
Informations principales
Titre de la BD : Batman
Éditeur : DC
Auteur : Matt Fraction
Dessinateur : Jorge Jimenez et Tomeu Morey
Nombre de pages : 22
Prix : 4,99$ (US)
Date de sortie : 1 avril 2026
Batman #8 (2025) : une série qui commence à trop se disperser
Depuis quelques numéros, la nouvelle série Batman de Matt Fraction semblait finalement trouver une direction plus intéressante. Le septième numéro réussissait enfin à donner l’impression qu’un véritable plan prenait forme derrière toutes les intrigues installées depuis le début. Malheureusement, ce huitième numéro casse un peu cet élan et ramène plusieurs problèmes qui étaient déjà présents dans les premiers chapitres de cette run.
Le principal défaut devient maintenant beaucoup plus évident : il y a tout simplement trop de scénarios qui avancent en même temps. À force de multiplier les intrigues secondaires, le récit finit parfois par perdre son lecteur. On saute constamment d’un personnage à un autre, d’une situation à une autre, sans toujours comprendre comment tout cela va réellement se connecter au récit principal.
Ce n’est pas nécessairement mauvais de construire une histoire ambitieuse avec plusieurs éléments narratifs, surtout dans une série comme Batman. Le problème ici, c’est surtout le rythme. Certaines intrigues semblent avancer beaucoup trop lentement alors que d’autres apparaissent soudainement sans réellement laisser le temps au lecteur de respirer. Résultat : ce huitième numéro donne parfois l’impression d’être une transition géante plutôt qu’un véritable chapitre important.
Une intrigue secondaire qui s’étire trop
L’un des exemples les plus évidents reste l’histoire du jeune garçon lié à Savage et à l’accusation contre Batman. Cette intrigue est présente depuis déjà plusieurs numéros et continue encore ici à prendre beaucoup d’espace dans le récit.
Personnellement, c’est probablement la portion qui m’accroche le moins depuis le début de cette run. Les scènes impliquant le jeune garçon et l’ancien policier donnent souvent l’impression de tourner en rond. On revient constamment à cette histoire sans réellement avoir l’impression qu’elle avance de manière significative.
Le problème n’est pas forcément l’idée de départ, parce qu’elle pouvait être intéressante au début. Par contre, après plusieurs numéros, cette intrigue semble énormément étirée. À chaque apparition, on espère enfin voir où Matt Fraction veut mener cette histoire, mais ce huitième numéro n’apporte pas beaucoup plus de réponses.
Cela ralentit énormément le rythme général de la lecture. Pendant que certaines intrigues principales deviennent intéressantes, cette partie du récit casse souvent la tension qui commençait à s’installer ailleurs dans Gotham.
Poison Ivy vole presque le numéro
Heureusement, le numéro réussit tout de même à offrir quelques moments beaucoup plus intéressants. L’arrivée de Poison Ivy apporte enfin une nouvelle dynamique à l’histoire et, honnêtement, c’est probablement le meilleur élément de cette lecture.
La façon dont le personnage est introduit surprend immédiatement. Poison Ivy n’apparaît pas simplement comme une criminelle ou une menace classique pour Batman. Ici, elle occupe carrément le rôle de mairesse de Gotham. C’est une idée assez étrange au départ, mais qui fonctionne étonnamment bien dans l’ambiance actuelle de cette série.
Ses échanges avec Savage créent rapidement une tension intéressante. On sent immédiatement qu’il y a quelque chose de plus gros qui se prépare derrière leurs discussions, même si le comic garde encore plusieurs cartes cachées pour la suite.
C’est surtout dans ces moments que la série montre son potentiel. Lorsqu’elle prend le temps de développer certains personnages importants plutôt que de constamment multiplier les intrigues secondaires, le récit devient beaucoup plus captivant. Poison Ivy apporte également une présence différente dans cette Gotham plus politique et corrompue, ce qui ajoute une couche intéressante à l’univers construit par Matt Fraction.
Alan Scott ajoute encore une nouvelle intrigue
Comme si le récit n’avait pas déjà suffisamment de scénarios en cours, ce numéro introduit également Alan Scott, le tout premier Green Lantern. Ce dernier vient rencontrer Batman afin de discuter de Savage et des événements qui secouent Gotham.
Encore une fois, les scènes ne sont pas mauvaises en soi. Alan Scott apporte même une certaine curiosité parce qu’on se demande rapidement quel rôle il pourrait jouer dans la suite des événements. Par contre, son introduction renforce aussi le sentiment que la série commence à être beaucoup trop chargée.
À ce stade-ci, Batman #8 donne parfois l’impression de constamment préparer quelque chose sans jamais réellement livrer de gros moments marquants. Chaque numéro ajoute une nouvelle pièce au puzzle, mais le casse-tête devient tellement gros qu’il devient difficile de rester pleinement investi émotionnellement.
Peut-être que tout cela finira par exploser de manière spectaculaire dans quelques numéros, mais pour le moment, il devient compliqué de voir clairement la direction exacte de la série. On sent que Matt Fraction veut bâtir une longue histoire ambitieuse, mais le risque est maintenant de perdre plusieurs lecteurs avant même d’atteindre les grandes révélations.
Un style visuel toujours trop générique
Du côté des dessins, mon opinion reste pratiquement la même que dans les critiques précédentes. Le travail visuel demeure correct, mais il manque encore énormément de personnalité pour une série Batman.
Certaines planches réussissent à créer une belle ambiance sombre grâce aux couleurs et à l’éclairage, mais l’ensemble reste très générique. Rien ne ressort vraiment comme étant mémorable ou particulièrement unique. C’est probablement ce qui me déçoit le plus visuellement depuis le début de cette run.
Pour une série qui tente de construire une intrigue complexe et lourde en mystères, un style artistique plus marquant aurait vraiment aidé à renforcer l’identité globale du comic.
Une lecture frustrante malgré son potentiel
Batman #8 est probablement le numéro qui résume le mieux les qualités et les défauts de cette nouvelle série. Il y a clairement de bonnes idées dans cette run de Matt Fraction. Certaines intrigues, particulièrement celles impliquant Poison Ivy ou le Joker dans les numéros précédents, montrent un véritable potentiel.
Le problème, c’est que la série semble constamment hésiter entre plusieurs directions. Au lieu de consolider ses meilleures idées, elle continue d’ajouter de nouveaux éléments narratifs qui rendent l’ensemble parfois confus et inégal.
Malgré tout, il y a encore une partie de moi qui veut croire que cette longue construction finira par déboucher sur quelque chose de vraiment grandiose. Gotham possède une ambiance intéressante, plusieurs personnages deviennent intrigants et certaines tensions commencent tranquillement à monter.
Mais après huit numéros, la patience commence aussi à être mise à l’épreuve.
Conclusion
Batman #8 est une lecture qui laisse un sentiment plutôt mitigé. La série continue de construire lentement son univers, mais le trop grand nombre d’intrigues secondaires finit par nuire au rythme général. L’introduction de Poison Ivy représente clairement le point fort du numéro, tandis que certaines histoires déjà présentes depuis plusieurs chapitres commencent sérieusement à s’étirer.
Matt Fraction semble avoir une vision ambitieuse pour cette run, mais il devient difficile de savoir si tous les morceaux finiront réellement par s’assembler de façon satisfaisante. Malgré quelques bons moments, ce huitième numéro donne surtout l’impression d’un récit qui tarde encore à pleinement décoller.
Analyse
Points forts :
- L’introduction de Poison Ivy est intéressante
- Certaines intrigues gardent un bon potentiel
Points faibles :
- Trop d’intrigues secondaires en même temps
- Le rythme devient confus par moments
- L’histoire du jeune garçon s’étire trop
- Le dessin reste générique
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