Avez-vous déjà entendu parler du Salon International des Inventions de Genève en Suisse ? L’avez-vous peut-être même déjà visité ? Alors suivez-moi, je vous embarque pour un tour d’horizon des inventions et innovations 2026 !

Le tour du monde en quelques heures
Genève, ville suisse, célèbre pour ses organisations internationales comme l’ONU ou l’OMC et son emblématique Jet d’eau, accueille depuis 1972 le Salon International des Inventions. Se déroulant cette année du 11 au 15 mars 2026, cette 51e édition a accueilli plus de 1000 inventeurs et innovateurs issus de plus de 30 pays. Y aller, c’est un peu comme faire un tour du monde en une journée, allant de la Chine au Canada, non pas par la voie directe, mais en naviguant via la Thaïlande et l’Allemagne. Ensuite, on continue en France, puis un crochet par l’Afrique et l’Arabie Saoudite pour conclure par mon pays, la Suisse. Ce trajet peut vous sembler étrange, mais c’est la réalité lorsque vous passez les portes du centre de congrès, vous naviguez littéralement d’un pays à l’autre.
Vous remarquez rapidement, en remontant les allées du salon, qu’une forte délégation d’inventeurs nous vient d’Asie, plus particulièrement de Chine et spécifiquement de Hong Kong. J’ai compris cette année que les organisateurs suisses (Palexpo) coorganisent avec The Hong Kong Exporters’ Association, son équivalent, le Salon de Hong Kong. Vous voici au cœur d’un réseau et d’une plateforme d’échange à l’international, où le touriste lambda va côtoyer d’humbles inventeurs, de l’écolier au sénior en passant par les pôles de développement technologique de plusieurs prestigieuses universités.
De l’intelligence artificielle omniprésente
Passionné de nouvelles technologies et d’intelligence artificielle, je peux vous garantir que mes neurones ont surchauffé cette année. Cette cuvée 2026 était juste impressionnante. Bon, il faut noter que les acteurs asiatiques ont fait des bonds phénoménaux dans l’utilisation de l’IA, l’implantant comme soutien ou comme cœur de leurs innovations. N’ayant pas réussi à passer par chacun des 1000 stands et en ayant visité plus de la moitié, il me serait compliqué de toutes vous les résumer sans arriver à une taille comparable à l’œuvre de Tolkien. C’est pourquoi, je vais commencer par mes highlights et mon coup de cœur de l’Asie.
WarehouseGenie : IA pour drones, RA et entreposage de précision (Lien)
Imaginez un système de gestion d’entrepôts de stockage agissant en plein dans le flux logistique, au plus profond de la supply chain, là où ça fait mal, pas dans la gestion des stocks, mais dans l’état de fonctionnement de votre infrastructure. Cette invention propose une solution appuyée par des drones et de l’IoT ainsi que de l’intelligence artificielle. Les premiers agissent comme des capteurs permettant de déceler les éventuels dysfonctionnements, la seconde par l’analyse du contenu des capteurs (drones, IoT) et un appui rapide au personnel sur place, le tout en harmonie dans le seul but d’éviter un arrêt de la chaîne d’approvisionnement par défectuosité technique.
MTR · Care App: système d’assistance de bout en bout pour une mobilité inclusive (Lien)
Une invention au profit des personnes avec un besoin d’assistance. Cette application permet, au senior ou à la personne en situation de handicap, de planifier ses déplacements avec beaucoup plus d’aisance, comme un trajet ferroviaire durant lequel elle aura besoin d’une rampe d’accès. Par exemple, nous avons en Suisse une compagnie ferroviaire nationale (les CFF) ainsi que plusieurs sociétés exploitant des lignes régionales. Je sais que ce genre de prestations doit être largement anticipé, car nos trains comme nos gares ne sont pas tous encore compatibles pour des personnes en fauteuil roulant. Cette application lui permettrait de planifier simplement et rapidement ses déplacements avec une connexion aux sociétés et une réduction drastique de la coordination et de sa bureaucratie.
Plateforme intégrée de service client IA : assistante virtuelle (AI Tracy) et hotline en station (Lien)
Qui aime téléphoner à une hotline et attendre une vie et demie qu’un opérateur peu avenant daigne prendre votre appel ? Avec AI Tracy, tout le monde est gagnant. Cette solution est utilisée par la société MTR (société qui exploite le métro de Hong Kong) afin de pouvoir conseiller rapidement ses usagers pour les questions les plus courantes. Cette IA gère la détection vocale de plusieurs langues et permet tant au local qu’au touriste de pouvoir obtenir les renseignements souhaités. Et finalement, si l’IA ne peut pas répondre, elle redirige vers un collaborateur humain. Une invention qui pousse le concept du chatbot vocal (interaction basée sur la conduite d’un diagramme de flux ou flow-chart) bien plus loin en augmentant la satisfaction client et collaborateurs.
Vérification des faits alimentée par IA en tant que service (Lien)
Nos réseaux sociaux sont actuellement pollués par du contenu généré à 100% par intelligence artificielle. Certaines plateformes d’informations peinent gentiment à démêler le vrai du faux, l’information de l’intox, la vidéo originale d’un humain face à un deepfake. Les campagnes de désinformation sont courantes dans les conflits actuels. L’adversaire n’a pas besoin que le conflit soit armé sur le territoire pour agiter les pensées et provoquer de l’incertitude dans l’esprit des citoyens d’un pays. C’est ici que cette invention appuie ce démêlage médiatique avec une IA de type FaaS, à savoir du Fact-Checking as a Service. Ce service permet de déceler du faux contenu, qu’il soit produit par un être humain en proie à des activités criminelles ou par une IA au profit de ce même humain. Je tiens quand même à relever l’ironie de cette invention qui devient nécessaire. Nous sommes face au paradoxe des intelligences artificielles, avec d’un côté des IA qui produisent du contenu dit « fake » et de l’autre côté une IA qui permet de trier les bonnes des mauvaises informations. Et au profit de qui ? Des mêmes humains qui ont participé à la création et à l’avènement de l’IA…
MagiRealm : cadre E-Ink couleur AI vers un monde virtuel vivant (Lien)

Et voici maintenant mon coup de cœur du continent asiatique. Regardez bien la peluche toute duveteuse sur cette photo, c’est votre compagnon réel d’interaction virtuelle avec un monde imaginaire. Vous lui lancez quelques idées et il va vous générer une histoire, pas seulement écrite mais aussi visuelle, vous aurez le loisir de l’exporter pour en faire un livre pour votre enfant ou de décider de continuer à faire vivre cet univers créé entre vous et la machine, dont les seules limites sont celles de votre imagination et celles du modèle de LLM déployé en arrière-plan. Toutefois, le concept va plus loin que l’unique interface avec une application mobile. Vous avez un cadre « d’art numérique ». Imaginez l’enfant naissant de l’union d’un cadre photo numérique et d’une liseuse e-Ink couleurs. Le cadre se connecte à votre univers et vous sortira, à la récurrence souhaitée, l’image du jour ou alors vous lui faites créer des œuvres. C’est mon gros coup de cœur, mais je n’oublie non plus les aspects de la « créativité IA » que j’ai abordés dans ma première série des Tablettes numériques de Thot – IA et mangas. C’est un peu mon innovation IA de Schrödinger, je l’aime et je la déteste en même temps…
De l’humanoïde au carnet papier effaçable, bienvenue en Suisse
Nadine l’humanoïde (Lien)
L’Université de Genève a développé Nadine, le social robot. Cet humanoïde ressemble un peu à la tante légèrement revêche, mais qui commence à devenir attachante au milieu du repas lorsqu’elle se relâche un peu. Imaginez un robot assisté par intelligence artificielle, capable de s’exprimer dans plusieurs langues, de converser avec vous, de mémoriser des informations jusqu’à exprimer des émotions et d’avoir une « vraie » interaction avec vous. C’est le robot qui rend la séparation du monde des humains et des lignes de code beaucoup plus abstraite, passant d’une distanciation à un rapprochement dont la limite devient de plus en plus floue, voire tend à disparaître.

WhyNote – le carnet de notes aux pages infinies (Lien)
Finalement, je vous présente WhyNote, le carnet de notes qui est le fruit de l’étrange union entre un tableau blanc et un cahier Clairefontaine. Le WhyNote se décline sous plusieurs formats, personnalisable de la page de couverture au nombre et type de pages. Que vous soyez bridé par une page à lignes, plus libre avec une page blanche ou organisé avec les plannings hebdomadaires ou mensuels (exemples), vous y trouverez votre compte. On est ici sur une solution hybride, avec un papier un peu « plastifié/stratifié » qui permet d’écrire avec un feutre effaçable ou un crayon, mais avec le feutre ça ne bavera pas une fois que vous passez le doigt dessus. Vous pouvez écrire et effacer jusqu’à 300 fois avant que le papier ne soit à remplacer. Imaginez le bonheur d’avoir un carnet de notes réutilisable et modulable à votre envie. Les valeurs de l’entreprise sont « Écoresponsable » par un papier issu d’exploitations forestières responsables et une partie de la matière est recyclée, « Écologique » avec une vingtaine de pages qui se réutilisent environ 300 fois donnant une équivalence d’environ 6000 pages pour un cahier, « Local » avec une production située dans un rayon de 15 km de Lausanne (Suisse), et « Social » par la collaboration avec une fondation employant des personnes en situation de handicap et/ou se trouvant en difficulté sociale.
Vous me demanderez certainement pourquoi je m’emballe pour de la papeterie. Juste parce que dans un salon de l’invention très numérique et pour le geek (voir parfois le nerd) que je suis, je ne pouvais pas passer à côté de ce coup de cœur de mon pays natal ! L’écriture sur papier a été ma première muse, bien avant que je ne frappe aussi vite que l’éclair sur mon clavier mécanique. Donc je me suis dit « WhyNote »…

Le mot de la fin
Une 51e édition riche en découvertes et rapidement orientée vers un futur qui nous semblait éloigné il y a deux ans. Une émergence d’innovation pour cette nouvelle année ! J’en suis déjà à me demander ce que 2027 nous réservera. En un mot: hallucinant !