CRITIQUE DE FILM – SUPERGIRL

par | Juil 1, 2026

Informations principales

Titre du film : Supergirl

Réalisateur : Craig Gillespie

Scénariste / Auteur original : Ana Nogueira, d’après la bédé Supergirl: Woman of Tomorrow de DC Comics

Studio / Production : DC Studios, Troll Court Entertainment, The Safran Company, Warner Bros. Pictures

Genre : superhéros, science-fiction

Durée : 108 minutes

Date de sortie : 26 juin 2026

Après l’entrée en force l’an dernier avec Superman, le DCU revient avec une nouvelle histoire sur la cousine de l’homme d’acier, Kara Zor-El, alias Supergirl. Milly Alcock interprète le rôle principal, et elle est accompagnée par Matthias Schoenaerts, Eve Ridley, David Krumholtz, Emily Beecham, David Corenswet, et Jason Momoa.

Initialement, le film recevait déjà des critiques avant sa sortie, notamment d’une certaine communauté toxique en ligne qui ne voulait pas la voir à l’écran pour des raisons superficielles. Du coup, j’aurais voulu défendre le film et dire à quel point il est excellent. Malheureusement, ce sera plus difficile que prévu…

Un anniversaire mouvementé
Au lieu de suivre les conseils de son cousin Kal-El, alias Superman (David Corenswet), de rester sur Terre, Kara (Milly Alcock) voyage dans l’espace avec son chien de compagnie Krypto pour vivre loin des soucis et fêter ses 23 ans. À son agacement, elle rencontre Ruthye Marye Knoll (Eve Ridley), la dernière survivante d’une famille décimée par le brigand Krem (Matthias Schoenaerts), qui cherche à venger les siens. Kara tente de la dissuader de suivre son plan, mais lorsque Krypto se fait attaquer, elle va devoir se mêler à cette histoire…

Une Kryptonienne dans l’espace
Débutons par les points positifs.
Une aventure entièrement spatiale impliquant un Kryptonien ne s’est jamais vue jusqu’à présent, et sur ce point, ce film se démarque des autres films de Superman. En effet, alors que l’environnement terrien rend Superman plus fort que tout le monde par défaut, les conditions alternent dans les autres planètes selon le type de soleil (certaines couleurs de soleil rendent les Kryptoniens forts, mais d’autres les rendent faibles), cela permet de rajouter de l’enjeu à un personnage qui, en temps normal, serait invincible. (D’ailleurs, si vous vous demandiez pourquoi Kara avait des boucles d’oreilles dans le film ou pouvait se saouler, c’est pour cela aussi.)

Un autre point que j’ai beaucoup apprécié était le costume de Supergirl. Il rappelle celui de Superman, mais conserve sa propre identité pour Kara. J’ai notamment aimé l’ajout de shorts rouges sous la jupe, qui permettait à la fois au personnage de garder l’apparence classique du personnage tout en le rendant pratique au combat sans fanservice inutile.

Les arcs inégaux des personnages secondaires
Mon avis sur le développement des personnages varie d’un cas à l’autre…
Lobo (Jason Momoa) est de loin le plus réussi. Il n’a pas à faire beaucoup, mais il profite de chaque instant où il est à l’écran.

L’arc de Ruthye est… cliché et unidimensionnel, selon moi. Il se résume à « Bonjour, je suis Ruthye Montoya, tu as tué mon père, prépare-toi à mourir ». Et autant ses motivations sont compréhensibles, le film ne souhaite pas aller au-delà de « doit-elle accomplir sa vengeance ou non », ce qui est regrettable. Quant à l’arc en question, il est ridiculement prévisible et peu engageant.
Kal-El est peu présent, mais Corenswet fait le plus avec lui dans ce rôle, notamment en démontrant la joie du personnage en rencontrant quelqu’un semblable à lui, qui lui rappelle sa planète natale.

Un potentiel gâché pour Kara
Kara… Alors là, désolé, j’étais déçu. Une alcoolique cynique Superman qui perd son optimisme et qui doit apprendre à le garder, et le fait que la phrase « Il voit le meilleur en tout le monde ; je vois la vérité. » soit déterminant dans la mentalité du personnage… le potentiel pour cette histoire serait grandiose. Mais le film ne prend pas cette direction… Car même si Kara joue l’héroïne qui ne veut pas être héroïne, elle joue aussi le compas moral pour Ruthye. Et la combinaison des deux personnalités de Kara ne fonctionne pas dans le cadre de ce film.

Ah, j’allais oublier le vilain… Ne vous inquiétez pas, vous le ferez aussi.
Quant à l’antagoniste de l’histoire… Vous savez, dans ce genre de films de superhéros, les héros affrontent des subalternes, ou des « méchants de la semaine » avant de rencontrer le grand méchant du film. Alors j’attendais que le vrai méchant embarque à un moment donné… avant de me rendre compte que Krem est bel et bien l’antagoniste principal.

Je crois que ce qui ne m’a pas aidé, en plus de son design peu mémorable, est qu’il reçoit peu de motivations ou de développement. C’est un scélérat sans plus. Dans un film d’action classique, ce type de méchant passerait, mais un film de superhéros dans l’espace… on espérerait trouver mieux.
Un humour douteux et une direction artistique risquée…

Je ne peux pas supporter l’humour de toilette dans certaines scènes. Ça m’a fait plus grimacer qu’autre chose.
Durant des scènes de flash-back, plusieurs personnes parlent des langages extraterrestres inconnus. Jusque là, pas de soucis, ça enrichit le monde. Sauf que plusieurs parties (et j’insiste sur plusieurs) n’étaient pas sous-titrées. Peut-être que ce qu’ils disent n’est pas important ou que le langage corporel des personnages suffisent (en théorie, en tout cas), mais ces scènes m’ont fait plus gratter le crâne qu’autre chose.

Gunn diète, zéro calorie
Tout cela m’amène au problème principal du film. Au lieu de livrer une œuvre propre au personnage, Gillespie semble nous livrer une imitation des films de James Gunn, incluant le style musical (qui est bonne d’ailleurs), l’arc des personnages, les scènes de combats (dont certains certes sympas, dont une impliquant la téléportation), et plus encore. Le résultat est une œuvre remplie de déjà vu, qui peine à trouver sa voie dans un genre saturé.

Et le résultat est un film… plate. Je suis désolé, je ne veux pas ajouter plus d’huile sur le feu et je crois que plusieurs personnes prendront la mauvaise leçon de cette histoire, mais la vérité est que le film est plutôt moyen, et que même en écrivant ces lignes, j’ai de la peine à me le remémorer.

Conclusion
Supergirl nous emmène dans un monde jamais encore exploré dans les films de Superman, à savoir dans l’espace, et profite entièrement du lors pour enrichir son histoire. Cependant, le film, par son scénario dépourvu d’originalités supplémentaires, demeure trop vide pour être divertissant. À vous de juger si vous voulez le voir ou non, ajustez seulement vos attentes en conséquence.
Malgré tout, j’espère que ce n’est pas la fin pour le Supergirl de Milly Alcock. Et que dans son prochain opus, le scénario qu’on lui offrira sera à la hauteur du personnage.

6.8/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Nouvel environnement pour un Kryptonien au grand écran
  • Belle utilisation du worldbuilding avec les différents soleils
  • Le costume de Supergirl est excellent
  • Quelques scènes de combats sympas
  • Alcock accomplit bien son rôle
  • Bonne bande sonore
  • Lobo

Points faibles :

  • Méchant oubliable
  • Potentiel du personnage de Supergirl sous-exploité
  • Arc cliché pour Ruthye
  • Humour douteux à certains moments
  • Incorporation des langues extraterrestres mal intégrée
  • Beaucoup de déjà vu, peu d’innovation
<a href="https://gpourgeek.ca/author/bradlee11/" target="_self">Brad Lee</a>

Brad Lee

Artiste, graphiste, écrivain, cosplayeur, chroniqueur. Élevé par des aliens, ninjas, sorciers, revenants, superhéros, pirates, et princesses.

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