
Informations principales
Titre du manga : Issak
Éditeur : Ki-oon
Distributeur : Interforum
Mangaka : Shinji MAKARI
Genre : Seinen
Nombre de pages : 224
Prix : 16.95$
Date de sortie : 7 novembre 2019
Il est temps de se remettre dans l’ambiance de la guerre de Trente Ans, mes cocos, car nous retournons dans cette aventure épique écrite par Shinji Makari et dessinée par Double-S : j’ai nommé Issak. Cette fabuleuse histoire raconte la quête de vengeance d’Issak, un mercenaire japonais venu prêter main-forte aux protestants afin de retrouver celui qui a tué son maître, Renzo. Ce sont les éditions Ki-oon qui nous offrent cette œuvre en français, avec des couvertures tout simplement sublimes. Ce septième tome continue là où le sixième s’est terminé, alors, sans plus tarder, suivez-moi dans cette critique.
Zetta face à l’obscurantisme
Sur la route qui mène à Mergentheim, Zetta est accusée de sorcellerie ! En effet, sa croix de Müntzer a attiré l’attention de villageois qui la tiennent pour responsable de tous leurs malheurs. Heureusement, grâce aux talents d’Issak, la jeune fille échappe de justesse au bûcher et la petite troupe parvient enfin à destination… Seulement, une fois sur place, leur répit est de courte durée : d’étranges cavaliers slaves font irruption dans le château, laissant craindre qu’une armée bien plus grande se trouve dans les parages… Mais aux ordres de qui ?
Un réalisme historique saisissant
Il n’y a pas beaucoup de repos pour notre héros et ses camarades. Après avoir réussi à fuir un village qui en voulait à la vie de Zetta, les voilà maintenant aux prises avec des Slaves. Selon mes recherches (car je ne me rappelais pas que la Russie ou l’Ukraine aient participé à cette guerre), il s’avère que des mercenaires croates auraient été employés par le Saint-Empire pour des missions de reconnaissance, de harcèlement et de pillage, exactement comme dans la scène qu’Issak a vécue. Bravo, Monsieur Makari ! C’est l’une des choses que j’aime dans ce manga : même si c’est une histoire fictive qui est parfois un peu tirée par les cheveux, il y a tout de même un énorme travail de recherche derrière.
L’honneur et le poids du commandement
Dans ce volume, le scénario se focalise sur une bataille impliquant le prince électeur Frédéric V, le frère de Heinrich. Celui-ci semble sombrer dans une certaine folie ; il dit se soumettre à la volonté de Dieu, semble avoir abandonné la guerre et est prêt à laisser les catholiques gagner. Cependant, les prouesses d’Heinrich sont venues aux oreilles des soldats du prince, et ils sont désormais prêts à se battre pour lui.
J’aime beaucoup ce concept de l’honneur où un seul homme peut motiver le cœur de tant de personnes, et je trouve que Shinji Makari réussit parfaitement à amener cet aspect chez ses personnages. J’apprécie particulièrement Heinrich, qui rappelle toujours que ses exploits ne seraient pas possibles sans Issak et les autres soldats à ses côtés. Il est humble et se soucie réellement de son peuple.
Cette montée émotionnelle se conclut par un affrontement qui s’annonce plus difficile qu’on ne l’aurait cru, sur un final qui vous donnera instantanément le goût de sauter sur le prochain tome.
La maîtrise exceptionnelle visuelle de Double-S
Quel travail de la part de Double-S, qui réussit à illustrer un scénario solide avec un dessin tout aussi splendide ! Nous avons droit à des scènes d’action vraiment solides et, je dois dire que ce que j’ai trouvé le plus remarquable dans ce tome, c’est l’expression des émotions. Double-S est capable d’illustrer sur les visages la peur, la colère et la douleur avec un réalisme qui nous oblige à ressentir de l’empathie pour ce que vivent les personnages.
Un souci du détail historique impressionnant
Côté design des personnages, on constate un travail de recherche incroyable. On sent que Double-S veut rendre justice au scénario de Shinji Makari en y injectant autant de rigueur. Prenons l’exemple des cavaliers slaves : leur look confirme leur origine avec leurs armures de fourrure nordique.
Et que dire des archers montés magyars ? Amateurs de Age of Empires II, cette unité va sans doute vous rappeler des souvenirs. Vêtus de leurs longs chapeaux, ces archers redoutables de Hongrie ont terrorisé plus d’un village lors de leurs attaques, et l’artiste a parfaitement réussi à illustrer leur prestance.
Conclusion : Une fiction remplie de vérité
Pour finir, cette série continue d’être solide et nous offre une narration vraiment splendide. C’est surtout une œuvre qui bénéficie d’un énorme travail de recherche, tant de la part de l’auteur que de l’artiste. Ce souci du détail, même s’il s’agit d’une fiction, permet de garder une plausibilité constante dans le scénario.
Merci à Interforum pour la copie du livre.
Pour se procurer le manga, c’est ici.