CRITIQUE DE BANDE DESSINÉE – THE SAVAGE SWORD OF CONAN NUMÉRO 227 THE FOUR AGES OF CONAN

par | Mai 4, 2026

Informations principales

Titre de la BD : The Savage Sword of Conan

Éditeur : Marvel Comics

Distributeur : Diamond Comic Distributors

Auteur : Roy Thomas

Dessinateur : Mark Pennington, Rey Garcia, Ernie Chan et Fred Harper

Nombre de pages : 64 

Prix : 2,95 US (prix de l’époque)

Date de sortie : 1994

Une anthologie plutôt qu’une continuité
Cette bande dessinée fantastique qui reprend les histoires du personnage original de Conan créé par Robert E. Howard nous plonge dans de nouvelles aventures du plus célèbre des barbares, sous la plume de Roy Thomas où les quatre nouvelles sont illustrées par quatre artistes distincts.

Lorsque j’étais au magasin de bande dessinée, j’avais magasiné en m’assurant que je me retrouvais avec quatre numéros de The Savage Sword of Conan qui se suivaient. J’ai donc ramassé les fascicules 226, 227, 228 et 229, en me disant qu’à défaut de ne pas avoir le déroulement complet, j’aurai une belle séquence que je pourrai suivre pendant quelques épisodes. Bien non, toé chose ! En lisant le deuxième magazine de BD, celui-ci, le 227, je me rends compte qu’il ne talonne pas du tout le 226. Alors que son prédécesseur était une histoire continue, celui-ci comporte divers récits n’ayant aucun lien entre eux, mis à part notre montagne de muscles comme personnage principal.

Un Conan moins mythique qu’imaginé
Puis, j’ai toujours cru que Conan possédait une force surhumaine. Lorsque j’étais petit, voir Arnold Schwarzenegger incarner cet homme sauvage avait de quoi impressionner du haut de mes trois, quatre pieds. En vieillissant et en découvrant les récits de mon héros favori, un barbare intrépide publié par les éditions du Fleuve Noir, j’ai surtout été frappé par sa puissance insondable. Cependant, au fil de mes lectures, d’autres aspects de ce personnage ont émergé, tels que son instinct, son ingéniosité et sa détermination. Bref, ce n’était pas qu’un guerrier inébranlable sans tête.


Aussi, les exploits physiques marquent plus facilement l’imaginaire. Je reste donc toujours sur ma première impression de cet homme fort. Toutefois, je réalise aujourd’hui que, à l’exception de la première histoire de cette bande dessinée, Conan ne démontre aucune capacité physique surhumaine, mais survit plutôt grâce à son instinct et à sa chance.

Bien que Roy Thomas soit l’auteur de tous les récits de cette revue, à l’exception du premier, qui est entièrement original, le dernier se veut une suite d’une des histoires originales de Robert E. Howard. Les deux autres s’inspirent respectivement d’un poème de Jim Neal, Treasure, et de l’œuvre d’Ambrose Bierce, The Damned Thing.

Des récits inégaux et un style visuel contrasté

Au niveau de l’écriture, j’ai préféré la première nouvelle, Day of Manhood, parce que Conan doit se prouver par sa force, mais aussi pour le lien paternel dur et orgueilleux qui se dévoile vers la fin. Au niveau de l’illustration, c’est la moins maitrisée des histoires. Les expressions faciales sont parfois à la limite du caricatural. Même certains mouvements ou poses donnent un effet comique par moment. Alors que l’impression générale cherche le réalisme et une ambiance sobre et noire.

Le poème adapté en bande dessinée, Treasure, n’est pas très intéressant au niveau de la chute du récit. On voit venir la fin sans grandes subtilités. Il n’y a pas de dialogues. On ne fait que consulter les encadrés. Notre héros demeure imperturbable du début à la fin. Bref, même si la lecture du poème caresse gentiment l’âme, le reste ne satisfait pas tant l’auditoire. Visuellement, Rey Garcia abuse des hachures. Ça donne des cases surchargées de détails où la peau de nos héros parait presque animale avec un effet proche d’écailles. C’est superbe !

A horror of a different color, ressemble plus à un conte de H.P. Lovecraft, avec un côté plus épouvante, ce qui est normal venant de l’œuvre de l’auteur du Dictionnaire du Diable. On rajoute un peu plus de confrontations directes avec notre barbare et on se retrouve avec une histoire courte et efficace. Ici, j’ai été impressionné par Ernie Chan d’adapter visuellement une créature invisible avec seulement de l’encre, le tout en noir et blanc… personnellement, j’ai trouvé que ça manquait de clarté. Sinon, le reste fonctionne très bien au niveau du dessin.

La dernière fiction fantastique, The Phoenix in the Shadow, nous plonge dans les coulisses du pouvoir, les trahisons et les complots pour éliminer les têtes aux pouvoirs. Une intrigue qui accroche, mais qui se termine un peu trop vite à mon goût. L’approche visuelle de l’artiste est inégale. Certaines cases sont riches en détails et ce sont surtout les ombrages qui le différencient des autres illustrateurs, puisqu’il a l’air d’avoir utilisé la méthode du lavis. Ça ajoute une belle profondeur et des volumes plus nuancés. Par contre, certaines cases paraissent encore à l’état d’esquisses, la structure des personnages étant, dirait-on, absente.

Évidemment, tous les récits du magazine sont remplis d’action. Les pages se lisent d’elles-mêmes. Je dirais presque que c’est très léger, mais la plupart des thématiques rencontrées s’avèrent lugubres par moment.

Une lecture efficace, mais inégale
Le Savage Sword of Conan propose une délicieuse bouchée dans l’univers original de Robert E. Howard et de son célèbre barbare. Les diverses altercations qui animent le récit devraient fournir un minimum de plaisir aux amateurs d’action et de fantastique. Encore une fois, les structures narratives et le visuel s’avèrent faciles à supplanter comparativement avec les œuvres du même genre d’aujourd’hui.

7.2/10
Notre évaluation

Analyse

Points forts :

  • Univers de Conan toujours aussi captivant
  • Variété des styles artistiques
  • Certaines histoires offrent de bonnes idées (notamment Day of Manhood)
  • Lecture fluide et rythmée
  • Ambiance sombre et fidèle à l’esprit original

Points faibles :

  • Forte inégalité entre les récits et les dessins
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Enquiquineur

J’oublie parfois de sortir dehors. #viedegeek