
Informations principales
Titre du manga : Issak
Éditeur : Ki-oon
Distributeur : Interforum
Mangaka : Shinji MAKARI
Genre : Seinen
Nombre de pages : 208
Prix : 16.95$
Date de sortie : 20 août 2020
« La guerre, la guerre c’est pas une raison de se faire mal! » Cette célèbre phrase de l’un de nos films cultes du Québec, La guerre des tuques, résonne dans ma tête chaque fois que je lis ou regarde un récit basé sur la guerre.
Ça me fait toujours sourire, car c’est décidément le commentaire naïf d’un enfant, mais en même temps, pour moi qui n’ai jamais vécu la guerre, mis à part à travers mon écran ou dans mes lectures, je me mets à me poser la question : qu’est-ce qui pousse quelqu’un à se lancer et à s’enrôler?
Pourquoi certains vont même devenir mercenaires? Je pense à notre fameux Wali, tireur d’élite québécois qui s’est engagé dans le conflit en Ukraine afin d’assister Kiev. Est-ce l’adrénaline qui pousse un soldat à se lancer dans un conflit qui n’est pas le sien?
Je ne peux pas croire que ce sont simplement ses convictions qui poussent un homme à risquer sa vie pour un peuple qu’il ne connaît pas. Surtout aujourd’hui, où l’information se propage à la vitesse grand V et où l’opinion publique est plus que divisée.
Dans le récit que porte la critique de votre Dieu Geek préféré, on suit justement un mercenaire qui participe à une guerre qui n’est pas la sienne : la guerre de Trente Ans. Celui-ci se range du côté des protestants, non pas parce qu’il adhère à leur philosophie, mais bien parce que son ennemi est dans l’autre camp et qu’il est en quête de vengeance.
Nous avons donc ici un mercenaire avec un but, mais on va en rencontrer d’autres dans ce récit, et vous allez voir que les raisons de ceux-ci ne sont pas toutes honorables.
Donc, sans plus tarder, plongeons-nous dans ce tome 8 de Issak de Shinji Makari et Double-S, offert en français par les éditions Ki-oon.
Résumé
Heinrich a enfin réussi à rejoindre Frédéric V, qui s’était réfugié à Wolfstadt dans le but de reformer l’armée de l’Union protestante.
Malheureusement, la déception du jeune prince est immense lorsqu’il prend conscience que son frère ne s’en remet qu’à sa seule foi et n’a donc élaboré aucun plan de bataille…
Pour le protéger, le petit groupe d’Issak décide de mettre au point une audacieuse stratégie. Mais c’était sans compter sur la pugnacité du général Wallenstein et de ses redoutables combattants, dont Lorenzo.En un éclair, toutes les troupes protestantes sont massacrées, ne laissant autour d’elles qu’un spectacle de désolation…
Un tournant dans le récit
Ce tome est vraiment solide et j’aime que, maintenant, on ne sache plus à quoi s’attendre.
Suite à la bataille, qui nous donne l’impression que toute la troupe de Heinrich s’est fait décimer, on suit Zetta et Frédéric V qui doivent se cacher et se fondre dans la masse, car le prince électeur est recherché.
On découvre alors une Zetta remplie de conviction, qui trouve des solutions pour protéger le prince. J’aime voir que son personnage n’est pas simplement là pour qu’Issak protège quelqu’un. Elle démontre de l’assurance et des convictions.
Cependant, ne vous inquiétez pas, Issak fait une réapparition dans ce tome et il croise la route de Renzo. S’ensuit un duel intéressant, avec un dénouement surprenant et violent.
Une approche différente de la guerre
Shinji Makari amène une nouvelle intrigue dans ce récit. Nous ne sommes plus du tout dans des stratégies militaires, mais bien dans un récit de survie sur trois fronts et à différents endroits.
Cela nous amène à nous demander si nos héros vont se revoir un jour.
Pourquoi faire la guerre?
Dans mon introduction, j’ai amené un questionnement sur les raisons qui poussent à participer à une guerre.
À une certaine époque, les hommes devaient aller sur le champ de bataille pour défendre leur royaume. Mais qu’est-ce qui pousse un mercenaire?
La réponse facile est l’argent. Mais pour certains, c’est simplement assouvir un désir de tuer, et c’est le cas de Renzo.
Shinji Makari nous offre ici un vilain pur et dur. Et ce qui fait peur, c’est que ce genre de personne existe encore aujourd’hui.
Un visuel toujours aussi impressionnant
Double-S est, de loin, un des meilleurs artistes que j’ai la chance de lire en ce moment.
Il illustre à merveille le récit de Shinji Makari. Dans ce tome, on a droit à des fresques vraiment splendides, surtout lors de l’affrontement entre Issak et Renzo.
On ressent la tension entre les deux mercenaires et chaque page est présentée avec soin. Jamais je n’ai l’impression que le dessin est bâclé. On sent le respect pour l’œuvre et le désir d’offrir un produit de qualité.
Conclusion
Ce manga m’offre l’occasion de voir le meilleur et le pire de notre civilisation, peu importe la nationalité.
Même si c’est un récit de fiction dans une guerre qui a réellement eu lieu, je trouve qu’il y a beaucoup de vérités qui nous permettent encore aujourd’hui de nous regarder en face.
Toutefois, je ne vois pas d’honneur dans les conflits actuels. Je vois de l’avidité d’un côté comme de l’autre, et malheureusement, des innocents qui en paient le prix pour que d’autres s’enrichissent.
Là, j’entends déjà plusieurs d’entre vous se dire : « Frank, t’es bien deep aujourd’hui? »
Que voulez-vous, je suis capable aussi d’avoir du sens. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai quand même le sourire… et je vous le dis : ce manga est vraiment bon.
Merci à Interforum pour la copie du livre.
Analyse
Points forts :
- Récit accrocheur et palpitant
- Un personnage principal charismatique
- Un visuel impressionnant
Points faibles :
- Certaines libertés historiques un peu moins réalistes
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