC itch.io). Alors, où est mon problème avec ce jeu ?
C’est une question d’ensemble, difficile à décrire. Sauriez-vous me dire pourquoi vous détestez les brocolis ? C’est l’ensemble de l’œuvre qui rend ce légume infâme. Same case here, c’est l’ensemble de l’œuvre qui me fait questionner la pertinence de ce jeu sur PC. Tout, de son style à son gameplay, trahit une volonté de rendre le jeu le plus simple et confortable possible. J’ai l’impression qu’en sortant sur PC, le jeu rate sa cible.

Pour conclure
Oaken Tower n’est peut-être pas un jeu qui cherche à révolutionner son genre, mais il exécute très bien sa formule. Son gameplay simple mais somme toute addictif, ses nombreuses possibilités de composition, sa progression gratifiante et sa direction artistique pixel art en font une expérience plutôt plaisante à parcourir. La musique manque un peu de personnalité, l’absence d’histoire pourra laisser certains joueurs de côté, mais ces limites ne pèsent pas lourd face à l’efficacité générale d’un titre… mobile. Oui, je suis chiante avec ça, mais pourquoi j’ai une machine de guerre avec les dernières composantes qui coûtent un rein pour jouer à un jeu qui tournerait parfaitement sur mon grille-pain… en l’état, sans optimisation aucune ! Mais bon, qui suis-je pour dire ce qu’est un bon jeu d’un mauvais jeu PC ? À chacun ses sensibilités, pour moi, la plateforme d’un jeu contribue à l’expérience de jeu, et je me suis questionnée tout du long quant à sa pertinence de sortir sur PC.
Pour tous les amateurs de roguelite auto-clicker avec un aspect d’optimisation en recherche de parties courtes, foncez et vous ne serez pas déçus. Par contre, ne vous attendez pas à un jeu de trempe d’un Hades.
Merci à Alibi Games pour la copie du jeu.
Analyse
Points forts :
- Un pixel art soigné
- Un gameplay facile à prendre en main et complet (dans sa gamme de jeu)
Points faibles :
- Pertinence de la sortie sur PC ???
- Très bon jeu mobile, mauvais jeu PC
- BO tout simplement oubliable
Pour se procurer le jeu, c’est ici.