CRITIQUE DE FILM – DRACULA : A LOVE TALE

par | Juin 21, 2026

Informations principales

Titre du film : Dracula (ou Dracula: A Love Tale)

Réalisateur : Luc Besson

Scénariste / Auteur original : Luc Besson et Bram Stoker

Studio / Production : EuropaCorp, LBP Productions, TF1 Films Production

Genre : Horreur, romance, gothique

Durée : 2 heure et 9 minutes

Date de sortie : 6 février 2026

Si vous ne le saviez pas encore : je suis une amoureuse incurable des films de dark romance. J’ai toujours préféré les histoires qui brûlent, qui blessent, qui obsèdent, plutôt que les romances trop sucrées qui brillent comme des confettis. Ma zone de confort, c’est l’intensité, la noirceur, les passions qui dévorent. Bref, la romance qui semble toxique tant elle est mortelle, mais qui, au fond, est une véritable pépite.

Alors oui, j’attendais Dracula: A Love Tale avec une impatience presque déraisonnable, du genre où je regardais la bande-annonce en boucle en me disant : « Putain, c’est long avant la sortie… pourquoi en France c’est déjà sorti et pas ici ? » Parce que moi, j’aime les amours qui ne sont ni simples ni sages, celles qui dérangent, qui serrent la gorge, qui coupent le souffle et qui restent en tête bien après le générique. Et Dracula… ce n’est clairement pas une romance de dimanche après-midi. C’est une tempête, une obsession, une morsure à laquelle je me suis laissée tomber tête la première. Passion, tension, noirceur… tout est là, et je peux vous dire que ça ne laisse pas indemne.
Bon, vous me direz : « Encore une histoire de vampire… encore une adaptation inspirée du roman qui a lancé tous les films de Dracula… donc l’histoire va sûrement être la même que dans les versions d’avant. » Et pourtant, pas vraiment. Les films de Dracula ne racontent jamais exactement la même histoire. Ils reprennent tous le même mythe, mais chacun le réinvente à sa manière. Selon l’époque, le réalisateur ou le ton recherché, Dracula peut devenir un monstre terrifiant, un amant tragique, une obsession romantique ou même une figure presque poétique. C’est toujours la même légende, oui, mais chaque adaptation en révèle une facette différente, comme si le mythe changeait de peau à chaque nouvelle version.

Immortel pour te retrouver mon amour !
Au XVe siècle vit un couple fougueusement amoureux : le prince Vlad et sa bien-aimée Elisabeta. Vlad est appelé à la guerre et laisse la prunelle de ses yeux sous la protection d’un prêtre… mais elle est trahie, puis tuée. Dévasté, fou de douleur, Vlad renie Dieu, tourne le dos à la lumière et se retrouve maudit par l’immortalité. C’est ainsi que naît Dracula : un être condamné à survivre alors que tout ce qu’il aimait a disparu. Dans cette nouvelle version, le mythe est revisité sous un angle résolument romantique. On ne suit plus seulement un monstre, mais un homme rongé depuis des siècles par un amour arraché trop tôt, un amour qui a laissé en lui un vide impossible à combler. Après des années d’errance et de ténèbres, le destin lui sourit enfin : elle revient, sous une nouvelle forme, plus lumineuse que jamais. Cette sensation étrange de revivre en étant mort refait surface. Le jeu de séduction, le désir, l’obsession… tout renaît, pulse, brûle à nouveau dans son corps immortel. Mais une question demeure : l’amour peut-il sauver des âmes perdues ou ne fait-il que les condamner à une tragédie encore plus profonde ?

Encore luiiii, Dracula…
Je dois souligner que, oui, c’est encore une histoire de Dracula qui ressemble à plusieurs adaptations que nous avons déjà vues auparavant. Cependant, ce que j’ai particulièrement aimé dans ce film, c’est qu’il est plus poétique et plus artistique que beaucoup d’autres versions. On entre dans une œuvre qui revisite l’histoire afin de lui donner une nouvelle fraîcheur. Pour être honnête avec vous, je pense qu’il fait partie de mes Dracula préférés, sinon mon préféré. Certains diront que le film est une sorte de copie ou qu’il s’inspire énormément du Bram Stoker’s Dracula de Francis Ford Coppola. Mais ce film lui-même s’inscrivait dans une longue tradition d’adaptations du mythe de Dracula, chacune empruntant certains éléments à celles qui l’ont précédée. Lorsqu’un roman ou une légende est adapté au cinéma depuis plus d’un siècle, il est inévitable de retrouver des ressemblances d’une œuvre à l’autre. Il faut donc dépasser cette comparaison et regarder le film pour ce qu’il est réellement. Son histoire est certes de qualité, mais elle n’est pas particulièrement originale. Là où le film se distingue, c’est dans sa mise en scène, son atmosphère, son approche plus romantique et tragique, ainsi que dans la performance remarquable de Caleb Landry Jones. C’est sur ces aspects qu’il faut le juger. Si l’on accepte de le regarder autrement qu’à travers les comparaisons avec les versions précédentes, on découvre une œuvre qui possède sa propre identité et beaucoup de personnalité.

Hummmm… Caleb Landry Jones ?!
Parlons de la performance de Caleb Landry Jones dans le rôle de Dracula. Son jeu d’acteur est véritablement hypnotisant et envoûtant. Il parvient à donner au personnage une image très effrayante, presque monstrueuse, tout en étant capable d’exprimer la romance, la douceur, la sensibilité et un côté séduisant qui attire irrésistiblement le regard. Au fil du film, on finit même par se surprendre à l’apprécier physiquement et à le trouver attirant, alors que, croisé dans la rue, on ne lui aurait peut-être pas accordé une attention particulière. Il dégage une aura unique qui le rend à la fois mystérieux, passionné et magnétique à l’écran. C’est d’ailleurs l’une des grandes forces de son interprétation : il réussit à faire coexister la monstruosité et l’humanité de Dracula sans jamais tomber dans la caricature. Il est à la fois inquiétant et touchant, ce qui rend le personnage fascinant du début à la fin. Il faut voir le film pour comprendre pleinement l’effet que sa présence produit à l’écran.

Ah ! Je vous salue Maria
On retrouve également l’une des meilleures performances féminines du film dans un rôle secondaire. Je parle ici de Maria, interprétée par Matilda De Angelis. Son personnage est complexe et nuancé : elle oscille entre la méchanceté et la gentillesse, entre l’hystérie et la lucidité, entre la femme libre, l’amoureuse passionnée et la figure tragique. À mes yeux, elle est l’un des éléments clés du film. Son interprétation est tellement convaincante qu’elle donne une véritable personnalité et une réelle profondeur à son personnage. Elle réussit à le rendre attachant, fascinant et très agréable à suivre à l’écran. Son charisme est remarquable. Elle dégage une beauté, une présence et une aura féminine particulièrement impressionnantes qui captivent immédiatement le regard. Chaque scène dans laquelle elle apparaît semble gagner en intensité grâce à son énergie et à son investissement dans le rôle. J’irais même jusqu’à dire qu’elle livre une performance plus marquante que l’actrice principale. Bien que cette dernière soit très belle, charmante et crédible dans son rôle, Maria parvient davantage à capter l’attention du spectateur. Sa présence à l’écran est magnétique et elle réussit souvent à voler la vedette lorsqu’elle partage une scène avec les autres personnages. Ce qui rend son interprétation si intéressante, c’est qu’elle ne se limite jamais à un seul aspect de sa personnalité. Elle peut être séduisante, drôle, troublante, vulnérable ou inquiétante d’une scène à l’autre, sans que cela paraisse forcé. Cette richesse émotionnelle fait de Maria l’un des personnages les plus mémorables du film et contribue grandement à son atmosphère envoûtante.

Gothique comme j’aime
Parlons maintenant des décors, qui sont tout simplement magnifiques. Ils s’inscrivent dans un style gothique très marqué, tout en demeurant visuellement plaisants et élégants. Chaque lieu semble avoir été pensé avec soin afin de créer une atmosphère à la fois sombre, romantique et envoûtante. À la direction artistique, on retrouve Hugues Tissandier, un collaborateur régulier de Luc Besson. Comme à son habitude, il livre un travail remarquable, mais je dirais même que c’est dans ce film qu’il se surpasse. Le souci du détail est impressionnant et l’on sent une véritable recherche derrière chaque décor. La palette de couleurs est particulièrement réussie. Les décors se marient parfaitement avec les costumes, le maquillage et la photographie du film, créant une identité visuelle forte et cohérente. Chaque plan semble avoir été composé comme une œuvre d’art, où chaque élément trouve naturellement sa place. Les décors construits sont splendides et souvent époustouflants à regarder. Ils contribuent énormément à l’immersion et donnent au film une personnalité visuelle unique. Mais ce sont peut-être les scènes tournées en extérieur qui m’ont le plus marquée. Les paysages sont à couper le souffle. Les prises de vue extérieures dégagent un aspect sauvage, presque hostile par moments, qui donne froid dans le dos. Elles offrent une vision de la Transylvanie à la fois mystérieuse, majestueuse et différente de ce que l’on a l’habitude de voir dans les adaptations de Dracula. J’ai particulièrement apprécié le fait que le film ne cherche pas simplement à reproduire des images déjà vues ailleurs. Il propose plutôt une interprétation visuelle singulière de cet univers, ce qui apporte un véritable sentiment de fraîcheur. Dans un genre où les décors gothiques peuvent parfois sembler répétitifs, cette version parvient à offrir quelque chose de nouveau tout en respectant l’essence du mythe. Merci à l’équipe artistique de nous avoir offert des décors aussi riches, aussi immersifs et aussi mémorables. Ils participent grandement à la beauté du film et à son pouvoir de fascination.

Nouvelle addiction costume en vue
Parlons maintenant des costumes, qui sont sans aucun doute l’un de mes aspects préférés du film. Je suis littéralement tombée amoureuse de leur conception. Que ce soient les tenues de Dracula, avec sa magnifique armure imposante et élégante, les robes somptueuses d’Elisabeta ou encore les costumes des personnages secondaires, tout est absolument superbe. Il faut d’ailleurs souligner l’immense travail réalisé par Corinne Bruand, qui a conçu près de 550 costumes pour le film. Un tel nombre témoigne de l’ampleur de la production, mais surtout du soin apporté à chaque détail. Les costumes mélangent habilement les influences médiévales et victoriennes, deux styles qui se complètent à merveille à l’écran. Cette fusion visuelle renforce l’aspect intemporel du récit et nous donne l’impression de voyager à travers différentes époques tout au long du film. Chaque tenue contribue à définir la personnalité des personnages et à enrichir l’univers du film. Les tissus, les couleurs, les broderies et les accessoires participent tous à cette impression de richesse visuelle qui se dégage de l’œuvre. Je ne vais pas mentir : si j’avais eu la chance de travailler sur ce plateau de tournage, j’aurais probablement été tentée de repartir avec quelques pièces de costume. Certaines tenues sont tellement magnifiques qu’elles ressemblent davantage à des œuvres d’art qu’à de simples vêtements de cinéma.

Maquillage
Il faut également parler du remarquable travail de maquillage réalisé par Julia Floch, Jean-Christophe Spadaccini, Denis Gastou et leur équipe composée de 28 professionnels du maquillage. Leur contribution est essentielle à la crédibilité visuelle du film et mérite d’être soulignée. L’un des aspects les plus impressionnants est sans aucun doute le vieillissement de Dracula. À l’écran, le personnage apparaît parfois comme un être âgé de plus de 400 ans et le résultat est franchement saisissant. Les prothèses appliquées sur les mains, le torse, le cou et le visage sont d’un réalisme remarquable. On sent qu’un important travail de recherche a été effectué sur la texture de la peau, les rides, les volumes du visage et les effets du vieillissement. Chaque détail contribue à rendre l’apparence du personnage crédible. Ce n’est jamais excessif ni artificiel : le maquillage accompagne le personnage au lieu de prendre toute la place, ce qui le rend encore plus efficace. Le film impressionne également par ses maquillages d’effets spéciaux lors des scènes de guerre et de violence. Les blessures, les cicatrices et les effets gore sont réalisés avec beaucoup de soin et un réalisme parfois troublant. L’équipe parvient à créer des images qui ont un véritable impact visuel sans tomber dans la surenchère gratuite. Sans parler que c’est toute leur équipe qui a fait les têtes décapitées… Arkkkkkkkk ! Personnellement, je ne suis pas une grande amatrice de sang ou de gore et pourtant certaines scènes m’ont réellement mise mal à l’aise tant elles semblaient authentiques. À plusieurs reprises, j’ai eu du mal à soutenir le regard devant certaines blessures ou certaines séquences de combat. Pour moi, c’est la preuve que le travail des maquilleurs a été accompli avec beaucoup de talent.

Entre le maquillage, les costumes et les décors, le film démontre un niveau de soin artistique qui devient de plus en plus rare dans les grosses productions. Chaque département artistique semble avoir travaillé dans la même direction afin de créer un univers cohérent, immersif et visuellement mémorable. Le film réussit à créer une identité visuelle forte qui contribue énormément à son charme. Même lorsque l’histoire emprunte des chemins déjà connus, le spectacle offert aux yeux demeure constamment fascinant.

Vive la musique
Je dois également faire une mention spéciale à la musique composée par Danny Elfman, qui signe une bande originale véritablement enivrante. Sa musique plonge complètement le spectateur dans le film grâce à un mélange puissant de chants choraux d’inspiration religieuse et de thèmes épiques aux accents chevaleresques. La bande sonore joue un rôle essentiel : elle cimente l’ensemble du film et amplifie les émotions à l’écran, renforçant ainsi l’immersion du spectateur. Il y a notamment une scène que je recommande particulièrement : la scène de « l’histoire du parfum ». La musique y est magistrale et rend les images, déjà somptueuses, encore plus hypnotiques et impressionnantes. On y retrouve à la fois des costumes d’une grande qualité, une chorégraphie de danse très élégante et une mise en scène visuellement captivante. C’est sans doute ma scène préférée du film, car elle réunit en un seul moment tout ce que j’ai évoqué plus tôt : la direction artistique, les costumes, la musique et la chorégraphie, parfaitement synchronisés pour créer une séquence mémorable.

8.8/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Performances d’acteurs hypnotisantes 
  • Direction artistique exceptionnelle 
  • Atmosphère gothique, poétique et visuellement très riche 

Points faibles :

  • Intrigue assez classique et déjà vue dans les précédentes adaptations de Dracula 
  • Quelques passages narratifs un peu prévisibles 
  • Une histoire parfois plus portée par le style que par l’originalité du scénario 

Pour visionner le film, c’est ici.

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