
Informations principales
Titre de la série : Un très mauvais pressentiment
Studio / Production : Netflix
Genre : Horreur
Nombre de saisons : 1
Nombre d’épisodes : 8
Durée moyenne par épisode : 40-59 minutes
Plateforme / Streaming : Netflix
Date de sortie : 26 mars 2026
D’amour… et de sang !
Depuis la nuit des temps, l’amour a toujours fait couler beaucoup d’encre. Dans cette nouvelle œuvre de Haley Z. Boston, il fait surtout couler l’hémoglobine ! Pour cette série horrifique Netflix comptant huit épisodes, la créatrice s’allie aux frères Duffer — les architectes derrière le succès de Stranger Things.
La production marque les esprits par un choix fort : confier la direction des épisodes de cette première saison exclusivement à des réalisatrices (Weronika Tofilska, Axelle Carolyn et Lisa Brühlmann).
La scène d’ouverture est lancée sur les chapeaux de roue lorsque l’image d’une mariée s’avançant vers l’autel bascule brutalement vers un carnage annoncé. Entre les cris stridents qui déchirent l’atmosphère et les sinistres traînées de sang qui tapissent déjà les corridors, le spectateur est immédiatement plongé dans l’horreur.

Un très mauvais pressentiment
Cinq jours précédant ce bain de sang, le couple Rachel et Nicky s’apprête à célébrer le plus beau jour de leur vie. Ils prennent la route vers la maison de vacances isolée de ce dernier.
Sur leur chemin, en pleine nuit, ils s’arrêtent à une aire de repos où ils découvrent, dans une voiture, un bébé abandonné, la musique jouant à tue-tête. Aucune trace des parents dans les environs. Désirant retrouver ces géniteurs irresponsables, Rachel rentre dans l’établissement miteux où un renard éventré gît dans les cabinets d’aisances. Pas de quoi rassurer !
Les tourtereaux se mettent d’accord pour aller chercher de l’aide supplémentaire. Nicky reste avec le poupon et Rachel part en voiture tenter sa chance dans un bar clos tout aussi étrange que la halte routière. Elle prévient la serveuse d’appeler les secours. Désirant se soulager d’une envie pressante, Rachel se fait ensuite surprendre aux toilettes par un vieil homme l’observant par-dessus la cloison sanitaire. Paniquée — à juste titre —, elle retourne voir la barmaid qui est au téléphone. Surprise à nouveau par l’homme voyeur des latrines, elle lui transperce la main de sa clé. Pour toute réponse, il lui lance : « Tu es sûre que c’est le bon ? »

Une étrange famille
Voilà de quoi mettre la table pour la suite. Tous les épisodes se focalisent sur cette question épineuse et ce qu’il en découle.
Arrivée au chalet de la famille Cunningham, Rachel fait la connaissance d’une partie de sa belle-famille. Portia, la sœur cadette névrosée narcissique de Nicky, a une drôle de façon de faire les présentations. Elle lui raconte l’inquiétant conte familial de l’homme qui pleure, amplifiant le très mauvais pressentiment qui tenaille Rachel depuis son arrivée. En pleine nuit, notre héroïne entend des pas de course lors d’une promenade nocturne et constate que la porte d’entrée est claquée par la force du vent. Dans la chapelle, elle tombe sur la matriarche de la famille, désorientée.

Montée de l’angoisse
Au fil des épisodes, le mystère s’épaissit sur la famille Cunningham. Chacun des membres semble cacher un secret. Les mauvais présages s’accumulent. La musique est tantôt pesante, tantôt hypnotisante, entrecoupée de chansons contemporaines, accentuant le sentiment d’étrangeté de l’ensemble. Le jeu des acteurs souligne l’ambiguïté des intentions des personnages, Portia, Victoria et Jules étant les plus énigmatiques. Tout est mis en œuvre pour faire monter la tension. Plus la saison avance, plus nous devenons aussi convaincus que Rachel que quelque chose de terrible arrivera bientôt.

Un coït interrompu ?
Le choix scénaristique de la deuxième moitié de cette première saison détonne. Alors que les malaises successifs s’accumulent et que le suspense atteint son paroxysme, nous apprenons le sort qui sera réservé à notre protagoniste si elle échoue dans sa quête. Dès ce moment, la suite emprunte plus au genre suspense qu’à l’horreur. Telle une enquêtrice, Rachel fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’inimaginable et contrecarrer son destin. L’enjeu n’est plus de savoir ce qui arrivera, mais plutôt de voir si elle réussira à assurer son avenir.

Le bouquet final
La dernière demi-heure de l’épisode de conclusion est savoureuse et s’achève de manière magistrale avec l’effusion de sang aperçue dès le début de la série.
Perplexe quant à la révélation de l’intrigue de manière précipitée, faisant ralentir le rythme dans la deuxième partie, le tout est tout de même bien rattrapé durant le grand spectacle terminal. L’action fuse de partout et les événements déboulent à la vitesse de l’éclair.
La photographie lugubre maintenue au fil du récit utilise le clair-obscur, les tons froids, grisâtres et désaturés pour créer une atmosphère pesante et mystérieuse. Tout cela renforce la lourdeur de l’image et aide à créer un sentiment de peur et de mystère. Les décors austères accentuent ces effets.
La réalisation de l’ensemble est très bien exécutée, montrant de beaux mouvements de caméra diversifiés. Le montage est efficace, dynamique à certains moments, et entremêle à merveille les images et la musique. Le jeu des acteurs est ensorcelant. Les interprètes de Portia (Gus Birney), de Victoria (Jennifer Jason Leigh) et du témoin (Zlatko Burić) se démarquent. Il est agréable de revoir, après toutes ces années, l’acteur Ted Levine, le célèbre tueur en série de Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux.

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout
Loin d’être une histoire à l’eau de rose de type Harlequin, la série plonge le public dans les liens du sang qui partent en cacahuète. Entre traditions familiales, généalogie, désir de plaire à ses parents et couple idéalisé, nous pouvons nous demander si plusieurs des couples nous entourant n’existent que pour sauver les apparences.
Et vous, croyez-vous à l’âme sœur ? Êtes-vous sûr que c’est le bon ?
Analyse
Points forts :
- L’originalité des thèmes
- Le mélange des genres: amour/horreur
- La performance des acteurs
- La photographie, la réalisation et le mixage audio
- La dernière demi-heure de l’épisode huit
Points faibles :
- Les éléments scénaristiques qui mènent au néant (allô, bébé!)
- Dévoiler l’intrigue à mi-chemin
- Le changement de ton de la deuxième partie
Pour visionner la série, c’est ici.