Cuba Libre d’Anne Fleischman, publié par Les Éditions La Plume D’or

Des vacanciers sous l’œil des dieux
Cette comédie québécoise nous permet de suivre quelques touristes franchouillards du Québec en vacances dans un tout inclus à Cuba. Malgré la saison des pluies, certains dieux ont décidé d’expérimenter sur eux pour comprendre ses retombées sociales.

Pour avoir rencontré l’auteure au Salon du livre de Montréal, elle m’avait dédicacé : « Ris-le bien ! » Effectivement, la mésaventure de nos protagonistes se déroule dans une atmosphère très légère. Les deux familles que l’on suit, les Lemieux et les Girard, semblent prêtes à imploser. Certains ne désirent pas passer plus de temps ensemble qu’il le faut. À ces deux familles se greffera la ronflante Claudette Roy, qui essaie de se reconstruire depuis que son ex-mari l’a larguée pour une autre. Pendant ce temps, le Dieu qui gouverne Cuba, Iztamna, reçoit comme stagiaire Eexos, qui cherche à se prouver et fera démonstration de zèle au risque de chambarder quelques lois universelles.

Une satire divine des relations humaines
C’est léger, oui. Les dieux semblent crouler sous une pile de documentations et formulaires administratifs qui ralentissent ou conditionnent leurs agissements. Sans compter qu’il semble y avoir quelques guerres politiques et de pouvoirs. Alors qu’il joue avec la vie des terriens, ça m’a un peu fait penser à la pièce de théâtre de William Shakespeare, Le Songe d’une nuit d’été, quand les fées saupoudrent de magie les humains modérément niais ou tapis dans leur orgueil mal placé, donnant des effets presque désastreux à leurs relations humaines. C’est un peu ce qui se passe avec Eexos, qui joue avec les conditions météorologiques pour embêter nos vacanciers.

Un humour parfois trop appuyé
Par contre, bien que léger, les personnages grossiers, caricaturés et anecdotiques se retrouvant dans des situations inusitées pourraient s’avérer cocasses, mais on ne se dilapidera pas la rate en lisant Cuba Libre. L’humour manque de subtilité et s’exprime au premier degré. Une fois les personnages rencontrés, on saisit bien leur essence et ils n’évoluent pas tant, sauf à la fin, on sent un vent de changement. Mais la transformation est mal montée pour qu’on la sente vraiment et elle parait plutôt forcée.

Des problèmes d’édition
Aussi, il y a beaucoup trop d’erreurs à mon goût. Le livre présente presque 130 pages et je me suis buté à plusieurs coquilles flagrantes où parfois, même le sens de la phrase se perdait. C’est dommage, puisque l’auteure est rédactrice professionnelle. Je ne dis pas que c’est sa faute, c’est peut-être la maison d’édition, mais il y a eu un manque quelque part.

Impression générale
Cuba Libre s’avère une aventure légère, avec des personnages très stéréotypés qui s’enlisent dans leurs problèmes interrelationnels, mais m’ont surtout laissé sur ma faim. Je m’attendais à ce qu’il se passe quelque chose, un événement déclencheur pour faire avancer les choses dans une nouvelle direction. On laisse planer la catastrophe avec les dieux qui mijotent un projet louche, mais ça vient trop peu trop tard et la conclusion semble un peu bâclée. Même qu’on s’amuse à créer une fin heureuse alors que rien ne présageait cela pour certains vacanciers. Les Cubains passent au second plan, j’aurais aimé plus de développement de leur côté. Mme Fleischman possède de bonnes idées, mais à part les nommer, je n’avais pas l’impression qu’on les exploitait suffisamment ou même pas du tout.

Pour se procurer le roman c’est ici.

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