​CRITIQUE DE JEU VIDÉO – MICROSOFT FLIGHT SIMULATOR 2024: LE CRASH DU PS VR2

par | Juin 23, 2026

Informations principales

Titre du jeu : Microsoft Flight Simulator 2024

Développeur : Asobo Studio

Éditeur : Xbox Game Studios

Genre : Simulation

Plateformes : PS VR2, PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC

Testé sur : PS VR2

Prix : 89,99$

Date de sortie : 12 août 2025

Nombre de joueurs : Solo, multijoueur en ligne

En français : Oui

Classement ESRB : E

C’est avec un enthousiasme débordant que j’ai reçu le code de Microsoft Flight Simulator 2024 sur PlayStation 5. Pour ma part, je voulais tester simplement et exclusivement la portion en réalité virtuelle. On va se le dire franchement : du côté du PlayStation VR2, Sony ne nous a pas vraiment gâtés. Pour les gamers qui ont acheté le casque le jour un, le produit a coûté les yeux de la tête et le catalogue de jeux Triple-A est d’une minceur désolante. Alors, quand l’ouverture d’un monstre sacré de la simulation avec une telle réputation s’est présentée, j’étais gonflé à bloc. Voir le logo de Microsoft Studio s’allumer au démarrage d’une console Sony, ça donne un petit frisson et ça part bien une soirée de test. Malheureusement, l’atterrissage en VR a été d’une brutalité rare. Le jeu s’avère être une mine d’or absolue en contenu, mais un désastre d’optimisation technique une fois le casque vissé sur la tête.

​Une mine d’or de contenu pour tous les goûts
​S’il y a bien un point sur lequel on ne peut rien reprocher au titre d’Asobo Studio, c’est sa générosité maladive. Le jeu regorge d’activités et de modes différents, au point où on ne sait plus où donner de la tête. Que vous vouliez vous lancer dans le mode carrière ultra-complet, tripper dans la ligue challenge, faire du vol libre pour le plaisir, ou participer aux intenses courses du Red Bull Air Race, tout y est.
​Les développeurs ont même intégré du contenu surprenant comme le mode Stranger Things, le National Championship Air Race, l’apprentissage rigoureux au pilotage, les courses de rallye, le vol à basse altitude ou les stressants défis d’atterrissage de nuit ou par tempête. Bref, peu importe ce que vous voulez faire dans les airs, vous pouvez le faire. C’est un buffet à volonté hallucinant pour les amateurs d’aviation et de simulation. Le terrain de jeu est littéralement la planète Terre entière, modélisée à l’échelle.

​L’enfer des chargements et la première claque interactive
​L’expérience commence toutefois par une solide épreuve de patience qui vient calmer les ardeurs. Si vous jouez comme moi sur une PlayStation 5 régulière, le jeu prend un temps énorme à s’ouvrir. Les temps de chargement initiaux sont d’une longueur décourageante, nous rappelant l’époque des disques optiques.
​Une fois rendu au menu principal, on fait face au premier irritant ergonomique majeur. Pour basculer en mode VR, il faut appuyer sur les touches L1 + R1 + Start. Le problème ? Impossible de le faire avec les manettes PlayStation VR2 Sense que vous avez pourtant dans les mains. Vous devez absolument utiliser la DualSense classique pour activer le mode avant de pouvoir enfin enfiler votre casque. C’est le premier signe d’une longue série de frustrations d’accessibilité qui vont miner toute la session de test.
​Plus tard, en plein vol, après un crash ou une mauvaise manœuvre, l’interface fige complètement. Impossible de faire « Start » ou de naviguer pour recommencer avec les manettes Sense. J’ai été obligé, à répétition, d’enlever mon casque VR à tâtons, de chercher sur mon bureau pour récupérer ma DualSense Edge, et de peser sur les boutons pour simplement débloquer les menus et retourner à l’écran principal. Ce besoin constant de jongler entre deux types de contrôleurs brise complètement l’immersion et s’avère d’une lourdeur exaspérante.

​De Bora Bora à notre propre cour : le mirage du mode Découverte
​Une fois les yeux bien en face des lentilles OLED du casque, la première impression dans la cabine de pilotage du Cessna 172 Skyhawk est saisissante. Tout est net, les cadrans sont lisibles, la sensation d’immersion spatiale est totale et c’est d’une beauté remarquable. C’est d’ailleurs dans le mode Découverte qu’on trouve les plus beaux visuels du jeu. En effectuant le test au-dessus de Bora Bora, le rendu de l’eau turquoise, des îles et de la barrière de corail est magnifique. Dans ce mode précis, on n’a aucunement l’impression d’être sur une application de cartographie aplatie; c’est du grand art.
​C’est d’ailleurs ce même sentiment de liberté totale qui rend le jeu magique au début : avouons-le, c’est tellement malade et gratifiant de pouvoir décoller, chercher son patelin et voler directement au-dessus de sa propre maison en réalité virtuelle ! On tripe à essayer de reconnaître sa rue, sa cour et son quartier depuis les airs.
​Malheureusement, cette magie s’estompe rapidement dès qu’on change de région pour tester des environnements plus denses ou historiques. En poussant le test en Égypte pour aller admirer les pyramides de Gizeh, c’est le constat du « beurk ». Le rendu visuel fait pitié. C’est comme si le jeu s’était contenté de plaquer des textures et des bâtiments dessinés à la va-vite en 3D par-dessus un bête calque Google Maps ou Google Earth de basse qualité. Quand on se promène à l’entour d’une merveille du monde, on s’attend à de la haute définition et à des détails architecturaux qui coupent le souffle sur notre PS VR2, pas à des blocs polygonaux sans âme et flous.
​C’est encore pire lorsque l’on tente de voler à basse altitude en deltaplane au-dessus de Paris pour passer sous la Tour Eiffel. Le jeu devient extrêmement saccadé. On sent clairement que la console standard crache ses poumons, le taux de rafraîchissement s’écroulant autour d’un pénible 30 images par seconde. Ce manque de fluidité brise le plaisir de voler et s’avère propice à donner la nausée après seulement de courtes sessions de vol.

​S’il vous plaît, laissez-moi visiter mon Boeing !
​Le jeu propose des monstres du ciel comme le mythique Boeing 747-400 ou l’Airbus Beluga XL. Piloter ces géants depuis le cockpit en VR est impressionnant, mais cela met en lumière un manque flagrant de vision de la part des développeurs pour la réalité virtuelle. Avec une telle technologie entre les mains, le rêve de tout gamer aurait été de pouvoir enclencher le pilote automatique à haute altitude, de se lever de son siège de commandant, et de partir explorer la cabine passagers à l’arrière.
​Imaginez le trip de se promener en VR dans les rangées d’un 747 vide, de regarder par les hublots de la classe affaires ou d’aller visiter la soute en plein vol ! Malheureusement, une telle option est totalement absente, ou du moins, elle n’est aucunement visible ou accessible facilement dans les menus. On reste confiné à notre siège, ce qui est extrêmement regrettable pour un titre qui se veut la simulation ultime.

​Loin des standards de Ace Combat 7 et No Man’s Sky
​Soyons critiques et réalistes : on est à des années-lumière du résultat visuel et de la fluidité qu’on est en droit d’attendre sur un PlayStation VR2. Des titres comme Ace Combat 7 (pourtant sorti sur l’ancienne génération de casque) ou les mises à jour récentes de No Man’s Sky ont prouvé qu’on pouvait afficher des panoramas gigantesques, des combats aériens intenses et des surfaces planétaires complètes avec une fluidité exemplaire et une netteté incroyable sur les consoles de Sony. Flight Simulator 2024 n’arrive jamais à ce niveau d’optimisation.
​Pour couronner le tout, le jeu souffre d’un manque de finition flagrant. Les contrôles au mouvement avec les manettes Sense sont mal foutus et varient d’un appareil à l’autre. En deltaplane, je peux contrôler ma manette des gaz physiquement, mais mes joysticks sur les manettes ne répondent plus pour diriger l’appareil. Pire encore, lors de mes sessions, le jeu a crashé et fermé complètement à plusieurs reprises après que j’aie appuyé une coupe de fois sur le bouton de capture d’écran pour immortaliser mes vols au-dessus de la France. Des crashs logiciels sur un titre de cette envergure, ça ne passe pas.

​Pourquoi cette note ? Soyons clairs. Si je devais évaluer Microsoft Flight Simulator 2024 en mode simulation traditionnelle, confortablement assis devant une télévision 4K OLED avec un vrai joystick d’aviation entre les mains, le jeu décrocherait un solide 9,5/10 sans hésiter. Le contenu est royal et la physique est d’une précision chirurgicale. Mais ici, on évalue spécifiquement l’expérience PlayStation VR2. Dans l’état actuel, le titre n’est pas du tout optimisé pour la réalité virtuelle de Sony. Entre le flou persistant des décors extérieurs, les baisses de fluidité intolérables au-dessus des villes, l’impossibilité de flâner dans les cabines des gros porteurs, et l’obligation ridicule de retirer son casque pour utiliser une DualSense classique quand l’interface bogue, l’expérience coupe tout le plaisir de jouer. C’est une immense déception pour un Triple-A qui aurait pu être le messie du casque de Sony, mais qui demande aujourd’hui de trop grosses mises à jour pour devenir véritablement recommandable. Pour l’instant, je préfère remettre mon casque VR dans sa boîte et retourner faire de la SIM traditionnelle sur ma télé.

Merci à Xbox Game Studios pour la copie du jeu.

5/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Une mine d’or d’activités : mode carrière, Red Bull Air Race, défis d’atterrissage, il y en a pour des centaines d’heures.

  • Le sentiment incroyable et immersif de pouvoir voler au-dessus de sa propre maison et de son quartier en VR.

  • Le mode Découverte à Bora Bora, qui offre ce que le jeu a de plus beau, de plus net et de plus immersif à offrir en VR.

  • ​La modélisation des cockpits (comme le Cessna 172), ultra-détaillée et totalement interactive avec le casque.

  • ​Les info-bulles interactives bien pensées qui décrivent chaque bouton lorsqu’on les pointe avec la manette Sense.

Points faibles :

  • Optimisation VR déficiente, très loin de la clarté visuelle et de la fluidité parfaite d’un No Man’s Sky ou d’un Ace Combat 7.

  • Obligation frustrante de jongler entre les manettes Sense et la DualSense/Edge pour activer la VR ou débloquer les menus figés.

  • ​Le rendu de plusieurs zones majeures (Égypte, Paris) qui ressemble à du Google Maps 3D bon marché avec des textures au sol affreuses.

  • ​Impossible de quitter le cockpit pour visiter la cabine arrière des gros porteurs (comme le Boeing 747) en pilote automatique.

  • ​Instabilité technique majeure, incluant des bugs de joysticks qui cessent de répondre et des crashs complets du jeu lors des captures d’écran.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

<a href="https://gpourgeek.ca/author/yanollywood/" target="_self">Yanollywood</a>

Yanollywood

Frigoriste dans la construction le jour et papa à temps plein, je manie la manette depuis que je suis tout flo. Entre un entretien de chiller et d'un système de climatisation, je décortique les nouveautés avec l’œil critique d'un gars qui a pas de temps à perdre avec du niaisage. Je vous livre mes impressions sans filtre : du direct, du vrai, pi l’heure juste sur ce qui mérite vraiment de chauffer votre console.

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