CRITIQUE DE JEU VIDÉO – BECOMING CAPTAIN: THE ROGUELIKE DECKBUILDER

par | Mai 18, 2026

Informations principales

Titre du jeu : Becoming Captain: The Roguelike Deckbuilder

Développeur : Le Havre Création

Éditeur : Le Havre Création

Genre : Roguelike, Deckbuilder

Plateformes : PC

Testé sur : PC

Prix : 13,66$

Date de sortie : 1er mai 2026

Nombre de joueurs : Solo

En français : Non

Contexte et mise en place
J’ai découvert Becoming Captain, puisque j’ai été sélectionné par Trash Talker pour tester ce jeu québécois, après avoir moi-même proposé au développeur de nous envoyer une clé afin de lui offrir de la visibilité via une critique. Étant amateur de deckbuilders et toujours curieux des concepts hybrides, le projet m’a tout de suite interpellé, d’autant plus qu’il s’agit d’un jeu développé en solo par un créateur d’ici. C’était donc une première vraie expérience complète, avec des attentes modérées mais un réel intérêt pour son mélange de cartes et de mécaniques d’armes. Je m’attendais à un jeu stratégique solide avec une progression roguelike classique, mais aussi à un certain niveau de finition compte tenu de son positionnement.

Gameplay
Le gameplay repose sur un système de deckbuilding au tour par tour, où chaque carte possède un coût en énergie et un effet spécifique (attaque, soin, buff, etc.). La particularité vient des armes équipables, qui génèrent leurs propres cartes d’attaque et ajoutent une dimension tactique intéressante avec leur durabilité. Le système de pioche partagée avec l’adversaire est également une idée originale qui force à adapter constamment sa stratégie. Globalement, le gameplay est accessible et facile à prendre en main, mais demande une bonne gestion des buffs et debuffs pour être maîtrisé. Malgré une certaine répétitivité sur le long terme, le plaisir reste bien présent grâce aux synergies possibles entre cartes et équipements.

Progression et contenu
La progression reste malheureusement l’un des points faibles du jeu. Chaque run permet de gagner des pièces pour acheter de nouvelles cartes ou améliorations, mais il n’y a pratiquement aucun système de progression globale ou de méta-progression. L’expérience se limite donc principalement aux combats successifs, avec peu de variété en dehors de quelques événements aléatoires. La durée de vie dépend fortement de l’intérêt du joueur pour optimiser ses builds, mais le manque de contenu structuré et de diversité peut rapidement freiner l’envie de continuer.

Univers et direction artistique
Le jeu propose une direction artistique très réussie, avec un style sci-fi teinté de piraterie spatiale qui lui donne une identité visuelle unique. Les effets visuels des cartes et des armes sont particulièrement soignés, et l’ambiance générale fonctionne bien. Le décor est toujours malheureusement le même.

Personnages et histoire
L’histoire est minimaliste : vous incarnez un prisonnier cherchant à gravir les échelons d’un tournoi de cartes dans une prison spatiale. Le concept est intéressant sur le papier, mais il manque cruellement de développement narratif. Les personnages sont peu présents et peu mémorables, et l’histoire reste en arrière-plan sans réel impact sur l’expérience globale.

Bande-son et audio
La bande-son fait le travail sans réellement marquer les esprits. Elle manque de variété et peut devenir répétitive lors de longues sessions. En revanche, les effets sonores sont une vraie réussite : les armes, en particulier, offrent un rendu très immersif. L’audio contribue donc davantage à l’ambiance par ses bruitages que par ses musiques.

Difficulté et équilibrage
Le jeu se révèle globalement plus facile que prévu, surtout une fois qu’on comprend les bonnes synergies de deck. L’équilibrage reste correct dans l’ensemble, mais certains éléments peuvent sembler incohérents ou mal calibrés, notamment à cause de bugs ou de mécaniques peu claires. Le challenge existe, mais il manque parfois de mordant pour un roguelike.

Rejouabilité
La rejouabilité repose essentiellement sur la diversité des builds possibles et le côté aléatoire des tirages de cartes. Chaque partie peut offrir une approche différente, notamment grâce aux armes et aux perks. Cependant, l’absence de progression persistante et de contenu additionnel limite fortement l’envie d’y revenir sur le long terme, malgré un concept qui s’y prête bien.

Technique et performances
Le jeu souffre de plusieurs problèmes techniques qui trahissent un manque de finition. Des bugs sont présents, comme des descriptions manquantes, des mécaniques qui ne se déclenchent pas correctement ou encore des soucis d’énergie bloquée. Rien de totalement bloquant, mais suffisamment présent pour nuire à l’expérience. Les performances restent stables globalement, avec des temps de chargement corrects.

Ressenti personnel
Le jeu a un charme indéniable et propose des idées vraiment intéressantes, notamment avec son système d’armes liées aux cartes. Le plaisir de jeu est bien présent, surtout lorsqu’on réussit à créer un deck efficace et destructeur. Le fait qu’il s’agisse d’un projet solo québécois force aussi le respect, car on sent la passion derrière le jeu. Cependant, ce plaisir est souvent freiné par un sentiment d’inachevé, comme si le jeu était encore en phase d’accès anticipé. Addictif sur de courtes sessions, il peine à maintenir l’engagement sur la durée.

Verdict
Becoming Captain: The Roguelike Deckbuilder est un jeu rempli de bonnes idées et doté d’un concept accrocheur, mais qui manque encore de finition pour pleinement convaincre. Le fait qu’il soit développé par un créateur québécois en solo le rend d’autant plus intéressant à suivre, mais rend aussi l’absence de traduction française encore plus décevante. Il s’adresse principalement aux amateurs de deckbuilders curieux de découvrir une approche différente, notamment avec son système d’armes. Pour l’instant, il vaut mieux attendre quelques mises à jour avant de s’y plonger pleinement.

Merci à Le Havre Création pour la copie du jeu.

7.5/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Concept original mélangeant deckbuilder et gestion d’armes
  • Jeu québécois développé par un seul créateur passionné
  • Direction artistique réussie et ambiance sci-fi immersive
  • Effets sonores de qualité, surtout pour les armes
  • Bon potentiel de synergies et de builds variés
  • Gameplay accessible mais stratégique

Points faibles :

  • Manque de narration et d’univers développé
  • Absence de méta-progression
  • Contenu limité et répétitif à long terme
  • Plusieurs bugs et problèmes techniques
  • Bande-son peu mémorable
  • Sensation générale de jeu inachevé
  • Aucune traduction française malgré un développeur québécois francophone, ce qui est difficile à justifier

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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WoodenKnees

Passionné par l’histoire du jeu vidéo et chasseur de RetroAchievements, j'explore les classiques du passé et les découvertes modernes avec un regard curieux et nostalgique. Grand amateur de lecture, particulièrement de romans LitRPG, des univers où les mécaniques de jeu rencontrent la littérature.

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