
Informations principales
Titre du jeu : Vultures: Scavengers of Death
Développeur : Team Vultures
Éditeur : Team Vultures
Genre : Survival horror et stratégie tactique au tour par tour
Plateformes : PC
Testé sur : PC
Prix : 23,49$
Date de sortie : 13 mai 2026
Nombre de joueurs : Solo
En français : Oui
Classement ESRB : Mature (M)
Contexte et mise en place
J’ai voulu essayer Vultures: Scavengers of Death principalement parce que son concept mélangeait deux genres que j’adore : le survival horror classique à la Resident Evil et la stratégie tactique au tour par tour à la XCOM. Le projet respirait aussi une certaine passion pour les jeux expérimentaux de l’ère PS1/PS2 comme Parasite Eve ou Koudelka, des titres qui tentaient des mélanges audacieux entre RPG, horreur et gestion tactique. C’était donc une première découverte pour moi, mais avec un énorme sentiment de nostalgie dans l’approche artistique et le game design. Avant même de lancer la partie, je m’attendais à un jeu de niche imparfait mais extrêmement intéressant mécaniquement. Finalement, le résultat correspond exactement à cette attente : un excellent proof of concept rempli d’idées brillantes, malheureusement plombé par une exécution technique encore trop instable.
Gameplay
Le gameplay de Vultures repose sur une combinaison très intelligente entre exploration survival horror et combats tactiques au tour par tour. Hors combat, on explore les environnements en temps réel sur une grille, en gérant les déplacements, l’infiltration et la visibilité grâce à un système de brouillard de guerre. Dès qu’un affrontement commence, le jeu bascule dans un système tactique basé sur des points d’action et de mouvement. Chaque décision devient importante : se placer correctement, économiser ses munitions, utiliser le bon angle d’attaque ou choisir entre esquiver et tirer. Le jeu réussit très bien à retranscrire la tension des vieux Resident Evil à travers des mécaniques de stratégie modernes. Amber et Leopoldo possèdent chacun des capacités uniques qui influencent fortement l’approche des missions, ce qui apporte une bonne variété dans la progression. La prise en main demande un petit temps d’adaptation, surtout pour comprendre le positionnement et la gestion des ressources, mais une fois les mécaniques assimilées, le gameplay devient extrêmement satisfaisant. Malgré quelques objectifs répétitifs à long terme, le plaisir tactique reste constamment présent.
Progression et gameplay
La durée de vie est très correcte pour ce type de production indépendante, avec une campagne capable d’occuper plusieurs dizaines d’heures selon votre façon d’explorer et votre niveau de prudence. Le jeu est structuré en missions distinctes plutôt qu’en un seul grand environnement interconnecté, mais chaque mission fonctionne comme une mini-zone survival horror remplie d’énigmes, de raccourcis, de clés et d’objectifs à débloquer. Les lieux visités rappellent constamment les classiques du genre : manoirs lugubres, laboratoires, commissariats ou prisons abandonnées. Même si certaines missions finissent par reprendre des structures similaires basées sur l’activation d’interrupteurs ou la recherche d’objets, le level design reste suffisamment solide pour maintenir l’intérêt. Il n’y a pratiquement pas de grinding, ce qui est une excellente chose, et l’exploration récompense régulièrement les joueurs avec de nouvelles armes, des ressources ou des outils utiles. Les amateurs de fouille méthodique auront constamment envie d’inspecter chaque pièce.

Univers et direction artistique
La direction artistique de Vultures est probablement l’un de ses plus gros points forts. Le jeu adopte un style low-poly fortement inspiré de l’ère PS1, avec des filtres CRT et une esthétique rétro qui renforcent énormément l’ambiance oppressante. Les environnements sont détaillés malgré leur simplicité graphique et dégagent constamment une impression de malaise. Les couloirs étroits, les salles plongées dans l’obscurité et les sons mécaniques ambiants créent une tension permanente. Le brouillard de guerre joue aussi un rôle énorme dans cette atmosphère, car on ne sait jamais exactement ce qui se cache dans la pièce suivante. Même si certains décors restent très inspirés des clichés Resident Evil, l’ensemble fonctionne remarquablement bien. Le jeu réussit à capturer l’essence des survival horror des années 90 tout en y injectant des mécaniques modernes de stratégie.
Personnages et histoire
L’histoire suit l’équipe spéciale VULTURE envoyée dans la vallée de Salento afin d’enquêter sur une contamination virale créée par la corporation Eugenesys. Le scénario rappelle énormément Resident Evil dans ses bases, jusque dans la dynamique entre les deux protagonistes Amber et Leopoldo, qui évoquent fortement Jill Valentine et Chris Redfield. Malheureusement, même si l’univers possède du potentiel, l’écriture reste très secondaire et sert surtout à relier les missions entre elles. Les dialogues sont assez fonctionnels et les personnages manquent de profondeur ou de personnalité marquante. Cela ne nuit pas énormément au jeu puisque l’accent est clairement mis sur les mécaniques et l’atmosphère, mais il est difficile de réellement s’attacher au casting. On suit davantage l’aventure pour la tension et le gameplay que pour son intrigue.

Bande-son et audio
L’ambiance sonore contribue énormément à l’identité du jeu. La bande-son reste discrète mais efficace, préférant les sons ambiants inquiétants et les nappes sonores oppressantes aux grandes compositions mémorables. Les bruits mécaniques, les grognements des créatures et les silences pesants participent constamment à maintenir la tension. Chaque ouverture de porte ou déplacement dans une nouvelle pièce crée une vraie appréhension. Le doublage reste relativement minimal, mais le travail sonore global est suffisamment solide pour renforcer l’immersion et soutenir parfaitement l’atmosphère survival horror.
Difficulté et équilibrage
Le jeu propose un défi assez exigeant sans tomber dans l’injustice constante. Les combats demandent une réelle réflexion tactique, surtout parce qu’on ne contrôle qu’un seul personnage à la fois. Une mauvaise décision peut rapidement devenir catastrophique lorsque plusieurs ennemis vous encerclent. L’économie des points d’action est particulièrement bien équilibrée et pousse constamment le joueur à anticiper ses déplacements. Les ressources sont limitées, les ennemis frappent fort et certaines créatures possèdent des capacités qui obligent à modifier son approche. Le principal problème vient malheureusement des bugs, qui génèrent parfois une frustration bien plus importante que la difficulté elle-même. Refaire une longue mission à cause d’un problème technique casse complètement le rythme et la tension accumulée.

Rejouabilité
Même sans New Game+ particulièrement élaboré, le jeu possède une certaine rejouabilité grâce aux deux protagonistes et aux différentes approches possibles durant les missions. Les amateurs d’optimisation tactique pourront chercher de meilleures stratégies ou tenter de gérer leurs ressources différemment. Explorer chaque zone pour récupérer toutes les armes et objets cachés ajoute aussi un certain intérêt à une seconde partie. Personnellement, j’ai envie d’y rejouer dans le futur, mais surtout après plusieurs correctifs techniques majeurs, car les bugs actuels empêchent encore le jeu d’atteindre son plein potentiel.
Technique et performances
C’est clairement la plus grande faiblesse du jeu. Vultures est rempli de bugs, allant de petits problèmes mineurs à des bugs de progression extrêmement graves. Durant ma partie, certains éléments interactifs ne fonctionnaient plus correctement, des éléments d’interface se superposaient, des munitions disparaissaient et plusieurs objectifs refusaient de se valider. Le pire reste les bugs de progression en fin de mission qui obligent parfois à abandonner complètement une heure de jeu et recommencer depuis le hub principal. Heureusement, les performances brutes restent généralement correctes et le framerate demeure stable dans la majorité des situations, mais l’état technique global donne l’impression d’un jeu sorti plusieurs mois trop tôt.

Ressenti personnel
Ce qui m’a le plus marqué dans Vultures, c’est sa capacité à générer une tension constante malgré son gameplay tactique au tour par tour. Le brouillard de guerre, la gestion limitée des ressources et l’incertitude liée aux déplacements créent une atmosphère extrêmement efficace. Chaque nouvelle pièce devient stressante à explorer, exactement comme dans un survival horror classique. J’ai adoré voir comment le jeu fusionne intelligemment deux genres qui semblent opposés au premier abord. Malgré ses nombreux défauts techniques, j’ai constamment eu envie de continuer pour découvrir les prochaines zones, obtenir de nouvelles armes et maîtriser davantage ses mécaniques tactiques. C’est un jeu profondément imparfait, mais aussi incroyablement fascinant.
Verdict
Vultures: Scavengers of Death est un excellent exemple de jeu indépendant débordant d’idées ambitieuses et passionnées. Le mélange entre survival horror classique et stratégie tactique fonctionne étonnamment bien et réussit à créer une expérience unique, tendue et constamment engageante. Le jeu rappelle énormément Resident Evil, Parasite Eve, Koudelka ou même XCOM dans sa structure et ses mécaniques, tout en essayant de forger sa propre identité. Malheureusement, son état technique actuel empêche encore de le recommander sans réserve. Si les développeurs corrigent les nombreux bugs et problèmes de progression, Vultures pourrait devenir une véritable pépite culte pour les amateurs d’horreur tactique. En l’état, je le recommande surtout aux joueurs patients capables de tolérer une expérience encore très brute, mais remplie d’un potentiel énorme.
Merci à Team Vultures pour la copie du jeu.
Analyse
Points forts :
- Mélange extrêmement original entre survival horror et stratégie tactique
- Atmosphère oppressante très réussie
- Brouillard de guerre intelligent et immersif
- Gestion des ressources fidèle à l’esprit Resident Evil
- Système de combat tactique solide et satisfaisant
- Deux protagonistes avec des capacités différentes
- Direction artistique rétro low-poly excellente
- Exploration addictive et bien rythmée
- Très bon équilibre entre tension et stratégie
Points faibles :
- Quantité énorme de bugs techniques
- Bugs de progression pouvant forcer à recommencer une mission complète
- Histoire assez générique
- Personnages peu développés
- Objectifs de missions parfois répétitifs
- Peu de variété dans certains environnements
- Interface parfois maladroite et instable
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