
Informations principales
Titre du roman : Histoire populaire de l’amour au Québec : de la Nouvelle-France à la Révolution tranquille T.01 Avant 1760
Auteur : Jean-Sébastien Marsan
Éditeur : Fides
Genre : Essais Canadiens
Nombre de pages : 224 pages
Date de sortie : 9 septembre 2019
Prix : 29,95$
Une plongée dans l’intimité de la Nouvelle-France
Cet essai journalistique historique écrit par le journaliste Jean-Sébastien Marsan nous plonge dans l’amour, pour ne pas dire la sexualité, des premiers colons de la Nouvelle-France jusqu’à la capitulation des troupes françaises face à l’Empire britannique. Premier d’un triptyque, les autres opus détailleront la suite jusqu’à la Révolution tranquille.
Choc des cultures et récits d’époque
Ainsi, on survole le choc des cultures lorsque nos premiers ancêtres qui foulèrent l’Amérique du Nord rencontrèrent les Premières Nations qui donnaient dans un amour beaucoup plus libre et beaucoup moins contraignant que sous le joug de l’Église catholique française. On s’engage dans une exploration des Filles du roi. Cette étude se base sur une bibliographie impressionnante qui inclut des exemples qui ressemblent parfois à des anecdotes plus qu’à des récits crédibles. On y aborde la complexité des relations à longue distance, parfois au-delà des mers, la disparité sociale, l’écart d’âge entre les individus, les mariages et les remariages, la domination de l’homme sur la femme, les manières de se rencontrer et de séduire. Il faut dire que ces péripéties datent d’une autre époque, il y a presque quatre siècles de cela, on comprend que les ressemblances avec notre époque paraissent parfois inexistantes. Mais, ça demeure tout de même très agréable de savoir d’où on vient.
Une lecture étonnamment fluide
Je m’attendais pas à ce que cet immense travail de recherche historique qu’a transcrit l’auteur se lise aussi facilement. J’aurais cru que j’allais me buter à une lecture fastidieuse et presque éreintante. C’est tout le contraire, je dévorais les pages à toujours vouloir en connaitre plus sans aucune difficulté.
Entre humour et réflexion sociale
J’ai ri des nombreuses situations impossibles ou des réactions de certains face aux codes d’éthiques non respectés qui n’ont plus cours à notre époque. De voir que notre sexualité d’aujourd’hui peut parfois être imprégnée de certains stigmates du catholicisme français, mais qu’on se rapproche plus d’un mode de séduction des Premières Nations que l’on a autrefois tant vilipendé.
Une lecture qui éclaire notre identité
J’ai aussi compris beaucoup sur nous, les Québécois. On possède une culture qui crée des histoires où on recherche le père manquant, où ce dernier n’est jamais leader, mais plutôt un personnage fuyant ou troublé jusqu’à Ti-Mé de La P’tite Vie. Du moins, c’est ce que rapporte l’essai, Histoire populaire de l’amour au Québec. Ce qui est, ma foi, c’est le cas de dire, presque normal quand on sait que l’on possède l’église la plus grande du Canada que l’on a baptisé Saint-Joseph, le plus grand des cocus de l’histoire. Après la naissance de son enfant, l’homme fut négligé dans le Nouveau Testament. Nom que l’on a attribué pendant des années sur les baptistaires de tous les garçons, que l’on a vu placardé sur de multiples pancartes de rue pour idolâtrer ou rendre hommage à un saint qui a eu le mérite de n’avoir fait aucun remous dans sa vie et qu’on s’est dépêché d’oublier une fois son rôle rempli. Encore une fois, l’essai aborde ce sujet.
Quelques irritants de forme
J’ai eu quelques petits problèmes d’appréciations au niveau de la forme où certains blocs de textes présentaient une archive qui coupait parfois la phrase que je lisais. Ce n’est pas vraiment préoccupant, mais je crois qu’on aurait pu améliorer la méthode.
Fin de la Nouvelle-France
En bref, « Histoire populaire de l’amour au Québec » s’avère une œuvre incontournable pour connaitre l’amour et la sexualité de nos ancêtres. Le livre se lit tout seul et les exemples extraordinaires pour bien nous faire comprendre la situation sont légion et nous permettent d’éclairer en partie aussi d’où nous venons.
Analyse
Points forts :
- Sujet original et captivant sur l’histoire intime du Québec
- Lecture fluide et accessible malgré la richesse du contenu
- Recherche historique solide et bien documentée
- Mélange réussi entre humour et réflexion
- Pertinence actuelle des thèmes abordés
Points faibles :
- Mise en page parfois maladroite qui nuit légèrement à la lecture
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