
Informations principales
Titre du jeu : The Dead Await
Développeur : Shotx
Éditeur : indie.io
Genre : Horreur et survie, stratégie, jeu de rôle et construction de paquets
Plateformes : PC
Testé sur : PC
Prix : 16.99$
Date de sortie : 18 Mai 2026
Nombre de joueurs : Solo
Survivre aux morts… et aux pronoms
Ce jeu d’horreur et de survie nous place dans la peau d’Angel, qui utilisera toujours le pronom « il », peu importe l’apparence que l’on choisit pour notre personnage. J’ai commencé par en sélectionner un avec un visuel très masculin, possédant une petite barbe. Ensuite, j’ai créé un avatar aux formes plus arrondies, avec des seins, une taille fine mettant en valeur ses hanches, des lèvres plus charnues et un nez plus subtil avec quelques rougeurs sur les joues. Je me suis alors demandé : « J’ai créé un personnage féminin ; est-ce que la cinématique de début présentant mon héroïne sera différente ? » Non, rien ne change. En effet, tous les protagonistes non joueurs que l’on rencontre nous adressent de la même manière. On m’a dit « “Monsieur” » alors que j’avais de toute évidence une apparence féminine. Heureusement, le jeu n’a pas de version française et les dialogues ne sont pas doublés, ce qui atténue l’écart de genre. Les développeurs auraient pu inclure une option permettant au joueur de choisir le genre de son personnage dès le début, mais je comprends qu’un petit studio n’ait pas les ressources nécessaires pour produire des versions distinctes du texte en fonction du pronom utilisé.
Une apocalypse en terrain connu
Donc, Angel, en compagnie de son félin Ninja, s’efforce de subsister dans cet univers apocalyptique où une invasion de zombies a déferlé sur Terre il y a déjà plus de deux ans et a profondément bouleversé nos civilisations. Isolé depuis tout ce temps dans son chez-lui, notre héros n’a pas le choix de sortir de sa tanière, puisqu’il ne possède plus rien à se mettre sous la dent. Il découvre ce monde ouvert, à l’aide d’un véhicule récréatif reconstitué, où l’humanité s’accroche à la vie dans des petites agglomérations précaires. Alors que les morts-vivants représentent une menace constante, la véritable source de danger pourrait bien être constituée par les humains normaux.
Effectivement, on retrouve la recette classique des mondes ouverts où plusieurs personnages non-joueurs apparaissent avec un point jaune au-dessus de leur tête et attendent notre arrivée pour nous proposer une quête épique ou parfois même un peu plus saugrenue pour nous faire progresser dans l’histoire, nous permettre de gagner en expérience ou ramasser un peu de butin qui nous permettra de survivre. Pour ceux qui ont déjà connu l’aventure de ce genre, vous vous retrouverez en terrain connu.

Survivre, fouiller et gérer son groupe
Parlons maintenant de survie. Pour notre petit groupe de personnes ayant miraculeusement survécu, il est crucial d’avoir assez de nourriture et d’eau dans notre glacière, afin d’éviter des dommages au moral et de devenir des proies faciles pour les créatures mangeuses d’humains. La mécanique reprend un peu celle de The Darkest Dungeon, mais avec une emphase moins grande sur les attaques directes sur le moral. On verra quand même nos personnages affectés si l’on ne prend pas soin d’eux. Évidemment, l’aspect charognard occupe une certaine place également si l’on prend en compte que plusieurs objets serviront à améliorer, transformer nos équipements et nos outils au campement. Il en va de même pour la nourriture où les recettes secrètes à découvrir donneront de nouveaux bonus à notre groupe de héros.
Il y a également un système de réputation, qui permet surtout d’avoir de meilleurs prix sur les articles que l’on veut acheter chez les marchands. J’ai quand même remarqué qu’on ne pouvait avoir accès à certains endroits en nous disant qu’on devait gagner la faveur du groupe de la place. Je ne sais si c’était une référence à nos points de réputations ou c’est une quête future qui permettra à certains lieux barrés de devenir accessible. Ça demeure intrigant.

Un système de cartes étonnamment solide
Chaque fois que nos héros progressent en niveau, ils se voient attribuer un tableau de caractéristiques et de compétences ainsi qu’un tableau de bonus du personnage. Les points gagnés peuvent être utilisés pour personnaliser ces entités en les adaptant à nos goûts, en créant ainsi des caractéristiques uniques. Ces tableaux sont identiques pour tous les personnages, mais la personnalisation demeure vaste. Aussi, le groupe avance de concert grâce à des capacités partagées qui augmenteront la puissance de pas seulement un des protagonistes, mais l’ensemble des survivants.
Je suis ravi de partager ma découverte : il existe de nombreuses options pour personnaliser les personnages lorsqu’ils progressent en puissance. Je n’ai pas encore abordé le système de combat, qui fonctionne sur le principe du paquet de cartes. Lors d’un affrontement avec un adversaire, des cartes sont tirées au hasard et l’on se retrouve face à des possibilités pour remporter la victoire. Il est primordial de bien faire attention à la sélection de nos ressources, surtout celles d’attaque, puisque, si l’on en a avec un pistolet et que notre personnage n’en est pas équipé, elle s’avère inutile et affaiblit notre jeu en nous offrant moins d’options. Comme il est possible d’avoir plusieurs héros, chacun possède son propre paquet, mais les cartes sont interchangeables entre eux avant les combats. Pendant qu’ils affrontent des ennemis, les combattants jouent à chacun leur tour.

Un deuxième jeu de cartes dans le jeu
Les développeurs de Shotx se sont amusés à créer un petit jeu de cartes qui n’a rien à voir avec les paquets servant à se battre, mais qui permet de participer à des tournois contre certains personnages non-joueurs. On l’appelle Blast pour explosion, puisqu’on pige des cartes qui peuvent nous attribuer des points ou en enlever, mais si l’on en tire trop de cartes explosions, on peut perdre la partie parce qu’on ne pourra plus piger. Au départ, j’avais seulement quelques cartes à ma disposition, mais il semblait y avoir une place réservée pour en débloquer d’autres. Cette perspective a piqué ma curiosité.

Une bande dessinée gothique qui bouge peu
Grâce à son approche entièrement en deux dimensions, The Dead Await ose employer un style de mise en scène minimaliste en utilisant une grille régulière pour dépeindre les décors et les personnages, qui sont effectivement « peints » numériquement avec des traits d’encre épais. On s’éloigne du réalisme et on s’approche plus d’un effet BD gothique. On a peut-être voulu s’inspirer de l’origine des Walking Dead et de leur bande dessinée. Un petit clin d’œil intentionnel ? On pourra aimer le style, mais certains préféreront un côté plus dynamique, avec des animations plus fluides et plus réelles. Parce qu’on se déplace en voyant glisser nos icônes, il n’y aura pas grand-chose à admirer là-dedans. Les combats représentent un certain progrès, mais ça demeure des animations flash, rien d’extraordinaire. On est vraiment pas ici pour de quoi de tape-à-l’œil, réaliste et de dernier cri.

Une ambiance sonore discrète, mais efficace
Les musiques qui habillent les niveaux lors de nos déplacements sont très ambiantes et n’imposent pas leur rythme, sauf peut-être lors des combats. Encore là, ça reste un peu plus groovy, mais on se garde une certaine retenue. La plupart du temps, la musique souligne la lourdeur, le macabre et le mystère.

Un mélange étonnamment ambitieux
The Dead Await demeure un bon petit jeu de monde ouvert dans cet univers postapocalyptique dystopique. Ces nombreuses quêtes et son minijeu de cartes garderont occupés les joueurs qui l’essayeront. Il touche à plusieurs sphères du jeu vidéo, comme les jeux de rôles, d’horreur, de survie, de stratégie et de constructions de cartes. Le personnage peut être créé dans une grande variété de manières. Tout comme le système de combat qui ressemble à celui de Slay the Spire. La seule chose qu’on peut ne pas aimer, c’est pour les amateurs de graphiques à la fine pointe de la technologie, vous serez déçus. Même chose si vous appréciez les jeux d’action rapides, The Dead Await risque de ne pas être pour vous.
Merci à Freedom Games pour la copie du jeu.
Analyse
Points forts :
- Excellent mélange entre survie, RPG et système de cartes.
-
Grande liberté de personnalisation des personnages et des paquets.
-
Univers BD gothique original avec une bonne ambiance postapocalyptique.
Points faibles :
- Animations très limitées et visuel peu dynamique.
- Gestion maladroite des pronoms et du genre du personnage.
-
Rythme lent qui pourrait rebuter les amateurs d’action rapide.
Pour se procurer le jeu, c’est ici.