CRITIQUE DE JEU VIDÉO – BOHNICE: WITHIN THE MIND

par | Juin 2, 2026

Informations principales

Titre du jeu : Bohnice: Within the Mind

Développeur : Anaro Games

Éditeur : Anaro Games

Genre : Aventure, Horreur

Plateformes : PC

Testé sur : PC

Prix : Non disponible

Date de sortie : Prochainement

Nombre de joueurs : Solo

En français : Interface et sous-titres

Classement ESRB : T

Certains, que je qualifierais de rageux, seraient portés à dire que l’âge d’or du jeu d’horreur est, depuis quelques années déjà, derrière nous. Rageux dont je fais, je l’avoue, un peu partie. N’est pas Amnésia (le jeu d’horreur, pas le jeu de romance ou tu fini kidnappé) qui veut, et tous n’ont pas un impact comme Dead Space. Pour autant, le jeu vidéo d’horreur connaît depuis plusieurs années un véritable renouveau. Entre les productions à gros budget à la Capcom et les créations indépendantes capables de rivaliser avec les plus grands noms du genre, les joueurs sont régulièrement invités à découvrir de nouvelles expériences, toujours plus dérangeantes les unes que les autres. C’est dans cette catégorie que s’inscrit Bohnice: Within the Mind, un titre développé et édité par Anaro Games, un studio indé qui mise avant tout sur l’atmosphère et la narration environnementale. Inspiré d’un véritable hôpital psychiatrique de Bohnice situé à Prague, le jeu propose une aventure horrifique à la première personne où le joueur incarne un journaliste d’investigation venu percer les secrets d’un établissement abandonné depuis plusieurs décennies. Est-ce un bon jeu, ou une redite d’Outlast ? Voyons ça ensemble.

Dès sa présentation, Bohnice: Within the Mind affiche clairement ses ambitions. Il ne cherche pas à révolutionner le genre de l’horreur psychologique, mais plutôt à s’inscrire dans la lignée d’œuvres comme Outlast, Layers of Fear ou encore Amnesia, en mettant l’accent sur l’immersion, la découverte progressive de l’histoire et la montée constante de la tension. Le joueur est invité à parcourir les vestiges d’un asile abandonné où se mêlent expériences interdites, phénomènes paranormaux et souvenirs douloureux d’un passé que certains auraient préféré voir disparaître à jamais.
Là où beaucoup de jeux d’horreur indépendants se contentent d’accumuler les clichés du genre, Bohnice: Within the Mind tente de construire une expérience plus réfléchie, où le décor devient lui-même un personnage à part entière. Cette volonté se retrouve aussi bien dans sa direction artistique que dans son gameplay ou sa narration. Reste à savoir si le titre parvient réellement à exploiter tout le potentiel de son cadre particulièrement intrigant.

Direction artistique et ambiance
La première qualité qui saute aux yeux lorsqu’on découvre Bohnice: Within the Mind réside sans aucun doute dans son ambiance. Le jeu prend place dans les ruines décrépies de l’asile de Bohnice, un lieu réel dont la réputation semble nourrir depuis longtemps les légendes urbaines de Prague si je me fie à mon fidèle ami, Google. Dès les premières minutes, le joueur est plongé dans un univers oppressant où chaque couloir semble raconter une histoire tragique. M’enfin, ça, c’est moi qui le dit. Au final, peut-être que c’était la foire à la saucisse tous les jours, je n’y étais pas. Je sais cependant que l’équipe d’entretien n’est pas passé depuis un petit moment et que la poussière chatouille mes narines.
Un point à noter, c’est que le jeu est plutôt joli. Les environnements sont très bien travaillés. Peut-être, je dis bien, PEUT-ÊTRE, que c’est trop propre, trop bien fait, justement. Sans tomber dans le photoréaliste, le jeu manque d’une patte véritablement à lui, et il serait assez aisé de le confondre avec tous les jeux d’horreurs oubliés en comparant que les images. Et ce serait une erreur, car le jeu mérite d’être joué.

Rapidement, l’impression d’être observé dans chacun de nos faits et gestes nous prend, ce qui pourrait parfois nous faire poser des questions pour les plus trouillards d’entre nous. ‘’ J’ai vraiiiiiiiiiiiiiment besoin d’aller dans ce couloir sombre qui fait peur ? ‘’ Cette approche rappelle les meilleures productions du genre, où l’angoisse naît davantage de ce que l’on imagine que de ce que l’on voit réellement.

L’utilisation de l’éclairage contribue énormément à cette réussite. Les zones plongées dans l’obscurité semblent absorber la lumière, tandis que les rares sources lumineuses créent des jeux d’ombres particulièrement inquiétants. Les effets de réflexion, les détails environnementaux et le travail sur les textures témoignent également du soin apporté à la reconstitution du lieu. Je salue cette capacité à créer un sentiment de malaise permanent à travers la simple architecture des décors. Au final, dans les jeux d’horreurs, si tu maîtrises ton ambiance, c’est que tu maîtrises tout.
Le design sonore joue également un rôle majeur dans la construction de l’ambiance. Les craquements du bâtiment, les bruits lointains, les murmures (peut-être imaginés par le joueur, on sait pas) et les silences prolongés participent à maintenir une tension constante. Contrairement à de nombreux jeux d’horreur modernes qui abusent des « jump scares », Bohnice: Within the Mind privilégie pour l’instant (je n’ai joué qu’à la démo) d’une approche plus subtile fondée sur l’anticipation et l’incertitude. Le joueur ne sait jamais réellement ce qui l’attend au détour du prochain couloir, et ça, ÇA ! ça, ça fonctionne mieux que n’importe quel jumpscare de connard (et ma phrase à beaucoup de ça, j’en conviens, mais vous reprendriez bien un peu de ça avec votre ça. Ça. ).

Cette direction artistique confère une ambiance qui fonctionne, mais… Mais je crois qu’il lui manque quelque chose pour sortir du lot, une patte, une touche, un je-ne-sais-quoi qui ferait dire à tout le monde ‘’ ça, c’est Bohnice ! ‘’ et pas ‘’ ah, un jeu d’horreur ‘’. Comme dit plus tôt, l’esthétique est très belle, mais n’est-elle pas justement trop belle ? Le jeu à une apparence classique de jeu vidéo d’horreur. Heureusement, l’ambiance fonctionne, mais est-ce que l’on va s’en souvenir dans dix ans, comme je me souviens de FNAF ?

Gameplay
Sur le plan du gameplay, Bohnice: Within the Mind adopte une formule relativement familière aux amateurs d’horreur narrative, trop familière. Le joueur évolue à la première personne et doit explorer les différentes parties de l’établissement afin de découvrir des indices sur les événements qui s’y sont déroulés.
L’une des mécaniques centrales du jeu repose sur l’utilisation d’un appareil photo. Celui-ci ne sert pas uniquement à documenter les découvertes du protagoniste ; il devient également un outil servant l’ambiance du jeu. Certaines preuves, certains phénomènes ou certaines manifestations horrifiques ne peuvent être observés qu’à travers l’objectif de l’appareil. Cette idée apporte une dimension intéressante à l’exploration puisqu’elle pousse le joueur à observer attentivement son environnement et à remettre en question ce qu’il croit percevoir, mais surtout, confronte le joueur à l’horreur du jeu en ne lui permettant pas toujours de l’esquiver dès que la chose est aperçue du coin de l’oeil.

Le système rappelle par moments certaines mécaniques vues dans des productions comme Fatal Frame (Project Zero en Europe), un vieux jeu de 2001 que j’ai découvert sur PS2 que bien des années plus tard et par son troisième opus, lui sorti vers 2005, même si l’objectif ici est orienté vers l’enquête et pas du tout vers le combat ou la défense. Cette absence de véritable puissance offensive renforce le sentiment de vulnérabilité. Le joueur n’est pas un héros armé jusqu’aux dents ; il est simplement un journaliste confronté à des événements qui le dépassent. Adieu, Léon S. Kennedy qui savate tous les zombis, je ne t’incarnerais donc pas de nouveau.

L’exploration constitue donc le cœur de l’expérience. Les documents cachés, les photographies à collecter et les indices disséminés dans l’environnement permettent de reconstruire progressivement le passé de l’établissement. Cependant, cette orientation très narrative pourrait également représenter une limite pour certains joueurs. Ceux qui recherchent un gameplay particulièrement dynamique risquent de trouver l’aventure relativement contemplative. Les mécaniques semblent davantage conçues pour soutenir l’ambiance et la narration que pour proposer un défi technique ou stratégique important. Envie de vous dire… si vous vouliez jouer à CoD, fallait peut-être pas acheter un jeu d’horreur, mais l’on dirait encore que je suis mauvaise langue.

Histoire
L’histoire constitue probablement l’élément le plus intrigant de Bohnice: Within the Mind. Le joueur incarne un journaliste qui cherche à comprendre pourquoi l’immense complexe psychiatrique de Bohnice a été fermé du jour au lendemain quarante ans auparavant. Très (trop) rapidement, cette simple enquête journalistique prend une tournure beaucoup plus inquiétante.
Au fil de son exploration, le protagoniste découvre des traces d’expériences interdites, de programmes de contrôle mental, de tortures et d’autres pratiques particulièrement sombres qui auraient été menées dans l’établissement. Les documents retrouvés suggèrent l’existence d’activités secrètes soigneusement dissimulées aux autorités et à la population.
Ce qui rend le récit particulièrement intéressant est son ancrage dans un lieu réel. Même si l’histoire relève largement de la fiction, le simple fait d’utiliser un cadre inspiré d’un véritable établissement renforce considérablement l’immersion. Le joueur a constamment l’impression que les événements décrits pourraient avoir une part de vérité cachée derrière les légendes urbaines entourant le site.

La narration environnementale semble également occuper une place centrale. Plutôt que de multiplier les cinématiques, le jeu privilégie la découverte progressive d’indices éparpillés dans les décors. Chaque pièce explorée apporte un fragment supplémentaire du puzzle. Cette méthode encourage l’implication, l’on devient nous-même l’enquêteur chargé de reconstituer les événements.
Je vais m’arrêter ici, en espérant vous avoir donné envie d’en découvrir plus, car je ne voudrais pas vous spoiler l’histoire du jeu outre mesure.

Conclusion
Bohnice: Within the Mind s’annonce comme une œuvre particulièrement prometteuse pour les amateurs d’horreur psychologique et de jeux d’investigation. En choisissant de situer son intrigue dans les ruines d’un asile inspiré d’un lieu réel, Anaro Games dispose d’un cadre naturellement propice à la création d’une atmosphère inquiétante. Le studio semble avoir compris que la peur naît souvent davantage de l’imagination que de l’action pure, et cette compréhension des codes propres de l’horeur imprègne l’ensemble du projet.
Soyez pour autant averti, le jeu ne cherche pas à révolutionner le genre, mais plutôt à offrir une aventure scénarisée et un poil contemplative, portée par un décor fascinant et un sens certain de la mise en scène. Pas que QTE ici pour fuir ! Pour les joueurs qui apprécient les enquêtes paranormales, les lieux abandonnés chargés d’histoire et les récits où la frontière entre réalité et folie devient incertaine, Bohnice: Within the Mind possède de sérieux arguments.
En définitive, le titre d’Anaro Games apparaît comme une lettre d’amour aux grands classiques de l’horreur psychologique moderne. S’il parvient à tenir toutes les promesses esquissées par sa démo, il pourrait bien devenir l’une des surprises indé les plus intéressantes du genre.

Merci à Anaro Games pour la copie du jeu.

7/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Une ambiance qui fait le café, le plus important quelque part
  • Un gameplay qui force l’exploration et la confrontation à l’horreur
  • Pas de jumpscare de merde (AMEN bordel)

Points faibles :

  • L’absence d’une patte graphique propre, qui pourrait faire en sorte que le jeu se fonde parmi tous les concurrents
  • Quelques bugs franchement relous, dont un qui m’a fait crash quit le jeu

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