
Informations principales
Titre du manga : Call of the Night
Éditeur : KUROKAWA
Distributeur : Interforum
Mangaka : Kotoyama
Genre : Shōnen et seinen
Nombre de pages : 184
Prix : 14.95$
Date de sortie : 1 avril 2025
Quand la nuit explose enfin
Bonjour à tous, ici Coffee&Keeps. Et cette fois… la nuit ne prend même plus la peine de nous séduire. Elle cogne. Après plusieurs tomes à construire une tension presque invisible — faite de silences, de regards, de blessures qu’on n’ose pas nommer — Call of the Night décide enfin de briser son propre rythme. Le tome 12, écrit par kotoyama, publié chez VIZ COMICS et disponible depuis le 13 juin 2023 au prix de 12,99 $, ne cherche plus à installer quoi que ce soit. Tout ce qui devait exploser… explose. Ce qui m’a frappé dès les premières pages, ce n’est pas seulement la rapidité des événements, mais la sensation que la série a atteint un point de non-retour. On ne pose plus de questions. On agit. Et pour la première fois depuis longtemps…
la nuit devient dangereuse pour de vrai.
Synopsis sans spoilers
Dans ce douzième tome, l’histoire poursuit directement les événements laissés en suspens, alors que l’enquête autour de Mahiru continue de révéler des fragments d’un passé beaucoup plus lourd qu’il n’y paraissait. À travers ce que l’on découvre de sa famille — marquée par un deuil jamais réellement accepté — on comprend peu à peu d’où vient ce sentiment de vide qui l’habite, et pourquoi il semble chercher, désespérément, un endroit où exister ailleurs. Mais ce moment d’introspection ne dure pas. Très rapidement, la nuit reprend le contrôle… et cette fois, elle ne laisse aucune place au calme. L’arrivée soudaine d’un vampire masqué vient faire basculer la situation, transformant une simple discussion en affrontement brutal. Ce qui semblait être une enquête devient alors une course contre la montre, où chaque décision se prend dans l’urgence. Au cœur de ce chaos, Kô refuse de rester en retrait. Porté par un besoin presque instinctif de protéger ceux qui l’entourent — mais surtout de ne pas abandonner Mahiru — il s’engage dans un conflit qui dépasse largement ce qu’il est censé être capable d’affronter. Entre révélations, confrontations et montée de violence, ce tome marque un tournant clair dans la série.
La nuit n’est plus seulement un refuge. Elle devient un terrain de combat.
Quand exister devient un combat silencieux
S’il y a bien un point que ce tome vient renforcer, c’est à quel point Call of the Night reste une histoire profondément humaine. Et ici, tout passe par Mahiru. Depuis la mort de son frère Shogo, toute sa vie s’est construite autour d’un vide que ses parents n’ont jamais réussi à combler. Sans le vouloir, ils ont tenté de le remplacer, et Mahiru a grandi en portant ce poids, en essayant d’être à la hauteur de quelqu’un qu’il n’a jamais été. Il n’a jamais vraiment eu la chance d’exister pour lui-même. Ce qui en ressort, ce n’est pas une souffrance explosive, mais une souffrance constante. Mahiru a appris à porter un masque pour correspondre, pour ne pas décevoir, pour continuer d’exister sans jamais être réellement vu. C’est là que Kiku entre en jeu. Pour la première fois, quelqu’un semble le voir tel qu’il est. Pas comme un substitut, mais comme lui. Leur relation ne repose pas simplement sur le désir, mais sur un besoin d’exister, ce qui la rend beaucoup plus dérangeante. Mais ce qui m’a surtout marqué dans ce tome, c’est que Mahiru est presque absent. Il n’agit pas, il n’est pas au centre de l’action, et pourtant tout tourne autour de lui. On ne le découvre pas à travers ses actions, mais à travers la perception des autres, à travers des fragments de son passé.
Au final, ce tome ne construit pas Mahiru directement. Il le reconstruit, et c’est précisément cette absence qui rend son personnage encore plus marquant.
L’histoire jusqu’à présent
Avec du recul, je réalise à quel point Call of the Night a pris le temps de poser ses bases avant d’arriver à ce point. Les premiers tomes n’étaient pas là pour faire avancer une intrigue rapide, mais pour installer une ambiance, un rythme, et surtout une manière de raconter. Tout semblait lent, presque détaché, mais rien n’était laissé au hasard. Chaque interaction, chaque nuit, chaque personnage venait ajouter une couche à quelque chose de beaucoup plus grand. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la clarté avec laquelle tout s’est construit. Malgré le ton parfois flou, presque rêveur de la série, le fil conducteur est toujours resté compréhensible. On suit Kô dans sa recherche, dans son désir de devenir vampire, mais surtout dans son besoin de comprendre ce qu’il veut réellement. Son évolution est progressive, naturelle, et surtout crédible. Il passe d’un garçon qui fuit sa réalité à quelqu’un qui commence à en assumer les conséquences. Nazuna, de son côté, s’est révélée beaucoup plus complexe que ce qu’elle laissait paraître au départ. Derrière son attitude détachée, il y a un passé, des contradictions, et une relation au monde qui n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. Plus la série avance, plus on comprend qu’elle n’est pas seulement là pour accompagner Kô, mais qu’elle est elle-même en train de naviguer dans quelque chose qu’elle ne contrôle pas totalement. Et c’est là que, pour moi, la série devient vraiment intéressante. Parce qu’au fil des tomes, Call of the Night ne parle plus seulement de devenir vampire, mais de ce que ça implique réellement. Les règles, les conséquences, les relations entre les personnages, tout devient plus concret. Ce qui ressemblait à une histoire presque “cute” au départ laisse place à quelque chose de plus lourd, de plus ancré.
C’est précisément pour ça que le tome 12 fonctionne. Parce qu’il ne sort pas de nulle part. Toute la construction des tomes précédents mène à ce changement de ton. La violence, les affrontements, et cette impression que tout peut basculer à tout moment ne viennent pas remplacer l’histoire… ils en sont la suite logique.
Un visuel au service du mouvement
Ce qui m’a particulièrement marqué dans ce tome, c’est la manière dont Kotoyama utilise son style pour appuyer le changement de rythme. Là où les tomes précédents misaient beaucoup sur les silences, les regards et les ambiances nocturnes, le tome 12 met clairement l’accent sur le mouvement. Les capacités vampiriques prennent enfin une place centrale, que ce soit la régénération, les déplacements rapides, cette façon presque irréelle de traverser les espaces ou encore cette illusion de “vol” qui donne aux affrontements une fluidité particulière. Chaque scène de combat est construite pour être lisible, dynamique et surtout crédible dans sa logique interne, malgré le côté surnaturel. Les positions, les enchaînements et les impacts sont clairs, ce qui rend l’action facile à suivre sans jamais perdre le lecteur. Ce n’est plus un visuel contemplatif, mais un visuel qui sert directement l’action, et ça renforce énormément l’intensité de ce tome.
Conclusion
Ce tome 12 marque un véritable tournant dans Call of the Night. Là où la série prenait le temps d’explorer ses personnages, leurs émotions et leurs contradictions, elle choisit ici de passer à l’action. Ce changement reste cohérent avec tout ce qui a été construit jusque-là, mais il se fait au détriment du développement qui faisait la force des tomes précédents. Le rythme est beaucoup plus rapide, presque trop, et donne l’impression que certains éléments passent sans avoir le temps de vraiment s’installer. Malgré tout, la direction prise reste intéressante. La série continue d’évoluer et de pousser ses idées plus loin, même si ce tome sert davantage de transition que de véritable développement. Ce n’est peut-être plus l’histoire “cute” et posée des débuts…
Mais c’est aussi un tome qui avance plus vite qu’il ne prend le temps de respirer.
Merci à Interforum pour la copie du livre.
Pour se procurer le manga, c’est ici.